Le paradoxe d'Anderson

Couverture du livre « Le paradoxe d'Anderson » de Pascal Manoukian aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021402438
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

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  • Un roman social coup de poing, terriblement d’actualité sur la France des déclassés, des délaissés, douloureux et nécessaire.
    J’ai été emporté par le destin de ce couple de salariés pauvres qui se débattent jour après jour avec leurs factures, veulent conserver leur dignité et assurer un avenir...
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    Un roman social coup de poing, terriblement d’actualité sur la France des déclassés, des délaissés, douloureux et nécessaire.
    J’ai été emporté par le destin de ce couple de salariés pauvres qui se débattent jour après jour avec leurs factures, veulent conserver leur dignité et assurer un avenir à leurs enfants en les préservant. Ils prennent de plein fouet la crise, la fermeture de leur usine et le déclassement qui suit.
    Un texte fort qui aurait peut-être gagné à être plus nuancé ; en effet, j’ai trouvé les démonstrations trop manichéennes et l’intrigue parfois invraisemblable.
    Il n’en demeure pas moins que Pascal MANOUKIAN reste un homme et un auteur humaniste et engagé que j’affectionne particulièrement, que je continuerai à suivre. Son écriture demeure addictive et acérée.
    J’ai, de loin, préféré les autres romans de l’auteur dont « Les échoués » qui reste d’utilité publique.

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  • Le paradoxe d’Anderson, mais le roman aurait très bien pu s’appeler la lutte des classes tellement le récit, dans une France presque paysanne, une France ouvrière s’oppose avec véhémence, violence, au capitalisme, à la mondialisation. De nos jours, une familles se retrouvent, parce qu’ils...
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    Le paradoxe d’Anderson, mais le roman aurait très bien pu s’appeler la lutte des classes tellement le récit, dans une France presque paysanne, une France ouvrière s’oppose avec véhémence, violence, au capitalisme, à la mondialisation. De nos jours, une familles se retrouvent, parce qu’ils vivent depuis toujours au jour le jour sans se préoccuper des lendemains, sans voir plus que le bout de leur nez, dans une galère, le chômage qui les touche, la grève, mais les parents tentent de sauvegarder au maximum la jeunesse de leurs enfants, de leur masquer la vérité, leur cacher les déboires, et dépenser sans compter les derniers deniers pour quelques minutes d’émerveillement sans s’imaginer que ces deniers leur auraient permis justement de vivre décemment les prochains mois difficiles. Nous découvrons finalement une famille plus capitaliste que les capitaliste eux-mêmes, avec un comportement de consommateur impulsif, à s’accrocher à ce qui est le plus matériel qui soit, une télévision, mais qui n’hésite pas à couper un arbre pour se chauffer (c’est la télé ou le chauffage, faut faire un choix).
    L’écriture est légère et traite d’une tragédie qui frise le comique, l’auteur nous transporte dans ce monde fait d’incohérences avec un style maîtrisé, au point que cette famille aux aspects repoussants en devient attachante. Une famille, qui même en traversant la rue, n’aura aucune chance de se trouver un travail, parce que dépassé par son époque, celle de ses enfants, et qui pour y répondre comme les idiots qu’ils sont, n’ont que la violence la plus crasse. Une histoire bien triste finalement, mais l’honneur est sauf, Léa, elle les gagne ces 1000€.

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  • Une histoire d'aujourd'hui, ancrée dans la réalité .
    Neuf mois dans la vie d'un couple d'ouvriers où tout va soudain basculer. Christophe et Aline se trouvent l'un comme l'autre frappés par les effets de la crise industrielle : délocalisations, réductions d'effectifs, chômage . C'en est...
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    Une histoire d'aujourd'hui, ancrée dans la réalité .
    Neuf mois dans la vie d'un couple d'ouvriers où tout va soudain basculer. Christophe et Aline se trouvent l'un comme l'autre frappés par les effets de la crise industrielle : délocalisations, réductions d'effectifs, chômage . C'en est fini d'une vie qui permettait d'entrevoir pour leurs deux enfants Léa, 17 ans, lycéenne qui prépare le Bac ES et Mathis 7 ans, un avenir meilleur que celui de leurs parents .
    Comment les protéger du traumatisme d'avoir des parents chômeurs ?
    Comment leur épargner la perspective du déclassement social ?
    Comment survivre avec moins de 1000 euros d'indemnités de chômage quand on a des crédits à rembourser ?
    Le couple va envisager des solutions, mettre en œuvre des stratégies …..

    Autant les séquences consacrées à l'analyse des nouvelles formes d'économie, à l'atmosphère de l'usine, aux rapports patronat/ouvriers , aux moments de discussion et d'occupation de l'usine m'ont semblé justes , autant celles consacrées aux méthodes adoptées par Christophe et Aline pour cacher la vérité à leurs enfants, et celles qui narrent leur épopée rocambolesque m'ont paru irréalistes et peu crédibles.

    Ce roman à la fois social et sociétal, bien que généreux et militant ne m'a pas convaincue . Dommage !

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  • "Personne ne comprend rien aux ouvriers sauf les ouvriers eux-mêmes. Les usines font peur comme les cités. On n'y voit que la crasse, la cadence des chaînes, on n'en retient que le vacarme des machines, le claquement des pointeuses, la fumée de pneus qui brûlent, la violence des piquets de grève...
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    "Personne ne comprend rien aux ouvriers sauf les ouvriers eux-mêmes. Les usines font peur comme les cités. On n'y voit que la crasse, la cadence des chaînes, on n'en retient que le vacarme des machines, le claquement des pointeuses, la fumée de pneus qui brûlent, la violence des piquets de grève et les larmes des licenciés. Pourtant, chaque matin Aline y retrouve ses petits bonheurs, le travail bien fait d'abord et le travail tout court surtout, le café à la cantine, l'art du geste précis et maîtrisé, la complicité de classe et cette énergie qui, malgré la fatigue et les douleurs, court les ateliers".

    Depuis quelques années, Pascal Manoukian construit une œuvre littéraire à la fois forte et nécessaire. Des livres qui parlent avant tout des hommes auxquels l'auteur s'efforce de redonner une image, une forme, une existence là où d'autres s'attachent à les oublier derrière des chiffres, des graphiques, des statistiques. Je ne peux m'empêcher de penser que peut-être, si les dirigeants européens lisaient Les échoués, peut-être l'actualité en serait-elle changée (on peut toujours espérer que la littérature change le monde). Avec Le paradoxe d'Anderson, il s'attaque à un sujet encore plus proche de nous, un truc qui fait peur à tout le monde : la crise et son corollaire, le déclassement social.

    Bien sûr qu'ils y pensent à la crise, Aline et Christophe. Ouvriers tous les deux dans l'Oise, une région qui n'est pas épargnée par les fermetures, délocalisations et donc les licenciements. Aline est chef d'équipe dans une usine de textile, Christophe dans une manufacture de verre. Un beau matin, la ligne que supervise Aline a disparu. Déménagée dans la nuit par les dirigeants. Au même moment, un mouvement de grève est déclenché sur le lieu de travail de Christophe. Tout s'effondre. Aline est licenciée, le revenu de Christophe suspendu pendant la grève. Il faut faire les comptes et "en deux colonnes, ils sont passés de la classe moyenne au surendettement, rejoignant les statistiques et les 9 millions de pauvres qu'ils regardaient avant, sans trop y prêter attention, traverser l'écran de leur salon (...)". Pour l'heure, le plus important est de préserver la tranquillité de Léa, leur fille aînée qui révise pour son Bac ES et celle de Mathis, le benjamin à la santé fragile. Rester positif, s'accrocher, faire en sorte que Léa obtienne le précieux sésame promesse d'une autre vie... Mais comment faire face à la violence d'une société régie par l'économie de marché et qui a oublié la solidarité ?

    Bonne idée de mettre en parallèle les grandes théories de l'économie via les révisions de Léa (dont ce fameux paradoxe d'Anderson) et la réalité du terrain. C'est clair, net, implacable. Mais c'est également désespérant d'assister aux ravages d'un rouleau compresseur qui détruit à l'aveugle. De constater le plus terrible : l'impuissance d'individus qui n'ont aucune maitrise des processus, malgré leur courage, leur optimisme et toute leur bonne volonté. Ça prend aux tripes, ça donne envie de faire la révolution ou au moins de se poser la question du monde que nous voulons.

    Encore une fois, Pascal Manoukian fait entendre la voix de ceux que l'on ignore avec l'empathie qui le caractérise. Il insuffle à ce roman un rythme qui contribue à la sidération, faisant défiler les mois tout en crescendo. Il nous montre un monde en équilibre précaire entre hier et demain, sans nostalgie mais en rendant hommage à tous ceux qui ont lutté pour tenter de défendre les travailleurs (Oh la belle figure de "Staline", le grand-père !) . Sans grand optimisme même si, au détour d'une phrase, on peut lire un certain appel aux générations à venir :

    "Chaque génération doit s'adapter à l'environnement que lui lègue la précédente. Pas étonnant, pense Aline, que celle de Léa, héritière d'un monde d'exclusion, de chômage, de dettes abyssales, de dérèglement climatique, donne le sentiment égoïste de ne vouloir compter que sur elle-même. On lui reproche sa perdition dans les méandres du net, elle y tisse au contraire un immense réseau solidaire ; on la trouve autiste devant ses écrans, elle invente simplement une autre manière de communiquer ; on moque son manque de culture, elle possède pourtant à portée de clic toutes les réponses à toutes les questions du monde (...) ; on prend pour de la paresse son désir de ne plus travailler physiquement sept heures par jour, elle adapte simplement le temps de travail de WhatsApp et de FaceTime. Elle témoigne en fait d'un monde qui naît, mais les responsables de celui qu'il va remplacer refusent de l'admettre, par peur d'en perdre le contrôle. En fait, la génération Z porte bien son nom. Elle marque la fin d'un cycle. La prochaine recommencera à 0, ou plutôt à A, avec devant elle un immense horizon, vierge, incertain, porteur de tous les espoirs et de tous les dangers".

    Il faut lire Pascal Manoukian. Il faut profiter de son regard et de sa capacité à nous faire ressentir avec l'acuité de celui qui a beaucoup parcouru le monde, la réalité des individus. Notre réalité. Vous sortirez de ce roman le souffle coupé, avec l'envie de le faire lire à tous ceux que vous croiserez.

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  • Avec cette France de la fracture sociale qui s’invite à grand bruit dans la rentrée littéraire, l’auteur fait réfléchir ses lecteurs avec beaucoup d’humanité et de véracité.
    Aline et Christophe, un couple, une vie de famille bien rangée. Une fille qui prépare son bac avec l’espoir de continuer...
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    Avec cette France de la fracture sociale qui s’invite à grand bruit dans la rentrée littéraire, l’auteur fait réfléchir ses lecteurs avec beaucoup d’humanité et de véracité.
    Aline et Christophe, un couple, une vie de famille bien rangée. Une fille qui prépare son bac avec l’espoir de continuer des études supérieures, un travail à l’usine textile et un mari qui a un travail régulier, des parents dont on s’occupe, et les copines, dans cette petite ville de l’Oise dans laquelle on a passé toute sa vie. …
    Un jour, une rumeur de fermeture d’usine se répand chez les ouvrières. Où, quand ? Puis un matin, les machines ont disparu, l’emploi afférant également. Les espoirs d’un futur serein se volatilisent en un clin d’œil, la situation est en équilibre instable. Avec la perte d’emploi, les crédits, les traites et les impôts à payer, les études des enfants, tout devient aléatoire.
    Du jour au lendemain tout s’effondre autour d’Aline et Christophe. C’est la fin du confort, mais le couple décide de ne rien dire aux enfants, ni aux parents. Puis à l’usine du mari la grève est votée, plus d’heures sup pour rattraper le salaire perdu, plus de travail pour survivre et rester un couple intégré dans cette normalité qui disparait du jour au lendemain …
    Il y a de la pensée communiste, mais surtout humaniste dans ce roman de Pascal Manoukian. L’auteur évoque avec justesse la vie des ouvriers des villes du nord où le chômage touche une grande partie de ces populations. Ce sont les grèves, les dettes, la misère, les maisons vendues … et les enfants qui étudient sans aucun espoir de vie meilleure pour éclaircir leur horizon…
    Pour lire la chronique complète, aller sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2018/11/05/le-paradoxe-danderson-pascal-manoukian/

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  • Le paradoxe Anderson est une lecture très prenante.
    J'ai été captivée par ce roman que je trouve très ancré dans le monde d'aujourd'hui.
    La plume de Pascal Manoukian est extrêmement addictive.
    Un roman sociétal très bien ecrit et qui parle à son lecteur.
    C'est l'histoire d'une famille...
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    Le paradoxe Anderson est une lecture très prenante.
    J'ai été captivée par ce roman que je trouve très ancré dans le monde d'aujourd'hui.
    La plume de Pascal Manoukian est extrêmement addictive.
    Un roman sociétal très bien ecrit et qui parle à son lecteur.
    C'est l'histoire d'une famille qui pourrait être la nôtre.
    Un roman réaliste qui nous fait réfléchir.
    J'ai beaucoup aimé et je vous le conseille.

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  • Si le roman social est une oeuvre dénonçant les problèmes sociaux en plaçant l'homme au centre d'un système qui les broie, alors, le "paradoxe d'Anderson" répond à cette définition.Ce roman nous donne à suivre la vie d'une famille d'ouvriers pendant 10 mois, temps suffisant pour passer d'une...
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    Si le roman social est une oeuvre dénonçant les problèmes sociaux en plaçant l'homme au centre d'un système qui les broie, alors, le "paradoxe d'Anderson" répond à cette définition.Ce roman nous donne à suivre la vie d'une famille d'ouvriers pendant 10 mois, temps suffisant pour passer d'une certaine harmonie au chaos et au désespoir. Outre Christophe et Aline, les parents, leurs 2 enfants dont Léa, qui va passer son bac, sésame pour un futur plein d'espérance !!...
    Mais la crise et le chômage viennent frapper de plein fouet leur équilibre financier déjà précaire. S'ensuit une rapide descente aux enfers du couple qui rivalise pourtant d'ingéniosité pour épargner ses enfants ; là sont les échappées belles, tendres et émouvantes. Pour le reste, énergie initiale, révolte puis découragement et finalement, violence, contre l'adversaire désigné puis contre soi-même . On se croirait chez Zola, on est au XXIe siècle... Même cruauté, même noirceur, même désespoir... Car faire disparaître une classe sociale ne fait pas disparaître les gens pour autant ! Roman réaliste, sans trop de concessions, même si parfois un peu caricatural, avec les bons d'un côté et les méchants de l'autre .
    Quand la logique d'ascension sociale n'est pas respectée, on parle donc de paradoxe d'Anderson. Je viens donc de mettre un nom sur la situation qui vit présentement ma fille, elle aussi prénommée Léa ....
    Merci de m'avoir fait parvenir ce livre . Il est nécessaire . Puisse-t-il parvenir également chez les "décideurs" haut placés......

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  • Tout comme Gérard Mordillat a écrit sur la misère des ouvriers du Nord autour de la fermeture d'une usine sidérurgique dans "Les vivants et les morts", comme Pascal Dessaint a évoqué la misère d'une ville du Nord dans l'univers pollué des ruines d'une usine dans "Les derniers jours d'un homme",...
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    Tout comme Gérard Mordillat a écrit sur la misère des ouvriers du Nord autour de la fermeture d'une usine sidérurgique dans "Les vivants et les morts", comme Pascal Dessaint a évoqué la misère d'une ville du Nord dans l'univers pollué des ruines d'une usine dans "Les derniers jours d'un homme", Pascal Manoukian dresse ici le portrait d'une ville en sursis, une cité de l'Oise.

    Les pères ont vendu leur terre pour assurer à leurs enfants un avenir meilleur à l'usine de verre qui embaucha à tour de bras ... cette usine qui aujourd'hui envisage de délocaliser sa production vers des lieux où les coûts de main d'œuvre sont plus bas, si bas, trop bas ... 

    Et lorsque cela survient quelques jours à peine après que l'usine textile qui employait les femmes a elle aussi choisi d'alléger ses charges ... 

    Quel avenir ? 

    Bref un roman pas très rose qui montre la vie qu'on ne voit jamais, qu'on ne montre qu'aux moments de révolte de ceux qui, ayant déjà tout perdu, n'ont plus rien à perdre ... 

    Un roman qui prend aux tripes ! 

    Merci à la Fondation Orange et aux éditions du Seuil pour m'avoir adressé cet ouvrage.

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  • Pascal Manoukian est un auteur que je suis depuis son premier roman Les échoués (Don Quichotte). Pour ce dernier, il a reçu le Prix Première 2016 (prix décerné par une radio éponyme en Belgique pour un premier roman) et ayant moi-même fait partie de ce jury une année, je fais confiance à ces...
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    Pascal Manoukian est un auteur que je suis depuis son premier roman Les échoués (Don Quichotte). Pour ce dernier, il a reçu le Prix Première 2016 (prix décerné par une radio éponyme en Belgique pour un premier roman) et ayant moi-même fait partie de ce jury une année, je fais confiance à ces jurés lecteurs.

    Après avoir suivi le destin de plusieurs migrants dans Les échoués et après nous avoir plongé au cœur de Daesh dans Ce que tient dans ta main droite t’appartient, Pascal Manoukian aborde avec brio un autre sujet de société important, plus proche de nous : le déclassement social. Alors je vous préviens, si vous êtes un peu déprimé ou si vous aimez les romans feel good, ce roman n’est pas fait pour vous : l’optimisme n’est pas au rendez-vous ! :-p C’est un vrai roman social sur une chute rapide aux enfers dans la misère sociale sur fond de délocalisations, de mondialisation et de lutte des classes.

    « Le paradoxe d’Anderson est un paradoxe empirique selon lequel l’acquisition par un étudiant d’un diplôme supérieur à celui de son père ne lui assure pas, nécessairement, une position sociale plus élevée. » (Wikipedia)

    Ouvriers dans l’Oise, Aline et Christophe perdent leur emploi coup sur coup et se retrouvent sans aucun revenu du jour au lendemain. La chute est rapide… Pour ne pas perturber leur fille qui passe son bac économique (ironie du sort !), ils décident de ne pas en parler à leurs enfants et cela mène à plusieurs scènes rocambolesques. L’auteur a le don de décrire de petits moments de la vie quotidienne, il a l’œil pour capter ses scènes et les retranscrire dans ses romans. Par exemple, cette scène où un huissier vient chez eux et la mère lui demande de faire semblant de s’intéresser à la construction d’une piscine pour détourner l’attention.

    L’auteur dresse donc ici le portrait de la machine à broyer économique, l’humain est mis de côté et l’ouvrier local est dévalorisé. Le moral est en berne dans la famille et pourtant, ils font tout pour faire bonne figure et imaginent des combines pour s’en sortir ce qui donne lieu à des situations ubuesques. Le petit bémol ? Des scènes invraisemblables et je me suis demandée parfois comment la fille de 17 ans ne se rend compte de rien. Les aventures de « Bonux et Tide » sont quand même tirés par les cheveux mais elles m’ont fait rire et je ne m’attendais pas aux différents rebondissements de l’intrigue. La fin est aussi très réussie et m’a marqué, on se retrouve un peu assommée en le refermant !

    Pascal Manoukian sait aussi créer des personnages, on s’y attache de manière indéniable et on vit avec eux leurs angoisses. Poignant ! L’écriture est toujours aussi simple et efficace. D’un style fluide, l’auteur donne une voix, une nouvelle fois, aux oubliés de nos sociétés actuelles.

    Bref, ce roman est un vrai cri sur ce qu’est devenu la France profonde aujourd’hui et contre les délocalisations qui mènent à une telle misère sociale dans un milieu durement touché. C’est pessimiste mais certaines situations très concrètes prêtent à sourire et les personnages sont toujours aussi bien dépeints. L’auteur parvient à dresser un portrait social cruel mais d’une justesse incroyable du monde ouvrier.

    Ma chronique est aussi sur le blog : https://thetwinbooks.wordpress.com/2018/09/28/le-paradoxe-danderson-pascal-manoukian/

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  • Un univers que je connais bien puisque j'ai travaillé pendant 10 ans dans une usine d'un grand groupe hollandais.
    Au plus fort de l'activité, nous étions 2500 salariés, les lignes de production tournaient 24h/24.
    En 2006, ce fut la fermeture définitive du site !
    Plusieurs vagues de...
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    Un univers que je connais bien puisque j'ai travaillé pendant 10 ans dans une usine d'un grand groupe hollandais.
    Au plus fort de l'activité, nous étions 2500 salariés, les lignes de production tournaient 24h/24.
    En 2006, ce fut la fermeture définitive du site !
    Plusieurs vagues de licenciements ont eu lieu et c'est par "wagon" que j'ai vu mes collègues partir...

    A la lecture de ce roman, je me suis replongée dans ce milieu qui m'est très cher.
    Un monde du travail différent, une ambiance que l'on ne retrouve pas dans les autres secteurs !
    Il faut y travailler pour comprendre, ce sont des rapports humains particuliers... C'est vivant, humain, brut et sous le signe de l'entraide.


    « Vivre sans usines, c’est vivre sans poumons. »

    Pascal Manoukian nous raconte la descente aux enfers d'une famille ouvrière où le couple travaillant chacun dans une usine, se voient licencier l'un après l'autre, dans une région où le chômage prédomine.

    C'est le choc ! C'est le début des déboires, des tracas, une dégringolade du niveau de vie qui chute irrémédiablement.
    Les factures impayées, les prêts non honorés, l'argent qui manque, le sur-endettement. Et surtout la honte et une immense peur de tout perdre...

    C'est une histoire poignante que l'on va suivre avec ce couple, Aline et Christophe. Ils essayent de se battre férocement, afin de s'en sortir.
    Retrouver du travail, se débrouiller avec les moyens du bord allant même jusqu'à voler, tout est bon pour ne pas montrer à leurs enfants, qu'ils sont dans une situation dramatique.
    Sauver les apparences pour les deux êtres qu'ils aiment le plus : leur fille qui passe le bac cette année et qu'ils ne veulent pas perturber et leur fils, malade qu'ils ne veulent pas inquiéter.

    Une pression de tous les instants, de tous les jours !

    Une tension permanente tellement forte qu'ils pensent à l'irréparable...

    Vous l'aurez compris, c'est un roman fort qui aborde des sujets graves et très actuels comme la mondialisation, la délocalisation, la précarité, la déchéance, le chômage, le déclassement qui font frémir et qui bouleverse chacun de nous.

    Une histoire puissante qui parle de la crise du monde ouvrier et la fragilité sociale.

    De ces drames, malheureusement, s'ensuivent des actes désespérés !

    L'auteur décrit la détresse des ouvriers licenciés où LEUR MONDE s'écroule, emmenant toute la famille dans leurs désarrois.

    Car y a-t-il réellement une issue quand on a tout perdu !



    "Elle aimerait changer de trottoir, de famille, de maison. Ne plus penser à tous les obstacles, se vider la tête et s'envoler telle une perchiste au-dessus de la barre, la passer enfin après tant d'échecs."


    Lorsque ces femmes et ces hommes sont acculés et non plus aucune solution, perdant tous ce qu'ils ont construits tout au long de leur vie, à "la sueur de leur front"? Y a-t-il encore de l'espoir ?

    C'est en étant abasourdie et horrifiée, que j'ai refermé cet ouvrage, car nous ne sommes pas loin de la réalité !

    Un roman "coup de poing" qu'il faut lire évidemment !

    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2018/10/le-paradoxe-danderson.html

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