Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Le dernier enfant

Couverture du livre « Le dernier enfant » de Philippe Besson aux éditions Julliard
  • Date de parution :
  • Editeur : Julliard
  • EAN : 9782260054672
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« Elle le détaille tandis qu'il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d'une beauté qui continue de l'époustoufler, de la gonfler... Voir plus

« Elle le détaille tandis qu'il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d'une beauté qui continue de l'époustoufler, de la gonfler d'orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu'elle s'était juré de se l'interdire, qu'elle s'était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu'elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c'est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c'est le dernier matin. » Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d'une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l'horizon inconnu qui s'ouvre devant elle.

Donner votre avis

Avis (12)

  • Voici un très beau roman empreint de nostalgie et de souvenirs de tout ce qui fait une vie. Que devient-on une fois que nos enfants quittent le nid. Nous allons suivre une famille donc le dernier enfant âgé de 19 ans, s'apprête à poursuivre ses études dans une autre ville et à prendre un petit...
    Voir plus

    Voici un très beau roman empreint de nostalgie et de souvenirs de tout ce qui fait une vie. Que devient-on une fois que nos enfants quittent le nid. Nous allons suivre une famille donc le dernier enfant âgé de 19 ans, s'apprête à poursuivre ses études dans une autre ville et à prendre un petit appartement. Tout au long du roman nous avons le point de vue unique de la mère. Savoir que son enfant va prendre son autonomie et quelque chose de douloureux pour elle. Elle a déjà vécu cela pour ces deux premiers enfants mais pour celui-ci c'est quelque chose de spécial, c'est le petit dernier. Au fil des lignes on va suivre le cheminement mélancolique de ses pensées. Elle n'est pas seule à vivre cette épreuve son mari est à ses côtés pourtant il ne semble pas être autant touché. C'est un caractère plus introverti, tout en retenu. On entre dans l'intimité des personnages et bien entendu comme toujours avec Philippe Besson, on est amené à se dire que c'est ce qu'on a vécu ou ce que l'on sera amené à vivre peut-être. Une histoire universelle, la justesse, la précision et tous les sentiments évoqués font résonance. Une lecture en demi-teinte entre réalité et futur programmé. Dire que ce livre m'a parlée et en de ça de la vérité. Il évoque pour moi un passage obligé. Que reste-t-il de cette famille sans enfants ? Un couple qui tourne une page essentielle de ce qui faisait leur vie. Se retrouver un beau matin, au-dessus du vide face à l'inconnu, de ce que sera la vie après. Cette angoisse nous est livrée avec des mots simples qui viennent nous toucher au cœur. Un roman qui pose la question de ce que c'est que d'être mère. En donnant naissance à nos enfants nous savons déjà qu'il nous quitterons, notre tâche consiste donc à les aimer, les éduquer afin de pouvoir les laisser s'envoler quand ils seront prêts. Savoir cela n'empêche pas de ressentir ce vide abyssale et douter de savoir comment faire pour poursuive le chemin seule. Savoir poser des mots sur tout ce que l'on peut ressentir lors de ce moment difficile, c'est le grand talent de l'auteur. Explorant cette fracture avec une justesse et une émotion qui viendront à coup sûr toucher le lecteur. Bonne lecture.
    http://latelierdelitote.canalblog.com/archives/2021/05/04/38955024.html

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • De quoi réfléchir à la place de la femme au sein de la famille,du couple.Anne-Marie comme Françoise doivent se reconstruire une existence après le départ du dernier enfant.Quel but poursuivre maintenant?...Intéressant et interrogateur!

    De quoi réfléchir à la place de la femme au sein de la famille,du couple.Anne-Marie comme Françoise doivent se reconstruire une existence après le départ du dernier enfant.Quel but poursuivre maintenant?...Intéressant et interrogateur!

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Introspection d’une mère le jour du départ de la maison de son dernier enfant.

    Philippe Besson nous raconte la douleur d’une mère qui voit partir son petit dernier de la maison, avec des mots simples et percutants, des phrases courtes, sobres, teintées de nuances et qui sonnent extrêmement...
    Voir plus

    Introspection d’une mère le jour du départ de la maison de son dernier enfant.

    Philippe Besson nous raconte la douleur d’une mère qui voit partir son petit dernier de la maison, avec des mots simples et percutants, des phrases courtes, sobres, teintées de nuances et qui sonnent extrêmement juste. Un roman émouvant qui interpelle toutes les mères.

    Il se place du point de vue de la mère, et nous déroule le processus mental qui agit sur elle.

    Il y a d’abord la peur qu’il n’arrive pas à survivre sans elle, qu’il ne sache pas bien se débrouiller, comme si elle seule savait s’occuper de lui correctement. Puis vient la panique de le perdre, de ne plus avoir avec lui les mêmes rapports fusionnels, qu’il s’éloigne trop, qu’ils n’aient plus rien à se dire. Enfin le sentiment qui l’accable le plus est de se sentir désormais inutile, elle s’imagine que maintenant sa vie est vide de sens. Comment continuer à vivre en se retrouvant seule avec son mari, ce qui n’est pas arrivé depuis 30 ans ? Tout son monde et ses repères s’effondrent.

    On passe la journée avec Anne-Marie, du dernier petit-déjeuner avec Théo, où elle lui prépare son pain de mie grillé, au voyage en Kangoo avec les cartons. Puis le déménagement, les étages à monter, les cartons à vider. Vient l’heure de déjeuner, une dernière fois tous les 3, au restaurant du coin, avant de se dire au revoir et de reprendre la voiture pour faire le chemin du retour. Ce n’est qu’à ce moment-là que la mère craque et pleure à chaudes larmes sous les yeux ébahis de son mari. Puis la maison, vide, que le silence occupe. Alors Anne-Marie sort et va chez sa voisine Françoise pour s’épancher. Mais même son amie reste impuissante à chasser son chagrin. Alors, lasse, elle décide d’aller se promener, seule, en fin de journée, et là se met à penser au pire lorsque Patrick, son mari inquiet qui l’a suivi, l’attrape par le bras pour la ramener à lui et tenter de la consoler ?

    Le rôle d’une mère est d’élever ses enfants et de savoir les laisser partir. Dans ce roman, Philippe Besson touche à l’intime de toutes les mères, qui connaissent ce moment un jour ou l’autre, et nous livre les émotions, les questionnements, les réponses ou non-réponses, la culpabilité, la nostalgie du passé, la solitude, la vie qui tourne, qui avance, qui nous fait vieillir.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Anne-Marie et Patrick sont mariés depuis une trentaine d'année et ont eu trois enfants dont deux ont quitté le foyer familial. le petit dernier, Théo 18 ans va commencer ses études universitaires et souhaite être autonome en occupant un studio en ville. La narration se déroule sur la journée du...
    Voir plus

    Anne-Marie et Patrick sont mariés depuis une trentaine d'année et ont eu trois enfants dont deux ont quitté le foyer familial. le petit dernier, Théo 18 ans va commencer ses études universitaires et souhaite être autonome en occupant un studio en ville. La narration se déroule sur la journée du déménagement qui nous renseigne sur le passé de la famille et évoque abondamment la déchirure de la rupture que constitue le départ du dernier enfant. Philippe Besson raconte avec subtilité et finesse ce moment charnière difficile à passer pour les parents, et surtout pour la mère Anne-Marie, beaucoup plus impliquée dans les relations quotidiennes avec son fils qui disparaissent brutalement.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Philippe Besson ... découvert l’année dernière avec « Un garçon d’Italie », je n’ai eu de cesse de découvrir ses livres (celui-ci est le cinquième). A chaque fois, c’est un pur moment de bonheur, de douceur, avec un soupçon de mélancolie, bref je plonge dedans avec délice !

    Voici donc son...
    Voir plus

    Philippe Besson ... découvert l’année dernière avec « Un garçon d’Italie », je n’ai eu de cesse de découvrir ses livres (celui-ci est le cinquième). A chaque fois, c’est un pur moment de bonheur, de douceur, avec un soupçon de mélancolie, bref je plonge dedans avec délice !

    Voici donc son dernier opus qui forcément me touche (enfin pas tout de suite quand même ! ) : une mère voit partir son dernier enfant. Il n’est rien dit du départ des deux premiers, mais là le petit dernier quand même, c’est trop tôt. Cette mère semble avoir tout donné, elle les « a protégés, s’est inquiétée pour eux, les a écouter. Et c’est fini. Fini. A quoi va t-elle servir, maintenant ? ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça lui fait drôle, une vraie «  dislocation » dont elle ne se remet pas.

    Son mari et son fils voient bien qu’elle n’est pas dans son assiette ce jour de déménagement loin du nid familial (40 km ! ). Chacun leur tour, ils essaient maladroitement de la distraire, mais rien n’y fait ! Sa voisine tente de la consoler, de lui faire voir le bon côté des choses, avoir du temps pour elle, oui mais « elle n’en veut pas pour elle, là, tout de suite », elle va pouvoir s’occuper d’elle, non qu’elle se néglige, mais là encore « sa morosité l’empêche même de se projeter jusqu’à demain ». Tous les arguments sont entendables pour qui veut bien les entendre. Anne-Marie n’est plus en mesure de quoi que ce soit. Elle se sent amputée d’une partie d’elle même.

    Il y a dans ce roman un petit côté désuet, un peu « vieille France » , qui m’a fait imaginer que la scène aurait pu se dérouler il y a une trentaine d’années (certainement encouragée par l’auteur qui nous a habitués à intégrer des éléments autobiographiques) ; mais non ! Certains détails nous ramènent bien à aujourd’hui (ah la place du téléphone chez nos enfants !) et le chagrin inavouable d’une mère au départ d’un enfant est intemporel !

    Encore une fois, il faut la pudeur et la délicatesse de Philippe Besson pour décrire et décrypter les émotions de ses personnages. Qui mieux que lui pour exprimer les silences qui jalonnent cette journée de la vie de cette femme pour qui tout semble s’arrêter.
    Bouleversant !

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Anne-Marie et Patrick occupent leur pavillon depuis 30 ans, tout est impeccable, ordonné, rangé, comme leur vie. Ils ont trois enfants, et aujourd'hui, Théo le dernier, va quitter le nid familial et voler de ses propres ailes.

    Une journée qui pourrait être banale mais pas pour Anne-Marie qui...
    Voir plus

    Anne-Marie et Patrick occupent leur pavillon depuis 30 ans, tout est impeccable, ordonné, rangé, comme leur vie. Ils ont trois enfants, et aujourd'hui, Théo le dernier, va quitter le nid familial et voler de ses propres ailes.

    Une journée qui pourrait être banale mais pas pour Anne-Marie qui va vivre 24 heures compliquées, c'est ce que nous propose de vivre Philippe Besson, la dernière journée, celle de la séparation où pour Anne-Marie tout s'écroule !

    On commence par le petit déjeuner, le dernier matin de Théo qu'ils iront installer tout à l'heure dans son 22 m². Philippe Besson nous emmène vraiment dans la tête d'Anne-Marie, il nous transmet ses émotions, ses réflexions avec délicatesse et beaucoup d'émotions.

    Anne-Marie observe son fils avec amour, elle pense à tout ce qu'ils ont vécu ensemble, à tout ce qu'ils ne feront plus, à tout ce qu'elle ne pourra plus lui demander, le questionner, le protéger, veiller sur lui.

    Elle est d'abord nostalgique, revoit "leur vie".

    "C'est passé vite quand on y pense."

    Elle mesure déjà le manque que va susciter cette séparation, c'est comme un deuil à faire. La douleur est intense, un grand vide s'installe car lui, Théo remplissait ses journées, elle devait veiller sur lui, il était sa raison de vivre, occupait ses pensées, prenait tout son temps.

    Comment vivre à deux après? C'est la peur, le désarroi qui s'empare d'elle à présent.

    J'ai vraiment été émue, touchée par ce texte. Je sais aujourd'hui à quoi m'attendre quand mon fils quittera la maison !

    J'ai aimé la délicatesse de l'écriture et ce pouvoir d'empathie, se glisser dans la tête d'Anne-Marie est une réelle prouesse, une énorme sensibilité.

    Un texte tout en nuances semant le vertige et la peur du basculement à tout moment face à la solitude à venir des jours nouveaux.

    Ma note : 9/10

    Les jolies phrases

    Et le silence, est-ce que ça ne dit pas davantage ?

    Il n'a pas conscience que cet ordinateur est devenu son compagnon le plus sûr, une prothèse, un prolongement de lui-même.

    Les mères n'oublient jamais quand elles ont cru, un jour, perdre leur enfant. Elles ne se débarrassent jamais de la frayeur non plus. Elles vivent chaque jour en redoutant qu'un autre accident survienne.

    Après tout, ils ont construit un foyer, fait trois enfants, qu'ils ont amenés sans encombre jusqu'à l'âge adulte, ils sont toujours ensemble trente ans après, et il ne les a jamais vus se disputer. C'est peut-être ça la vraie originalité, c'est peut-être ça le vrai amour. Plutôt que des incendies qui finissent par s'éteindre.

    Et parfois il faut se détacher de ses parents pour s'apercevoir à quel point on tient à eux, même si on le nierait, y compris sous la torture.

    Ce faisant, il apprend une leçon nouvelle : les fils parfois rassurent les mères, le rapport un jour s'inverse et c'est maintenant, c'est maintenant que ça se passe, elle a toujours pris soin de lui, elle prend encore soin de lui alors qu'il a vingt-sept ans et voilà que, dans un inattendu retournement, il doit prendre soin d'elle, se montrer attentif, attentionné, prononcer des mots réconfortants : 'T'inquiète, il s'en sortira très bien. Il est dégourdi, Théo."

    A un moment, nos attentes, ou nos frustrations, on s'en fiche, tu comprends. Il faut juste qu'on accepte les événements.

    Donc, elle n'abdique pas : "En fait, c'est tout bête : mes enfants m'ont rendue heureuse. Maintenant qu'ils sont partis, qu'ils sont tous partis, est-ce que je suis condamnée à être moins heureuse ?"

    Combien de fois ont-ils clamé que les enfants c'est bien sympathique, on les adore mais quand même ça prend toute la place alors vivement qu'ils s'en aillent pour qu'on puisse souffler et profiter ? Combien de fois ont-ils laissé entendre qu'ils avaient hâte de cesser d'être des parents pour redevenir des époux, parce que bon, hein on a le droit de penser à nous aussi, pas vrai ? Sauf que voilà, c'est maintenant, c'est tout de suite et elle n'est pas certaine de se rappeler comment on fait.

    https://nathavh49.blogspot.com/2021/03/le-dernier-enfant-philippe-besson.html

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Une nouvelle petite merveille de Philippe Besson avec son style subtil tout en douceur. L'histoire est basique et ordinaire. Le dernier enfant de la maison prend son envol et son indépendance pour s'installer dans son studio. Les parents l'aident à déménager, la maison sera désormais vide car...
    Voir plus

    Une nouvelle petite merveille de Philippe Besson avec son style subtil tout en douceur. L'histoire est basique et ordinaire. Le dernier enfant de la maison prend son envol et son indépendance pour s'installer dans son studio. Les parents l'aident à déménager, la maison sera désormais vide car les deux aînés sont déjà partis depuis longtemps.

    Comme souvent c'est dans les descriptions, dans l'analyse des émotions et des sentiments, dans l'intériorité des personnages, que Philippe Besson touche le lecteur. Ses personnages sont proches de nous, nous sommes eux et ils sont nous. Anne-Marie, la mère, est semblable à toutes les mères de famille, affectée par le départ de ce fils adoré, se demandant désormais ce que sera son quotidien. Comment redevenir une femme lorsqu'on a été mère si longtemps ? Comment penser à nouveau exclusivement à soi alors qu'on a tout à fait pour ses enfants ?

    Oui décidément Philippe Besson nous fait encore passer un très beau moment de lecteur, tout en pudeur, une fine caresse qui nous dit que nous sommes vivants et que derrière la tristesse il y a aussi l'espoir.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Lire Philippe Besson c'est accepter de se poser, d'entrer dans l'intimité de ses personnages, dans leurs pensées. Voilà, Philippe Besson est un écrivain de l'intime. Le dernier enfant n'échappe pas à la règle. Il évoque ce séisme intérieur qui ébranle ces mères qui assistent impuissantes au...
    Voir plus

    Lire Philippe Besson c'est accepter de se poser, d'entrer dans l'intimité de ses personnages, dans leurs pensées. Voilà, Philippe Besson est un écrivain de l'intime. Le dernier enfant n'échappe pas à la règle. Il évoque ce séisme intérieur qui ébranle ces mères qui assistent impuissantes au départ du petit dernier.

    Elle le détaille tandis qu’il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d’une beauté qui continue de l’époustoufler, de la gonfler d’orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu’elle s’était juré de se l’interdire, qu’elle s’était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu’elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c’est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c’est le dernier matin.

    Le dernier enfant est à l'image de cette famille, simple. Le père, Patrick, est chef de rayon dans un supermarché, la mère, Anne-Marie, caissière. Ensemble ils ont eu trois enfants. Ils s'apprêtent à vivre leur dernière journée à trois dans leur pavillon de banlieue. Théo, le petit dernier part s'installer dans la ville d'à côté pour ses études. Ses parents l'aident à déménager. Du lever au coucher du soleil, Philippe Besson nous invite à plonger dans le psyché de ces gens ordinaires ébranlés par ce qu'il y a lieu de nommer une étape de la vie. Plus l'heure de la séparation approche, plus la peur du vide augmente. Comment se quitter sans se blesser, sans culpabiliser ? Comment dire que malgré tout, on s'aime quand on ne se l'ai jamais dit ? Comment réapprendre à vivre pour soi quand on a vécu que pour ses enfants ?

    Le dernier enfant est avant tout un roman d'atmosphère. On ressent tout. L'angoisse de la mère, le désœuvrement du père, leur nécessité de s'occuper pour ne pas être envahi par ce sentiment d'abandon. Faire la vaisselle pour l'une, tondre le carré de pelouse et tailler les géraniums pour l'autre. Et puis il y a ce jeune garçon qui retient d'abord sa fougue pour ne pas blesser ses parents, puis sa peur de l'inconnu quand le moment venu, il se retrouve seul au milieu de ses cartons. Tout le talent de l'auteur réside dans ces ces petits riens qui peuvent faire de grands drames. Philippe Besson a cette acuité à saisir l'insaisissable, à rendre palpable cette d'ambiance si singulière, qui s'apparente tellement à celle des dimanches soirs. De plus, il incarne si justement cette mère qui se rapproche dangereusement du précipice que l'émotion n'en est que plus présente. Le dernier enfant est un roman sobre et déchirant, d'une justesse et d'une humanité touchantes. Philippe Besson rend un bien bel hommage à toutes ces mamans qui se sont une peu trop oubliées.

    En fermant Le dernier enfant, croyez-moi vous serez tout particulièrement heureuse d'entendre la sempiternelle question de vos gnomes Eh m'mam qu'est-ce qu'on mange ce soir ?


    https://the-fab-blog.blogspot.com/2021/02/mon-avis-sur-le-dernier-enfant-de.html

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.