Vincent Message

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Vincent Message est un auteur et enseignant français né en 1983 à Paris. Après un cursus de lettres et de sciences humaines à l’Ecole normale supérieure et des séjours à Berlin et New York, il devient maître de conférences en littérature générale et comparée à l’Université Paris 8. Dans le cadre ...

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Vincent Message est un auteur et enseignant français né en 1983 à Paris. Après un cursus de lettres et de sciences humaines à l’Ecole normale supérieure et des séjours à Berlin et New York, il devient maître de conférences en littérature générale et comparée à l’Université Paris 8. Dans le cadre de ce travail, il est le cofondateur, en 2013, d’un master de création littéraire, destiné à accompagner de jeunes auteurs dans leur projet d’écriture.

En 2009, Vincent Message publie un premier roman, Les Veilleurs. Ce roman, qui interroge les traditionnels codes du roman policier, est récompensé par plusieurs prix, notamment par le Prix Laurent-Bonelli Virgin-Lire. Le second roman de l’auteur, Défaite des maitres et possesseurs, obtient quant à lui le Prix Orange du Livre 2016. Vincent Message a également publié des articles et un essai, Romanciers pluralistes, qui a été accueilli favorablement par la critique.

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Articles en lien avec Vincent Message(12)

Avis sur cet auteur (52)

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    Couverture du livre « Cora dans la spirale » de Vincent Message aux éditions Seuil

    Regine B sur Cora dans la spirale de Vincent Message

    Le récit de Vincent Message nous entraîne dans les bureaux, ou plutôt open spaces, d’une grosse société d’assurance où souffle le vent mauvais du capitalisme avec ses terribles répercussions sur la vie des salariés.
    Dès le premier chapitre, on fait la connaissance de Cora, jeune femme pleine...
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    Le récit de Vincent Message nous entraîne dans les bureaux, ou plutôt open spaces, d’une grosse société d’assurance où souffle le vent mauvais du capitalisme avec ses terribles répercussions sur la vie des salariés.
    Dès le premier chapitre, on fait la connaissance de Cora, jeune femme pleine de désirs et d’empathie qui, après son congé maternité, reprend son travail de cadre chez Borelia, société d’assurances.
    L’entreprise vient d’être rachetée et, très vite, elle doit trouver ses marques et faire face à une charge de travail exponentielle et un management musclé et méprisant. La voilà entrée de plain-pied dans la spirale, celle qui va l’entraîner peu à peu vers le doute et la souffrance.
    L’originalité du récit réside dans le choix du narrateur (dont le lecteur ne connaitra la véritable identité que dans les dernières pages) qui remonte le fil de l’histoire à travers les témoignages, les carnets écrits par Cora, l’actualité à l’époque des faits, et qui reconstruit le destin de l’héroïne lorsqu’elle pénètre dans la spirale.
    La force du récit, c’est de mêler les phénomènes de société et le quotidien de Cora, son passé et ses aspirations. Son trajet croise aussi celui de nombreux personnages, Franck Tommaso, ce manager autoritaire qui peut devenir agressif dans ses propos, ou bien Maouloun, jeune Malien sans papiers qu’elle va tenter d’aider. Le portrait qui est fait de Pierre, le compagnon aimant qui, parfois, peine à comprendre les aspirations de Cora, est attachant.
    Il y a de nombreux retours en arrière (avec parfois quelques longueurs) dans la vie de Cora qui nous permettent de mieux connaitre le personnage. Néanmoins, la narration reste tendue jusqu’au drame qui se profile et que l’on attend avec inquiétude.
    Aussi tragique qu’il soit, ce roman est aussi celui d’un combat pour refuser toute forme d’aliénation et il est porteur d’espoir.

    De l’auteur, Vincent Messager, je n’avais rien lu jusqu’à ce jour, et son roman de plus de 450 pages se lit d’une traite
    Une lecture que je conseille vivement.

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    Couverture du livre « Cora dans la spirale » de Vincent Message aux éditions Seuil

    Mimosa sur Cora dans la spirale de Vincent Message

    Un livre passionnant malgré un début difficile:un style particulier,des phrases qui s'éternisent,une langue sophistiquée...MAIS un livre qui se mérite,une fois que la mise en place est dépassée!Et cela va crescendo,l'émotion nous étreint malgré les nombreuses...
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    Un livre passionnant malgré un début difficile:un style particulier,des phrases qui s'éternisent,une langue sophistiquée...MAIS un livre qui se mérite,une fois que la mise en place est dépassée!Et cela va crescendo,l'émotion nous étreint malgré les nombreuses digressions:migrants,catacombes,musique d'opéra ou tennis.L'auteur développe les arcanes du monde impitoyable de l'entreprise;comment ne pas penser aux"Visages écrasés"de Marin Ledun et à la magistrale Isabelle Adjani dans Carole Matthieu le film tiré du même livre.
    "Je suis un battement de cil dans l'histoire de la Terre...Et peut-être se dit-elle aussi que personne ne racontera l'histoire de ses années à elle,des expériences qui se sédimentent et finissent par former sa vie."
    C'est Matthias,journaliste,qui enquêtera sur Borélia,sur l'entourage de Cora: magnifique portrait de femme,si sensible.
    C'est sciemment que je ne vous en dis pas davantage.Ce livre exigeant vous passionnera,ne vous laissez pas dérouter par le début,et APPRECIEZ!

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    Couverture du livre « Cora dans la spirale » de Vincent Message aux éditions Seuil

    Jean-Paul Degache sur Cora dans la spirale de Vincent Message

    Extraordinaire histoire, remarquablement menée ! Mathias en est le narrateur-enquêteur. Grâce aux trente carnets dans lesquels Cora notait ce qu’elle vivait, ressentait, subissait, il retrace son histoire, s’attachant à ses pas, passant sur les lieux où elle a vécu et travaillé, rencontrant...
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    Extraordinaire histoire, remarquablement menée ! Mathias en est le narrateur-enquêteur. Grâce aux trente carnets dans lesquels Cora notait ce qu’elle vivait, ressentait, subissait, il retrace son histoire, s’attachant à ses pas, passant sur les lieux où elle a vécu et travaillé, rencontrant celles et ceux qui l’ont connue. Tout cela est fait avec précision, tact et sensibilité grâce à la plume de Vincent Message.

    De la joie, des larmes, de l’indignation, je suis passé par beaucoup d’émotions tout au long de ma lecture mais j’ai surtout apprécié le tableau social que Cora dans la spirale m’a détaillé avec tellement de justesse. Mieux, l’auteur m’a fait vivre au plus près, au cœur même de ces entreprises qui démarrent sur des bases familiales grâce à des gens innovants et audacieux, un peu fortunés souvent. Puis, toujours avec les meilleurs arguments, elles passent de main en main, se regroupent avec d’autres, s’achètent, se revendent pour atteindre une taille inhumaine, idéale pour sabrer dans les effectifs, gaver les grands dirigeants et les actionnaires pour, au final, causer des dégâts considérables dans les vies ordinaires de celles et de ceux qui ne peuvent que subir.
    Malgré tout ce contexte social, la vie de Cora n’est pas glauque et sinistre. L’auteur, par l’intermédiaire de son narrateur, nous conte de très bons moments, de beaux voyages, de magnifiques scènes d’amour avec Pierre et Delphine… Ah, Delphine ! Elle fait partie de ces fameux consultants payés fort cher pour analyser les entreprises puis proposer des économies, des restructurations, causant de terribles dégâts humains.
    Sur un tout autre thème que Défaite des maîtres et possesseurs, Vincent Message démontre une fois de plus son immense talent d’écrivain. Son roman joue sur de nombreux registres aussi bien dans la famille que dans l’entreprise, jusqu’au double choc final, terrible, même si je me doutais que cette spirale ne pouvait que conduire à la catastrophe.
    Avant les retours en arrière indispensables, l’histoire avait débuté dans le métro – les transports en commun jouent un rôle important – avec Cora Salme qui a accouché de Manon, il y a trois mois. Elle retourne au boulot, chez Borélia, une grande compagnie d’assurances dont l’historique va suivre. Nous sommes à l’automne 2010. Paris devenant de plus en plus cher, avec Pierre Estérel, son mari, ils ont acheté une maison à Montreuil, ce qu’elle vit comme un déclassement. Professionnelle fiable et compétente, elle a un poste important au marketing mais elle rêvait de devenir photographe.
    Issue de Clermont-Ferrand, cette mutuelle d’assurances devenue Borélia, a installé son siège central dans une tour de La Défense, à Paris, où Cora découvre tous les charmes de l’espace ouvert, nommé, en français, open space… Elle se confronte surtout à son supérieur hiérarchique, Franck Tommaso que Mathias a rencontré aussi.

    Il faut lire Cora dans la spirale, roman captivant, bien documenté sur tous les points qu’il aborde, même lorsqu’il parle du pays Dogon, au Mali. C’est un roman profondément ancré dans la vie que nous impose notre époque. S’il parle aussi de peinture avec Claude Monet, Vincent Message permet de rencontrer Maouloun qui a fui la guerre au nord-Mali et demande l’asile dans notre pays. Il dessine gare Saint-Lazare et joue un rôle décisif dans la spirale qui s’enroule autour de Cora.

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Cora dans la spirale » de Vincent Message aux éditions Seuil

    Henri-Charles Dahlem sur Cora dans la spirale de Vincent Message

    «Lorsque j’ai commencé à écrire cette chronique, il y a un an et demi maintenant, j’ai dit que l’histoire de Cora était une toute petite histoire parmi toutes les histoires du monde. Et puis, dans la foulée (je viens de relire ces lignes-là), qu’il n’y a pas de petite histoire, que toutes les...
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    «Lorsque j’ai commencé à écrire cette chronique, il y a un an et demi maintenant, j’ai dit que l’histoire de Cora était une toute petite histoire parmi toutes les histoires du monde. Et puis, dans la foulée (je viens de relire ces lignes-là), qu’il n’y a pas de petite histoire, que toutes les vies sont dignes d’être commémorées. Je rêve d’un monde où on se raconterait les vies humaines les unes après les autres, avec assez de lenteur, d’incertitudes et de répétitions pour qu’elles acquièrent la force des mythes.» À travers le portrait de Cora, Vincent Message dessine aussi la complexité de la vie d’une femme d’aujourd’hui et détaille notre société. Brillant!

    En suivant les méandres de ses personnages – et en particulier le parcours de Cora – il s’approche de cette ambition. Au fil des pages, d’une densité peu commune, on voit Cora de plus en plus nettement, comme si des jumelles que l’on règle jusqu’à voir une image parfaite. Côté famille, rien de particulier à signaler, si ce n’est l’usure du couple et la lassitude croissante, après la naissance de Manon, à trouver du temps pour elle et pour Pierre, son mari. Cora est davantage dans la gestion du stress, essayant de mener de front sa carrière chez Borélia, sa vie de famille et ses loisirs, la photographie et l’opéra. À l’image du monde dans lequel elle évolue, elle est constamment en mouvement, alors qu’elle aimerait avoir du temps pour réfléchir, pour comprendre. Par exemple comment la société d’assurances qui l’emploie, fondée par Georges Bories en 1947 sous le statut d’une mutuelle appelée Les Prévoyants et qu’il dirigera durant 32 ans avant de laisser les rênes à son fils Pascal, est aujourd’hui contrainte de restructurer. Pourquoi la gestion par croissance interne et le rachat au fil des ans de quelques petites mutuelles n’est aujourd’hui plus suffisante. Pourquoi, après le rachat de Castel, dont la culture d’entreprise est différente, il va falloir lancer le programme Optimo avec l’aide d’un cabinet-conseil et élaguer sévèrement les effectifs.
    Vincent Message a construit son roman avec virtuosité, convoquant un journaliste qui aimerait raconter la «vraie histoire» de Borélia afin de nous livrer un regard extérieur sur ce qui se trame et laissant ici et là des indices sur cet épisode dramatique que l’on découvrira en fin de lecture. D’ici là, le romancier nous aura entrainé sur bien des sentiers et nous aura offert quelques digressions propres à enrichir le récit – un séminaire en Afrique, une femme qui se jette sur les voies à la station Oberkampf, un rendez-vous manqué à l’opéra, une escapade à Fécamp, une autre dans les sous-sols de la capitale – sans que jamais la fluidité de la lecture en soit affectée. Les liaisons sont logiques, la phrase suit allègrement son cours tout en enrichissant constamment le récit, en complexifiant le portrait de Cora. Quand elle cède aux avances d’un chef de service sans vraiment le vouloir, puis quand elle se retrouve dans les bras de Delphine Cazères – engagée pour mettre en œuvre le plan Optimo – et découvre l’amour entre femmes. Sans oublier son engagement pour régulariser la situation de Maouloun, le réfugié de Tombouctou qui est venu à son secours après une chute à la Gare saint-Lazare.
    Oui, Cora Salme, née le 18 mai 1981, dans le XVe arrondissement de Paris est une femme d’aujourd’hui, confrontée à une société de la performance, à des enjeux qui la dépassent, à un avenir qui – contrairement à celui de ses parents – est pour le moins anxyogène. Et s’il fallait lire ce roman comme un constat. Celui qu’il est désormais envisageable que l’homme, à coups de «progrès», ne finisse par se détruire. Comme l’aurait dit Romain Gary, au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable.
    https://urlz.fr/b2JU