Le paradoxe d'Anderson

Couverture du livre « Le paradoxe d'Anderson » de Pascal Manoukian aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021402438
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

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Avis (25)

  • "Le paradoxe d'Anderson" dénonce l'inefficacité des formations accumulées par les jeunes qui, bardés de diplômes, n'arriveront pas à vivre un cran au-dessus du niveau social de leurs parents, que du contraire! Dans ce roman, Pascal Manoukian interroge aussi le mensonge des parents qui se taisent...
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    "Le paradoxe d'Anderson" dénonce l'inefficacité des formations accumulées par les jeunes qui, bardés de diplômes, n'arriveront pas à vivre un cran au-dessus du niveau social de leurs parents, que du contraire! Dans ce roman, Pascal Manoukian interroge aussi le mensonge des parents qui se taisent et cachent la perte de leur emploi à leurs enfants sous prétexte qu'il ne faut pas perturber la progéniture par des soucis d'adulte. Avec la rigueur qu'on lui connait dans la construction de ses argumentations, l'auteur démonte les mécanismes pervers d'une économie malade de sa soif d'avoir au détriment total d'une possibilité d'être. Une démonstration du mépris des possédants à l'égard de ceux qui perdent tout ... et plus encore! Une description sordide des actions désespérées des dépouillés économiques. A lire et méditer!
    Ma critique
    Ce troisième roman social de Pascal Manoukian, après 'Les échoués' (2015) et 'Ce que tiens ta main droite t'appartient (2017), s'inscrit dans le droit fil de sa volonté de rendre la parole et la dignité à ceux que le monde économique méprise en ne leur reconnaissant qu'un droit de survie dans la précarité alors que d'autres, les possédants, les actionnaires, s'autorisent à ne recevoir, eux, que des dividendes sans état d'âme ou respect humain pour les travailleurs.
    Cette fiction, l'auteur la maîtrise à la perfection. Tout est crédible, des bons sentiments aux mensonges, des combats nourris d'espoir aux actions désespérées, des envolées collectives aux dérives personnelles, des réponses qui ne sont que justice aux attaques qui ne sont qu'injustice... Le tout noyé de colère, de dépit, de révolte et de tristesse indicible.
    Avec ce livre, Pascal Manoukian rend justice et espoir à un Monde qui depuis trop longtemps se perd et se détruit dans ses dérives capitalistes. Tout est question et remise en question dans cette fiction. Tout est grain de sable dans une mécanique économique de moins en moins justifiable. Tout est caillou dans les pantoufles des nantis de tout sauf d'humanité. Nombreuses sont les phrases chocs qui, admirablement bien tournées , n'en n'évoquent pas moins des vérités qui devraient nous empêcher de dormir en paix sur le petit confort douillet des gens qui ne sont pas encore rattrapés par ces iniquités.
    Le paradoxe d'Anderson, un roman de Pascal Manoukian qui pointe du doigt l'urgence d'une quête de vérité face aux comportements sociaux qui opposent les petites gens à leurs exploitants, ceux-là même qui qui ruinent leur vie, leur santé, leur couple et l'avenir de leurs enfants. A partager sans retenue!

    https://frconstant.com/2019/06/09/le-paradoxe-danderson/

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  • Concept économique, le paradoxe d'Anderson se définit par le constat qu'aujourd'hui l'acquisition de diplômes supérieurs à ceux de ses parents n'assure pas nécessairement une position sociale plus élevée. Un principe inique que décortique Pascal Manoukian dans ce roman sensible et envoûtant....
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    Concept économique, le paradoxe d'Anderson se définit par le constat qu'aujourd'hui l'acquisition de diplômes supérieurs à ceux de ses parents n'assure pas nécessairement une position sociale plus élevée. Un principe inique que décortique Pascal Manoukian dans ce roman sensible et envoûtant.

    La nouvelle tombe un soir d'automne, le poste qu'occupe Aline dans son usine de textile va être délocalisé. Contremaître de toutes nouvelles machines qui faisaient sa fierté, celles-ci vont être envoyées « en Afrique ou peut-être en Asie, là où s'envolent les machines des usines de la région, laissant les hangars vides de bruit et les ouvriers les mains pleines de gestes qui ne servent plus à rien. »
    Comme si une mauvaise nouvelle ne suffisait pas, Christophe Boîtier, son mari, contremaître chez Univerre, une manufacture de bouteilles, verra son usine fermée. Délocalisée.

    Aline ne fabriquera plus de chaussettes. Elle devra se contenter d'accrocher celles qu'il lui reste sur les branches de l'arbre de Saint Gilles, figure tutélaire païenne de la région, mâtinée de christianisme.
    Éloigner le mauvais sort, à commencer par repousser la visite de l'huissier, maître Gaston, qui, elle le sait, finira par frapper à sa porte, lorsqu'elle n'aura plus assez d'air pour respirer, plus assez d'argent pour payer ses traites qui l'enchaînent et qu'elle n'a plus les moyens d'honorer : « la voiture, la maison et cette connerie de revolving pour leur semaine aux Baléares ».
    Elle était prête à faire des concessions pour conserver son travail, mais c'est sans compromis qu'on lui sommera d'aller pointer chez Pôle Emploi. Avec son salaire de 1489€ brut, elle peut espérer 900€ net d'indemnités au chômage, « 250 euros en moins, dix ans d'augmentation du SMIC rayés d'un trait ».

    Les comptes vont devenir de plus en plus rouges et les soleils de plus en plus noirs pour cette famille qui vit au Nord de l'Oise, avec leurs enfants Mathis, le petit dernier atteint d'une maladie orpheline, et la grande, Léa, qui passe son bac cette année.

    Candidate au bac ES, Léa observe à travers les concepts qu'elle étudie en Sciences Économiques et Sociales les soubresauts d'un monde qui change : « paradoxe d'Anderson », « déclassement social », « destruction créatrice », avec sa « casse marginale », qui est une marge d'erreur entre nouveaux emplois créés et emplois détruits. Elle se demande de quoi sera fait son avenir, sans se douter que ses parents en sont victimes. Ils ont décidé de tout cacher à leurs enfants, afin de les protéger. Insouciante, entre la chaleur réconfortante du foyer et celle des premiers émois, elle rêve de lendemains meilleurs, sociaux, écologiques et responsables, dans un monde qui n'existe pas, ailleurs. « Je rêvais d'un autre monde » comme le chantait Téléphone, et comme le danse toujours sa mère, entretenant le désir de son père.
    Comme La Fontaine, dans sa fable « Les animaux malades de la Peste » : « Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés / Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Les puissants dominent et peuvent vous écraser. Dans le souvenir de la véhémence communiste de son grand-père, Aline ne s'en laisse pas compter. Elle inculque à sa fille le passé glorieux des luttes ouvrières, tandis que les collègues se réveillent et résistent : « on n'est pas du bon côté du manche. C'est pour ça qu'il faut s'emparer des outils. » Et si certains sont soumis à l'ISF, c'est en tant qu'Intérimaire Sans Fin. « Les huissiers, les banquiers, les sociétés de recouvrement, les impôts, EDF » n'y suffiront pas : « submergés, noyés comme des taupes au fond de leur galerie », mais « serrés l'un contre l'autre ». C'est ensemble que l'espoir reviendra. Et même si à eux seuls, ils ne pourront changer le monde, ils essaieront au moins d' « en arrondir les angles afin qu'il ne blesse plus personne ».

    Colérique, poétique et avant tout sensible, Pascal Manoukian nous livre ici un texte émouvant et envoûtant. Journaliste, réalisateur, photographe et écrivain, l'auteur des Échoués ou de Ce que tient ta main droite t'appartient, nous offre à nouveau un texte bouleversant et lucide sur les laissés-pour-compte et les ressorts de notre société. Actuel, on ne peut plus actuel... indispensable !

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  • Voilà un livre qu’il faut lire pour tenter de comprendre tous les drames qui se produisent un peu partout en France depuis tant d’années avec ces délocalisations, ces fermetures d’usines qui marchaient bien, dont les carnets de commandes étaient fournis, entreprises souvent vendues à l’étranger...
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    Voilà un livre qu’il faut lire pour tenter de comprendre tous les drames qui se produisent un peu partout en France depuis tant d’années avec ces délocalisations, ces fermetures d’usines qui marchaient bien, dont les carnets de commandes étaient fournis, entreprises souvent vendues à l’étranger et dont la fermeture cause d’impressionnants dégâts humains.
    Gérard Mordillat a déjà bien montré le mécanisme de tels massacres, notamment dans Rouge dans la brume, François Bégaudeau l’a fait aussi récemment dans En guerre et, portant le même titre, le film de Stéphane Brizé avec un Vincent Lindon impressionnant, ont tenté d’éveiller nos consciences, comme d’autres que j’oublie sûrement.
    Pascal Manoukian ajoute sa pierre à l’édifice, à sa manière avec Le paradoxe d’Anderson, ce paradoxe mis en valeur par un économiste américain qui a démontré que des enfants ayant un diplôme supérieur à ceux de leurs parents, n’atteignent pas forcément une position sociale plus élevée. D’ailleurs, Léa, la fille d’Aline et Christophe, travaille cette notion pour préparer le bac ES.
    Tout va bien pour cette petite famille même si Mathis, le petit frère de Léa, inquiète avec une maladie difficile à soigner. Aline est ouvrière tricoteuse devenue responsable d’équipe chez Wooly, et Christophe réussit bien dans l’usine Univerre où les fours tournent à plein pour produire beaucoup de bouteilles.
    Un jeu radiophonique célèbre intervient, Jeu des 1 000 francs, en 1973, à l’époque du grand-père de Léa, Léon, surnommé Staline pour ses opinions politiques tranchées. Lui succèdera le Jeu des 1 000 euros pour la scène finale extraordinaire.
    Coup sur coup, Aline et Christophe se retrouvent au chômage, se battent avec leurs collègues de misère mais je n’en dis pas plus pour laisser au lecteur la découverte de l’engrenage infernal avec coups de théâtre et scènes magnifiques. Pascal Manoukian que je découvre avec ce roman, se révèle un auteur qui sait parler de notre époque, annonçant finalement toutes ces semaines de luttes et de manifestations que nous connaissons.
    Voilà un livre qu’il faut lire pour tenter de comprendre tous les drames qui se produisent un peu partout en France depuis tant d’années avec ces délocalisations, ces fermetures d’usines qui marchaient bien, dont les carnets de commandes étaient fournis, entreprises souvent vendues à l’étranger et dont la fermeture cause d’impressionnants dégâts humains.
    Gérard Mordillat a déjà bien montré le mécanisme de tels massacres, notamment dans Rouge dans la brume, François Bégaudeau l’a fait aussi récemment dans En guerre et, portant le même titre, le film de Stéphane Brizé avec un Vincent Lindon impressionnant, ont tenté d’éveiller nos consciences, comme d’autres que j’oublie sûrement.
    Pascal Manoukian ajoute sa pierre à l’édifice, à sa manière avec Le paradoxe d’Anderson, ce paradoxe mis en valeur par un économiste américain qui a démontré que des enfants ayant un diplôme supérieur à ceux de leurs parents, n’atteignent pas forcément une position sociale plus élevée. D’ailleurs, Léa, la fille d’Aline et Christophe, travaille cette notion pour préparer le bac ES.
    Tout va bien pour cette petite famille même si Mathis, le petit frère de Léa, inquiète avec une maladie difficile à soigner. Aline est ouvrière tricoteuse devenue responsable d’équipe chez Wooly, et Christophe réussit bien dans l’usine Univerre où les fours tournent à plein pour produire beaucoup de bouteilles.
    Un jeu radiophonique célèbre intervient, Jeu des 1 000 francs, en 1973, à l’époque du grand-père de Léa, Léon, surnommé Staline pour ses opinions politiques tranchées. Lui succèdera le Jeu des 1 000 euros pour la scène finale extraordinaire.
    Coup sur coup, Aline et Christophe se retrouvent au chômage, se battent avec leurs collègues de misère mais je n’en dis pas plus pour laisser au lecteur la découverte de l’engrenage infernal avec coups de théâtre et scènes magnifiques. Pascal Manoukian que je découvre avec ce roman, se révèle un auteur qui sait parler de notre époque, annonçant finalement toutes ces semaines de luttes et de manifestations que nous connaissons.

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  • Le paradoxe d'Anderson est le fait que, malgré un niveau de diplôme supérieur à celui de leurs parents, les enfants ne parviennent pas à atteindre un statut social plus élevé que le leur. Il est au programme de terminale ES et Léa ne se doute pas encore de sa réalité.
    Magnifique roman sur la...
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    Le paradoxe d'Anderson est le fait que, malgré un niveau de diplôme supérieur à celui de leurs parents, les enfants ne parviennent pas à atteindre un statut social plus élevé que le leur. Il est au programme de terminale ES et Léa ne se doute pas encore de sa réalité.
    Magnifique roman sur la condition ouvrière que le paradoxe d'Anderson, de Pascal Manoukian qui m'a parfois fait songer à Gérard Mordillat. Une famille : la famille Boitier, la mère, Aline, travaille chez Wooly, une usine textile, le père, Christophe, bosse chez Univerre, une manufacture de bouteilles. Ils ont deux enfants : Léa, 17 ans, qui prépare un bac ES et Mathis, 6 ans, fragile, sujet à des convulsions. Ce sont « leurs sources de lumière ». Ils vivent à Essaimcourt, au nord de l'Oise, dans un petit pavillon. Pour eux, c'est presque le bonheur et ils peuvent même faire quelques projets. Hélas, cela ne va pas durer.
    Wooly décide de délocaliser et Aline va être licenciée. Elle décide de n'en rien dire aux enfants, surtout pour protéger sa fille qui doit absolument réussir son bac pour avoir un bel avenir.
    Mais le drame ne va pas s'arrêter là… et c'est une véritable tragédie que va vivre cette famille. C'est ce que vivent les ouvriers qui perdent leur emploi du jour au lendemain, suite aux délocalisations, se retrouvant au chômage, endettés par des crédits à rembourser, broyés et acculés au désespoir que décrit si bien cet ouvrage.
    Ce roman bouleversant sur les laissés pour compte est rythmé par les mois de l'année. Il débute en août, avec la fin des vacances scolaires, pour se terminer en mai de l'année suivante. Un personnage haut en couleur qui, bien que mort, est présent tout au long de ce livre. C'est Léon, dit Staline, communiste véhément, arrière-grand-père maternel de Léa.
    De plus, le Jeu des 1000 euros de France Inter auquel, justement, a participé Léon d'une manière inoubliable, clôturera ce roman en juxtaposant les questions du jeu avec les réponses entrecroisant Léa et Paul, son petit ami, avec les événements qui se passent à l'extérieur.
    Pascal Manoukian nous tient en haleine d'une façon extrêmement puissante avec ce procédé. Ce livre d'un auteur que je découvrais, a été pour moi un véritable coup de coeur. Captivant du début à la fin, ce livre dur mais combien réaliste et bouleversant m'a pris aux tripes et je l'ai lu d'une traite.
    C'est dans la vie avec toute sa fougue, toutes ses péripéties, toute sa noirceur mais aussi tout son burlesque que Pascal Manoukian nous entraîne jusqu'à nous faire perdre pied.

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  • Un roman social coup de poing, terriblement d’actualité sur la France des déclassés, des délaissés, douloureux et nécessaire.
    J’ai été emporté par le destin de ce couple de salariés pauvres qui se débattent jour après jour avec leurs factures, veulent conserver leur dignité et assurer un avenir...
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    Un roman social coup de poing, terriblement d’actualité sur la France des déclassés, des délaissés, douloureux et nécessaire.
    J’ai été emporté par le destin de ce couple de salariés pauvres qui se débattent jour après jour avec leurs factures, veulent conserver leur dignité et assurer un avenir à leurs enfants en les préservant. Ils prennent de plein fouet la crise, la fermeture de leur usine et le déclassement qui suit.
    Un texte fort qui aurait peut-être gagné à être plus nuancé ; en effet, j’ai trouvé les démonstrations trop manichéennes et l’intrigue parfois invraisemblable.
    Il n’en demeure pas moins que Pascal MANOUKIAN reste un homme et un auteur humaniste et engagé que j’affectionne particulièrement, que je continuerai à suivre. Son écriture demeure addictive et acérée.
    J’ai, de loin, préféré les autres romans de l’auteur dont « Les échoués » qui reste d’utilité publique.

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  • Le paradoxe d’Anderson, mais le roman aurait très bien pu s’appeler la lutte des classes tellement le récit, dans une France presque paysanne, une France ouvrière s’oppose avec véhémence, violence, au capitalisme, à la mondialisation. De nos jours, une familles se retrouvent, parce qu’ils...
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    Le paradoxe d’Anderson, mais le roman aurait très bien pu s’appeler la lutte des classes tellement le récit, dans une France presque paysanne, une France ouvrière s’oppose avec véhémence, violence, au capitalisme, à la mondialisation. De nos jours, une familles se retrouvent, parce qu’ils vivent depuis toujours au jour le jour sans se préoccuper des lendemains, sans voir plus que le bout de leur nez, dans une galère, le chômage qui les touche, la grève, mais les parents tentent de sauvegarder au maximum la jeunesse de leurs enfants, de leur masquer la vérité, leur cacher les déboires, et dépenser sans compter les derniers deniers pour quelques minutes d’émerveillement sans s’imaginer que ces deniers leur auraient permis justement de vivre décemment les prochains mois difficiles. Nous découvrons finalement une famille plus capitaliste que les capitaliste eux-mêmes, avec un comportement de consommateur impulsif, à s’accrocher à ce qui est le plus matériel qui soit, une télévision, mais qui n’hésite pas à couper un arbre pour se chauffer (c’est la télé ou le chauffage, faut faire un choix).
    L’écriture est légère et traite d’une tragédie qui frise le comique, l’auteur nous transporte dans ce monde fait d’incohérences avec un style maîtrisé, au point que cette famille aux aspects repoussants en devient attachante. Une famille, qui même en traversant la rue, n’aura aucune chance de se trouver un travail, parce que dépassé par son époque, celle de ses enfants, et qui pour y répondre comme les idiots qu’ils sont, n’ont que la violence la plus crasse. Une histoire bien triste finalement, mais l’honneur est sauf, Léa, elle les gagne ces 1000€.

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  • Une histoire d'aujourd'hui, ancrée dans la réalité .
    Neuf mois dans la vie d'un couple d'ouvriers où tout va soudain basculer. Christophe et Aline se trouvent l'un comme l'autre frappés par les effets de la crise industrielle : délocalisations, réductions d'effectifs, chômage . C'en est...
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    Une histoire d'aujourd'hui, ancrée dans la réalité .
    Neuf mois dans la vie d'un couple d'ouvriers où tout va soudain basculer. Christophe et Aline se trouvent l'un comme l'autre frappés par les effets de la crise industrielle : délocalisations, réductions d'effectifs, chômage . C'en est fini d'une vie qui permettait d'entrevoir pour leurs deux enfants Léa, 17 ans, lycéenne qui prépare le Bac ES et Mathis 7 ans, un avenir meilleur que celui de leurs parents .
    Comment les protéger du traumatisme d'avoir des parents chômeurs ?
    Comment leur épargner la perspective du déclassement social ?
    Comment survivre avec moins de 1000 euros d'indemnités de chômage quand on a des crédits à rembourser ?
    Le couple va envisager des solutions, mettre en œuvre des stratégies …..

    Autant les séquences consacrées à l'analyse des nouvelles formes d'économie, à l'atmosphère de l'usine, aux rapports patronat/ouvriers , aux moments de discussion et d'occupation de l'usine m'ont semblé justes , autant celles consacrées aux méthodes adoptées par Christophe et Aline pour cacher la vérité à leurs enfants, et celles qui narrent leur épopée rocambolesque m'ont paru irréalistes et peu crédibles.

    Ce roman à la fois social et sociétal, bien que généreux et militant ne m'a pas convaincue . Dommage !

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  • "Personne ne comprend rien aux ouvriers sauf les ouvriers eux-mêmes. Les usines font peur comme les cités. On n'y voit que la crasse, la cadence des chaînes, on n'en retient que le vacarme des machines, le claquement des pointeuses, la fumée de pneus qui brûlent, la violence des piquets de grève...
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    "Personne ne comprend rien aux ouvriers sauf les ouvriers eux-mêmes. Les usines font peur comme les cités. On n'y voit que la crasse, la cadence des chaînes, on n'en retient que le vacarme des machines, le claquement des pointeuses, la fumée de pneus qui brûlent, la violence des piquets de grève et les larmes des licenciés. Pourtant, chaque matin Aline y retrouve ses petits bonheurs, le travail bien fait d'abord et le travail tout court surtout, le café à la cantine, l'art du geste précis et maîtrisé, la complicité de classe et cette énergie qui, malgré la fatigue et les douleurs, court les ateliers".

    Depuis quelques années, Pascal Manoukian construit une œuvre littéraire à la fois forte et nécessaire. Des livres qui parlent avant tout des hommes auxquels l'auteur s'efforce de redonner une image, une forme, une existence là où d'autres s'attachent à les oublier derrière des chiffres, des graphiques, des statistiques. Je ne peux m'empêcher de penser que peut-être, si les dirigeants européens lisaient Les échoués, peut-être l'actualité en serait-elle changée (on peut toujours espérer que la littérature change le monde). Avec Le paradoxe d'Anderson, il s'attaque à un sujet encore plus proche de nous, un truc qui fait peur à tout le monde : la crise et son corollaire, le déclassement social.

    Bien sûr qu'ils y pensent à la crise, Aline et Christophe. Ouvriers tous les deux dans l'Oise, une région qui n'est pas épargnée par les fermetures, délocalisations et donc les licenciements. Aline est chef d'équipe dans une usine de textile, Christophe dans une manufacture de verre. Un beau matin, la ligne que supervise Aline a disparu. Déménagée dans la nuit par les dirigeants. Au même moment, un mouvement de grève est déclenché sur le lieu de travail de Christophe. Tout s'effondre. Aline est licenciée, le revenu de Christophe suspendu pendant la grève. Il faut faire les comptes et "en deux colonnes, ils sont passés de la classe moyenne au surendettement, rejoignant les statistiques et les 9 millions de pauvres qu'ils regardaient avant, sans trop y prêter attention, traverser l'écran de leur salon (...)". Pour l'heure, le plus important est de préserver la tranquillité de Léa, leur fille aînée qui révise pour son Bac ES et celle de Mathis, le benjamin à la santé fragile. Rester positif, s'accrocher, faire en sorte que Léa obtienne le précieux sésame promesse d'une autre vie... Mais comment faire face à la violence d'une société régie par l'économie de marché et qui a oublié la solidarité ?

    Bonne idée de mettre en parallèle les grandes théories de l'économie via les révisions de Léa (dont ce fameux paradoxe d'Anderson) et la réalité du terrain. C'est clair, net, implacable. Mais c'est également désespérant d'assister aux ravages d'un rouleau compresseur qui détruit à l'aveugle. De constater le plus terrible : l'impuissance d'individus qui n'ont aucune maitrise des processus, malgré leur courage, leur optimisme et toute leur bonne volonté. Ça prend aux tripes, ça donne envie de faire la révolution ou au moins de se poser la question du monde que nous voulons.

    Encore une fois, Pascal Manoukian fait entendre la voix de ceux que l'on ignore avec l'empathie qui le caractérise. Il insuffle à ce roman un rythme qui contribue à la sidération, faisant défiler les mois tout en crescendo. Il nous montre un monde en équilibre précaire entre hier et demain, sans nostalgie mais en rendant hommage à tous ceux qui ont lutté pour tenter de défendre les travailleurs (Oh la belle figure de "Staline", le grand-père !) . Sans grand optimisme même si, au détour d'une phrase, on peut lire un certain appel aux générations à venir :

    "Chaque génération doit s'adapter à l'environnement que lui lègue la précédente. Pas étonnant, pense Aline, que celle de Léa, héritière d'un monde d'exclusion, de chômage, de dettes abyssales, de dérèglement climatique, donne le sentiment égoïste de ne vouloir compter que sur elle-même. On lui reproche sa perdition dans les méandres du net, elle y tisse au contraire un immense réseau solidaire ; on la trouve autiste devant ses écrans, elle invente simplement une autre manière de communiquer ; on moque son manque de culture, elle possède pourtant à portée de clic toutes les réponses à toutes les questions du monde (...) ; on prend pour de la paresse son désir de ne plus travailler physiquement sept heures par jour, elle adapte simplement le temps de travail de WhatsApp et de FaceTime. Elle témoigne en fait d'un monde qui naît, mais les responsables de celui qu'il va remplacer refusent de l'admettre, par peur d'en perdre le contrôle. En fait, la génération Z porte bien son nom. Elle marque la fin d'un cycle. La prochaine recommencera à 0, ou plutôt à A, avec devant elle un immense horizon, vierge, incertain, porteur de tous les espoirs et de tous les dangers".

    Il faut lire Pascal Manoukian. Il faut profiter de son regard et de sa capacité à nous faire ressentir avec l'acuité de celui qui a beaucoup parcouru le monde, la réalité des individus. Notre réalité. Vous sortirez de ce roman le souffle coupé, avec l'envie de le faire lire à tous ceux que vous croiserez.

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