La où les chiens aboient par la queue

Couverture du livre « La où les chiens aboient par la queue » de Estelle-Sarah Bulle aux éditions Liana Levi
  • Date de parution :
  • Editeur : Liana Levi
  • EAN : 9791034900459
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Une jeune femme née en banlieue parisienne, que seuls sa couleur de peau et des souvenirs de vacances relient à la Guadeloupe d'où est originaire son père, s'interroge sur son identité métisse. À sa demande, Antoine, une vieille tante baroque et indomptable, déroule l'histoire de leur famille,... Voir plus

Une jeune femme née en banlieue parisienne, que seuls sa couleur de peau et des souvenirs de vacances relient à la Guadeloupe d'où est originaire son père, s'interroge sur son identité métisse. À sa demande, Antoine, une vieille tante baroque et indomptable, déroule l'histoire de leur famille, les Ezechiel, qui épouse celle de l'île dans la seconde moitié du xxe siècle. Dans un récit bouillonnant, entrecoupé par les commentaires des autres membres de la famille, Antoine raconte : l'enfance dans la campagne profonde entre un père un peu brigand et une mère à la peau claire prématurément disparue, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce dans la mer des Caraïbes, les traditions et les croyances, l'irruption de la modernité, les rapports hommes-femmes, les clivages d'une société très hiérarchisée... Au fil des échanges se dessine aussi l'état d'esprit de cette génération d'Antillais, « immigrés de l'intérieur », qui choisiront de s'installer en métropole. Porté par des personnages inoubliables et une langue bluffante d'inventivité, Là où les chiens aboient par la queue restitue toutes les nuances de la culture guadeloupéenne, ses richesses et ses blessures secrètes.

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  • Je viens de terminer ce très beau livre d'Estelle-Sarah Bulle que m'a prêté mon amie Nathalie Bullat.
    Dans un style limpide, une langue haute en couleurs qui fleure bon le ti punch et le très chaud curry, l'auteure, nous raconte l'histoire de la Guadeloupe et les rapports que l'île entretient...
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    Je viens de terminer ce très beau livre d'Estelle-Sarah Bulle que m'a prêté mon amie Nathalie Bullat.
    Dans un style limpide, une langue haute en couleurs qui fleure bon le ti punch et le très chaud curry, l'auteure, nous raconte l'histoire de la Guadeloupe et les rapports que l'île entretient avec la métropole.

    Eulalie, la narratrice, est une métisse née à Créteil d'un père guadeloupéen et d'une mère française, fille du Nord. Est-elle le double d'Estelle-Sarah Bulle, elle-même née à Créteil d'un père guadeloupéen et d'une mère ayant grandi à la frontière franco-belge ? En tout état de cause, elle donne corps au personnage de « la nièce » qui va s'approprier peu à peu sa culture ultramarine grâce à la somptueuse fresque que nous donne à voir ce roman choral, mâtiné de créole.

    Estelle-Sarah Bulle nous raconte l'histoire de la famille Ezéchiel, originaire de Morne-Galant, village «  où les chiens aboient par la queue » ;(« Cé la chyen ka pa japé pa ké » ), c'est à dire un « trou perdu ». Eulalie va reconstituer près d'un demi-siècle d'Histoire (les petits faits domestiques s'entremêlant aux événements nationaux) en croisant les récits des principaux protagonistes :
    celui de sa tante Appolone (dite Antoine), tout d'abord, maîtresse femme qui est, avec sa gouaille, ses manières libres, voire brusques, le personnage central du roman, de sa tante Lucinde et de son père surnommé « Petit-Frère ». Trois approches parfois divergentes de ce qui semble à première vue la même histoire de famille.

    Ce livre m'a littéralement envoûtée, il m'a transportée sur une île qui vibre, qui danse, espère même au plus profond de son désespoir. Une île qui a sû se tricoter une identité en tissant bien serré la religion catholique (Antoine prie beaucoup la Vierge et les saints) et les croyances vaudoues (Erzulie, le sort, le contre-sort).

    « Le pays où les chiens aboient par la queue » est une histoire qui raconte les origines mais aussi l'exil de ces populations qui ont quitté leur terre, leur île, pour venir habiter des barres d'immeubles en métropole, là où se trouve le travail et le mirage d'une vie meilleure.

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  • Morne-Galant, c'est un village au bout d'un chemin où il n'y a rien, à part des vaches et quelques habitants : « Encore aujourd'hui, les Guadeloupéens disent de Morne-Galant : « Cé la chyen ka pa japé pa ké. » Je te le traduis parce que ton père ne t'a jamais parlé créole : « C'est
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    Morne-Galant, c'est un village au bout d'un chemin où il n'y a rien, à part des vaches et quelques habitants : « Encore aujourd'hui, les Guadeloupéens disent de Morne-Galant : « Cé la chyen ka pa japé pa ké. » Je te le traduis parce que ton père ne t'a jamais parlé créole : « C'est <a href="/livres/Bulle-La-ou-les-chiens-aboient-par-la-queue/1049048" class="titre1">là où les chiens aboient par la queue</a>. »

    Elle, la narratrice, est d'origine guadeloupéenne mais ne connaît rien de la culture créole, sa tante Appolone va se charger de lui faire le récit de ses origines entre mythes et réalités. Elle est « celle qui relie le passé au présent, la Guadeloupe à Paris, comme une racine souterraine et pleine de vie ».

    Appolone ou Antoine, « son nom de savane » choisi pour éloigner les mauvais esprits. D'une verve sans pareille, elle lui conte l'histoire de la famille Ezechiel. le grand-père Hilaire marié à une « béké », une blanche d'un village fermé de colons bretons, les Blancs-Matignon.
    Mais à Morne-Galant, la vie devient vite plate et morne pour une jeune fille pleine d'ambition et farouchement indépendante comme Antoine.

    Dès ses 16 ans, quittera son village natal pour la capitale, Pointe-à-Pitre, et ses bidonvilles qui accueillent les travailleurs antillais employés par les Français. Avec pour tout bagage un parapluie rouge, une robe élimée et un mouchoir usagé, elle fera vite l'apprentissage des hiérarchies et des conventions sociales.

    Retranscrite dans une langue imagée et fleurie, la vie d'Antoine devient un voyage à travers l'histoire de la colonisation de ce petit bout de terre et de ses relations avec la République française et ses promesses d'un avenir meilleur.

    Qu'à cela ne tienne, elle partira sur le territoire métropolitain pour y chercher ses espoirs et sa liberté. Mais c'est le béton sans odeur et sans âme des grands ensembles qui l'accueillera alors.

    Entre Morne-Galant et Créteil, c'est une histoire conflictuelle et passionnée à laquelle nous invite à parcourir Estelle-Sarah Bulle. Une histoire d'origine et d'exil, de promesses et d'espoirs déçus ou accomplis. Partir quand on n'a pas les moyens de continuer à vivre où l'on est. Partir en n'étant plus tout à fait d'ici, ni jamais vraiment de là-bas. Une histoire de liberté, de douleur et d'identité.

    Un premier roman plein de poésie dans une langue pleine de fantaisie qui fait danser les mots et les idées d'une prose lyrique et facétieuse à travers soixante ans d'histoire franco-antillaise.

    Lu en octobre 2018.
    Retrouvez mon article sur Fnac.com/Le conseil des libraires :

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  • https://leblogdemimipinson.blogspot.com/2018/12/la-ou-les-chiens-aboient-par-la-queue.html

    Ce roman, premier roman qui plus est, est une quête. Sa narratrice, jeune femme aux origines multiples, donne la parole à ses tantes et à son père qui font ainsi revivre la famille Ezechiel partant de...
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    https://leblogdemimipinson.blogspot.com/2018/12/la-ou-les-chiens-aboient-par-la-queue.html

    Ce roman, premier roman qui plus est, est une quête. Sa narratrice, jeune femme aux origines multiples, donne la parole à ses tantes et à son père qui font ainsi revivre la famille Ezechiel partant de Morne- Galant, un nulle part en Guadeloupe, ″là où les chiens aboient par la queue″ à Créteil, terre d’adoption de ″Petit -Frère″ qui semble fort être le père de l’auteur.
    Il y a la truculente Antoine, celle qui faisait passer les enfants, et les diamants. Lucinde est la plus ambitieuse des deux sœurs. Petit-Frère, quant à lui refuse son destin tout tracé ; il est le premier à conquérir la métropole ; les deux autres suivront avec plus ou moins de succès. Sans oublier Hilaire le patriarche et gardien des secrets.

    Au-delà de l’histoire de cette famille, c’est l’évolution économique et sociale des Antilles qui nous est contée avec lucidité ; l’exil quasi inéluctable vers la métropole faute d’emploi et d’avenir pour la jeunesse.

    J’ai beaucoup aimé cette fresque vitaminée et colorée à l’écriture dynamique et parsemée de créole. J’ai également apprécié la construction polyphonique qui donne du rythme et galvanise cette histoire.

    Ce roman est une très belle surprise de cette rentrée littéraire, un premier roman à mon sens très abouti, et qui, hormis les jurés du Prix Stanislas présidé par Leïla Slimani qui l’ont récompensé, a été injustement ignoré.

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/la-ou-les-chiens-aboient-par-la-queue.html

    Une jeune femme métisse née en banlieue parisienne part à la recherche de son histoire. Elle ne connait de son identité guadeloupéenne que ce qu'elle en a vu lors de quelques vacances d'été sur l'île où...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/la-ou-les-chiens-aboient-par-la-queue.html

    Une jeune femme métisse née en banlieue parisienne part à la recherche de son histoire. Elle ne connait de son identité guadeloupéenne que ce qu'elle en a vu lors de quelques vacances d'été sur l'île où vivait encore son grand-père paternel.

    Elle interroge ses deux tantes Antoine et Lucinde et son père Petit-Frère. Antoine, sa vieille tante, la sœur aînée de son père, personnage baroque au "nom de savane", choisi pour protéger du mauvais œil, est incontestablement la figure forte de cette famille. C'est une femme farouchement indépendante et d'une incroyable force. C'est elle qu'on va le plus suivre dans ce récit, elle va faire resurgir de sa mémoire les souvenirs qui vont aider sa nièce à comprendre son identité métisse, les commentaires de Lucinde et de Petit-Frère entrecoupant parfois son récit.

    Elle raconte l'enfance à la campagne à Morne-Galant (que les guadeloupéens nomment "Là où les chiens aboient par la queue") auprès d'un père un peu filou et d'une mère à la peau claire disparue alors que Petit-Frère n'avait que trois ans. Elle raconte l'arrivée à l'adolescence à Pointe-à-Pitre "l'en-ville" avec ses demeures superbes et ses taudis, une ville dont l'effervescence succède à l'ennui de Morne-Galant. Elle raconte le commerce dans la mer des Caraïbes, l'arrivée du béton sur l'île, symbole de modernité et de civilisation, véritable catastrophe urbanistique. Elle raconte enfin le choix de l'exil en métropole et les villes nouvelles qui ont accueilli les migrants.

    A partir des confidences de sa famille, la narratrice part à la recherche de ses origines et recrée la vie des siens en Guadeloupe de 1947 à leur exil en métropole. Cette fresque familiale aux accents autobiographiques épouse donc l'histoire de la Guadeloupe de la seconde moitié du 20ème siècle. J'y ai découvert des faits historiques que j'ignorais comme les émeutes de mai 1967. C'est une très belle évocation des Antilles, de la culture, des croyances et des traditions des guadeloupéens et une bien jolie manière d'aborder l'exil.
    J'ai aimé le personnage d'Antoine pour son énergie et sa rage de vivre. J'ai aimé le style vif, empreint de poésie et d'humour, les phrases teintées d'un créole inventé. L'ensemble est romanesque, joyeux et chatoyant. Estelle-Sarah Bulle a d'incontestables talents de conteuse. Une très belle découverte.

    Ce roman a reçu le prix Stanislas du premier roman.

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