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Chien-loup

Couverture du livre « Chien-loup » de Serge Joncour aux éditions Flammarion
  • Date de parution :
  • Editeur : Flammarion
  • EAN : 9782081421110
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

L'idée de passer tout l'été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecoeur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L'annonce parlait d'un gîte perdu au milieu des... Voir plus

L'idée de passer tout l'été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecoeur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L'annonce parlait d'un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cet endroit que personne n'habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s'est imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître. En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu'on avait apprivoisée aussi bien qu'un animal de compagnie, n'avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s'entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c'était en arrivant.
Serge Joncour raconte l'histoire, à un siècle de distance, d'un village du Lot, et c'est tout un passé peuplé de bêtes et anéanti par la guerre qu'il déterre, comme pour mieux éclairer notre monde contemporain. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confronté à la violence, il nous montre que la sauvagerie est toujours prête à surgir au coeur de nos existences civilisées, comme un chien-loup.

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Articles (3)

Avis (40)

  • Été 1914.
    Un petit village du Lot, Orcières. Déclaration de guerre, les hommes partent au combat. Il ne reste au village que les femmes, les enfants et les vieux. Les chevaux, ânes et bœufs ont été réquisitionnés. Il va falloir travailler dur au champ. Un dompteur et ses fauves demande...
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    Été 1914.
    Un petit village du Lot, Orcières. Déclaration de guerre, les hommes partent au combat. Il ne reste au village que les femmes, les enfants et les vieux. Les chevaux, ânes et bœufs ont été réquisitionnés. Il va falloir travailler dur au champ. Un dompteur et ses fauves demande l'asile afin de protéger ses bêtes.
    Printemps 2017.
    Lise comédienne et Franck producteur décident de louer un gîte au cœur de la campagne près d'Orcières pour se déconnecter. Franck traîne au peu les pieds lui qui est accro à son portable. Là-bas pas de réseau.
    On plonge dans la campagne profonde, sauvage et luxuriante. Un décor de verdure inexploré , vierge et tellement bien décrit.
    A chaque chapitre nous basculons du passé au présent Les deux récits vont s'entremêler.
    Une histoire extraordinaire, dépaysante, une sorte de conte magnifique avec des lions, tigres, loups, brebis et un chien-loup.
    On tourne les pages avec avidité, vite la suite !
    Un grand et merveilleux roman.

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  • Chien-loup de @sergejoncour nous fait réfléchir sur la violence engendrée par notre système sociétal sur un siècle.
    On s’attend à une véritable boucherie à chaque nouveau chapitre du livre...
    Le voyage aux fins fonds d’une nature sauvage nous dépayse et nous renvoie à nos peurs primaires des...
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    Chien-loup de @sergejoncour nous fait réfléchir sur la violence engendrée par notre système sociétal sur un siècle.
    On s’attend à une véritable boucherie à chaque nouveau chapitre du livre...
    Le voyage aux fins fonds d’une nature sauvage nous dépayse et nous renvoie à nos peurs primaires des animaux. Mais est-ce des animaux qu’il faut se méfier le plus ?

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  • Bonjour," chaque nuit la terre redevient le monde des bêtes sauvages". Nous sommes à Orcières , petit village des Hautes Alpes , surnommé "Tanière de l'ours".
    En 1914, les nuits des villageois sont agitées depuis quelques temps, est-ce que les bêtes pressentent la fin du monde? Est-ce que ces...
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    Bonjour," chaque nuit la terre redevient le monde des bêtes sauvages". Nous sommes à Orcières , petit village des Hautes Alpes , surnommé "Tanière de l'ours".
    En 1914, les nuits des villageois sont agitées depuis quelques temps, est-ce que les bêtes pressentent la fin du monde? Est-ce que ces chiens qui aboient savent ce que les villageois ne savent pas encore? : "des aboiements heurtés et déchirants ...jamais des chiens n'avaient geints aussi fort, pas même des chiens évadés de l'enfer..."
    1914 , les hommes partent à la guerre et le Maire d'Orcières voit arriver un Allemand , mais pas n'importe quel Allemand , un dompteur avec ses lions et ses tigres;il vient simplement demander Asile pour protéger ses bêtes de la guerre.
    2017 Franck et Lise ont pris des vacances . C'est Lise qui a choisi cette maison isolée qui surplombe les vallées d'Orcières,une forêt plus bas les cerne et à perte de vue cette nature splendide et la solitude . Franck déteste déjà, producteur de cinéma à la dérive , à demi paranoïaque, il s'imagine là, coincé: "ils attaquèrent la troisième colline,le chemin avait disparu sous des herbes coriaces qui recouvraient tout.".
    Tout s'enchaîne alors avec ce lien qui s'est crée entre 1914 et 2017 :"Partout les corps étaient malmenés (1914)"et en 2017,Franck est cet homme dont le coeur et le corps sont toujours tendus vers le pire ,"chez lui l'anxiété prenait souvent la forme de délires paranoïaques qu'il colmatait à coups de cachets sécables "
    De rebondissement de 1914 à 2017, Serge JONCOUR nous conduit dans le dédale d'histoires qui s'entrecroisent, s'emmêlent et le frisson est là, le suspens nous tend vers la suite, toujours vouloir en savoir plus. Le dénouement m'a pourtant laissée sur ma faim. Belles lectures à tous

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  • Dans une zone blanche au fin fond du lot,Serge Joncour nous conte en parallèle la vie d'un couple qui bascule et , 100 ans auparavant, lors de la première guerre mondiale, où c'est le monde qui a basculé dans la folie.

    Dans une zone blanche au fin fond du lot,Serge Joncour nous conte en parallèle la vie d'un couple qui bascule et , 100 ans auparavant, lors de la première guerre mondiale, où c'est le monde qui a basculé dans la folie.

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  • Avis issu de : https://hanaebookreviews.wordpress.com/2018/10/25/chien-loup-serge-joncour/

    Bercée par le vent des Cyclades, enivrée par l’air iodé méditerranéen et réchauffée par un soleil d’été dont les tons jaunes, blonds, ambrés puis cuivrés se déclinaient à tour de rôle, dès lors que...
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    Avis issu de : https://hanaebookreviews.wordpress.com/2018/10/25/chien-loup-serge-joncour/

    Bercée par le vent des Cyclades, enivrée par l’air iodé méditerranéen et réchauffée par un soleil d’été dont les tons jaunes, blonds, ambrés puis cuivrés se déclinaient à tour de rôle, dès lors que j’ouvrais Chien-Loup, l’étincelante palette de Mykonos disparaissait et l’écriture envoûtante de Serge Joncour me transportait au fin fond du Lot.

    Le village d’Orcières, ses habitants, son marché, sa faune, sa flore, ses espaces isolés investis par une nature sauvage et mystérieuse, ses légendes, ses superstitions pénètrent le lecteur avec force. Leur présence est si puissante que les odeurs, les matières, les températures et les bruits traversent les pages et enveloppent notre monde.

    Comme l’indique le titre du roman, Serge Joncour jongle entre deux mondes (l’état sauvage dépourvu de toutes technologies et la civilisation du tout connecté), deux époques (1914 – 2017), deux caractères (la part animale de l’homme bridée par celle, éduquée, que façonne la société).

    Année 2017, Lise, actrice dont la carrière s’essouffle et Franck, producteur de cinéma hyperactif et accro à son travail, partent trois semaines dans le Lot. Ils investissent une maison sur le Mont d’Orcières dont l’isolement total et l’absence de réseau les obligent à côtoyer une beauté sauvage et mystérieuse.
    Si Lise cherche cet abandon total à une nature indomptable, l’angoisse de Franck met un temps à s’estomper. La liberté le gagne à mesure qu’il décide de ne plus tenter d’apprivoiser et de contrôler son monde et c’est sa rencontre avec un chien-loup, mi-sauvage, mi-apprivoisé, qui constitue le point charnière de sa métamorphose. L’intuition l’anime peu à peu et une succession d’évènements lui suggère que la maison cache un secret.

    1914 au même endroit, la guerre éclate. La peur s’immisce, les hommes sont mobilisés au front, les animaux sont réquisitionnés pour l’effort de guerre et les femmes, en plus d’assumer leur rôle de mère et de s’occuper des vieillards, tiennent l’économie du pays et remplacent les hommes au travail de la terre. Le Mont d’Orcières abrite un dompteur allemand venu y cacher ses fauves et une passion amoureuse indomptable et tragique s’y déroule.

    Chien-loup se réfère aussi bien à l’animal réel, baptisé Alpha par Franck, qu’à la dualité entre la domesticité développée par une société policée et la part primaire en chaque être vivant. La présence du dompteur suffit à égrainer l’apparence civilisée du village et à réveiller l’instinct animal de ses habitants. La censure les maintient dans un flou permanent et angoissant qui attise leurs angoisses et ravive leurs superstitions. Les fauves incarnent alors un danger tangible qui excite leurs fantasmes et l’amour dans cet environnement divisé et malveillant sera court et dramatique.

    Si notre siècle a depuis évolué vers l’ère du tout connecté, nul rempart technologique ne constitue une cuirasse assez forte pour lutter contre la part animale de l’homme et sa volonté de dominer. Le digital nous fragilise et, malgré une connectivité prolifère, l’individualisme remplace la vie en communauté. Franck lutte contre deux prédateurs et nouveaux associés issus de l’industrie du jeu vidéo. Ces derniers veulent céder son catalogue de films aux géants américains comme Netflix ou Amazon qui s’attaquent à la proie affaiblie qu’est devenue l’industrie du cinéma. D’abord dépassé et fatigué, sa reconnexion avec une nature fauve et jamais maitrisée lui insuffle un regain d’énergie. Instinct de conservation et réflexes de défense stimulent son esprit reptilien et germe en lui une part de violence nécessaire à toutes attaques.

    Quelle place occupe la part animale de l’Homme ? Comment les hommes et les animaux cohabitent-ils dans la nature ? Les rapports dominants/dominés ou prédateurs/proies régissent-ils notre monde ? La fidélité existe-t-elle entre un maître et son chien ? La nourriture est-elle un levier à l’obéissance ou au dévouement ?
    Autant de questions que soulève ce roman dont l’écriture et l’histoire m’ont touchée en plein cœur.

    « Couderc, le maître avait suffisamment voyagé dans les livres pour ne pas accorder trop de crédit aux croyances, et si l’on dit des voyages qu’ils forment la jeunesse, les lectures font bien plus, elles apprennent à envisager le monde depuis mille points de vue dispersés. Et s’il comprenait la peur que suscitaient ces fauves là-haut, il s’évertuait à colmater les croyances et les superstitions. Couderc le maître on l’avait toujours écouté, cependant depuis qu’il ne savait pas dire si cette guerre finirait bientôt ou si elle durerait, on se rendait compte que toute sa science n’avait aucun pouvoir sur les choses. Alors autant se fier aux intuitions, ces évidences soufflées de bien plus haut que les hommes.

    Ce mont était damné longtemps avant que le dompteur s’y installe, mais justement, si ce faux Noé était venu vivre là, ce n’était pas par hasard, c’était bien la preuve qu’il était damné lu aussi. Et le fait est que depuis que l’Allemand habitait là-haut, tout se détériorait. Tout manquait, la nourriture, les bêtes, et surtout les voix de ses hommes absents. Depuis que l’Allemand était là, la fatigue ajoutait aux privations, tout s’envenimait. Et même s’il aurait été injuste de l’en tenir pour responsable, il fallait un coupable. Dès lors que les maux s’additionnent et qu’on ne peut rien contre eux, il faut un bouc émissaire pour expier cette impuissance. Pour de vrai on en voulait au dompteur de projeter cette ombre jusqu’à midi, cette ombre qui les punissaient pire qu’une damnation. Et si on levait le poing ce n’était pas vraiment vers le ciel, mais vers ce sale sommet pour maudire le Boche. Qu’il ait choisi cet endroit, ça disait bien qu’il était le relais de la malédiction lancée de l’Est, et toute guerre étant un brasier, ce Boche et ses lions en étaient un retour de flammes, lui et ses fauves n’étaient pas venus là par hasard, mais pour propager l’enfer. »

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  • Ravie de retrouver l’univers rural si bien décrit dans « l’écrivain national », et de découvrir un endroit toujours plus sauvage, dans le département du Lot. L’histoire sera-t-elle aussi accrocheuse ?

    En juillet 2014, Franck et Lise, parisiens à l’année, lui producteur, et elle comédienne en...
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    Ravie de retrouver l’univers rural si bien décrit dans « l’écrivain national », et de découvrir un endroit toujours plus sauvage, dans le département du Lot. L’histoire sera-t-elle aussi accrocheuse ?

    En juillet 2014, Franck et Lise, parisiens à l’année, lui producteur, et elle comédienne en pause, arrivent au volant de leur lourd 4 x 4 dans un endroit difficilement accessible, coupé de tout, de tout humain, de tout commerce, de toute tentation et… de tout réseau. Lise en rêvait, Franck affiche un grand scepticisme et doute de ses capacités à passer plusieurs jours à Orcières. Il ne s’interdit pas une porte de sortie en décidant de rentrer à Paris discuter avec ses deux récents jeunes associés qui pourraient bien profiter de son absence pour confier son catalogue de réalisations à Netflix ?

    Un siècle plus tôt, en août 1914, cette région a été vidée de ses hommes appelés au combat. Seuls, les femmes, le maire et l’instituteur, les plus vieux ou les moins valides demeurent encore au bas d’Orcières. La fête a cessé, le cirque et son dompteur se sont réfugiés dans les hauteurs. Wolfgang est Allemand. « Qu’il ait choisi cet endroit, ça disait bien qu’il était le relais de la malédiction lancée de l’Est, et toute guerre étant un brasier, ce Boche et ses lions en étaient un retour de flammes, lui et ses fauves n’étaient pas venus là par hasard, mais pour propager l’enfer ». Tel est le langage des gens du village.

    Serge Joncour construit deux histoires, en juxtaposant deux périodes, avec chacune sa population, sa vie sociale au gré des événements, des temps de paix et de guerre. Il pose son objectif sur la nature et les hommes. Cette alternance permet d’établir des comparaisons, de constater les changements ou bien les intemporalités, naturels ou technologiques. Il décrit aussi une autre nature, celle des comportements humain et animal.

    Serge Joncour inspiré de Thomas Hobbes ? Chien-Loup et Le Léviathan ? Serge Joncour et Jack London ? Chien-Loup et l’appel de la forêt ? Que ces hommes inspirent toujours les écrivains est une chance pour nous lecteurs. Que ces réflexions aboutissent encore aux mêmes constats est un peu moins réjouissant. Dans notre société de l’ultra (performance, rapidité, consommation…) Hobbes a encore raison « L’homme est un loup pour l’homme ».

    Si ma lecture s’est principalement attachée à ce sujet, j’ai également aimé le regard de l’écrivain sur le rôle des femmes à cette période, et une nouvelle fois dans ce roman, l’ambiance de pesanteur exprimée par l’écrivain dans cette nature à la fois apaisante, sournoise et hostile.

    Je pense cependant que quelques pages en moins n’auraient pas nui à la compréhension et à la fluidité de l’histoire.

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  • Dans les causses du Lot, s’élève la colline d’Orcières.
    Lise et Frank louent pour l’été une maison au sommet de cette colline. Maison complètement isolée, à l’accès très difficile, sans réseau téléphonique, sans connexion internet.
    Si c’est dur pour Frank, producteur de cinéma, pour Lise , ce...
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    Dans les causses du Lot, s’élève la colline d’Orcières.
    Lise et Frank louent pour l’été une maison au sommet de cette colline. Maison complètement isolée, à l’accès très difficile, sans réseau téléphonique, sans connexion internet.
    Si c’est dur pour Frank, producteur de cinéma, pour Lise , ce retour aux sources est un véritable enchantement.
    L’auteur nous raconte cet été improbable en 2017, mais aussi l’histoire de cette maison en 1914.
    Les chapitres alternent d’une époque à l’autre.
    Si ça peut paraître un peu dérangeant, d’autant qu’ils sont courts, c’est finalement un bien, ça évite la monotonie.
    D’autant que, même si l’histoire est intéressante, bien imaginée, j’ai trouvé que ça se répétait pas mal.
    Beaucoup de redites.
    Sauvagerie, nature, animaux…… on imagine bien cette maison seule au milieu d’éléments inquiétants.
    Le parallèle entre les deux époques interpelle sur la violence et la sauvagerie, qu’on soit en temps de guerre ou en temps de paix.

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  • Pour être tout à fait honnête voici un livre qui ne m'attirait pas du tout. S'il n'y avait pas eu le prix du réseau des bibliothèques de ma commune (je fais partie du comité de lecture) je crois que jamais il ne serait passé entre mes mains..... Quel dommage et comme quoi il faut parfois laisser...
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    Pour être tout à fait honnête voici un livre qui ne m'attirait pas du tout. S'il n'y avait pas eu le prix du réseau des bibliothèques de ma commune (je fais partie du comité de lecture) je crois que jamais il ne serait passé entre mes mains..... Quel dommage et comme quoi il faut parfois laisser faire le hasard et avoir une très belle surprise.

    Dès les premières pages je me suis laissée porter par l'écriture de Serge Joncour : on entre à la fois vite et lentement dans l'histoire. Eté 2015, un couple d'une cinquantaine d'années, sans enfant, part près d'Orcières, petit village du Lot, pour occuper un gîte perdu dans la nature. Et quand je dis perdu, c'est perdu : à peine un chemin pour y accéder et encore en 4 X 4, pas de réseau, ni téléphone etc..... Pour Franck, producteur de films c'est un désastre, pour Lise un vrai bonheur. Comédienne par le passé, elle veut se donner à sa passion la peinture mais aussi retrouver une vie simple, calme, retrouver de vraies valeurs.

    "Il y a parfois des lieux qui nous mettent mal à l'aise dès qu'on y met les pieds, et d'autres qui nous accueillent, qui vous adoptent, comme s'ils vous attendaient. (p73)"

    Ce séjour va se révéler riche en découvertes de toutes sortes : sur eux-mêmes en particulier pour Franck mais aussi sur leur environnement car cette maison a un passé, une histoire et l'on suit parallèlement leur histoire à eux mais aussi celle d'un précédent occupant Wolfgand Hollzenmaier, dompteur de fauves qui y vécut avec 8 fauves pendant la première guerre mondiale.

    Un siècle entre les deux narrations mais beaucoup de points communs : le dompteur vient lui aussi chercher refuge dans cette maison isolée afin de protéger ses animaux (et lui-même) des affres de la guerre. Il va peu à peu se fondre dans le décor, vivre en communion avec la nature et ce qu'elle peut offrir, parfois s'attirer la vindicte du village et faire une rencontre inattendue et décisive.

    Même si c'est Lise qui est la narratrice au tout début du récit, très vite Franck prend la parole. Il souffre de cet isolement, ne supporte pas d'être coupé du monde à un moment décisif dans sa carrière et va trouver mille stratagèmes pour avoir le sentiment de revenir à sa vie. Sa rencontre avec un étrange chien va le pousser à changer.....

    "L'homme c'est cette créature de Dieu qui corrompt et dilapide, qui se fait un devoir de tout salir et d'abîmer. Sans qu'il soit question de malveillance ou de jalousie, de frustration ou de colère, par sa seule présence un homme peut tout détruire. (p436)"

    Mais en chaque humain sommeille une bête et il suffit que celui-ci soit poussé dans ses retranchements pour que celle-ci se réveille.

    Serge Joncour parvient avec ce roman à évoquer différents thèmes et en premier lieu la nature humaine qui peut avoir différents visages suivant son environnement que ce soit de nos jours mais aussi par le passé. Les deux périodes baignent dans une ambiance où l'on sent que les personnalités évoluent que ce soient pour le couple mais aussi pour Joséphine en 1915, femme du médecin du village, dont l'existence va prendre un nouveau départ.

    Comme la nature qui envahit tout, de tout temps, depuis quelques années la technologie envahit nos vies quotidiennes. A la manière de nombreux écrivains américains, l'auteur utilise la nature pour parler de l'âme humaine, de ses comportements en zone inconnue mais aussi de l'emprise de celle-ci sur son esprit. Mais à la différence des américains, Serge Joncour joue plus sur l'ambiance que sur les actes. Une ambiance parfois lourde, oppressante parfois comme la nature qui entoure le gîte, comme un étau qui se referme sur celui-ci ainsi que sur ses occupants.

    C'est un récit qui évoque également la transformation d'un homme, civilisé, de son retour à ce qu'il peut être intrinsèquement, quand sa vraie nature reprend le dessus et qu'au milieu de la nature sauvage il retrouve ses instincts.

    L'auteur a su créer autour de ses personnages dans les deux époques une certaine tension, car le lieu est chargé de zones d'ombres, de bruits, d'yeux qui observent et notre esprit échafaude milles pistes. Et c'est ce que je trouve justement remarquable dans la narration c'est cette montée en puissance sans avoir besoin d'utiliser des "ressorts" exceptionnels.

    Quelle maîtrise, quelle écriture et malgré quelques longueurs et répétitions de faits qui m'ont parfois surprise, j'ai pris un réel plaisir à découvrir cette histoire où nature, faune et êtres humains se mêlent pour porter un regard sur nous, notre époque mais aussi le rapport que nous avons les uns envers les autres et comment tout peu parfois basculer.

    "Le mal était en tout. Où qu'on aille, même là, même au plus loin dans la nature, au plus loin des hommes, elle était rattrapée par la malveillance et les pactes obscurs. (p421)"

    Encore une découverte d'auteur, mon premier Serge Joncour et j'ai hâte de le découvrir dans d'autres romans car c'est tout à fait le genre de littérature qui, tout en vous faisant passer un excellent moment, vous amène à réfléchir, à imaginer et à voyager. J'ai aimé son écriture limpide et claire, un auteur très imprégné de la nature mêlant habilement humanité et environnement, les deux intiment liés.

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