Le paradoxe d'Anderson

Couverture du livre « Le paradoxe d'Anderson » de Pascal Manoukian aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021402438
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/09/le-paradoxe-danderson-de-pascal.html

    " Les usines n'engraissent que ceux qui les possèdent. "

    Aline, la quarantaine, est chef d'équipe dans une fabrique de textile dans le nord de l'Oise, son mari Christophe occupe le même poste dans une usine...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/09/le-paradoxe-danderson-de-pascal.html

    " Les usines n'engraissent que ceux qui les possèdent. "

    Aline, la quarantaine, est chef d'équipe dans une fabrique de textile dans le nord de l'Oise, son mari Christophe occupe le même poste dans une usine de fabrication de bouteilles. Ils forment un couple uni et vivent un bonheur parfait avec leurs deux enfants, le jeune Mathis à la santé fragile et Léa qui rêve de changer le monde et de voyager pour aider les autres.

    Mais la crise économique sévit dans la région et la vie du couple bascule lorsque les deux usines qui les emploient délocalisent leur activité. Les machines qu'Aline supervise sont déménagées de nuit et la jeune femme est informée de son licenciement par texto. Quant à Christophe, face aux menaces qui pèsent sur son usine, il se met en grève et occupe son usine avec ses camarades.

    Pour les épargner et ne pas perdre leur estime, Aline et Christophe cachent la vérité à leurs enfants et font semblant de vivre comme avant. Il leur faut protéger leur fille Léa, 17 ans, qui prépare son bac, un examen qui est pour eux synonyme d'ascenseur social. Léa est en section "économique et social" et étudie le fameux Paradoxe d'Anderson selon lequel l'acquisition d'un diplôme supérieur à celui de son père n'assure pas, nécessairement, à un étudiant une position sociale plus élevée. "Plus rien n’est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes". C'est l'occasion pour Aline qui aide sa fille à réviser de réfléchir aux différents modèles économiques avec en mémoire les mots de son grand-père communiste, surnommé Staline, un homme aux fortes convictions.

    Cette histoire de déclassement social, tristement d'actualité, est poignante et serre le cœur jusqu'au dénouement final. J'ai rarement vu des personnages aussi forts et aussi attachants que ceux que Pascal Manoukian met en scène dans ses romans. Il signe ici un roman engagé dans lequel il égratigne au passage quelques hommes politiques avec des propos bien acérés. Il décortique le phénomène de la mondialisation, des délocalisations d'usines et dénonce le mépris des dirigeants. Il dépeint des situations qui font trop souvent la une des médias et raconte le désespoir, l'humiliation et l'impuissance des laissés pour compte. Tout au long du livre on ressent très fort sa colère et sa profonde empathie pour les victimes de la crise économique et de la casse sociale. Voilà un écrivain qui a choisi, de livre en livre, de parler de l'homme, des démunis, des faibles et qui le fait magnifiquement bien avec beaucoup de justesse et d'humanité. Un livre fort et nécessaire comme tous les romans de cet auteur. Un roman qui fait écho au film "En guerre" sorti cet hiver.

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  • Lire un roman de Pascal Manoukian c'est, pour moi, faire l'expérience d'un réel décrypté par le récit et par une écriture remarquable de sensibilité et d'acuité. Et j'ai retrouvé dans "Le paradoxe d'Anderson" ce souffle saisissant qui bouleverse la conscience tout en suscitant des émotions...
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    Lire un roman de Pascal Manoukian c'est, pour moi, faire l'expérience d'un réel décrypté par le récit et par une écriture remarquable de sensibilité et d'acuité. Et j'ai retrouvé dans "Le paradoxe d'Anderson" ce souffle saisissant qui bouleverse la conscience tout en suscitant des émotions intenses. Je me creuse la tête pour tenter de discerner ce qui fait cette force, mais je crois, en définitive, que la matière du roman et son traitement forment un ensemble si cohérent et si maîtrisé qu'il m'est difficile d'en morceler la substance.

    J'imagine une petite ville de l'Oise. Non. Je ne l'imagine pas mais je la vois, j'y suis, j'y habite. Une banlieue résidentielle où vivent Aline, Christophe et leurs deux enfants, Léa et Mathis. Un crédit pour acheter la maison où ils sont bien, une voiture qu'il faudrait songer à remplacer, quelques économies à réaliser pour que Léa puisse, après son bac ES, poursuivre des études qui lui apporteront (Aline et Christophe n'en doutent pas) un métier stable, une situation sociale supérieure à la leur. Donner à Léa et Mathis tous les moyens pour qu'ils puissent sortir de l'incertitude des lendemains, c'est l'espoir et l'ambition de leurs parents, eux-mêmes employés dans deux usines de la ville proche. La vie familiale pourrait être douce entre les révisions de Léa, les galipettes de Mathis et la tendresse qui lie parents et enfants. Elle pourrait l'être si le souvenir des combats de Léon-Staline, l'irréductible arrière grand-père, ne venait donner un éclairage inquiétant aux cours d'économie de Léa, si la détresse de Sandra, ancienne collègue d'Aline, ne recelait une insidieuse menace, si la situation générale n'était marquée par une instabilité angoissante...

    Et puis, en quelques mois, une double déflagration remet tout en cause : restructuration, délocalisation, plan social, licenciement, chômage. Ce qui semblait acquis est violemment anéanti. Pour protéger leurs enfants, Aline et Christophe se taisent, feignent l'optimisme, imaginent de fabuleuses stratégies pour masquer la réalité, luttent pied à pied et s'inventent Robin des Bois ou Bonux and Tide. De leur drame, ils font un roman poétique et épique pour échapper à la tragédie.

    Et pour nous raconter cette histoire contemporaine, Pascal Manoukian va chercher l'humanité, la générosité et l'intelligence au plus profond des mots. Au réalisme de la description répond la superbe poésie de moments hors du temps, comme les vacances inventées pour Mathis. Le romanesque de l'intrigue laisse filtrer une percutante analyse économique et sociale, sans que jamais l'une ne prenne le pas sur l'autre. Sur trois générations, Léon, Aline et Léa nous font entendre, percevoir cette paradoxale dissolution des perspectives d'évolution sociale. La poursuite des études qui était, pour le monde ouvrier, l'un des moyens traditionnels d'acquérir un statut professionnel supérieur à celui des parents, est devenue une nouvelle cause d'endettement alors que les diplômes obtenus n'assurent plus un travail correspondant aux compétences ainsi acquises.

    Le constat pourrait être accablant de désespoir, n'était la force et l'irrésistible énergie des personnages mis en scène par l'auteur. Comme pour les autres romans de Pascal Manoukian, je n'ai pu lâcher "Le paradoxe d'Anderson" avant la dernière page. Comme ses autres romans, il agit à la manière d'un révélateur, d'un éveilleur de conscience et de lucidité. Il me semble être passée dans une centrifugeuse d'émotions, de perceptions et de représentations. Ce roman détient le rare pouvoir de troubler et d'enrichir, de faire don d'une parcelle d'humanité dont j'ignorais peut-être qu'elle me manquait. C'est tout ce que j'attends d'une lecture et celle-ci y a amplement pourvu !

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  • Pascal Manoukian est en train de construire une véritable œuvre, une œuvre sociale, une étude fine et sans concession de notre monde actuel. Et si je n'étais aussi hostile aux comparaisons, je le rapprocherais bien de Zola.

    Son premier roman, "Les échoués", nous embarquait sur des canots de...
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    Pascal Manoukian est en train de construire une véritable œuvre, une œuvre sociale, une étude fine et sans concession de notre monde actuel. Et si je n'étais aussi hostile aux comparaisons, je le rapprocherais bien de Zola.

    Son premier roman, "Les échoués", nous embarquait sur des canots de fortune aux côtés de migrants fuyant la guerre ou la famine de leur pays pour atteindre d'hypothétiques eldorados. Son deuxième "Ce que tient ta main droite t’appartient", nous plongeait au cœur de DAESCH, dont il analysait les mécanismes de recrutement de son œil acéré de grand reporter. Son troisième, "Le Paradoxe d’Anderson", plus proche de nous encore, s’attaque à la mondialisation, aux grands groupes et aux délocalisations qui ruinent la vie des ouvriers.

    Aline et Christophe, la quarantaine, sont tous les deux ouvriers d’usine dans l’Oise. Elle, passe ses journées devant une machine à tricoter des chaussettes et lui, se brûle aux fours d’où sort le verre qu’il transforme en bouteilles. Ils ont deux enfants. Léa, jolie jeune fille de 17 ans, élève en Terminale ES, prépare son bac et Mathis, enfant volant le plus souvent de branche en branche dans son "arbre à Tarzan", est atteint d’une maladie inconnue. Une famille normale, quoi, avec ses joies et ses peines, une maison achetée à crédit, bien sûr, et une seconde voiture non encore payée. Mais quand un matin une partie des machines, dont celle d’Aline, a disparu, quand les collègues de Christophe décident de se mettre en grève parce qu’il est question de délocalisation… c’est leur monde qui disparait.

    Lire les ouvrages de l'auteur, c'est vivre de l’intérieur les bonheurs et surtout les malheurs de ses personnages qui pourraient être n’importe lequel d’entre nous. Comme un oiseau sur une branche, le sort de chacun est décrit dans sa fragilité. Les espoirs ne sont plus permis puisque même les grands diplômés ne trouvent aucun travail à la hauteur de leur savoir et de leurs compétences. C’est noir, triste, poignant, juste coloré du rose de la solidarité et du bleu de l’enthousiasme avec lequel les parents font sourire leurs enfants. J’aime beaucoup la plume de l’écrivain trempée dans un bain de tendresse, de générosité, d’empathie hors normes pour tous les délaissés. Il leur cède en héritage cette force qui leur donne le courage et le sourire, l'imagination, l'art de transformer la vie et ses aléas contre un tour de manège, une balade dans un champ digne d'une virée en terre inconnue. Il a cette qualité de traduire à l’aide de mots choisis le désespoir, mais aussi les petits bonheurs et surtout de nous ouvrir les yeux. Il nous raconte les petits, les laissés pour compte, les enveloppe d’affection et de respect.
    J’apprécie particulièrement aussi les ponts jetés par Pascal Manoukian qui d’un roman à l’autre garde une pensée toujours émue pour ses héros, tels les petits vendeurs de roses souvent venus des rives du Brahmapoutre.

    Lire cet auteur c’est se remettre en question, regarder les autres avec un œil neuf, bienveillant, c’est avoir envie de donner.

    Je ne vous parle pas de la fin époustouflante… vous la découvrirez vous-même. Et vous verrez que quitter ce roman n’est pas l’oublier. Longtemps les mots résonnent et tournent en boucle.

    Pascal Manoukian est, à mes yeux, un grand écrivain.

    https://memo-emoi.fr

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  • Dans l’Oise, un département durement touché par le chômage, vivent Aline et Christophe, la quarantaine, qui travaillent tous les deux d’arrache-pied à l’usine pour rembourser le crédit de leur maison et subvenir aux dépenses quotidiennes. Le couple a reporté ses rêves et ses espoirs de réussite...
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    Dans l’Oise, un département durement touché par le chômage, vivent Aline et Christophe, la quarantaine, qui travaillent tous les deux d’arrache-pied à l’usine pour rembourser le crédit de leur maison et subvenir aux dépenses quotidiennes. Le couple a reporté ses rêves et ses espoirs de réussite sur leurs enfants. Ainsi, ils mettent tout en oeuvre pour leur offrir un avenir meilleur, ailleurs.

    Cependant, en l’espace de quelques mois, cette famille voit sa vie basculer et s’effondrer de manière implacable. Aline est licenciée du fait d’une délocalisation et Christophe se retrouve sans salaire suite à une grève ouvrière sur son lieu de travail. La colère, la honte puis la peur les anéantissent. Malgré la visite du huissier, malgré les dettes et le désespoir qui les envahissent peu à peu, ils gardent leur optimisme avec un seul objectif, préserver leurs enfants et en particulier l’aînée qui prépare le bac.

    C’est le troisième roman que je lis de Pascal Manoukian et je me suis à nouveau prise une claque en pleine figure. Un récit noir, poignant et percutant d’un réalisme saisissant sur la condition de la classe ouvrière d’aujourd’hui.

    L’auteur a cerné avec justesse les conséquences dramatiques engendrées par ces fermetures d’usines qui se multiplient et détruisent des familles. Des victimes impuissantes, endettées qui, comme Aline et Christophe, subissent une cruelle descente aux enfers.

    Mais, cette histoire met également en avant l’amour qui unit cette famille et le courage dont ils vont faire preuve pour protéger leurs enfants, les trésors d’imagination qu’ils vont inventer pour leur dissimuler la vérité.

    Avec ce nouveau roman qui aborde la crise du monde ouvrier et le déclassement social, Pascal Manoukian nous livre une fois de plus un récit coup de poing, bouleversant et nécessaire. À travers le destin tragique de cette famille ordinaire, ce roman social interpelle inévitablement le lecteur sur les ravages de la mondialisation dans une société où le profit prime désormais sur l’humain.

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  • LIVRE 59

    LE PARADOXE D’ANDERSON DE PASCAL MANOUKIAN 295 PAGES EDITIONS SEUIL SORTIE LE 16 AOUT 2018

    UN EXCELLENT LIVRE

    Résumé :

    Plus rien n'est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes.
    À 17 ans, Léa ne s'en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir. La...
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    LIVRE 59

    LE PARADOXE D’ANDERSON DE PASCAL MANOUKIAN 295 PAGES EDITIONS SEUIL SORTIE LE 16 AOUT 2018

    UN EXCELLENT LIVRE

    Résumé :

    Plus rien n'est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes.
    À 17 ans, Léa ne s'en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir. La famille habite dans le nord de l'Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles. Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort, leur fille se prépare à passer le bac, section " économique et social ". Pour protéger Léa et son petit frère, Aline et Christophe vont redoubler d'imagination et faire semblant de vivre comme avant, tout en révisant avec Léa ce qui a fait la grandeur du monde ouvrier et ce qui aujourd'hui le détruit. Comme le paradoxe d'Anderson, par exemple. " C'est quoi, le paradoxe d'Anderson ? " demande Aline. Léa hésite. " Quelque chose qui ne va pas te plaire ", prévient-elle. Léon, dit Staline, le grand-père communiste, les avait pourtant alertés : " Les usines ne poussent qu'une fois et n'engraissent que ceux qui les possèdent. "

    Mon avis :

    Coïncidence, l’histoire se passe dans l’Oise, ma région. Je connais bien Beauvais. Beaucoup d’usines ont fermé et ferment encore. Des couples travaillent dans une même usine et après un licenciement se retrouvent dans la galère. Souvent, ce sont des salariés qui n’ont pas étudié donc sans diplôme. Ils sont au chômage avec une famille à nourrir.

    L’auteur a bien résumé cette histoire. Le ressentiment de ces ouvriers, les problèmes financiers, la honte, la rancœur…

    Ce livre est fluide. Il se lit rapidement. Le récit est impeccable. Lorsqu’une usine ferme, c’est des centaines de personnes sans travail. C’est une ville qui meurt peu à peu. Se reconstruire est difficile, si difficile lorsque l’on perd sa maison, tous ses biens…

    Un roman vraiment à lire d’un très bon auteur.

    Volez, courez, à votre librairie !

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