Jerome Ferrari

Jerome Ferrari
Né à Paris en 1968, Jérôme Ferrari, après avoir enseigné en Algérie puis en Corse, occupe désormais un poste à Abou Dhabi (Émirats arabes unis). Chez Actes Sud, il est l'auteur de cinq romans : Dans le secret (2007 ; Babel n° 1022), Balco Atlantico (2008), Un dieu un animal (2009, prix Landerneau... Voir plus
Né à Paris en 1968, Jérôme Ferrari, après avoir enseigné en Algérie puis en Corse, occupe désormais un poste à Abou Dhabi (Émirats arabes unis). Chez Actes Sud, il est l'auteur de cinq romans : Dans le secret (2007 ; Babel n° 1022), Balco Atlantico (2008), Un dieu un animal (2009, prix Landerneau ; Babel n° 1113), Où j'ai laissé mon âme (2010, prix roman France Télévisions, prix Initiales, prix Larbaud, grand prix Poncetton de la SGDL), Le Sermon sur la chute de Rome (2012).

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Articles en lien avec Jerome Ferrari (4)

Avis sur cet auteur (90)

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    Couverture du livre « À son image » de Jerome Ferrari aux éditions Actes Sud

    Dominique JOUANNE sur À son image de Jerome Ferrari

    Chaque chapitre associe un souvenir rattaché à Antonia, morte dans un accident de voiture en Corse son île natale, dont la messe des funérailles est dirigée par son oncle et parrain bien aimé qui lui a offert un appareil photo quand elle était jeune adolescente ce qui aura éveillé son goût pour...
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    Chaque chapitre associe un souvenir rattaché à Antonia, morte dans un accident de voiture en Corse son île natale, dont la messe des funérailles est dirigée par son oncle et parrain bien aimé qui lui a offert un appareil photo quand elle était jeune adolescente ce qui aura éveillé son goût pour le métier de photographe.

    L’auteur en faisant parler le souvenir de ceux venus se présenter devant le cercueil, va balayer un éventail de nombreux sujets disparates tous assez sombres mais va faire jouer son texte comme on joue avec un appareil photo, des couleurs, des lumières, des effets de zooms, des grands angles, des contrastes, etc… Jérôme Ferrari est une plume talentueuse.

    Antonia va rester soudée à sa famille et à ses amis d’enfance dont elle va épouser un très jeune nationaliste. J. Ferrari nous dévoile la Corse profonde et entre autre la condition des filles et des femmes. Antonia va réussir à aller vivre un an à Nice pour étudier la photo.
    De retour sur l’île, premières photos publiées dans un journal local. Antonia découvre son métier avec des petits reportages. Lors des attentats politiques, conflits, crimes de vendettas qui ont lieu sur l’île, elle ne montrera pas toutes les photos qu’elle a prises… Doit-on tout publier, tout montrer ?...
    Elle dit à son mari parti pour de très longues années en prison qu’elle ne l’attendra pas. Histoire du FLNC et son évolution vue sous un regard critique mais juste.

    Donc, une foule de réflexions offertes en vrac qui nous perdent un peu dans de courts espaces : Le journalisme, le rôle du photo-reporter, les femmes, leur émancipation, le nationalisme corse, etc. Les sujets sont sombres et portent à réfléchir.

    C’est aussi un livre d’amour, de fidélité et de liberté, car de jeune fille soumise Antonia se rebellera et à son tour elle saura afficher son mépris aux hommes, ne les aimer que pour leur sexe (sauf qu’elle ne sera pas à l’abri de la cruauté d’une belle rencontre sans devenir…)

    Une réflexion sur la guerre et les luttes intestines des nationalistes, l’utilité ou l’inutilité des attentats, les impasses de 1990.

    Pour gagner sa vie, elle se reconvertira dans la photo de mariage jusqu’à ce que surviennent évènements de Yougoslavie. En 1991, elle part couvrir les conflits comme un reporter de guerre, free-lance. Par passion du métier mais surtout pour échapper au climat corse devenu délétère.

    Alors là… j’ai été sidérée par la lecture car j’avais l’impression de lire « L’air de la guerre » revisité ! Comme on revisite une tarte au citron ! C’est surprenant ! Alors si exercice de style il y a, donnez-moi du Jean Hatzfeld brut, nature et d’origine ! Et si vous voulez lire un vrai bon bouquin sur la vie de reporter de guerre à Sarajevo, lisez Jean Hatzfeld ! A la fin du livre, deux pages de remerciements dont ceux adressés à Jean Hatzfeld (tiens donc !) pour avoir permis à l’auteur de s’orienter dans des territoires inconnus. Bon, alors ils s’y sont mis à deux, les coquins ! Moi j’ai trouvé le terrain vaseux et maintenant je constate qu’en plus il est miné…

    D’autre part, j’ai trouvé plombant les longs paragraphes liturgiques non pas que ce soit mal écrit ou inintéressant mais juste ce n’est pas mon goût. (Par contre j’ai bien aimé l’histoire de la vierge noire d’Ajaccio et sa légende. Cela a ravivé des souvenirs.). Il faut dire que la religion et ses légendes sont difficilement dissociables de la Corse et en font une part de son charme avec ses nombreuses petites églises, croix et calvaires parsemés sur toute l’île. Jérôme Ferrari fait tenir son texte le temps d’une messe et d’une longue homélie. Il cherchera à placer dans le rôle du prêtre, parrain bien aimé, celui qui va parler du bien et du mal et du doute.

    Dans ce livre, je dois dire que c’est surtout l’écriture de l’écrivain transposée dans l’œil d’un photographe qui m’a bien plu. J’avais l’impression que chaque chapitre se terminait par le déclic de l’obturateur. Photo prise. Douze portraits d’Antonia dans un livre plein d’images faites de paysages, de gens, de visages, de lumière, de souvenirs et d’actualité, saisissantes de réalisme.

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    Couverture du livre « Où j'ai laissé mon âme » de Jerome Ferrari aux éditions Actes Sud

    Dominique JOUANNE sur Où j'ai laissé mon âme de Jerome Ferrari

    Avec une écriture à saluer chapeau bas, Jérôme Ferrari va suivre la vie de 2 soldats entre Indochine et Algérie en passant par la Corse, Besançon et Buchenwald. Leurs états d’esprit vont jalonner l’infamie de la guerre, ses victimes et ses bourreaux, piégés dans le marasme de la haine qui peut...
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    Avec une écriture à saluer chapeau bas, Jérôme Ferrari va suivre la vie de 2 soldats entre Indochine et Algérie en passant par la Corse, Besançon et Buchenwald. Leurs états d’esprit vont jalonner l’infamie de la guerre, ses victimes et ses bourreaux, piégés dans le marasme de la haine qui peut sceller une fraternité tout comme générer des abominations derrière l’inévitable rideau du mensonge et des non-dits qui emprisonne et fait écran à la honte de l’Homme qui a abandonné son âme.

    L’attachant et profondément chrétien Capitaine Degorce, respectueux de ses adversaires à valeur humaine, préférant la psychologie aux sévices physiques mais qui aussi méprise et peut perdre son sang-froid face à la veulerie et la traitrise, et, son co-équipier de longue date, le lieutenant Andréani assumant pleinement ses exactions aux méthodes violentes voire meurtrières sans faire le détail entre coupables et innocents, vont tous deux se retrouver aspirés sur la scène d’une spirale infernale face à l’ALN et aux évènements en Algérie.

    Ces deux-là vont se retrouver liés à jamais dans un mauvais rêve aux portes de l’Enfer.

    Un savoir-faire talentueux (le mot est faible) pour mettre à nu les états d’âme des soldats plongés dans les abysses de leurs missions et leurs devoirs effectifs et moraux…

    « (…) c’est vous, mon capitaine, qui m’aviez enseigné la nécessité d’emprunter les voies détournées du mensonge pour que soit préservée la mémoire des morts et leur vérité essentielle, infiniment plus précieuse que la plate vérité des faits. » (Ce qui me rappelle aussi le personnage de Marlow de Conrad qui a fait de même face à la fiancée de l’abject gourou tortionnaire ramené sur le Congo et mort sur son bateau).

    « La guerre se poursuivait et André Degorce avait le sentiment de plus en plus impérieux que sa béatitude aveugle était un péché. Quelque chose de mauvais s’était répandu, et cette chose ne se contentait pas de supprimer la vie, il lui fallait encore la rendre honteuse et sale ; bientôt, aucun chemin ne s’élèverait plus jusqu’à la beauté infinie et l’âme des hommes se flétrirait si profondément qu’ils ne pourraient même plus le regretter. »

    « Et c’est l’heure où je me penche doucement vers vous pour murmurer à votre oreille que nous sommes arrivés en enfer, mon capitaine — et que vous êtes exaucé. »

    Un texte impressionnant lu d’une traite jusqu’au milieu de la nuit. Impossible de lâcher ce livre poignant et érudit, chargé d’humanité et d’Humains face à eux-mêmes et face à l’autre… La torture n’est pas toujours celle qu’on croit être... Une révélation de soi sous tension.

    Un écrivain qui vient de pointer son nez dans le ‘très haut’ de ma bibliothèque.

    (Par ailleurs merci à K79, lecteur dont l’engouement pour Jérôme Ferrari avait attiré mon attention. Merci mille fois !!)

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    Couverture du livre « À son image » de Jerome Ferrari aux éditions Actes Sud

    Philippe DUVAL sur À son image de Jerome Ferrari

    Antonia meurt dans un ravin corse. Son parrain est chargé d'officier à ses funérailles. La construction subtile de " A son image "de J. Ferrari suit linéairement les moments successifs de la liturgie. Chacun des 12 chapitres résonne avec la courte existence de son héroïne : son lien...
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    Antonia meurt dans un ravin corse. Son parrain est chargé d'officier à ses funérailles. La construction subtile de " A son image "de J. Ferrari suit linéairement les moments successifs de la liturgie. Chacun des 12 chapitres résonne avec la courte existence de son héroïne : son lien quasi-filial avec son parrain, sa carrière décevante de photographe, sa passion malheureuse pour un militant du FNLC et sa volonté de se libérer de l'enfermement réservé aux femmes corses. L'auteur tel un mosaïste brosse un portrait par bribes de son attachant personnage, écartelé entre l'insignifiance de sa vie dans son île et le poids dramatique de sa rencontre avec la guerre civile en ex-Yougoslavie, prenant des photos "qui n'auraient pas dû exister " et d'autres " qui méritaient de disparaître ". Dans un style envoûtant et précis, Ferrari nous interroge sur la légitimité de la représentation de la violence par l'image, sur notre propre fascination du Mal et sur le basculement si rapide des destinées.

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    Couverture du livre « À son image » de Jerome Ferrari aux éditions Actes Sud

    clotaire02 sur À son image de Jerome Ferrari

    C'est le jour des obsèques d'Antonia , décédée dans un accident de voiture et dans l'église sont rassemblés
    les membres de la famille, les amis et le prêtre qui officie n'est autre que le parrain de celle-ci.
    Comment va t-il pouvoir dire la messe , réciter les prières sans s'écrouler lui aussi...
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    C'est le jour des obsèques d'Antonia , décédée dans un accident de voiture et dans l'église sont rassemblés
    les membres de la famille, les amis et le prêtre qui officie n'est autre que le parrain de celle-ci.
    Comment va t-il pouvoir dire la messe , réciter les prières sans s'écrouler lui aussi sous la douleur. Il sait qu'Antonia ne croyait pas et pourtant .... il prie pour elle.
    C'est lui, le parrain qui est à l'origine de la passion de sa filleule, la photo. C'est lui qui lui a offert son premier appareil et c'est grâce à cette passion qu'elle a entrepris tous ces voyages dans les pays en guerre.
    Dans l'église, il y a Simon qui dés son plus jeune âge a été amoureux d'Antonia et il revit, pendant la messe et les chants, son parcours de combattant pour la libération de son pays , la Corse et son parcours avec les nationalistes.
    Un roman qui nous fait revivre de tristes moments dans les pays en guerre et les attentats qui ont ensanglanté
    l'Ile de Beauté.