Le ciel par-dessus le toit

Couverture du livre « Le ciel par-dessus le toit » de Nathacha Appanah aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072858604
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« La jeune femme tatouée fait elle-même tout le travail. Le temps, la médecine et le progrès n'existent pas, elle pourrait être dans une cave, sur une plage déserte, elle pourrait être la toute première femme au monde, qu'importe, elle se cambre, s'accroupit, pousse, respire et tout son corps... Voir plus

« La jeune femme tatouée fait elle-même tout le travail. Le temps, la médecine et le progrès n'existent pas, elle pourrait être dans une cave, sur une plage déserte, elle pourrait être la toute première femme au monde, qu'importe, elle se cambre, s'accroupit, pousse, respire et tout son corps est animé de contractions qui font comme des vaguelettes sous la surface de sa peau. Elle devient une mer travaillée de l'intérieur et derrière elle, à côté d'elle, le docteur Michel ne fait que regarder et asseoir son impuissance. Il est fasciné par ce retour d'instinct, il est aimanté par le dragon qui semble se réveiller, écaille verte après écaille verte, flammèche rouge après flammèche rouge. Bientôt, pense-t-il moitié émerveillé, moitié effrayé, cette jeune femme au visage si parfait ne va faire qu'un avec le dragon et oui bientôt, elle crie comme l'autre crache des flammes au croissant de son épaule droite, elle se redresse et de ses deux mains, elle attrape le petit garçon qui glisse hors d'elle. » Loup est un adolescent lunaire, emprisonné pour avoir provoqué un accident de voiture en tentant de rejoindre sa soeur Paloma. Leur mère Phénix, la femme tatouée, magnifique et froide, renoue alors avec cette fille transparente qu'elle n'a pas su aimer. Tandis qu'elles tentent de sortir Loup de prison, des souvenirs douloureux de l'enfance volée de Phénix affluent :
La trajectoire d'une mini Lolita livrée par ses parents à la convoitise des adultes dévoile la violence sournoise nichée au coeur d'un quartier pavillonnaire, les faux-semblants des tragédies ordinaires. Après avoir arraché à coup de dents sa place au monde, Phénix devra apprendre à apprivoiser la colère, la solitude, la culpabilité.
Comme dans le poème de Verlaine auquel le titre fait référence, ce roman griffé d'éclats de noirceur nous transporte par la grâce d'une écriture envoûtante vers une lumière tombée d'un ciel si bleu, si calme, vers cette éternelle douceur qui lie une famille au-delà des drames.

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Avis(5)

  • Un livre court mais dense. Eliette n'en peut plus d'être exhibée à cause de sa beauté, elle hurle et finit par mettre le feu à la maison; elle décide de s'appeler Phénix! Elle aura deux enfants qu'elle élève de manière opposée à celle que ses parent lui ont imposée...mais cela ne marche pas:...
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    Un livre court mais dense. Eliette n'en peut plus d'être exhibée à cause de sa beauté, elle hurle et finit par mettre le feu à la maison; elle décide de s'appeler Phénix! Elle aura deux enfants qu'elle élève de manière opposée à celle que ses parent lui ont imposée...mais cela ne marche pas: Paloma quitte la maison, en promettant à son petit frère Loup de revenir le chercher le plus vite possible.
    Les années passent, Loup est paumé, il a peur de confondre le rêve et la réalité et décide de rejoindre sa soeur: il roule sans permis, prend l'autoroute à contre-sens et tente de fuir: il est en maison d'arrêt (d'où le titre) . Phenix et Paloma vont devoir réagir.
    Natacha Appanah ne déçoit pas.

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  • « Il était une fois un pays qui avait construit des prisons pour enfants parce qu’il n’avait pas trouvé mieux que l’empêchement, l’éloignement, la privation, la restriction, l’enfermement et un tas de choses qui n’existent qu’entre des murs pour essayer de faire des ces enfants-là des adultes...
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    « Il était une fois un pays qui avait construit des prisons pour enfants parce qu’il n’avait pas trouvé mieux que l’empêchement, l’éloignement, la privation, la restriction, l’enfermement et un tas de choses qui n’existent qu’entre des murs pour essayer de faire des ces enfants-là des adultes honnêtes, c’est-à-dire des gens qui filent droit. »
    Quand Phénix s’appelle encore Eliette, la vie n’est ni triste ni extraordinaire et puis tout a déraillé. Des parents qui rêvent de célébrité pour leur fille, des hommes qui la regardent d’un drôle d’air,
    « Ces regards-là disent des choses qu’elle ne connaît pas encore, mais dont elle pressent la violence et l’étrangeté. »
    Elle va être hospitalisée dans un hôpital psychiatrique pour sa violence. Maintenant elle vit dans un taudis, avec ses deux enfants, Paloma et Loup, le corps recouvert de tatouages, la voix éraillée, les paroles coupantes, elle est tout le temps en colère. Elle ne peut que donner un amour distant à ses enfants, un amour dont on a l’impression qu’il peut s’échapper au moindre bruit, ils ont dû se contenter de cela. Paloma a toujours été une fille solitaire et puis un jour elle a fui cette maison et cette mère qui lui font peur. Loup, est un garçon pas comme les autres. Il a rêvé de sa sœur Paloma qu’il n’a pas revue depuis des années, alors il a eu l’idée de prendre la voiture de sa mère Phenix, il n’a pas le permis, mais elle lui manque tellement. Il s’est trompé de sens, après il y a eu des bruits, des cris et la voiture dans le fossé, un accident grave évité de justesse, refus de suivre les gendarmes, tentative de fuite. Maintenant, menotté, il est soulagé, dans le car de police, il est arrivé à destination.

    Avec des mots simples, Nathacha Appanah nous parle des effets irréversibles que peuvent provoquer les blessures de l’enfance. À travers trois personnages fragiles elle nous parle du manque de tendresse de deux enfants qui ont espéré en vain une main qui s’attarde sur l’épaule, un baiser, un regard plus doux et d’une mère incapable de donner ces simples gestes. C’est un roman plein d’une sensibilité à fleur de peau où la noirceur côtoie la grâce, tout simplement magnifique.

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  • « Il était une fois un pays qui avait construit des prisons pour enfants parce qu’il n’avait pas trouvé mieux que l’empêchement, l’éloignement, la privation, la restriction, l’enfermement et un tas de choses qui n’existent qu’entre les murs pour essayer de faire de ces enfants-là des adultes...
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    « Il était une fois un pays qui avait construit des prisons pour enfants parce qu’il n’avait pas trouvé mieux que l’empêchement, l’éloignement, la privation, la restriction, l’enfermement et un tas de choses qui n’existent qu’entre les murs pour essayer de faire de ces enfants-là des adultes honnêtes, c’est-à-dire des gens qui qui filent droit. »

    Dans ce pays qui construit des prisons pour enfants, il y a Phénix la mère, que la vie n’a pas épargnée, bafouée, brisée et qui s’est forgée une carapace. Paloma la fille qui a fui sa famille pour trouver la force de se construire ailleurs et Loup, le petit frère fragile, angoissé, paniqué, en mal de tendresse. Loup qui étouffe, qui a tellement besoin d’amour. Il décide de rejoindre sa sœur, prend la voiture de sa mère, provoque un accident et se retrouve incarcéré dans une maison d’arrêt à tout juste dix-sept ans.

    D’une écriture envoûtante et toute en délicatesse, Nathacha Appanah raconte ce qui unit et désunit cette famille, le traumatisme d’enfance de la mère qui pèse trop lourd et l’empêche d’aimer. Elle explore l’enfermement, la prison pour Loup, la difficulté de s’accepter tatouée sur la peau pour Phénix, l’impuissance à dévoiler les sentiments qui confère froideur et distance, le cœur qui crie de l’intérieur.

    Le titre lui-même évoque la prison, Le ciel par-dessus le toit , un vers issu d’un poème mélancolique de Verlaine qu’il a écrit derrière les barreaux, aspirant à la liberté. Le récit débute avec l’approche de l’univers carcéral, totalement déshumanisé que va connaître Loup.
    « Je ferme les yeux et lentement chaque chose ici laisse tomber son nom
    Le mien aussi je l’oublie peu à peu
    Je ne suis rien qu’un garçon de l’ombre
    Chaque son se ramasse flétrit s’éteint
    Bientôt ne reste plus que le bruit blanc que fait mon cœur. »

    C’est le cheminement douloureux de Loup que nous suivons, sa vie avec « le ciel si bleu, par-dessus tout ça comme un mensonge », depuis ses origines, sa naissance dans une maison médicale pour démunis, sa douceur et son étrangeté, son mal être, le départ de sa sœur, la prison, le bureau des juges des libertés.
    Et Nathacha Appanah nous emporte dans son histoire avec une douceur infinie, une grande sensibilité. Avec gravité et légèreté, elle explore l’intimité des sentiments avec des mots si justes qu’ils nous bouleversent.

    Que transmettons-nous à nos enfants, de nos peurs, de nos chagrins, de nos traumatismes ? Nos vies se répètent-elles à l’infini rongées par les secrets ou faut-il « savoir pour continuer à vivre » ? Et si l’amour venait à bout de tous les drames ?

    Ce récit saisissant et poétique se lit en retenant son souffle, il interroge la filiation, l’amour et le désamour, le déterminisme à travers trois destins où les pères, les hommes sont cruellement absents. Mais il y a Loup et son geste désespéré comme un appel au secours, qui réussit à montrer la force des liens qui unissent les êtres d’une même famille et délivre un espoir, la promesse d’une vie meilleure pour les mal aimés qui retrouvent enfin le droit de rêver. Tout simplement magnifique !

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  • «Je ferme les yeux et lentement chaque chose ici laisse tomber son nom 
    Le mien aussi je l’oublie peu à peu 
    Je ne suis rien qu’un garçon de l’ombre 
    Chaque son se ramasse flétrit s’éteint 
    Bientôt ne reste plus que le bruit blanc que fait mon cœur»
    À la Maison d’arrêt de C., Loup est un...
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    «Je ferme les yeux et lentement chaque chose ici laisse tomber son nom 
    Le mien aussi je l’oublie peu à peu 
    Je ne suis rien qu’un garçon de l’ombre 
    Chaque son se ramasse flétrit s’éteint 
    Bientôt ne reste plus que le bruit blanc que fait mon cœur»
    À la Maison d’arrêt de C., Loup est un détenu parmi bien d'autres. Son histoire ne fait que quelques lignes dans le journal. Une de ces affaires qui encombrent les tribunaux, un cas banal: «Loup avait eu l’idée de prendre la voiture de sa mère et de conduire jusqu’ici. Loup savait qu’il n’avait pas le droit de conduire mais sa sœur lui manquait tellement, c’est tout. Il n’avait pas le permis, il avait conduit prudemment jusqu’à l’entrée de la ville où il s’était trompé de sens. Après, il y a eu tous les bruits, les cris, sa voiture dans le fossé. Et sa crise de nerfs quand les policiers sont arrivés, aussi. Ce matin peut-être ou il y a dix minutes: le juge l’a placé en mandat de dépôt au quartier mineurs, à la maison d’arrêt de C.»
    Avec son joli sens de la construction, Nathacha Appanah va alors nous proposer de revenir en arrière, de retracer la généalogie qui a conduit Loup dans cette prison depuis ses grands-parents.
    Un couple sans histoires, acharné à se fondre dans la foule. Un couple ordinaire qui regarde grandir la petite Eliette. «Jusqu’à maintenant la vie était comme elle est si souvent, ni extraordinaire ni triste, de ces vies travailleuses, sans grande intelligence ni bêtise, de ces vies à chercher le mieux, le meilleur mais pas trop quand même, on ne voudrait pas attirer le mauvais œil. Souris, Eliette, lui disent tout le temps ses parents et aussi Viens dire bonjour, Eliette et quand il y a un dîner à la maison, Chante-nous À la Claire fontaine, Eliette.» Mais l’adolescente ne veut pas de cette vie, ne veut pas être présentée comme bête de foire. Eliette se révolte au fur et à mesure que son corps se transforme, jusqu’à ce jour où un baiser forcé la traumatise. C’est alors que tout va dérailler. Eliette a 16 ans quand l’enfance s’en va. Mais «comment faire pour naître à nouveau?» Son rite de passage va consister à mettre le feu à la maison et à se faire appeler désormais Phénix. Et faire de sa liberté nouvelle une nouvelle aliénation. Très vite, trop vite, elle se retrouve mère de deux enfants, Paloma et Loup qu’elle va élever en montant une petite entreprise de pièces détachées. Le jour où Paloma décide elle aussi de couper les ponts, elle n’entrevoit pas les conséquences de sa colère. Elle assure à Loup qu’elle reviendra le chercher très vite. Dix ans après, elle n’est toujours pas rentrée. C’est quand elle apprend que son frère est derrière les barreaux qu’elle a envie de tenir sa promesse.
    Comme dans Tropique de la violence et En attendant demain, l’écriture de Nathacha Appanah transcende ces vies cabossées en chant d’amour. En faisant jouer les contrastes entre le sordide et la beauté, à ce ciel au-dessus de la prison. «Qu’est-ce que ça fait ici, cette beauté-là, cette couleur qui fait penser à la mer, au ciel?» Ça fait d’autant plus mal que ce ciel la rapproche de sa sœur, tout aussi sensible à ce ciel, regardant la nuit fondre «sur le jour en laissant des trainées roses et mauve orange. Ce ciel, par-dessus les toits, ressemble à un morceau de soie chatoyant». Un adjectif qui va bien aussi à l’écriture de Nathacha, même si elle n’en reste pas moins efficace dans son réquisitoire contre ce pays qui oublie «ces gens-là, les pauvres, les réfugiés, les sans paroles, les mères célibataires, les alcooliques, les drogués, les moins que rien, les chutés, les tombés, les mal-nés, les accidentés».
    https://urlz.fr/apL6

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  • Le ciel par-dessus le toit, de Natacha Appanah. Gallimard.

    Quand vous lisez Natacha Appanah, vous êtes transformé(e). Quand vous lirez "Le ciel par-dessus le toit ", qui sera édité le 21 août, vous serez bouleversé(e)
    Comment vous dire la beauté, la profondeur de ses mots ? Natacha...
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    Le ciel par-dessus le toit, de Natacha Appanah. Gallimard.

    Quand vous lisez Natacha Appanah, vous êtes transformé(e). Quand vous lirez "Le ciel par-dessus le toit ", qui sera édité le 21 août, vous serez bouleversé(e)
    Comment vous dire la beauté, la profondeur de ses mots ? Natacha Appanah parle directement à votre coeur, à cette part de vous qu'on vous pousse à ignorer, cette part qui sait l'infinie douceur des sentiments. C'est parfois très triste, c'est toujours rempli d'amour.

    Ce court roman, 125 pages, est une parenthèse, une bulle. Prenez le temps de la déguster.

    #lecture #livres #chroniques #LeCielParDessusLeToit #NatachaAppanah #Gallimard

    Le quatrième de couverture :

    «Sa mère et sa sœur savent que Loup dort en prison, même si le mot juste c'est maison d'arrêt mais qu'est-ce que ça peut faire les mots justes quand il y a des barreaux aux fenêtres, une porte en métal avec œilleton et toutes ces choses qui ne se trouvent qu'entre les murs. Elles imaginent ce que c'est que de dormir en taule à dix-sept ans mais personne, vraiment, ne peut imaginer les soirs dans ces endroits-là.» Comme dans le poème de Verlaine auquel le titre fait référence, ce roman griffé de tant d'éclats de noirceur nous transporte pourtant par la grâce de l'écriture de Nathacha Appanah vers une lumière tombée d'un ciel si bleu, si calme, vers cette éternelle douceur qui lie une famille au-delà des drames.

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