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Où j'ai laissé mon âme

Couverture du livre « Où j'ai laissé mon âme » de Jerome Ferrari aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330018702
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

1957. À Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre :
Les victimes sont... Voir plus

1957. À Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre :
Les victimes sont devenues bourreaux. Si Andreani assume pleinement ce nouveau statut, Degorce, dépossédé de lui-même, ne trouve l'apaisement qu'auprès de Tahar, commandant de l'ALN, retenu dans une cellule qui prend des allures de confessionnal où le geôlier se livre à son prisonnier.
Sur une scène désolée, fouettée par le vent, le sable et le sang, dans l'humidité des caves algéroises où des bourreaux se rassemblent autour des corps nus, Jérôme Ferrari, à travers trois personnages réunis par les injonctions de l'Histoire dans une douleur qui n'a, pour aucun d'eux, ni le même visage ni le même langage, trace, par-delà le bien et le mal, un incandescent chemin d'écriture vers l'impossible vérité de l'homme dès lors que l'enfer s'invite sur terre.

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Articles (1)

  • Portrait de Jérôme Ferrari, un talent de son temps
    Portrait de Jérôme Ferrari

    Il fait partie des favoris du Goncourt 2012 pour Le Sermon sur la chute de Rome, un texte court et dense. Jérôme Ferrari est l’un des talents littéraires les plus lumineux de son temps.

Avis (10)

  • Avec une écriture à saluer chapeau bas, Jérôme Ferrari va suivre la vie de 2 soldats entre Indochine et Algérie en passant par la Corse, Besançon et Buchenwald. Leurs états d’esprit vont jalonner l’infamie de la guerre, ses victimes et ses bourreaux, piégés dans le marasme de la haine qui peut...
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    Avec une écriture à saluer chapeau bas, Jérôme Ferrari va suivre la vie de 2 soldats entre Indochine et Algérie en passant par la Corse, Besançon et Buchenwald. Leurs états d’esprit vont jalonner l’infamie de la guerre, ses victimes et ses bourreaux, piégés dans le marasme de la haine qui peut sceller une fraternité tout comme générer des abominations derrière l’inévitable rideau du mensonge et des non-dits qui emprisonne et fait écran à la honte de l’Homme qui a abandonné son âme.

    L’attachant et profondément chrétien Capitaine Degorce, respectueux de ses adversaires à valeur humaine, préférant la psychologie aux sévices physiques mais qui aussi méprise et peut perdre son sang-froid face à la veulerie et la traitrise, et, son co-équipier de longue date, le lieutenant Andréani assumant pleinement ses exactions aux méthodes violentes voire meurtrières sans faire le détail entre coupables et innocents, vont tous deux se retrouver aspirés sur la scène d’une spirale infernale face à l’ALN et aux évènements en Algérie.

    Ces deux-là vont se retrouver liés à jamais dans un mauvais rêve aux portes de l’Enfer.

    Un savoir-faire talentueux (le mot est faible) pour mettre à nu les états d’âme des soldats plongés dans les abysses de leurs missions et leurs devoirs effectifs et moraux…

    « (…) c’est vous, mon capitaine, qui m’aviez enseigné la nécessité d’emprunter les voies détournées du mensonge pour que soit préservée la mémoire des morts et leur vérité essentielle, infiniment plus précieuse que la plate vérité des faits. » (Ce qui me rappelle aussi le personnage de Marlow de Conrad qui a fait de même face à la fiancée de l’abject gourou tortionnaire ramené sur le Congo et mort sur son bateau).

    « La guerre se poursuivait et André Degorce avait le sentiment de plus en plus impérieux que sa béatitude aveugle était un péché. Quelque chose de mauvais s’était répandu, et cette chose ne se contentait pas de supprimer la vie, il lui fallait encore la rendre honteuse et sale ; bientôt, aucun chemin ne s’élèverait plus jusqu’à la beauté infinie et l’âme des hommes se flétrirait si profondément qu’ils ne pourraient même plus le regretter. »

    « Et c’est l’heure où je me penche doucement vers vous pour murmurer à votre oreille que nous sommes arrivés en enfer, mon capitaine — et que vous êtes exaucé. »

    Un texte impressionnant lu d’une traite jusqu’au milieu de la nuit. Impossible de lâcher ce livre poignant et érudit, chargé d’humanité et d’Humains face à eux-mêmes et face à l’autre… La torture n’est pas toujours celle qu’on croit être... Une révélation de soi sous tension.

    Un écrivain qui vient de pointer son nez dans le ‘très haut’ de ma bibliothèque.

    (Par ailleurs merci à K79, lecteur dont l’engouement pour Jérôme Ferrari avait attiré mon attention. Merci mille fois !!)

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  • Cette fois, Jérôme Ferrari met sa belle plume et son talent au service de la guerre d’Algérie.
    Encore un roman fort, qui traite du rôle du tortionnaire et de celui du torturé.
    Le capitaine Degorce a été emprisonné à Buchenwald lors de la précédente guerre, il se retrouve bourreau lors de la...
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    Cette fois, Jérôme Ferrari met sa belle plume et son talent au service de la guerre d’Algérie.
    Encore un roman fort, qui traite du rôle du tortionnaire et de celui du torturé.
    Le capitaine Degorce a été emprisonné à Buchenwald lors de la précédente guerre, il se retrouve bourreau lors de la guerre d’Algérie.
    Perdu, le capitaine se prend d’admiration pour un de ses prisonniers. En même temps, le lieutenant Andreani, qui lui a voué longtemps un amour inconditionnel s’adresse virtuellement à lui.
    Du rôle que les circonstances nous poussent à tenir. Que de questionnement à travers le comportement du capitaine Degorce !
    Ce n’est pas un roman facile à lire mais il nous pousse loin dans la réflexion.
    Ceci dit, les ouvrages sur la guerre m’épuisent psychologiquement.
    Deux si rapprochés, j’ai besoin de légèreté maintenant.

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  • Jérôme Ferrari nous propose une nouvelle fois une descente dans les méandres de l'âme humaine où la lumière de l'espoir n'a que peu de place. Suite à une expérience commune de souffrance et de solidarité, les deux protagonistes de ce drame vont développer chacun à leur manière, leur propre...
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    Jérôme Ferrari nous propose une nouvelle fois une descente dans les méandres de l'âme humaine où la lumière de l'espoir n'a que peu de place. Suite à une expérience commune de souffrance et de solidarité, les deux protagonistes de ce drame vont développer chacun à leur manière, leur propre traumatisme post-guerre. L'écriture hypnotisante de l'auteur nous entraîne avec force dans cette spirale sans fin de la douleur physique et mentale.
    Le thème de ce roman paraît totalement adapté au style flamboyant de Jérôme Ferrari, qui retranscrit avec lyrisme la réflexion sur soi même et la remise en cause des personnages. Le contexte est sombre, l'histoire est sous tension, et les êtres sont torturés. A tel point que le récit m'a pris aux tripes et va me laisser à coup sûr un souvenir bouleversant.
    Le fait d'avoir déjà lu précédemment "Le sermon sur la chute de Rome" diminue l'effet de surprise et d'émerveillement que crée la belle écriture de Jérôme Ferrari au premier contact, mais il n'en reste pas moins que je classe Jérôme Ferrari dans le haut du panier de la littérature française.

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  • Intéressant parce que je ne connais pas du tout le conflit algérien.
    L’écriture est soignée, stylée, mais j'ai eu du mal à rentrer dans la tête des différents personnages, ce qui laisse un sentiment d'inachevé.
    On m'a conseillé les romans suivants de Jerome Ferrari, alors peut-être que je...
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    Intéressant parce que je ne connais pas du tout le conflit algérien.
    L’écriture est soignée, stylée, mais j'ai eu du mal à rentrer dans la tête des différents personnages, ce qui laisse un sentiment d'inachevé.
    On m'a conseillé les romans suivants de Jerome Ferrari, alors peut-être que je serai amené à rencontrer de nouveau cet auteur.

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  • Le roman de Jerome Ferrari donne cette conclusion sans appel: la torture ne détruit pas que le torturé, elle affecte a jamais celui qui torture. Un roman écrit dans une langue magnifique, peut-être le plus beau livre de l'auteur qui gagna le prix Goncourt en 2012.

    Le roman de Jerome Ferrari donne cette conclusion sans appel: la torture ne détruit pas que le torturé, elle affecte a jamais celui qui torture. Un roman écrit dans une langue magnifique, peut-être le plus beau livre de l'auteur qui gagna le prix Goncourt en 2012.

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  • Où se situent le bien et le mal, où est la trahison : dans la fidélité à un camp coupable ou dans la dissidence ? Voilà l'une des multiples questions qui taraudent le capitaine Degorce à l'heure où la torture est l'alternative à une possible défaite et où lui-même se transformera en bourreau à...
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    Où se situent le bien et le mal, où est la trahison : dans la fidélité à un camp coupable ou dans la dissidence ? Voilà l'une des multiples questions qui taraudent le capitaine Degorce à l'heure où la torture est l'alternative à une possible défaite et où lui-même se transformera en bourreau à l'instar de ses condisciples qui ne lui inspirent que mépris...
    Dans ce roman dense et bouleversant, Jérôme Ferrari nous renvoie à notre condition très humaine et très faible et assène une vérité universelle : l'homme est misérable et porte le mal en lui, le mal si difficilement discernable du Bien.
    Une réflexion sombre et magnifique sur la torture, les questions morales qu'a pu soulever la guerre d'Algérie et la condition humaine tout simplement.

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  • Livre violent, sur la torture pendant la guerre d'Algérie, symbole de toutes les tortures, de toutes les guerres, de tous les monstres que nous pouvons tous devenir. On (je) n'en sort pas indemne. Âmes sensibles, s'abstenir.

    Livre violent, sur la torture pendant la guerre d'Algérie, symbole de toutes les tortures, de toutes les guerres, de tous les monstres que nous pouvons tous devenir. On (je) n'en sort pas indemne. Âmes sensibles, s'abstenir.

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  • Lechoixdeslibraires.com

    L'écriture de Jérôme Ferrari est une âme. De celle qui tranche et laisse des cicatrices dans nos mémoires. L'Algérie, la confrontation de combattants, les exactions malheureusement liées à tout conflit et les hommes surtout dans toutes leurs ambigüités, leurs volontés, leurs ressentis. Une...
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    L'écriture de Jérôme Ferrari est une âme. De celle qui tranche et laisse des cicatrices dans nos mémoires. L'Algérie, la confrontation de combattants, les exactions malheureusement liées à tout conflit et les hommes surtout dans toutes leurs ambigüités, leurs volontés, leurs ressentis. Une banale histoire d'homme ? non, une humanité à reconstruire. Le souffle des mots s'engouffre, s'inscrit et nous emporte. On ne peut pas lâcher le livre.
    N'est ce pas mon capitaine ?

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