La nuit en vérité

Couverture du livre « La nuit en vérité » de Véronique Olmi aux éditions Albin Michel
Résumé:

Enzo et Liouba Popov vivent dans un grand appartement dont ils ont la jouissance près du jardin du Palais Royal. Les propriétaires ne sont jamais là, Liouba y est femme de ménage. Enzo est en 6e au collège où il est le bouc émissaire de ses camarades. Trop différent, trop gros, trop silencieux.... Voir plus

Enzo et Liouba Popov vivent dans un grand appartement dont ils ont la jouissance près du jardin du Palais Royal. Les propriétaires ne sont jamais là, Liouba y est femme de ménage. Enzo est en 6e au collège où il est le bouc émissaire de ses camarades. Trop différent, trop gros, trop silencieux. Il a la hantise du lundi matin et son refuge ce sont les livres qu'il dévore et, la nuit, les histoires qu'il s'invente. Quand le harcèlement scolaire devient lynchage, la vie d'Enzo bascule, la fièvre et le délire lui font entrevoir ses origines russes, des Russes blancs venus combattre en 14 avec les soldats français puis envoyés en Creuse dans un camp militaire.
Un roman magnifique, ample, ondulant, qui évoque une relation forte et fragile entre une mère très jeune et un gamin sensible, victime de la méchanceté scolaire. Leur vie à deux, leurs non-dits, leur délicatesse, leur indignation, leur solitude sont évoqués avec une grâce, une émotion et une justesse rares.

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Le courrier des auteurs

Véronique Olmi répond à nos questions ! (12/06/2013)

1) Qui êtes-vous ? ! Une comédienne sans rôle qui commence par s'écrire un monologue, devient par là-même auteure de théâtre. Une auteure de théâtre éditée chez Actes Sud qui me demande d'écrire un roman, ce sera «Bord de mer», suivi de 9 autres, chez Actes Sud, Grasset et Albin-Michel. Les trois cordes à mon arc, ma ronde : le jeu, l'écriture dramaturgique et romanesque. 2) Quel est le thème central de ce livre ? Le thème central c'est la libération intérieure, l'apprentissage de soi. Le livre raconte l'évasion spirituelle et physique aussi, d'un jeune adolescent trop gros, déclassé, isolé, qui vit seule avec une mère décalée, et aime la vie envers et contre tout. Si je devais dessiner ce jeune garçon, Enzo Popov, je dessinerais un brin d'herbe poussant entre deux pavés. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? «Il leva les yeux au ciel, peut-être que là-haut quelqu'un le voyait et l'encourageait en lui désignant le monde comme un minuscule terrain d'apprentissage, traverser les rivières, enjamber les mers, monter dans un train, et toucher la terre d'où l'on vient.» 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Le concerto pour piano numéro 23 de Mozart, dont le deuxième mouvement est présent dans le livre, et que j'ai tant écouté en écrivant ce roman. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? L'ouverture que représente la lecture, la découverte de l'inconnu, dans la beauté comme dans l'effroi. 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? J'écris le matin, dans mon lit, après avoir bu mon thé. Après, je vais courir ou marcher dans le bois, je reviens, et si mon emploi du temps me le permet, j'écris de nouveau, car le récit s'est décanté, pendant la course ou la marche. Il y a toujours une ou deux musiques associées au roman, spécifiques à l'histoire, je les écoute surtout dans les premiers instants d'écriture, pour replonger dans le tunnel émotionnel du récit. 7) Comment vous vient l'inspiration ? Au mot «inspiration», je préfère celui d' «Illumination» qu'utilise Carson Mc Cullers et qui ne surgit pas de nulle part, comme l'inspiration, mais vient de l'inconscient, après des mois, voire des années de travail sur les personnages. J'écris sur ce qui m'obsède, sur ce que je ne comprends pas, j'écris sur l'humain. Inhumain si souvent. 8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ? A partir de 12 ou 13 ans, je ne sais plus exactement, j'ai commencé à écrire, mes carnets intimes, chaque jour, et une multitude de romans inachevés et de mauvaises pièces de théâtre à destination familiale. Je lisais énormément, j'écrivais quotidiennement et fort mal, j'apprenais à respirer. Devenir écrivain, je n'aurais su dire ce que c'était, mais lire beaucoup, écrire un peu, était la seule façon que j'avais trouvée de me supporter et de supporter la réalité. 9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ? «L'idiot», toute seule dans une caravane pendant que ma famille skiait, ce dont j'ai en horreur. J'écrivais sur de petites fiches cartonnées les noms, patronymes et diminutifs des personnages, car je m'y perdais, et j'étais fière qu'un auteur de génie ne me mâche pas le travail et demande ma participation active à son roman. Bref, Dostoïevski me donnait l'autorisation de le lire... 10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? ! A questionner le monde, sans réponse. 11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ? Elles me donnent ma came... Je sais celles qui ferment tard, celles qui sont ouvertes le dimanche, celles qui ont toujours ce que je cherche et aussi ce que je ne cherche pas. C'est comme un musée ou une église. J'y entre pour échapper au fracas de la rue, des boutiquiers et des gens pressés. Et comme dans un musée ou une église, on y parle plus bas, on s'y déplace lentement, on prend son temps. Son temps à soi.

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Avis (9)

  • Comment parler d’un livre qui m’a mise mal à l’aise ?
    Enzo est collégien, qu’il soit dans un collège huppé a certainement augmenté la prise de risque. Ce pauvre gamin cumule les ennuis ou plutôt, les causes d’ennui. Sans père, il s’appelle Enzo Popov, est obèse, mal dans sa peau avec un fort...
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    Comment parler d’un livre qui m’a mise mal à l’aise ?
    Enzo est collégien, qu’il soit dans un collège huppé a certainement augmenté la prise de risque. Ce pauvre gamin cumule les ennuis ou plutôt, les causes d’ennui. Sans père, il s’appelle Enzo Popov, est obèse, mal dans sa peau avec un fort sentiment d’infériorité, une mère aimante mais trop et un peu infantile.
    Pov’Enzo, pas de chance ! Il est le souffre-douleur de sa classe depuis le primaire. Comme tous ces enfants, il souffre en silence, sans en parler autour de lui. Il a bien essayé d’en parler à son seul copain Charles. « C’est parce que je suis gros ? – Un peu. Mais ce n’est pas ça. C’est mon nom ? Charles avait haussé les épaules : -Le nom… disons que ça rajoute… - La profession de ma mère ? Ma mère ? Le look de ma mère ? Le nom de ma mère ? –Oublie ta mère avait dit Charles. Il savait donc. Enzo avait continué : - Mon visage, mes fringues, ma voix, mes bonnes notes en français, mes mauvaises notes en gym… ? Charles l’avait arrêté : - C’est ton odeur, ils disent que c’est ton odeur qu’ils ne peuvent pas supporter »
    Simple et efficace ce mot : ODEUR qui me rappelle certaines paroles entendues ….

    Son odeur ! Que peut-il faire contre ça ? Se parfumer à mort, il a essayé, ce fut pire. Les tourments endurés iront jusqu’à l’indicible.

    Enzo se réfugie dans ses rêves nocturnes auxquels il donne une dimension quasi réelle qui lui permettront d’avancer, de grandir ; non pas d’oublier le supplice, mais de vivre avec. Il partira, fuira pour mieux se retrouver et retrouver Liouba, sa mère, enfin, peut-être.

    Comme l’a chanté Ferrat : « Nul ne guérit de son enfance », ce qui est entièrement vrai, mais il faut faire avec.

    J’ai beaucoup peiné à lire ce livre, l’écriture de Véronique Olmi n’est pas en cause, loin de là. Ce qui m’a gênée, voire agacée, ce sont ces pages inutiles, ces longueurs qui m’ont fait sauter des pages, l’ouvrir puis le fermer, pour le reprendre un peu plus tard.

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  • Beaucoup de questions sont abordées dans ce roman, entre autres, la maternité, la condition sociale, l'adolescence, la recherche de ses origines, la paternité, la mort, la vie, ... et tant d'autres. Tous les questionnements qu'un garçon mal dans sa peau, mal aimé -pas du tout par ses collègues...
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    Beaucoup de questions sont abordées dans ce roman, entre autres, la maternité, la condition sociale, l'adolescence, la recherche de ses origines, la paternité, la mort, la vie, ... et tant d'autres. Tous les questionnements qu'un garçon mal dans sa peau, mal aimé -pas du tout par ses collègues de classe, trop exclusivement par sa mère- peut se poser. Véronique Olmi s'empare d'une période pas facile pour nos enfants, le passage par le collège, ces quatre années où tout sera scruté, observé, moqué : l'habillage, la coupe de cheveux, le poids -ou surpoids, où un rien, une différence crée un gouffre infranchissable entre la masse et l'élève isolé. "Enzo sentit la classe, tout autour de lui, une agrégation indifférenciée qui s'appelait : les autres. [...] Il était plus utile à la classe que n'importe qui, la bêtise des autres s'appuyait sur lui, il était la cariatide de leur désœuvrement, et il sentit le crachat dans son cou." (p.81)
    C'est un roman qui verra Enzo quitter l'enfance, se détacher de sa mère décalée pour sans doute mieux la retrouver. Un roman d'introspection, dans lequel Enzo se cherche, se trouvera en partie grâce à ses rêves qui le font avancer, découvrir ou deviner ses origines (ses lectures inspireront ses songes, ainsi que des lieux).
    Véronique Olmi écrit bien, alterne des passages vifs, notamment des descriptions qui habituellement sont plus lentes : "L'appartement était très grand. Très vieux. Refait à neuf. Il était en plein cœur de Paris, derrière les jardins du Palais-Royal, tout près des Tuileries. Un Paris idéal. Entre le Louvre et la Comédie-Française." (p.11) et des phrases plus longues lorsque Enzo est plongé dans ses réflexions, ses questionnements.

    Ceci étant dit, elle n'évite pas les clichés sur le personnage d'Enzo, gros et décalé socialement, ce qui énerve au plus haut point ses camarades et sur les situations. Du gros, du lourd, si je puis me permettre ce malencontreux télescopage de mots ! Un écrivain parfois en gros sabots, comme on dit par chez nous. Pas mal de longueurs également, des étirements du texte ou des situations dont on se passerait bien et qui n'apportent rien au livre si ce n'est 100 ou 150 pages en plus. Disons pour être franc et court que, hormis les paragraphes concernant les soldats russes pendant la guerre de 14/18, leur rébellion en 1917 lorsqu'ils apprennent la Révolution dans leur pays (plus de renseignements ici), rien dans ce livre n'est neuf ou inoubliable. Ma première expérience de lecture de Véronique Olmi ne fut donc pas une grande réussite.

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  • Lectrice assidue de V. Olmi,j'ai été un peu déçue par ce roman.Les critiques exprimées déjà ici sont certes fort élogieuses,c'est vrai qu'il n'est pas facile de "lâcher" ce livre une fois commencé,mais j'ai attendu jusqu'au bout une étincelle qui n'est pas venue.Autant par ex "la promenade des...
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    Lectrice assidue de V. Olmi,j'ai été un peu déçue par ce roman.Les critiques exprimées déjà ici sont certes fort élogieuses,c'est vrai qu'il n'est pas facile de "lâcher" ce livre une fois commencé,mais j'ai attendu jusqu'au bout une étincelle qui n'est pas venue.Autant par ex "la promenade des Russes" m'avait emballée,autant ici je n'ai pas été conquise même par l'écriture.

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  • Il est des livres qui vous emportent dans des tourbillons d'émotions, vous bouleversent, vous bousculent, vous violentent, vous allègent. Des romans que vous quittez étrangement apaisés, même s'ils vous ont parfois presque tourmentés. Le dernier opus de Véronique Olmi est définitivement de...
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    Il est des livres qui vous emportent dans des tourbillons d'émotions, vous bouleversent, vous bousculent, vous violentent, vous allègent. Des romans que vous quittez étrangement apaisés, même s'ils vous ont parfois presque tourmentés. Le dernier opus de Véronique Olmi est définitivement de ceux-là.



    Avec La nuit en vérité Véronique Olmi poursuit son exploration de l'humain et de l'intime. Elle évoque avec autant d'élégance que de sensibilité et de force la vie d'Enzo d'un presque-adolescent de douze ans en surpoids qui vit avec Liouba, sa toute jeune maman domestique dans un appartement cossu du 1er arrondissement. Enzo est un enfant touchant, presque à part, comme s'il ne tournait pas tout à fait autour du même axe que tous les adolescents de son âge.



    Le quotidien de cet ado pas tout à fait comme les autres, est loin d'être idéal, coincé entre une mère qui s'escrime à survivre et à éduquer avec amour et autant de maladresse un enfant qu'elle ne comprend pas - refusant d'évoquer ce père nié -, et les cours dans un collège pour enfants de bonne famille qui l'ont pris en grippe. Pourtant, malgré les difficultés, malgré les secrets, les non-dits, les brimades, les coups, les brûlures jamais le jeune garçon ne se positionne en victime. Il est mû par une force inébranlable, poussé par le désir inextinguible de connaître l'histoire des siens, de ceux qui l'ont précédé.



    L'histoire d'Enzo c'est celle d'une libération intérieure, d'une rencontre que l'on devine fantasmagorique avec celui qui, du fond de la nuit va le guider vers une vérité, sa vérité, vers l'acceptation profonde de ce qu'il est, de ce corps qui - comme il le découvrira dans une magnifique scène de fin ouverte vers bien des possibles - n'est pas qu'un amas de chairs douloureux, un objet de moqueries, mais qui peut tout au contraire être véritablement synonyme de jouissance.



    La nuit en vérité est un roman bouleversant tant par sa force narrative que par sa maîtrise de l'intime. À plusieurs reprises il m'a été parfois nécessaire de poser ce livre, de reprendre mon souffle, tant il faisait affluer en moi des émotions intenses. L'une des grandes qualités des romans de Véronique Olmi c'est la résonnance. Cet écho qui lors de la lecture indéniablement nous envahit, une réminiscence de sentiments déjà éprouvés qui vous étreignent, vous malmènent et au final vous apaisent.



    La nuit en vérité est un roman aussi lumineux qu'intense, le formidable récit d'une libération intérieure qui fait vibrer, éprouver, ressentir. Un magnifique roman d'une finesse psychologique rare que je ne peux que vous enjoindre à découvrir...

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  • Je viens de finir la lecture de "La nuit en vérité" de Véronique Olmi... j'ai été emporté... A partir du moment où j'ai saisi la main du jeune Enzo, je ne l'ai plus lâchée... j'aurais voulu le guider, l'aider, lui cacher ses pots de Nutela qui contribuent à son embonpoint, j'aurais voulu le...
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    Je viens de finir la lecture de "La nuit en vérité" de Véronique Olmi... j'ai été emporté... A partir du moment où j'ai saisi la main du jeune Enzo, je ne l'ai plus lâchée... j'aurais voulu le guider, l'aider, lui cacher ses pots de Nutela qui contribuent à son embonpoint, j'aurais voulu le défendre face à ses camarades d'école si sadiques.. mais depuis quand le lecteur se mêle -t-il de s'introduire dans le roman pour le défaire et le refaire. ? Quand il est dans l'envoutement de l'histoire, quand il se lie d'amitié avec les personnages et qu'il leur voudrait une vie heureuse, une vie meilleure... que cette jeune femme soumise à ses ménages s'en échappe, que cet adolescent se rebelle contre ses camarades d'école tortionnaires. La cruauté de cet âge est admirablement rendue.
    J'ai aimé l'écriture fluide, avec parfois des petites touches ou de poésie ou d'humour... et des dialogues qui sonnent très justes... J'ai partagé pleinement la fin du roman qui vous emmène, par le truchement des deux héros, soit à Deauville, soit à La Courtine (région que je connais fort bien) dans un voyage très onirique mais très dense aussi par son réalisme... Chacun essayant de retrouver l'autre dans ce qu'il a de plus intime au creux de sa vie.
    Un vrai roman.
    jérôme Touzalin

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  • Enzo Popov vit avec sa mère dans un somptueux appartement parisien. Il habite un quartier très prisé. Il fréquente un collège prestigieux. Il a tout pour être heureux.
    Oui mais dans cet appartement fabuleux, Enzo et Loubia partagent la même chambre, que le couple de riches propriétaires leur...
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    Enzo Popov vit avec sa mère dans un somptueux appartement parisien. Il habite un quartier très prisé. Il fréquente un collège prestigieux. Il a tout pour être heureux.
    Oui mais dans cet appartement fabuleux, Enzo et Loubia partagent la même chambre, que le couple de riches propriétaires leur cède en échange de 8 heures de ménage quotidien. Au collège, Enzo est la tête de turc des élèves de sa classe. Il est obèse, il est le « fils de la bonniche », peut-être même que sa mère est une prostituée de l'Est…
    Quand la tyrannie se transforme en passage à tabac, Enzo fuit en lui-même, son imagination nourrie par ses nombreuses lectures. Pendant que Loubia le veille, l'adolescent se reconstruit mentalement et décide de quitter un endroit où il n'est pas à sa place pour partir sur les traces d'une famille dont il ignore tout.

    Avec la justesse et la douceur qui caractérisent son écriture, Véronique OLMI nous raconte l'histoire d'un adolescent décalé, qui n'est pas à sa place dans une vie que sa mère, trop jeune, apprentie maman, a voulu, pour son bien. Mal à l'aise dans son appartement, dans son collège, dans son corps même, Enzo va peu à peu prendre conscience de lui-même et s'échapper grâce à la lecture.
    C'est l'histoire d'un couple mère / fils qui s'aiment très fort sans trouver les mots pour le dire, une histoire tout en pudeur sur la conscience de soi, la libération, l'évasion. Enzo, garçon solitaire, isolé, maltraité, est un héros bouleversant mais pas seulement, parce que La nuit en vérité est aussi un hymne à la vie, celle qui est belle, celle où tout est encore à découvrir et qu'on aime envers et contre tout.
    Une belle évocation de l'adolescence, de la maternité et de l'espoir, un livre magnifique, comme toujours avec cette auteure sensible.

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  • En un mot, ce livre est poignant et somme toute, bien écrit qui mérite d'être lu avec
    beaucoup d'attention. Il m'a assez plu.

    Pourquoi me direz-vous ? Je vous dirais tout simplement car au niveau de la forme tout
    y est. Ces phrases utilisées sont courtes ce qui donne un rythme dynamique à...
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    En un mot, ce livre est poignant et somme toute, bien écrit qui mérite d'être lu avec
    beaucoup d'attention. Il m'a assez plu.

    Pourquoi me direz-vous ? Je vous dirais tout simplement car au niveau de la forme tout
    y est. Ces phrases utilisées sont courtes ce qui donne un rythme dynamique à l'oeuvre.
    Le lecteurtourne vite les pages pour connaître la suite car à chaque fin de paragraphe l'auteure
    cherche à nous emmener toujours plus loin dans son imaginaire.

    Les personnages sont bien présents .
    Enzo devient le personnage principal. Cet adolescent, fils d'une immigrée russe, Liouba pesait quatre kilos à la naissance alors qu'elle-même ne pesait que
    40 ! Le ton est donné ! Enzo, obèse allait connaître la souffrance infligée par les autres collégiens. L'auteure cherche à nous sensibiliser. On malmène celui qui est différent. Enzo, le russe dérange. L'auteure nous dépeint le contexte lugubre. Cela se passera dans dans une cave. Tant de violence nous plonge dans le plus grand désarroi d'autant qu'elle se banalise. Nous, lecteurs, nous ressentons un pincement au coeur quand l'auteure nous démontre le corps bleui d'Enzo. On n'a rien inventé, lacruauté est omniprésente dans nos vies quotidiennes. Cruauté, violence que l'on retrouve avec l'allusion à la guerre. Le grand-père d'Enzo, vaillant soldat a participé à la guerre 14-18.
    Horreur des tranchées ! Grande cruauté car à la fin de la guerre, les Russes ne pouvaient pas rentrer chez eux et ont peuplé la Creuse. Double punition !

    Ce livre ressemble à un tableau morcelé. L'auteure à la manière d'un peintre pose différents coups de pinceau. L'auteure nous dépeint les émotions suivantes :
    la tendresse, l'amour d'une mère pour son fils, le courage d'un adolescent malmené qui tente néanmoins à faire bonne figure malgré sa douleur en écoutant la petite voix rassurante qui lui dit " abandonne, repose toi", l'amitié qui est celle du soldat ébahi car il ne peut rien contre le désenchantement d'Enzo.

    Nos sens sont eux aussi en éveil : l'odorat avec la puanteur de la cave souillée par des excréments, la vue avec la scène violente du lynchage d'Enzo et enfin le toucher avec les coups qu'il a reçus.

    La fin du livre approche! On aimerait poursuivre un peu plus la lecture mais toutes les choses ayant une fin, l'auteure a la délicatesse de nous laisser sur une note positive : Il est fort à parier que le meilleur pour Enzo serait devant lui !

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  • Un lien très fort unit Enzo, 12 ans, à Liouba, sa mère.
    Elle est une jeune mère, « encore dans les vingt », puisqu’elle a 29 ans. Elle est bonne dans un superbe appartement où ils logent. Les patrons, souvent absents, sont très riches et paternalistes.
    Lui, c’est la tête de turc à...
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    Un lien très fort unit Enzo, 12 ans, à Liouba, sa mère.
    Elle est une jeune mère, « encore dans les vingt », puisqu’elle a 29 ans. Elle est bonne dans un superbe appartement où ils logent. Les patrons, souvent absents, sont très riches et paternalistes.
    Lui, c’est la tête de turc à l’école, un peu en surpoids, il se sent exclus dans ce collège de prestige qui ne correspond pas à sa condition sociale. Il est très solitaire. Il y a les autres, et lui, rejeté, moqué, solitaire. Il se réfugie dans les livres et dans son monde, faisant de lui un enfant bizarre qui se pose des questions sur ses origines et sur le comportement des adultes.
    Et à la maison, il y a sa mère, si jeune.
    Lui et elle sont un peu paumés socialement.

    Au début du roman, le style est très agréable mais traditionnel et sans fulgurance. Les personnages par contre sont très réalistes et on les prend vite en sympathie et l’envie de continuer un bout de chemin avec eux est bien là.

    Si la première partie du livre était plaisante, la suite est prenante. L’écriture elle-même semble plus étoffée. L’escalade des évènements et des sentiments tient en haleine. L’histoire file, sans aucun temps mort, avec une parfaite cohérence.
    S’y mêlent des passages d’humour, amenant le sourire aux lèvres.
    Plus les pages se succèdent et plus on s’attache à Enzo et à Liouba, tous les deux humiliés par la société, tous les deux pas à leur place, elle au service des autres, lui dans son collège
    Et le livre se termine en nous laissant ébouriffés, heureux d’avoir rencontré ces deux là, avec l’impression qu’ils existent vraiment, et l’envie de leur souhaiter une bonne chance dans la vie.
    Au final, c’est un très bon roman, une très belle fiction.

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