Fief

Couverture du livre « Fief » de David Lopez aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021362152
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents ont eux-mêmes grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l'herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c'est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers... Voir plus

Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents ont eux-mêmes grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l'herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c'est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c'est le langage, son usage et son accès, qu'il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d'orthographe. Ce qui est en jeu, c'est la montée progressive d'une poésie de l'existence dans un monde sans horizon.

Au fil de ce roman écrit au cordeau, une gravité se dégage, une beauté qu'on extirpe du tragique ordinaire, à travers une voix neuve, celle de l'auteur de Fief.

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  • Dans ces zones mal définies qui s'étirent entre la grande banlieue et la campagne profonde, on trouve ces petites villes endormies où rien ne bouge vraiment ...

    Quartier résidentiel, barres d'immeuble - la zone - et entre les deux les maisons de la classe moyenne ...

    C'est là que traînent...
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    Dans ces zones mal définies qui s'étirent entre la grande banlieue et la campagne profonde, on trouve ces petites villes endormies où rien ne bouge vraiment ...

    Quartier résidentiel, barres d'immeuble - la zone - et entre les deux les maisons de la classe moyenne ...

    C'est là que traînent Jonas et ses amis, sa bande, ses copains de toujours ou du collège avec qui il n'a pas fait grand chose à l'école et qui, aujourd'hui sont là pour partager alcool et joints, objets d'enchères lors de leurs parties de cartes aux règles fluctuantes ...

    Pas trop de filles avec qui aller - elles sont parties - étudier ou travailler  ....

    Le père de Jonas, le seul parent dont il est question, ancienne gloire du football local, y joue toujours entre deux sessions de joints sur canapé ... 

    Et pourtant une certaine poésie émane de ce roman où il ne se passe pas grand chose qu'une errance immobile, entre petit bois, salle de boxe, terrain de jeux où la pelouse peine à pousser ... 

    La bande a son langage, ses expressions, qui déroutantes au début, contribuent à donner cette atmosphère spéciale au goût d'été qui ne s'arrêterait jamais, à l'ennui qui transpire de chaque ligne  ...

    Premier roman d'un auteur à peine trentenaire ... qu'il faudra suivre !

    Ce roman a reçu le prix du Livre Inter 2018.

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  • Le Livre INTER récompense chaque année un excellent roman ou plutôt met en valeur un livre passé peut-être inaperçu, pas forcément dans les derniers parus, comme Fief, le premier roman de David Lopez, mis à l’honneur cette année, ouvrage sortant vraiment de l’ordinaire.

    J’ai été très surpris...
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    Le Livre INTER récompense chaque année un excellent roman ou plutôt met en valeur un livre passé peut-être inaperçu, pas forcément dans les derniers parus, comme Fief, le premier roman de David Lopez, mis à l’honneur cette année, ouvrage sortant vraiment de l’ordinaire.

    J’ai été très surpris dès les premières pages, par ce chapitre intitulé Pablo, un jeu de cartes, où j’ai fait connaissance avec Jonas, le narrateur, et ses amis : Ixe, Poto, Sucré plus d’autres qui débarquent comme Miskine ou Lahuiss. Bien sûr, j’ai été surpris par ces noms, ces surnoms, mais je m’y suis habitué. Ce qui m’a le plus désorienté, c’est le style d’un auteur qui a du talent pour reproduire la façon de parler, les tics de langage de beaucoup de jeunes, aujourd’hui.
    Ensuite, j’ai dû supporter sans cesse le joint, le shit, le tabac, le tchek sur l’épaule, l’accolade sur l’omoplate et « Bien ou quoi… » De plus, le verlan, ça va un peu mais ça devient vite pénible comme ce jeu de cartes inintéressant.
    Mal parti, je me suis quand même accroché et je ne l’ai pas regretté car David Lopez livre ensuite de bons moments même si ses démons le reprennent de temps à autre, suivant les temps de vie de Jonas.
    Parmi les meilleurs chapitres, il y a la boxe car Jonas qui n’a pas d’emploi, ne fait pas d’études, pratique la boxe dans le club de cette petite ville où se déroule l’action. Au passage, je trouve très bien ce choix qui évite Paris ou d’autres grandes villes ou encore quelques banlieues célèbres.
    Quand Lahuiss entre en jeu, le niveau monte car il est « assez caillera pour ne pas se renier, assez distingué pour ne pas s’enfoncer. » La scène de la dictée, après une âpre discussion sur les fautes d’orthographe, est un autre moment fort du livre, une scène extraordinaire : « Poto insulte la mère de son stylo, Untel rallume son spliff. Habib regarde sa feuille vite fait il ne voit pas que je l’ai grillé. » Évidemment, ça dégénère mais on arrive à savoir, grâce à Jonas, que l’auteur du texte s’appelle Céline – « c’est qui celle-là… » - et que c’est un extrait de Voyage au bout de la nuit.
    Jonas est un personnage attachant. Il n’hésite pas à aller superviser son père qui joue au foot dans une équipe de vétérans. Il nous gratifie de magnifiques scènes d’amour avec Wanda, fille très égoïste : « Elle m’a trouvé moi. Assez éduqué pour échanger trois mots. Assez joli pour être désirable. Trop marqué cependant pour devenir intime. Trop sauvage pour être apprivoisé à long terme. Trop peu désireux de vivre. » Tout Jonas est là comme lorsqu’il détaille ses souvenirs d’enfance.
    David Lopez manipule habilement le langage qu’il a choisi de traduire par écrit, sait parler de sport mais ne laisse que peu d’espoir dans cette vie sans véritable ouverture, avec une soirée à hauts risques de temps à autre et l’alcool, les trafics, les drogues dites douces et cette dépendance tellement aliénante.

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  • Cette bande de copains, elle est plutôt sympathique. Accrocs à leur fief comme au shit, ils partagent leur solitude, leurs questions, leur désoeuvrement. Non, l’énergie qu’ils mettent à boxer ne suffit pas à faire sauter les entraves qui les confinent dans une sorte de cocotte- minute dont...
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    Cette bande de copains, elle est plutôt sympathique. Accrocs à leur fief comme au shit, ils partagent leur solitude, leurs questions, leur désoeuvrement. Non, l’énergie qu’ils mettent à boxer ne suffit pas à faire sauter les entraves qui les confinent dans une sorte de cocotte- minute dont j'espérais l’explosion, histoire de les libérer.

    De sa jeunesse, David Lopez diffuse avec un certain talent la pesanteur qui plaque Jones et ses copains dans une vie sans projet et sans issue. Avec ce même talent, il m’a longtemps laisser espérer le commencement d’une histoire, le changement de vocabulaire et de style, l’évolution du fond et de la forme en quelque sorte. A mon grand regret, sauf quelques ouvertures dont celle avec Céline qui m’a bien amusée, j’ai terminé le roman en mode lecture rapide, restant sur ma faim.

    Décidément, il ne m’est pas possible d’oublier des années de scolarité où les déviances à la langue française étaient absolument proscrites, sous peine de sanction. J’espère que cet argument suffira à expliquer la raison pour laquelle je n’ai pas adhéré à la plume de l’auteur… je renie toute ringardise !

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  • Franchement mauvais dans sa quête d'un pseudo-réalisme de banlieue, le livre est mal écrit dans un langage de faux jeun's. L'histoire est vide, il faudrait peut-être rappeler que la littérature c'est aussi la capacité à produire des récits écrits...

    Franchement mauvais dans sa quête d'un pseudo-réalisme de banlieue, le livre est mal écrit dans un langage de faux jeun's. L'histoire est vide, il faudrait peut-être rappeler que la littérature c'est aussi la capacité à produire des récits écrits...

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  • Radical ce premier roman de David Lopez, publié aux Editions du Seuil. Très remarqué lors de la rentrée littéraire 2017, " Fief " aura au moins eu le mérite de faire parler de lui.
    Le jeune romancier, formé au rap, y fait le récit de la vie de Jonas et de ses copains, dont le fief est planté en...
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    Radical ce premier roman de David Lopez, publié aux Editions du Seuil. Très remarqué lors de la rentrée littéraire 2017, " Fief " aura au moins eu le mérite de faire parler de lui.
    Le jeune romancier, formé au rap, y fait le récit de la vie de Jonas et de ses copains, dont le fief est planté en zone périurbaine.
    Entre parties de cartes, de spliff et d'alcool et  de séances d'entraînement à la boxe, Jonas et ses copains tuent le temps...et le lecteur !
    p. 46 : " Ça ne fait pas une heure que je suis là que déjà je me sens dans mon élément. L'ennui, c'est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. Il faut un certain sens de la mesure. On a trouvé la parade, on s'amuse à se faire chier. On désamorce. Ça nous arrive d'être frustrés, mais l'essentiel pour nous c'est de rester à notre place. Parce que de là où on est on ne risque pas de tomber. "
    Effectivement, on sent que ça n'est pas l'ambition qui va les étouffer...
    Jonas vit seul avec son père, chômeur, et fumeur de shit lui aussi. Au moins le cadre est posé !
    p. 221 : " Mon père, je fais tout pour lui être agréable, pas encombrant. J'y arrive plutôt bien, même si la plupart du temps ça implique de ne tout simplement rien se dire. "
    Et donc l'ensemble du roman (?) est basé sur ces journées où le temps ne passe pas, et où il ne se passe... rien !
    Après un démarrage extrêmement difficile dans lequel ma ténacité a été mise à rude épreuve, un passage sur Barjavel attire mon attention...
    p. 121 : " Chez Barjavel ce sont souvent des récits post-apocalyptiques, où le monde est à réinventer. Il a cette façon de toujours mettre l'amour au centre, comme principe de réactivation du monde, comme si son absence avait précipité la fin des temps. Comme s'il fallait mourir pour revenir à l'essentiel. "
    Voilà, je me suis dit, le meilleur reste à venir, tout simplement ! Et là, au milieu de cette langue à laquelle je n'accroche ABSOLUMENT pas, je vois écrit "Candide" de Voltaire. Une lueur d'espoir surgit en moi ! Je me concentre donc. Je parcours les mots, les lignes et... je me défais petit à petit. Quel massacre !
    Et pourtant, on sent dans certains passages qu'il y aurait matière à développement.
    p. 236 : "Ils cherchent à me transmettre cette rage, cette envie de violence, ce désir de détruire, et moi je lève les yeux vers eux, sourire en coin, parce qu'ils me font plus rire qu'autre chose. Je pourrais faire ça pour eux. Ça aurait du sens. Leur montrer qu'on peut se battre. Lutter pour devenir meilleur. Qu'on n'est pas prédestinés. Que le travail peut mener à la récompense. "
    L'auteur aborde des thèmes essentiels dans notre société actuelle, tels que la différence des classes sociales, et par conséquence l'inégalité des chances. Mais pourquoi utiliser un langage qui dénote autant, qui creuse encore plus le fossé ? Pour créer une prise de conscience réelle sur cet état de faits, n'aurait-il pas été plus judicieux que l'écriture soit accessible à tout un chacun....?
    Mais, au profit de l'auteur, je dois avouer que la publication de ce roman était un sacré pari. Concrètement, on adhère ou on n'adhère pas. Il n'y a pas de juste milieu. Je ne pense pas avoir besoin de préciser de quel côté je me situe.

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  • Du splif, des taffes, des baffes et des bourre-pifs… et au milieu, un petit peu de littérature. Du moins dans les cent premières pages. Après, tout devient moins caricatural, et plus authentique. Sans doute parce qu’on s’attache aux personnages et que l’auteur se lâche sans chercher d’excuses à...
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    Du splif, des taffes, des baffes et des bourre-pifs… et au milieu, un petit peu de littérature. Du moins dans les cent premières pages. Après, tout devient moins caricatural, et plus authentique. Sans doute parce qu’on s’attache aux personnages et que l’auteur se lâche sans chercher d’excuses à ses héros. En bref, fief, c’est une plongée en apnée dans une bande de jeunes minée par le désoeuvrement. Chapeau bas, c’est si difficile de parler de gens qui n’ont rien à dire ou dont la culture est rudimentaire. C’est surtout dur pour les dialogues. D’ailleurs à chaque fois qu’une référence est sortie (Voltaire, Barjavel), ça sonne presque faux dans ce concert de jurons et de mollards. Les passages les plus réussis, à mon goût, sont ceux où l’action est à son paroxysme, le sexe avec Wanda, la boxe avec Pierrot. C’est là que la prose de Lopez fait mouche. Sinon, mieux vaut se rouler un joint pour tuer l’ennui.

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  • Attention, mise en garde, ce livre ne plaira pas à tout le monde.
    Il va heurter certains, les dérouter, les mettre mal à l'aise car l'écriture, la structure et le récit nous plongent dans l'univers d'un groupe de jeunes, environ 16 à 18 ans, pas des délinquants, pas d'une cité difficile, non...
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    Attention, mise en garde, ce livre ne plaira pas à tout le monde.
    Il va heurter certains, les dérouter, les mettre mal à l'aise car l'écriture, la structure et le récit nous plongent dans l'univers d'un groupe de jeunes, environ 16 à 18 ans, pas des délinquants, pas d'une cité difficile, non mais d'une petite ville de 15 000 habitants, partagée en différentes zones : tours, pavillons et centre ville. On ne se mélange pas ou peu, on s'évite : les bourges, les jeunes, les autres.
    Ils sont livrés à eux-mêmes, ont abandonné les bancs des études. Ils ont pour certains des talents : Poto écrit des textes mais bourrés de fautes d'orthographe, il cherche du boulot. Ixe : ravitaille le groupe en cannabis, cultive son "jardin...", Lahuiss lui a fait des études s'est éloigné un peu de ses anciens amis mais revient de temps en temps les voir, Sucré lui travaille mais souffre de surpoids, Miskine, petite frappe, flambeur et Untel, le grossiste en cannabis et fournisseur du père de Jonas.
    Jonas, le narrateur, nous livre son quotidien en une quinzaine de chapitres, sa bande de copains aussi désoeuvrés que lui, vivant au jour le jour, avec comme principale occupation le shit, la fumette, le cannabis, l'alcool, les jeux : cartes et vidéos. Ils sont sans projet, ne se voient pas d'avenir, sans idéaux. Il faut passer le temps.
    Ils sont le plus souvent sans repères, livrés à eux-mêmes car les parents comme le père de Jonas, ne sont pas des exemples : on ne parle pas travail, les parents eux-mêmes sont consommateurs de shit. Pourtant lorsque Jonas parle de son père on sent du sentiment, même s'il n'est pas exprimé. On ne se dit pas ses choses là. Il y a des petits gestes, des frolements, des regards.
    Son défouloir à Jonas c'est la boxe, mais même la boxe il va arrêter malgré Monsieur Pierrot, son vieil entraîneur, qui tente de motiver tous ces jeunes, qui l'encourage pour un dernier combat. Pour Jonas la vie ressemble souvent à un combat.
    Et puis il y a Wanda, son amie, on ne dira pas sa petite amie car il n'y a guère de sentiment réellement dit, mais plus un plan c.. ou alors peut-être plus mais on ne parle pas non plus d'amour. On découvre, on expérimente, on performe..... le reste !
    La lecture peut être déroutante car l'auteur a intégré tous les dialogues à la narration de Jonas ce qui donne un texte dense mais qui reflète bien, je trouve, leur façon de parler : untel dit que ...... et l'autre dit que ..... en plus dans un langage fait de verlan et autres mots que nous, plus vieux, nous ne connaissons pas toujours, langage des cités peut être. Donc à plusieurs reprises il m'a fallu relire à l'endroit, à l'envers ou essayer de comprendre.
    Par contre les pensées, le ressenti de Jonas sont rédigés dans une forme de langage habituel et elles sont parfois de profondes réflexions, ses interrogations sur le sens de la vie, de sa vie.
    Il y a des passages savoureux en particulier lorsqu'on parle de Voltaire, de Céline, quand ils décident de faire une dictée pour savoir qui est le pire en orthographe ou du nettoyage de jardin car en fin de compte ils ne demandent ces jeunes qu'à s'occuper, à être reconnus. Mais il faut que cela vienne d'eux.
    C'est un livre qui nous immerge totalement dans cette jeunesse où le seul point d'ancrage c'est les amis, le groupe, c'est leur famille, celle qu'ils ont choisie, celle sur qui ils peuvent compter, celle où ils existent.
    Bien sûr ce n'est pas mon univers ni le domaine de lecture que je préfère mais cela fait prendre conscience de leur monde, du vide de celui-ci.
    C'est un premier roman original par l'écriture, osé où l'écriture est très détaillée (on vit les scènes) parfois trop pour certaines, assez crue et l'ambiance générale peut choquer mais pas par le texte, en fin de compte, mais par ce qu'il raconte et qui est une réalité notre monde.

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  • Pas enthousiaste du tout. Il ne se passe rien. Existence ordinaire, vie ordinaire, dialogue ordinaire ...bref ce n'est pas ma tasse de thé.

    Pas enthousiaste du tout. Il ne se passe rien. Existence ordinaire, vie ordinaire, dialogue ordinaire ...bref ce n'est pas ma tasse de thé.

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  • Il y a des premiers romans que l'on oubliera jamais, des styles nouveaux qui emportent, percutent, des sonorités qui chantent. Fief le premier roman de David Lopez c'est exactement cela et bien plus encore.

    Fief est du domaine de l'indescriptible, de l'inclassable. Quelque part entre la...
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    Il y a des premiers romans que l'on oubliera jamais, des styles nouveaux qui emportent, percutent, des sonorités qui chantent. Fief le premier roman de David Lopez c'est exactement cela et bien plus encore.

    Fief est du domaine de l'indescriptible, de l'inclassable. Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents avant eux ont grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils boxent, fument des joints, jouent aux cartes, font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres. Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c’est le langage, son usage et son accès, qu’il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d’orthographe. Ce qui est en jeu, c’est la montée progressive d’une poésie de l’existence dans un monde sans horizon.

    Que l'on ne s'y trompe pas, Fief n'est pas un roman sur la banlieue, le penser serait faire injure à son auteur. Tout est bien plus subtil que cela. Fief c'est une plongée dans l’existence d'une bande de jeunes, coincés entre banlieue et campagne, entre isolement et solitude dont le personnage principal est un certain Jonas, un jeune comme tant d'autres qui pratique la boxe et raconte sa vie à travers celle de son entourage. Fief s'ouvre après un combat de boxe que Jonas a perdu et se clôture sur un autre. Pour autant Fief n'est pas l’histoire d’un boxeur qui voudrait échapper à sa condition sociale, pas plus que l'histoire de jeunes délinquants, ils ne le sont pas vraiment d'ailleurs, Fief relève plutôt d'un témoignage d'une certaine jeunesse d'aujourd'hui livrée à elle-même qui n'a pas vraiment de vie, pas vraiment d'avenir, incapable de se projeter. Pour autant, qu'il est beau ce rien, ce vide. D'ailleurs, jamais je n'ai été autant emplie de ce vide.

    Le coup de maître de David Lopez tient dans le langage qu'il invente, dans cet amour des mots, sa manière d'écrire, de parsemer ses phrases de poésie et d'empathie. Le tout aurait pu tomber à plat, mais il n'en est rien. Quelle envolée, quel rythme ! Les mots, les expressions swinguent. C'est percutant, jouissif. Il y a du Céline dans son univers. D'ailleurs il en parle de Céline, il en parle à sa manière, mais que c'est bon.

    Fief m'a fait l'effet d'un uppercut en plein cœur. David Lopez m'a mise KO avant la fin du troisième round, c'est dommage j'en aurai bien repris un peu. Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé Fief, j'ai juste adoré. Lisez-le, vous comprendrez et je suis certaine que comme moi, vous aurez la certitude qu'un grand auteur est né.

    https://the-fab-blog.blogspot.fr/2018/01/mon-avis-sur-fief-de-david-lopez.html

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  • Une lecture déroutante.
    David Lopez nous décrit le quotidien morne et répétitif d’une bande de petits branleurs (excusez ce mot mais il colle parfaitement au livre). Dans leur fief, situé quelque part entre banlieue et campagne, c’est l’ennui perpétuel. Il n’y a que les parties de cartes, la...
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    Une lecture déroutante.
    David Lopez nous décrit le quotidien morne et répétitif d’une bande de petits branleurs (excusez ce mot mais il colle parfaitement au livre). Dans leur fief, situé quelque part entre banlieue et campagne, c’est l’ennui perpétuel. Il n’y a que les parties de cartes, la boxe, les joutes verbales et la fumette.
    Pour nous parler de cette jeunesse sans illusion qui vit à longueur de journée dans le brouillard de la fumée des joints qui tournent, l’auteur a choisi une langue brute, familière, crue, esprit « banlieue ».
    C’est cette langue qui fait le sel de ce livre et qui explique qu’il soit aussi clivant.
    Il y a ceux qui crient au génie et ceux qui ne supportent pas de voir le français aussi maltraité.
    Pour ma part, ce langage, bien que très vivant, a juste rendu ma lecture fastidieuse (j’avoue même que par moment, je ne comprenais pas les dialogues...).
    Je reconnais donc à ce livre et à son auteur beaucoup d’audace et une certaine poésie mais malheureusement je suis passée à côté. Une lecture qui étrangement me laisse assez froide.

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