Serge Joncour

Serge Joncour

Serge Joncour est un écrivain français né à Paris le 28 novembre 1961. Après avoir exercé différents métiers, comme maître-nageur et publicitaire, il publie son premier livre, intitulé Vu, en 1998. S’articulant autour d’un crash d’avion en pleine campagne, ce premier roman est récompensé par le p...

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Serge Joncour est un écrivain français né à Paris le 28 novembre 1961. Après avoir exercé différents métiers, comme maître-nageur et publicitaire, il publie son premier livre, intitulé Vu, en 1998. S’articulant autour d’un crash d’avion en pleine campagne, ce premier roman est récompensé par le prix Jean-Freustié. Tout en poursuivant l’écriture de ses romans, Serge Joncour écrit également le scénario du film Elle s’appelait Sarah, tiré de l’œuvre éponyme de Tatiana de Rosnay. Il fait aussi partie des écrivains qui interviennent dans l’émission de radio Des Papous dans la tête sur France Culture.

Parmi les différents livres de Serge Joncour, deux ont été adaptés au cinéma : U.V., en 2007, et L’Idole, couronné par le prix de l’Humour noir et adapté en 2012 sous le titre Superstar. Serge Joncour est lauréat de plusieurs prix, notamment le prix Interallié pour Repose-toi sur moi, paru en 2016. Il est Chevalier de la Légion d’honneur depuis le 14 avril 2017.

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Avis (125)

  • Couverture du livre « Chien-loup » de Serge Joncour aux éditions Flammarion

    Jean-Paul Degache sur Chien-loup de Serge Joncour

    Retrouver Serge Joncour, grâce à Pauline que je remercie, c'est toujours un grand plaisir car cet écrivain emmène son lecteur dans des lieux qu’il connaît ; il conte une histoire captivante de bout en bout tout en cernant bien la psychologie de ses personnages : voir L’amour sans le faire,...
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    Retrouver Serge Joncour, grâce à Pauline que je remercie, c'est toujours un grand plaisir car cet écrivain emmène son lecteur dans des lieux qu’il connaît ; il conte une histoire captivante de bout en bout tout en cernant bien la psychologie de ses personnages : voir L’amour sans le faire, L’écrivain national et, Repose-toi sur moi, les trois romans que j’ai lus avant Chien-Loup.

    Ici, il mène en parallèle deux époques séparées par un bon siècle : 1914 et 2017. C’est habilement construit, bien articulé et toujours très instructif comme cette constatation à la veille de la Première guerre mondiale : « Même là, au plus profond de la campagne la plus reculée, on voyait bien que le monde était soumis à l’inconséquence d’une poignée de régnants, tous cousins qui plus est, plus ou moins de la même famille. »
    Ce « là » dont il parle, est le village d’Orcières, perdu aux confins du Massif Central, dans le Lot. Il est surplombé par une colline pas facile d’accès sur laquelle trône une maison dont l’histoire est agitée. C’est justement cette maison isolée que Lise trouve sur internet, en 2017 : un gîte où passer trois semaines, au soleil, en pleine nature, et dans une zone épargnée par les ondes. Franck, son compagnon, producteur de films, n’est pas d’accord mais il accepte et loue un 4 x 4 pour se rendre là-bas.
    3 août 1914 : la guerre est déclarée. Les hommes partent mais aussi des millions d’animaux, des centaines de milliers de chevaux sont réquisitionnés plus des bœufs, des chiens, des moutons, des mules, des pigeons, des ânes, des chèvres, etc… Contrairement à ce qu’on a prétendu, les hommes sont partis tête basse, dans les larmes car les femmes allaient devoir moissonner sans eux.
    Serge Joncour, tout en conservant l’intérêt de son récit, réussit à rappeler ce que fut la vie de toute une population frappée par la guerre, particulièrement à la campagne, rendant un hommage émouvant aux femmes : « Chaque bataille, chaque journée de combats abolissait des couples, les robes noires n’en finissaient pas d’éclore chaque jour elles fleurissaient par milliers. ».
    Il a pensé aussi aux cirques qui sillonnaient le pays avec des animaux sauvages en captivité et qui se sont trouvés immobilisés. Il fallait nourrir les bêtes ou les voir confisquées pour l’effort de guerre. Justement, à Orcières, un dompteur allemand, Wolfgang Hollzenmaier demande au maire un coin tranquille où se réfugier avec lions et tigres. Je vous laisse le plaisir de découvrir l’endroit.
    Sur place, en août 2017, Lise connaît le bonheur absolu mais c’est Franck qui joue le premier rôle avec un chien-loup qui fait même oublier à Franck que ça ne capte pas ! « Franck passa la main sur le dos de cette bête puissante, comme pour en prendre la mesure, ou l’amadouer, c’était un genre de chien-loup, son poil était long, à la fois rêche et doux, plein de vigueur, il affichait l’attitude altière, la souveraine indifférence de ceux qui se savent domestiqués par rien. »

    Une fois le décor planté, je me suis laissé entraîner jusqu’au bout d’une double histoire pleine de surprises, d’enseignements et d’amour – Lise et Franck mais aussi Joséphine et … - en immersion complète dans une nature foisonnante et sauvage, un régal !

  • Couverture du livre « Chien-loup » de Serge Joncour aux éditions Flammarion

    coquinnette1974 sur Chien-loup de Serge Joncour

    J'ai emprunté Chien-Loup de Serge Joncour à la bibliothèque et je l'ai dévoré :)
    L'auteur nous emmène dans le Lot dans le village d'Orcières, au fin fond des collines escarpées du causse. Nous découvrons le village en 1914-1915 mais aussi de nos jours, en 2017.
    Pendant la guerre 1914-1918, un...
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    J'ai emprunté Chien-Loup de Serge Joncour à la bibliothèque et je l'ai dévoré :)
    L'auteur nous emmène dans le Lot dans le village d'Orcières, au fin fond des collines escarpées du causse. Nous découvrons le village en 1914-1915 mais aussi de nos jours, en 2017.
    Pendant la guerre 1914-1918, un allemand (dresseur de fauves) s'installe en haut du village avec ses animaux : lions, tigres, huit bêtes en tout. Nous suivons le village pendant cette période, avec les fauves en fond sonore.
    En parallèle nous découvrons aussi l'histoire d'un couple, de nos jours. Lise a décidée de se déconnecter de tout pendant trois semaines, elle est persuadée que les ondes sont mauvaises pour elle et éprouve le besoin de se reposer loin du monde moderne. Son mari Franck l'accompagne mais à contrecœur. Producteur, il a du mal à imaginer se déconnecter de son portable. Le couple a loué une petite maison en haut du village d'Orcières. Ils sont isolés de tout.. Lise comprend que cet isolement qui lui convient temps peut devenir bien plus compliqué pour son mari. Va t'il craquer et rentrer rapidement sur Paris ? La rencontre avec un mystérieux chien aidera t'il Franck à se sentir à sa place loin de la civilisation moderne ?
    Chien-Loup est un excellent roman dont j'ai beaucoup apprécié l'histoire, les personnages, et surtout la façon d'écrire de l'auteur. Même si nous naviguons entre deux époques, à aucun moment je n'ai été perdue. C'est fluide, ça se lit avec plaisir et j'ai eu du mal à lâcher ce roman pour aller travailler !
    Nous avons là un très bon roman de la rentrée littéraire 2018, et je mets avec plaisir cinq étoiles.

  • Couverture du livre « Chien-loup » de Serge Joncour aux éditions Flammarion

    Nicole Grundlinger sur Chien-loup de Serge Joncour

    Il y a énormément de choses dans ce roman et il faut accepter d'accorder son esprit au rythme volontairement lent de la narration, parfois répétitif même. Comme si l'auteur demandait au lecteur le même effort qu'à Franck, son personnage soudain déconnecté de "la civilisation" et obligé de se...
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    Il y a énormément de choses dans ce roman et il faut accepter d'accorder son esprit au rythme volontairement lent de la narration, parfois répétitif même. Comme si l'auteur demandait au lecteur le même effort qu'à Franck, son personnage soudain déconnecté de "la civilisation" et obligé de se réadapter au cycle naturel du temps. Et c'est ainsi, en cheminant tranquillement que l'on parvient à être littéralement projeté dans l'histoire.

    Une histoire double ou plutôt duale, tissée de deux fils que l'auteur déroule d'abord en parallèle avant de les entremêler. Deux moments, à cent ans d'intervalle et un même lieu. Un village du Lot et une demeure très isolée, au sommet d'une colline, entourée de forêts. C'est cet isolement qui a plu à Lise, idéal pour satisfaire son envie de déconnexion et de retour à la nature. Pas de voisins. Vivre au rythme du soleil. Peindre, rêver. De quoi donner des sueurs froides à Franck lorsqu'il s'aperçoit qu'aucun réseau ne passe. Lui, producteur de cinéma toujours à l'affût se sent soudain en danger, vulnérable. D'autant qu'il se méfie de ses deux jeunes associés aux dents qui rayent le parquet. Et puis, les gens du village ne cessent de leur répéter que le coin regorge de bêtes sauvages... Même des lions ont vécu ici parait-il. Non, ce n'est pas une blague. En 1914, alors que la première guerre mondiale débutait, un dompteur d'un cirque voisin, allemand répondant au doux prénom de Wolfgang est venu se cacher au sommet de la colline avec ses lions et ses tigres. Sous le regard méfiant des habitants, propice à alimenter toutes les légendes.

    Ce sont donc ces deux histoires que Serge Joncour déroule en parallèle et en alternance par des courts chapitres qui semblent se répondre. Ce qu'il explore avec habileté, c'est la notion de sauvagerie, qui n'est pas moins présente chez l'homme que chez l'animal. On apprend à la réfréner, en principe, mais elle peut s'avérer très utile dans certains cas. C'est ce que va peu à peu découvrir Franck dont le cheminement est assez fascinant, une évolution qui commence par la rencontre avec un chien-loup qui deviendra son compagnon d'équipée et qu'il décide de nommer Alpha. En se réappropriant ses instincts dits primaires, en se reconnectant avec d'autres êtres vivants non corrompus par la civilisation, Franck réapprend la prédation, la sauvagerie qui préside à la survie. Une sauvagerie que Wolfgang avant lui avait dû mettre en pratique à la place de ses fauves auxquels il devait se substituer pour les nourrir, eux qu'il ne pouvait se permettre de laisser chasser en liberté.

    "Nourrir des fauves convoque la barbarie. Pour que ses lions vivent, il devait tuer. Chaque jour il s'adonnait à la cruauté la plus totale, sans s'en défendre ni le revendiquer. Toutefois, cette barbarie elle venait d'eux, c'étaient leurs gueules avides qui le contraignaient au crime. "Tuer pour vivre", l'imparable commandement qui règle le règne des animaux sauvages, c'était à Wolfgang qu'il revenait sans fin de l'honorer, devenant encore plus animal qu'eux, encore plus sauvage".

    Il y a quelque chose d'assez jouissif à observer la mue de Franck, sous les yeux d'une Lise qui semble toujours dans son élément, en phase avec la nature comme elle l'est avec elle-même. Il y a des scènes captivantes, comme celle qui voit Franck, converti depuis longtemps par Lise au véganisme, soudain éprouver le besoin de mordre dans une viande sanguinolente pour renouer avec cette sauvagerie qu'il réapprend à convoquer... et faire face aux jeunes loups qui seraient prêts à abandonner sa carcasse sur les chemins encombrés du business et de l'argent.

    L'homme est un animal dont des années de civilisation et d'intelligence ont poli les instincts primaires. Qui subsistent donc. Qui apparaissent d'ailleurs chaque jour sous des allures policées, des instincts pervertis car détournés de leur sens premier qu'est la survie de l'espèce. Reste à trouver le subtil équilibre entre tous les éléments qui le constituent et lui permettent de vivre dans les nouvelles jungles modernes.

    Une démonstration habile, un roman qui se dévore avec un bel appétit et qui donne beaucoup à réfléchir sur la relation de l'homme avec son environnement.

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  • Autour d'un verre avec Serge Joncour à propos de son roman L'écrivain national

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