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L'enfant rivière

Couverture du livre « L'enfant rivière » de Isabelle Amonou aux éditions Dalva
  • Date de parution :
  • Editeur : Dalva
  • EAN : 9782492596933
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Il y a six ans, l'enfant a disparu. Zoé ne l'a quitté des yeux que quelques minutes, occupée à peindre la coque du bateau, mais voici son fils envolé. On a dragué le cours d'eau, étudié les courants, cherché en aval, la rivière n'a pas rendu le corps de l'enfant. C'est peut-être ce savoir... Voir plus

Il y a six ans, l'enfant a disparu. Zoé ne l'a quitté des yeux que quelques minutes, occupée à peindre la coque du bateau, mais voici son fils envolé. On a dragué le cours d'eau, étudié les courants, cherché en aval, la rivière n'a pas rendu le corps de l'enfant. C'est peut-être ce savoir amérindien ancestral qu'elle porte en héritage ou un instinct maternel féroce mais Zoé le sait, Nathan ne s'est pas noyé. Il vit, quelque part. Elle est persuadée que son fils se cache parmi les migrants qui ont gagné le Canada, poussés par le réchauffement climatique et la chute des États-Unis. Alors elle le cherche. Jumelles au poing, fléchettes tranquillisantes et attirail de chasse en bandoulière, elle arpente les paysages sauvages pour traquer les invisibles de la forêt.
Sur les bords de la rivière des Outaouais, dans un monde où la nature a repris peu à peu ses droits et ne cesse de clamer sa puissance, L'Enfant rivière nous conte l'histoire d'une quête et d'un combat.
Celui d'une mère prête à tout pour retrouver son enfant et comprendre qui elle est.

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Avis (4)

  • « Il m’a dit que c’était de ma faute, pour Nathan. Que si je n’avais pas… que si je n’avais pas épousé une cinglée, ça ne serait jamais arrivé. »

    Une drôle de femme, Zoé, une cinglée peut-être…. En tous cas, une femme sauvage, solitaire, déterminée par un seul objectif : retrouver son fils...
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    « Il m’a dit que c’était de ma faute, pour Nathan. Que si je n’avais pas… que si je n’avais pas épousé une cinglée, ça ne serait jamais arrivé. »

    Une drôle de femme, Zoé, une cinglée peut-être…. En tous cas, une femme sauvage, solitaire, déterminée par un seul objectif : retrouver son fils Nathan disparu il y a 6 ans, alors qu’elle a relâché sa surveillance quelques minutes. Tous pensent qu’il est mort, elle sait, elle a besoin de croire qu’il est vivant. Elle le cherche. Partout. Tout le temps.

    On est en 2030, au Canada, sur les bords de la rivière des Outaouais qui sépare le Québec de l'Ontario. Un chaos climatique pousse les américains à fuir leur pays, à se réfugier chez le voisin du nord. Ils ne sont pas les bienvenus et sont poursuivis pour être parqués dans des camps de migrants, en Alaska.
    Zoé fait partie des chasseurs de primes. Elle les traque dans la forêt et les ramène aux autorités canadiennes. En même temps, elle recherche toujours son fils, persuadée que son fils a été enlevé ou a rejoint les fugitifs.

    Une drôle de femme, Zoé. Une drôle de vie. Petit à petit, on apprend à la connaître, à la comprendre. L’auteure fait lentement, mais surement, monter le suspens en distillant les faits et en laissant Zoé égrener ses souvenirs.
    Abusée par son père, négligée par une mère alcoolique, qui rejette ses ascendances indiennes, haïe et jalousée par sa sœur, déficiente mentale. Son mariage avec Thomas lui avait pourtant apporté l’équilibre, la sérénité et le bonheur. Mais leur fils Nathan a disparu. Ainsi que la fracture définitive dans le couple car chacun a jugé l’autre responsable.
    Sa vie n’a plus de sens. Seule la recherche de Nathan la maintient en vie.
    Il faudra aussi qu’elle se retrouve et accepte ses origines et son passé, aussi douloureux soit-il. Et retrouve un sens à sa vie.

    « Je suis Zoé. A moitié algonquine, à moitié canadienne, à moitié québécoise, à moitié amoureuse d’un mari mort, à moitié parricide, à moitié fille, à moitié mère je ne suis rien et je suis tout, je suis Zoé. »

    Un portrait de femme bien campé, crédible. Une analyse psychologique, fine et fouillée. Une nature hostile, qu’il faut affronter.
    La progression dramatique est maîtrisée, le suspens permanent.
    Isabelle Amonou, dès le milieu de récit, tient son lecteur. Il reste scotché jusqu’aux dernières pages.
    Cette lecture m’a fait penser à certains romans de Sandrine Collette, pour ces trois raisons justement : l’art du suspens, les figures de femmes (ou d’hommes) qui prennent leur destin à bras-le-corps, l’état naturel et sauvage.

    Je remercie la Fondation Orange et les Éditions Dalva de m’avoir permis de découvrir cette autrice.

    Comme la plume : https://commelaplume.blogspot.com/

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  • Zoé et Thomas ont perdu leur fils de 4 ans, noyé ou enlevé, on l’ignore. Nous sommes en 2030, les Etats Unis sont en pleine guerre civile et le Canada est devenu terre d’exil où chacun se bat pour sa survie. La rivière est toute-puissante et violente, elle console aussi parfois. Elle est refuge...
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    Zoé et Thomas ont perdu leur fils de 4 ans, noyé ou enlevé, on l’ignore. Nous sommes en 2030, les Etats Unis sont en pleine guerre civile et le Canada est devenu terre d’exil où chacun se bat pour sa survie. La rivière est toute-puissante et violente, elle console aussi parfois. Elle est refuge et pour certains qui ont trop souffert, lourde de mille secrets. Au-delà du couple déchiré par la perte de l’enfant, il y a une terre qui ne veut plus être bienveillante et des humains qui ne trouvent plus la paix. On ajoute à cela des légendes indiennes, une sensibilité à fleur de peau, et cela fait un roman singulier qui surprend son lecteur.

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  • L’Enfant rivière Amonou Isabelle
    On est en 2030 au Canada. Le changement climatique a d’ores et déjà fracassé bien des pays dont les Etats-Unis. Nous sommes dans l’Ontario au Canada, la population américaine, en majorité des très jeunes, a fui pour se réfugier ici mais ces migrants-là sont...
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    L’Enfant rivière Amonou Isabelle
    On est en 2030 au Canada. Le changement climatique a d’ores et déjà fracassé bien des pays dont les Etats-Unis. Nous sommes dans l’Ontario au Canada, la population américaine, en majorité des très jeunes, a fui pour se réfugier ici mais ces migrants-là sont totalement indésirables, on cherche, dès qu’on en attrape, à les envoyer… en Alaska.
    On va suivre Zoé aux racines autochtones puis Thomas, jeunes parents dont l’existence a basculé quelques années auparavant par la disparition de Nathan, leur fils de quatre ans. Zoé est une mère qui ne se résigne pas, à la fois droite et meurtrie, puissante et perdue. Elle sait, quoi qu’il se passe d’effroyable, que son fils n’est pas mort.
    C’est déchiré, à fleur de peau, on va de l’un à l’autre ou par l’entremise de personnages secondaires (la mère de Zoé notamment), on va adopter ces deux-là dans un assentiment haletant et tendu. L’écriture est celle sèche et redoutable d’un roman noir, la composition implacable nous mène par le bout des yeux jusqu’au final, en apnée. Coup de cœur évident !

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  • 2030 – Québec

    Alors que les crises climatiques se succèdent jetant sur les routes des milliers de réfugiés, alors qu’une guerre civile aux Etats Unis a poussé à l’exil des milliers de jeunes, le Canada peine à tous les accueillir. Dans ce contexte trouble, Zoé et Thomas se retrouvent après...
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    2030 – Québec

    Alors que les crises climatiques se succèdent jetant sur les routes des milliers de réfugiés, alors qu’une guerre civile aux Etats Unis a poussé à l’exil des milliers de jeunes, le Canada peine à tous les accueillir. Dans ce contexte trouble, Zoé et Thomas se retrouvent après six ans de séparation. Six ans que leur couple n’a pas survécu à la disparition de leur fils Nathan, sur les rives de la rivière Outaouais, alors qu’il n’avait que 4 ans.

    Lui, canadien anglophone, a fui, a tenté de refaire sa vie en France, mettant le plus de distance possible avec sa douleur. Elle, d’origine indienne et francophone, ne s’est en revanche jamais résignée, cherchant sans relâche cet enfant, faisant de cette traque le seul but de sa vie. Alors quand il lui semble reconnaitre son enfant dans un campement de jeunes migrants, l’espoir renait en même temps que les blessures se ré ouvrent.

    .

    Même si ce roman se déroule dans un futur proche ce n’est pas seulement un roman d’anticipation. C’est avant tout l’histoire d’une famille confrontée à la pire des douleurs, le portrait de deux écorchés, de deux survivants. Deux êtres plongés dans le chaos des sentiments dans un environnement hostile, dans un monde en déliquescence, à l’image de leur relation, dévastée.

    J’ai tout aimé dans ce roman. J’ai adoré le superbe portrait de femme incarné par Zoé. Une femme révoltée, combattive et acharnée, une femme indépendante et libre et en même temps une mère vibrante d’amour, mais rongée par la culpabilité. Elle dont l’enfance a été ravagée, entre un père abusif et une mère brisée, incapable de la protéger. Une femme qui s’est construite sur la colère, une personnalité explosive, en opposition complète avec celle de Thomas. Aussi prévenant qu’elle est impulsive, aussi raisonnable qu’elle est imprévisible mais dont l’amour n’aura pas suffi à l’apaiser. Parce que la disparition de cet enfant c’est aussi un écho funeste à l’histoire de sa famille, la réminiscence de l’enlèvement de sa mère, arrachée à ses parents pour être « assimilée ». Une histoire sombre et tourmentée que cette quête l’oblige à revisiter, un drame avec lequel elle devra faire la paix.

    J’ai aimé aussi l’atmosphère captivante où la tension omniprésente va crescendo, où les éléments se déchainent, à l’image de cette rivière tumultueuse, de plus en plus menaçante, chargée de décombres et lourde de secrets.

    J’ai aimé enfin et surtout la manière habile avec laquelle Isabelle Amonou fait se croiser des sujets aussi divers que l’urgence climatique, les crises migratoires ou le triste sort des populations autochtones, de les incarner et de les illustrer pour mieux nous renvoyer à nos préoccupations contemporaines et nous faire réfléchir.

    C’est un vrai beau coup de cœur. Un de ces livres qui marquent, dont il est difficile de s’extraire. Déchirant et puissant. Envoutant et inoubliable.

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