Haute voltige

Couverture du livre « Haute voltige » de Ingrid Astier aux éditions Gallimard

4.583333333

12 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070147939
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

«Combien d'apocalypses peut-on porter en soi?».
Aux abords de Paris, le convoi d'un riche Saoudien file dans la nuit. Survient une attaque sans précédent, digne des plus belles équipes. «Du grand albatros» pour le commandant Suarez et ses hommes de la brigade de répression du banditisme,... Lire la suite

«Combien d'apocalypses peut-on porter en soi?».
Aux abords de Paris, le convoi d'un riche Saoudien file dans la nuit. Survient une attaque sans précédent, digne des plus belles équipes. «Du grand albatros» pour le commandant Suarez et ses hommes de la brigade de répression du banditisme, stupéfaits par l'envergure de l'affaire. De quoi les détourner un temps de leur obsession du Gecko - une légende vivante qui se promène sur les toits de Paris, l'or aux doigts, comme si c'était chez lui, du dôme de l'Institut de France à l'église Saint-Eustache...
Derrière l'attaque sanglante, quel cerveau se cache? Le butin le plus précieux du convoi n'est pourtant ni l'argent ni les diamants. Mais une femme, Ylana, aussi belle qu'égarée. Ranko est un solitaire endurci, à l'incroyable volonté. Mais aussi un homme à vif, atteint par l'histoire de l'ex-Yougoslavie. L'attaque du convoi les réunit. Le destin de Ranko vient irrémédiablement de tourner. Son oncle, Astrakan, scelle ce destin en lui offrant un jeu d'échecs. Le jeu de Svetozar Gligoric, le grand maître qui taillait ses pièces dans des bouchons de vin. Et lui demande de se battre - à la boxe et aux échecs, pour infiltrer le monde de l'art et dérober ses plus belles oeuvres à Enki Bilal, le célèbre artiste. La guerre et l'amour planent comme des vautours.
De la police, d'une femme ou du destin, qui est capable de faire chuter Ranko?

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Les derniers avis

  • 0.15

    Décidément, je suis incapable de suivre mon programme de vacances : j'ai craqué pour Haute Voltige le dernier polar d'Ingrid Astier dont j'avais lu de bonnes critiques… Alors, que dire ? Bon, c'est vrai, ce genre de romans n'est pas ma tasse de thé : j'ai eu l'impression d'être plongée tête la première dans un James Bond au rythme effréné, et moi qui suis plutôt du genre Rohmer / Woody Allen, j'avoue que j'ai été un peu secouée et arrachée assez brutalement à ma petite zone de confort ! Mais bon, à ma grande surprise, j'ai fini par me laisser prendre au jeu en acceptant les conventions du genre...
    En effet, on en a pour son argent ! De grandes scènes hyper cinématographiques dans des lieux ultra romanesques : toits de Paris la nuit, péniche somptueuse, l'Eendracht, où une femme magnifique en slip brésilien satin mandarine bordé de dentelle noire nage dans un aquarium avec des esturgeons (!), appartement du XVIe avec vue sur la Tour Eiffel, murs placardés de toiles de Basquiat, table basse tripode Jean Royère. et j'en passe !
    Les personnages sont de richissimes truands portant Rolex ou IWC Portugieser (entre 5000 et 7000 euros pièce), costumes de marque et pulls cachemire, louant toute une terrasse de café pour pouvoir fumer sans déranger personne, buvant du Dom Pérignon 1993, se déplaçant entourés de gardes du corps, possédant Aston Martin « grise comme un lac à l'heure où blanchit la lumière », BMW ou Mercedes et évidemment, carte Visa Infinite.
    J'ai lu que l'auteur avait le souci du « détail vrai » : aucun doute, tout existe, je me suis parfois amusée à vérifier sur la déesse Internet.
    Le sujet : le convoi d'un riche saoudien est attaqué dans le tunnel de Saint-Cloud alors qu'il se rend au Bourget. Une attaque haut de gamme selon l'inspecteur Suarez qui va être obligé de se détourner d'une autre affaire qui l'occupe à plein temps : celle du Gecko, surnom qu'il a donné à une espèce d'homme-volant, gentleman cambrioleur des temps modernes, capable de s'introduire où il veut, quand il veut, de préférence par les étages élevés, toits ou fenêtres. La BRB, brigade de répression du banditisme, est sur les dents : ils ont affaire à des gens fortunés, sans scrupules, capables de tout pour obtenir ce qu'ils veulent et ce qu'ils aiment : objets de luxe, œuvres d'art ou femmes si le désir est là.
    Bref, on est dans le sensationnel, le grandiose, le spectaculaire… Il faut se laisser aller, s'amuser de découvrir tout un monde inconnu (vous connaissiez, vous, le chessboxing ou le parkour ? Pas moi!) Évidemment, on n'évite pas les clichés liés au genre et une recherche peut-être un peu trop systématique de la formule qui sonne bien mais finalement, encore une fois, on ne boude pas son plaisir et l'on se lance dans l'aventure...
    Allez, je vous sers un verre de champagne (du Selosse, bien sûr, cuvée Substance – ça existe, j'ai vérifié !) accompagné de sa petite cuillère de caviar ?

    Lire au lit : http://lireaulit.blogspot.fr/

  • 0.25

    Voilà un roman qui vous prend vous étreint et ne vous lâche plus...Tous les ingrédients sont réunis pour vous maintenir à l'ombre de la canicule...Les personnages sont dépeints avec beaucoup de finesse même les mauvais inspirent une certaine sympathie...J'ai beaucoup aimé et j'ai même éprouvé vertige et admiration pour le "casseur -grimpeur" qui m'a entrainée sur les toits de Paris....Je ne dévoile rien de plus mais invite quiconque qui lit mes lignes à vite découvrir ce petit bijou riche en frisson et effroi....J'espère une suite...C'est obligé !!!!!

  • 0.25

    Commencé avant, terminé après. Non, ce n’est pas le titre d’un roman ! Je voulais simplement dire que j’avais commencé "Haute Voltige", le roman d’Ingrid Astier, avant de l’avoir rencontrée et que je l’ai terminé après cette entrevue. C’est dans le cadre de "Quais du Polar" à Lyon que j’ai passé un moment fabuleux avec l’auteur. Je remercie très sincèrement Lecteurs.com organisateur de ce petit déjeuner littéraire ainsi que les Editions Gallimard (Série noire) pour ces cadeaux inestimables.

    L’attaque du convoi d’un riche Saoudien aux abords de Paris, Suarez, un commandant de police sur les traces d’un monte-en-l’air serbe qui le défie du haut des toits de la capitale, de l’Institut de France à l’Eglise Saint Eustache, une jolie femme, un jeu d’échecs, Svetozar Glicoric, un grand maître Serbe de cette discipline et Enki bilal… pas question de dévoiler quoi que ce soit de cette aventure rocambolesque qu’il est important de découvrir pas à pas. "Haute Voltige" est certes un roman policier, mais il est beaucoup plus que ça. En effet, l’auteur, elle nous l’explique, peaufine chacun de ses romans en s’immergeant totalement dans le monde qu’elle décrit. Elle écoute ses personnages, côtoie leur milieu pour apprendre leur culture, leurs rites, leur vocabulaire et leur manière de s’exprimer. C’est la raison pour laquelle tout sonne si juste. Et si elle part d’un fait réel – ici le vol de tableaux au musée d’art moderne à Paris en 2010 – elle le transforme au gré de son imagination, on peut même dire qu’elle le transcende.

    L’écriture d’Ingrid Astier est flamboyante, sonore, imagée "La poussière du sol avait déjà poudré ses bottes à glaçage de couleurs… Avec son bonnet à grosses côtes, son oncle était méconnaissable. Le Serbe prenait un air islandais." Et quand ses personnages parlent d’échecs… "Le jeu était superbe. Tout en ambre. Tout. Des pièces au plateau, avec des lions taillés pour pieds… Chaque pièce était vivante comme la chevelure d’une Vénitienne – ou celle de l’auteur ? – et renvoyait mille feux.", alors, on ne sait plus qui prend le pas sur l’autre : l’intrigue ou les mots pour la raconter.

    Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman. Je l’ai trouvé brillant, fouillé, ciselé. J’ai apprécié chacun des nombreux personnages et plus particulièrement le commandant Suarez – autant que les rapports qu’ils entretiennent. J’ai apprécié, dans le désordre, les descriptions de Paris, la découverte du chessboxing imaginé par Enki Bilal dans une de ses bandes dessinées et devenu un sport à part entière qui mélange les échecs et la boxe, l’alternance aléatoire de chapitres longs et courts qui donne le rythme, l’histoire d’amour, la partie d’échecs reproduite en fin d'ouvrage et last but not least les trois pages de remerciements, une nouvelle à elles seules, qui rappellent des bons moments du récit et en particulier le passage sur l’hélicoptère… il faut lire le roman pour comprendre.

    Brillantissime

    http://memo-emoi.fr/

  • 0.15

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/06/haute-voltige-dingrid-astier.html

    C'est suite à une rencontre avec Ingrid Astier organisée par lecteurs.com aux Quais du Polar à Lyon en avril dernier que j'ai lu ce roman.
    Ingrid Astier nous a alors présenté ce roman comme différent de ses précédents et nous a dit avoir un certain amour pour ses personnages même secondaires. C'est une auteure qui connait très bien le milieu de la police, ce qui lui permet d'appuyer son imaginaire sur du concret, de restituer par exemple le langage des flics, des truands... Dans un souhait d'immersion Ingrid Astier a plongé en plein hiver avec la brigade fluviale dont elle est la marraine, a fait de la varappe avec l'anti-gang "Vivre les choses pour pouvoir les transmettre". Elle définit son roman Haute voltige comme un roman pour rêver la ville et dit s'être inspirée d'affaires réelles.
    C'est donc une femme très sympathique et surtout passionnée que nous avons pu rencontrer ce jour là. Ce fut une très belle rencontre! (merci Dominique !)

    Son récit comprend plusieurs intrigues avec l'attaque à Paris du convoi d'un riche saoudien, une histoire de trafic d'art et l'enquête policière menée par le commandant Stéphan Suarez et ses hommes de la brigade de répression du banditisme, des cambriolages, un homme-araignée, le Gecko, qui escalade les toits de Paris poursuivi par le commissaire qui cherche à le prendre en flagrant délit et Ylana, une jeune femme belle et mystérieuse. Difficile d'en dire plus sur un roman policier pour ne rien dévoiler...

    Ce beau roman noir nous offre une belle balade dans Paris et en particulier sur les toits de la ville. J'ai aimé la belle écriture d'Ingrid Astier, foisonnante mais fluide et très visuelle. Le récit est bien rythmé et énergique, on reconnait le souci du détail de l'auteure (parfois un peu trop poussé à mon goût), j'ai particulièrement aimé les scènes de vie au commissariat et j'ai trouvé ses personnages pittoresques et très attachants. Bref, une intrigue originale et bien menée...

    Merci à Dominique et à lecteurs.com pour cette lecture

  • 0.25

    Qu’est-ce qu’un coup de cœur ? Une petite accélération. Un iota qui plait ou vous rend intelligent. Une ‘tite baffe littéraire ? Un style qui vous fait aux pattes et vous rend de suite addict. Un roman qu’on ne lâche qu’à la fin et durant lequel on est partagé entre l’envie de le faire durer et le besoin de le dévorer. A mon sens, Haute Voltige représente cet effet. Madame Astier a le goût du détail et une tendance à la complexité pour rendre ses personnages authentiques. C’est du tout bon. Il faut lui rendre grâce, car la 4ème de couv’ était insuffisante.

    Quand tu as vu de trop prêt la mort, tu apprends à vivre. C’est tout. Il faudrait commencer par mourir.- Astrakan

    La première chose qui m’a emporté, c’est le style. Un sentiment proche d’une projection du «Cave se rebiffe » où les dialogues auraient été écrits de nos jours. Pas grand-chose de parallèle entre ce film fabuleux et ce roman ! J’en conviens. Pourtant l’émotion était là. La tenue des personnages aussi. Car c’est avant tout de cela dont il s’agit. Une galerie de portraits dingues et parfaitement léchée. Une histoire de flics et de voyous sans faille. Tous les éléments de l’intrigue –devrais-je dire des intrigues – sont présentes. Amour, passion, scènes d’actions parfaitement maitrisées, Ingrid Astier jongle avec brio entre ses personnages denses et une écriture habile qui nous porte entre romanesque et tension où le suspense tient bon. On s’accroche à ses pages comme le Gecko à ses murs.

    Passons rapidement sur l’histoire. Haute Voltige débute par le braquage du convoi d’un riche Saoudien dans le tunnel de Saint-Cloud par une bande de pros. Le butin disparait, bijoux et pognon mais surtout il y a le ramassage d’une femme mystérieuse, Ylana. D’astreinte, Suarez, un flic tenace obsédé par un cambrioleur grimpeur, est dépêché sur place pour mener l’enquête. Ylana, va renverser la vie du chef de clan, Astrakan, tout comme le Gecko a éclaté celle de Suarez.

    Voici donc le gros morceau. Les personnages. Je ne me tiens qu’aux principaux. Ne te méprend pas lecteur de cette chronique, les autres sont là à foison et ils ont tous leur raison d’être. Ils sont travaillés pour nous tenir en haleine. Nombreux sont ceux qui trimballent une part d’ombre faite de secrets enfouis, d’angoisses plus ou moins criantes et de failles parfois saillantes.

    Pour ce qui retourne des principaux, ils sont élaborés et maniés avec brio. Astier les borde d’une bonne dose de psychologie et de détails qui leurs confèrent une vraie densité. On sent son plaisir de « créer des crapules », un plaisir qui déborde au fil des phrases.

    Parmi eux, il y a, Ylana la belle égarée beaucoup plus solide qu’il n’y parait au premier regard, forgée par un naturel presque sauvage, pétrie d’instinct de survie. Bien entendu, il y a le côté sombre mis en mouvement avec Ranko. Constamment sur la brèche, le monte en l’air solitaire Serbe traine avec lui l’histoire de l’ex-Yougoslavie. Il sent l’authentique. C’est un seigneur de la cambriole. Il vit pour deux ambitions, le chessboxing (curieux mix d’échec et de boxe, inventé par Enki Bilal où les combattants suent autant de leur cerveau que de leurs poings) et le plaisir de vaincre la gravité. Son oncle Astrakan, celui aux grands yeux fixes à qui rien n’échappe, le patron du milieu suscite un vif intérêt. Astrakan est un monarque omnipotent en son royaume, mais il perd les pédales à la vue d’Ylana. Elle le déstabilise alors qu’il nage dans le bonheur et les richesses dues en grande partie aux grimpettes de son neveu que par l’efficacité de ses hommes. Enfin, il y a le flic. Stèphan Suarez, le chef de groupe à la Brigade de Répression du Banditisme qui court depuis des semaines après le Gecko, Ranko, jusqu’à, négliger son épouse tant aimé, Tamara et ses filles. Son personnage est épais, ses relations avec son équipe et sa hiérarchie fleurent bon la réalité.

    Pour ce qui est des secondaires, ils sont brillants. J’ai deux mentions spéciales à partager. Le face à face extraordinaire d’un manouche aux prises avec deux gros bras d’Astrakan, deux nettoyeurs à la verve éclatante, une vraie giclée de tragi-comique noir. Et une autre pour One le blond et One le brun, avec de belles gueules de truands, le modèle classique où tout est carré, de la mâchoire à la mentalité, un duo franchement ensorceleur.

    Les trois ans d’écriture pour atterrir sur Haute Voltige, font de ce roman bourré d’actions et foisonnant de détails, un roman digne des meilleurs romans noirs. C’est un petit bijou à l’intelligence rare, au sens du récit fabuleux. Idéal pour s’évader et nous sortir du quotidien. Le suspense s’y baigne dans une langue travaillée, le rire, au détour d’une page, nous éclabousse avec par moments, des grandes lampées d’art, d’amour et de sang.

  • 0.25

    Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler l’intrigue.
    Je suis l@ pour essayer de vous donner envie de découvrir cet écrivain si vous ne la connaissez pas.

    Ingrid Astier n’en est pas à son premier roman noir.
    Elle a su trouver une place particulière dans ce monde en laissant des empreintes marquées avec sa manière de marier les Lettres, l’Art, la Nature, la Poésie, l’Aventure et cette fièvre du détail dans sa façon d’écrire.

    J’ai rarement été confrontée à des personnages aussi bien brossés; à des lignes, des mots à ce point aux p’tits oignons.
    Rien n’est là par hasard.
    C’est le fruit d’un travail, d’un vécu en amont de la plume hors norme.

    Et quand au fil d’une rencontre littéraire organisée par Lecteurs aux derniers Quais du Polar on apprend de sa bouche qu’elle a passé du temps avec différents services de la Police, avec des Serbes et qu’elle nous a avoué, confié bien d’autres choses sous le sceau du secret, on se rend compte qu’écrire pour elle n’est pas un vain mot.
    Elle est capable de se confronter à tout, de supporter tout pour atteindre cette justesse (réaliste) incroyable, cette sensibilité extraordinaire.

    Et on se laisse emporter au fil des pages, irrésistiblement.

    Ingrid est une femme à multifacettes digne d’un roman.
    Elle me fait penser à un chat, qui aurait avalé un aigle…
    Vous voulez comprendre ce que j’entends par là ? Lisez-là.

    Ma chronique sur https://arthemiss.com/haute-voltige-dingrid-astier/

  • 0.25

    Si je veux lire un livre d’Ingrid Astier, je suis certaine de ne pas être déçue. Une rencontre littéraire avec elle avait été programmée pour vendredi 21/4/17 et samedi 22/4/17 et j’étais justement en train de lire HAUTE VOLTIGE.
    Une rencontre formidable. Ingrid était accompagnée par son éditeur, Aurélien Masson (que j’avais connu avec DOA) et elle s’est montrée d’une gentillesse ainsi que d’une si grande disponibilité que j’aurais bien aimé continuer un jour de plus. Il y a des événements qui vous marquent plus que d’autres surtout quand ils sont empreints de chaleur humaine.
    Cet événement s’est déroulé dans le cadre du thème : La Société du Polar – N° 1, (il y en aura d’autres en cours d’année) - dans une librairie que je fréquente très souvent.
    D’autres écrivains étaient invités mais j’en parlerai plus tard pour leurs livres. Ici, je n’ai qu’un seul et unique pôle d’attraction, c’est Ingrid Astier.
    Dans la présentation de son ouvrage, elle a révélé avoir plusieurs centres d’intérêts et elle recherche « le côté lumineux dans le roman noir ».
    La plupart de ses personnages sont fictifs (mais certains sont véridiques) et elle a l’habitude de s’immerger totalement dans les milieux qu’elle évoque : ceux de la police, des joueurs d’échecs, des peintres (ici Enki Bilal) car elle veut restituer au lecteur ce qui l’a marquée.
    Dans HAUTE VOLTIGE, ce sont les personnages « qui prennent la main ».
    L’histoire commence par le braquage du convoi d’un riche Saoudien, Astrakan, mais en même temps, il y a la disparition de celle dont il est fou amoureux, Ylana (bien mystérieuse).
    Le surnom de ce Saoudien est Astrakan, appelé ainsi lors d’un incident dont l’explication est donnée à la page 243, et résulte d'une maladresse d'un de ses gardes du corps.
    Il faut préciser que ceux-ci sont nommés par Astrakan les deux One : One le blond et One le brun, pour ne pas se tromper en les appelant.
    L’enquête est menée par le commandant Stéphan Suarez, policier oui, mais qui tient à sa vie de famille et fait le maximum pour concilier les deux ce qui n’est pas toujours facile.
    Cela va nous tenir en haleine, tout au long des six cents pages (ce n’est pas trop, non pas du tout) et de toute façon quand Ingrid commence à écrire, elle sait que ça va prendre du temps : il lui a fallu trois ans et demi pour HAUTE VOLTIGE.
    Dans tout le récit, le lecteur va assister à la recherche des voleurs du convoi mais aussi à la poursuite d’un Serbe qui obsède Suarez, Ranko, surnommé « Le Gecko », « l’homme lézard », qui ne peut pas s’empêcher de grimper, que ce soit des immeubles (pour voler des œuvres d’art ou des bijoux sur commande de son oncle Astrakan), ou des monuments. C’est ainsi qu’il fait de la haute voltige. C’est sa vie, un besoin irrépressible. Certes il est cambrioleur mais il a un côté attachant. D’ailleurs, peut-on le surnommer aussi « gentleman cambrioleur » ?.
    De plus, Astrakan lui a offert un jeu d’échecs, celui de Svetozar Gligoric (joueur qui taillait ses pièces dans des bouchons de vin). Ranko participe à des joutes de chessboxing inventé par Enki Bilal.
    Ingrid a également côtoyé ces milieux ainsi que ce peintre de grand talent car elle voulait absolument que tout soit véridique pour les détails précis. Grand souci de perfection.
    Mais ce qui ressort également de ce roman noir c’est beaucoup d’amour ; d’une part d’Astrakan pour Ylana (dont on ne sait pas grand-chose. Il faudra attendre la fin) et, d’autre part, l’amour de Suarez pour sa femme Tamara et ses filles qu’il doit souvent délaisser lors de ses enquêtes.
    Je me suis prise d’une certaine sympathie pour Ranko-Gecko, pour ses ascensions aériennes, faites apparemment sans effort, du grand art. De plus, Astrakan lui a « passé commande » auprès du grand peintre Enki Bilal, et là, il s’en donne à cœur joie, au péril de sa vie.
    La lectrice que je suis, a été passionnée par toutes les intrigues, l’amour, les pulsions… Mais c’est un roman noir, quoique empreint d’un certain humour, de poésie, de musique.
    Ingrid Astier a reconnu que le Casse du Musée d’Art Moderne, en 2010 à Paris, l’avait inspirée pour HAUTE VOLTIGE, un livre rondement mené, très prenant, et qui confirme tout le talent de cette jeune écrivaine qui a besoin de discipline quand elle écrit. Pour ce qui est de l’énergie, elle reconnaît manger pas mal de chocolat (c’est son péché mignon). Elle ne fait presque pas, non plus, de séparation avec sa vie personnelle. Elle se sent éjectée dans une autre dimension qu’elle nomme la cinquième.
    Dans ce livre il y a également de nombreuses références musicales.
    Au final, on ressent très bien son plaisir de « créer des crapules », c’est son expression.
    Ce fut donc une très belle rencontre avec cette écrivaine qui avait déjà connu un grand succès avec « Quai des enfers » (qui attend ma critique) et d’autres ouvrages.

    Elle m’a avoué participer de moins en moins à des Salons car elle préfère l’intimité comme ces deux journées, ce qui lui permet d’être au plus près de ses lecteurs et lectrices afin de prendre tout son temps pour répondre aux multiples questions.
    Pour moi HAUTE VOLTIGE est bien sûr un roman noir, mais c’est aussi un roman d’aventure car il nous emmène sur les toits de Paris et sur quelques édifices qui, normalement, sont visités d’une façon plus protocolaire.
    Merci beaucoup Ingrid pour ces journées mémorables et bonne continuation pour les prochains ouvrages dans lesquels, j’en suis certaine, vous saurez manier avec précision, le côté humain et le côté artistique.

  • 0.25

    J'ai eu la chance de lire Haute voltige d'Ingrid Astier grâce à la Collection "Série Noire" chez Gallimard et à Lecteurs.com avec sa rubrique les Explorateurs du Polar. Je les en remercie.
    Tout commence, un soir, par l'attaque du convoi d'un riche saoudien, aux abords de Paris. Le commandant Suarez de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) est appelé le premier sur les lieux. Mais l'enquête qui le hante, en ce moment, est celle du Gecko : un monte-en-l'air se jouant de toutes les parois, de tous les systèmes de sécurité pour voler des oeuvres d'art.....
    Pour l'écriture de ce livre, Ingrid Astier s'est complètement immergée dans son sujet. Elle a mis trois ans et demi pour finaliser le roman.
    La romancière a besoin de se confronter au réel et tout ceci rend la lecture de son polar addictive. Elle ne sait pas écrire autrement.
    Pour ses précédents livres, elle a plongé dans les eaux gelées de la Seine avec la Brigade fluviale, tirée à l'entrainement avec un SIg Sauer.....
    Tout le travail de "repérage" fait partie de l'ADN de ses livres. Ingrid Astier a un besoin viscéral de s'imprégner de tout ce qui composera son roman.
    Le socle de l'histoire repose sur le casse record du Musée d'art moderne de Paris en 2010. Cinq tableaux y ont été volés pour une somme d'environ 100 millions d'euros.
    Mais le plus fascinant, pour l'auteure, est celui qui a réalisé ce vol : un Arsène Lupin des temps modernes, arrêté en 2011. Vjéran Tomic, surnommé "l'homme-araignée", à lui tout seul, est rentré avec une facilité déconcertante dans le musée : il est simplement passé par une fenêtre après avoir grimpé ses parois.
    Elle a aussi eu besoin de six mois de plus avant la sortie de Haute voltige pour que son personnage de Gecko soit le plus authentique possible. Elle a eu pour cela de longs échanges avec un Serbe afin de cerner sa culture et ses rites.
    Elle a côtoyé le champion de France de Freerunning, Simon Nogueira. "Pour écrire le livre, je suis partie de ce désir du personnage. Après, il y avait aussi le désir de bâtir ce Paris depuis les toits et c'était tout un travail. Il fallait vraiment construire une ville, c'est donc passé par Simon Nogueira, ce champion de France de Parkour pour m'expliquer la sensation aérienne de la ville. Que voit-on quand on est sur les toits ? C'est là où ça devient intéressant, c'est là où il y a toute la marge de l'écrivain..." (interview d'Ingrid Astier, France Culture). Elle a assisté au travail d'Enki Bilal pour comprendre l'attraction de son héros pour ses oeuvres picturales.
    Pour Haute voltige, nous, lecteurs, grimpons des façades monumentales avec le Gecko. "Il (le Gecko) avait retiré ses baskets qui pendaient par un mousqueton à son anorak léger, ou peut-être à son sac à dos, et enfilé des chaussons d'escalade pour décoller du sol et s'élever, degré par degré, au-dessus de l'humanité. C'était un ballet d'une étrange beauté. Le type se baladait, sans effort, à la verticale. Suarez était bluffé. Quelques secondes, la main sur la gueule de Yin, Suarez resta sans bouger. Fasciné par cette façon de vaincre la gravité. C'était la première fois qu'il voyait le Gecko grimper. La première fois. Et il dut se l'avouer, à ce moment, oui, à cet instant-là quelque chose le dépassa, une part infime, certes, mais qui se fraya un chemin en lui et enfla, eut envie de le laisser filer, de ne jamais arrêter le Gecko....." (Haute voltige d'Ingrid Astier, page 359).
    Nous vivons l'enquête de l'intérieur, avec l'équipe du commissaire Suarez : à cent à l'heure, en pleine filature ; avec des moments plus calmes : les planques qui durent, qui durent. Nous vivons aussi le quotidien des personnages d'Ingrid Astier. Ceux-ci ont une "épaisseur" : un passé et un futur.
    Tout ceci fait le charme de Haute voltige.
    Nous ne sommes jamais dans le superficiel et l'approximatif.
    Ingrid Astier arrive, même, à nous faire aimer son gentleman cambrioleur.

  • 0.2

    J'ai eu l'occasion de rencontrer Ingrid Astier lors du festival Quais du Polar grâce au site lecteurs.com. Sa méthode de travail m'avait impressionnée et sa façon de nous présenter Haute voltige, son dernier roman, m'avait conquise. Je n'avais alors qu'une hâte, lire ce polar ! Je me suis lancée, et il m'a fallu plus d'un mois pour arriver à le terminer. Je ne sais pas pourquoi, car j'ai aimé l'écriture, ciselée et poétique, les personnages, réalistes et attachants, et l'intrigue, à la fois classique et originale... Haute voltige n'est clairement pas un livre que l'on dévore, il fait partie de ces romans qui se dégustent lentement, page après page, mot après mot...

    Haute voltige mêle plusieurs intrigues passionnantes : un braquage parfaitement exécuté, un vol d'œuvres d'art audacieux, une enquête policière, une vengeance et une histoire d'amour naissante... Nous suivons pendant plusieurs mois deux équipes que tout oppose : Il y a d'un côté Ranko, monte-en-l'air solitaire mais terriblement attachant dans sa recherche de liberté, Ylana, jeune femme un peu paumée et Astrakan, vieux chef de gang fantasque et dangereux ; de l'autre côté, il y a l'équipe de la BRB (brigade de répression du banditisme) menée par le commandant Stephan Suarez qui file inlassablement Ranko en espérant le prendre en flagrant délit... Criminels ou policiers, tous les personnages de ce roman sont uniques dans leurs genres ; leurs caractères sont bien développés, ils sont réalistes et pour la plupart attachants. Nous les suivons dans leurs actions et leurs réflexions, des plus banales au plus extraordinaires, nous prenons connaissance de leur passé et nous assistons aux rencontres qui les feront évoluer. D'ailleurs certaines rencontres sont savoureuses, quand elles concernent des personnes réelles on ne sait plus trop où s'arrête la réalité et où commence la fiction.

    La plume d'Ingrid Astier est très belle, le texte est ciselé à la perfection, on voit tout de suite que chaque expression a été réfléchie avant d'être utilisée... Les mots ne sont pas là par hasard, ils ont été choisis avec soin. Il en ressort un texte vivant et musical, d'une grande beauté, comme les images qu'il véhicule, à la fois fortes et visuelles, parfois poétiques. Cette plume est un atout, mais je pense que c'est ce qui a considérablement ralenti ma lecture. Je m'en suis imprégnée, et cela ne peut se faire dans la précipitation. La lenteur du texte colle d'ailleurs parfaitement bien à l'intrigue, faite principalement de filatures, d'attentes, de préparations et de réflexions ; les moments d'action en ressortent plus intenses, plus marquants.

    Haute voltige est donc un roman noir qui m'a beaucoup plu malgré le temps passé à le lire. J'y ai découvert une très belle plume, Paris depuis les toits, le chessboxing (sport hybride mélangeant la boxe anglaise et les échecs) et l'œuvre d'Enki Bilal (Ingrid Astier m'a donné envie de me plonger dans ses bandes dessinées)... et rien que pour cela je ne regrette pas cette lecture.

    https://andree-la-papivore.blogspot.fr/2017/05/haute-voltige-par-ingrid-astier.html

  • 0.25

    Gros coup de cœur pour ce roman policier.
    Ingrid Astier nous plonge dans l' univers sombre du grand banditisme, entre salle de boxe et jeu d'échecs. Dès les premiers pages, on est littéralement embarqué dans l'aventure de cette bande de braqueurs. Grâce à Ranko, le héros, brigand volant, qui arpente Paris de tout en tout, on redécouvre la ville vu du ciel. Évasion et frissons garantis!

    Merci à lecteurs.com de m'avoir fait découvrir ce roman.

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