Chien-loup

Couverture du livre « Chien-loup » de Serge Joncour aux éditions Flammarion
  • Date de parution :
  • Editeur : Flammarion
  • EAN : 9782081421110
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

L'idée de passer tout l'été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecoeur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L'annonce parlait d'un gîte perdu au milieu des... Voir plus

L'idée de passer tout l'été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecoeur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L'annonce parlait d'un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cet endroit que personne n'habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s'est imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître. En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu'on avait apprivoisée aussi bien qu'un animal de compagnie, n'avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s'entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c'était en arrivant.
Serge Joncour raconte l'histoire, à un siècle de distance, d'un village du Lot, et c'est tout un passé peuplé de bêtes et anéanti par la guerre qu'il déterre, comme pour mieux éclairer notre monde contemporain. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confronté à la violence, il nous montre que la sauvagerie est toujours prête à surgir au coeur de nos existences civilisées, comme un chien-loup.

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  • J'aime beaucoup cette ambiance de bout du monde, de bout du temps.

    J'aime beaucoup cette ambiance de bout du monde, de bout du temps.

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  • Excellent ouvrage. Toujours superbement écrits les livres de M.Joncourt. J'ai beaucoup aimé cette situation :deux urbains qui se retrouvent confrontés à la nature.Leur détachement progressif des leurres de la ville et la superficialité de leurs vies d'avant. À ne pas prendre systématiquement au...
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    Excellent ouvrage. Toujours superbement écrits les livres de M.Joncourt. J'ai beaucoup aimé cette situation :deux urbains qui se retrouvent confrontés à la nature.Leur détachement progressif des leurres de la ville et la superficialité de leurs vies d'avant. À ne pas prendre systématiquement au premier degré. Bonne lecture à vous.

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  • Chronique Nathalie Bullat 10 10 18 :
    un vrai coup de coeur !!! Ce livre est annoncé comme un » scénario de Clouzot dans un paysage de Giono ». Imaginez un village du Lot perché près des causses du Quercy, un village sans réseau wifi, que le GPS ne connait pas ! c’est là qu’un couple de...
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    Chronique Nathalie Bullat 10 10 18 :
    un vrai coup de coeur !!! Ce livre est annoncé comme un » scénario de Clouzot dans un paysage de Giono ». Imaginez un village du Lot perché près des causses du Quercy, un village sans réseau wifi, que le GPS ne connait pas ! c’est là qu’un couple de parisiens (elle, comédienne sans travail et lui producteur sur le déclin) décide pour leurs vacances, de renouer avec la nature et de louer un maison isolée sur le mont d’Orcières. Ils veulent oublier leurs soucis professionnels.
    Sur les hauteurs la nuit, sangliers, loups et chevreuils revendiquent leur territoire. Un gros chien sans collier, un peu terrifiant, ou un loup ? rôde près de la maison. Nous ne sommes pas loin du pays Gévaudan !
    Cent ans plut tôt, en pleine guerre de 14 dans ce même village, près de cette même maison, un dompteur allemand, déserteur, cachait lions et tigres afin qu’ils ne soient pas réquisitionnés par l’armée. Seule Joséphine, la belle veuve du village, ne craint pas d’approcher les fauves…
    Depuis on dit que ce sont des terre de malheur, c’est le domaine du diable. Que c’est-il passé ?
    Joncour croise les époques, avec une écriture saisissante de réalisme, très détaillée, très imagée, nous passons de 1915 à 2017 - sans oublier d’évoquer le rôle des femmes dans cette guerre de 14 -
    Curieusement dans ce monde d’animaux sauvages, Franck le producteur citadin et végétarien mange à nouveau de la viande !.
    Il semblerait que la violence, des hommes et des animaux peut surgir à tous moments, mais les charognards ne seraient pas les mêmes ? Et l’auteur s’interroge « n’y-a-t-il pas parfois, la nécessité, non pas de se défendre, mais d’attaquer !!!l’homme serait un prédateur ?

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  • Mi conte, mi roman contemporain, un livre qui croise deux époques celle d’aujourd’hui avec Lise et Franck venus trouver le calme dans ce gîte perdu du Lot et celle de 14-18 avec ce dompteur allemand réfugié avec ses fauves dans la montagne.
    Beaucoup de lyrisme, de descriptions, une belle...
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    Mi conte, mi roman contemporain, un livre qui croise deux époques celle d’aujourd’hui avec Lise et Franck venus trouver le calme dans ce gîte perdu du Lot et celle de 14-18 avec ce dompteur allemand réfugié avec ses fauves dans la montagne.
    Beaucoup de lyrisme, de descriptions, une belle réflexion sur le progrès et la nature humaine et surtout deux histoires d’amour.

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  • Une belle surprise avec ce roman, je ne m'attendais pas à une histoire aussi originale et surprenante.

    Deux époques s'alternent par des chapitres courts qui donnent un dynamisme et une curiosité ainsi qu'une forte envie de se plonger dans ce livre au titre interrogateur.

    Le lecteur jongle...
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    Une belle surprise avec ce roman, je ne m'attendais pas à une histoire aussi originale et surprenante.

    Deux époques s'alternent par des chapitres courts qui donnent un dynamisme et une curiosité ainsi qu'une forte envie de se plonger dans ce livre au titre interrogateur.

    Le lecteur jongle entre juillet 1914 et août 2017 où nous allons suivre deux intrigues distinctes mais qui sont liées d'une manière très étonnante.

    En 1914, un dompteur allemand se réfugie dans une maison isolée, perdue dans une nature peu accueillante dans un petit village dans le Lot.
    Il se cache avec ses fauves qu'il veut préserver des dangers de la guerre.

    Dans ce village, les femmes sont seules, désabusées, épuisées et elles sont surtout en attente du retour de leurs "hommes" partis à la guerre.
    Seule une femme se sent irrémédiablement attirée par ce qui se passe dans cette maison en haut de la colline.
    Elle lutte férocement contre ses pensées répressives. Honteuse, elle s'étourdit de tâches harassantes pour oublier.

    En août 2017, un couple parisien loue pour les vacances, la même maison que cet allemand un siècle plus tard. Lize souhaite vivre une expérience hors du commun en se déconnectant complètement des réseaux sociaux et de communications voir même de la civilisation. Franck, le mari est totalement angoissé à l'idée d'être coupé du monde, cherchant tous les prétextes possibles pour retourner à Paris.

    Un lieu reculé, calme et inhabité ?! Ce n'est pas si certain car on dit même qu'il serait "maudit" ! Pire, il porterait "malheur" !

    Le point commun entre ces deux histoires ??? UNE RENCONTRE ! Et une rencontre décisive qui chamboula tous leurs a-priori, leurs manières de vivre, leurs convictions !

    C'est presque un conte que l'on nous raconte. Une certaine lenteur s'y dégage tout le long du roman, apportant une ambiance particulière, comme si le temps s'était arrêté et où seulement la nature et les animaux prennent possession des lieux.

    J'ai vraiment aimé cette atmosphère sauvage et inquiétante où les éléments extérieurs ne sont pas si contrôlables qu'on le pense.

    Toutefois, un petit bémol, j’ai trouvé trop de longueurs et de répétitions, ce qui a rendu certains chapitres redondants.

    C'est le premier livre que je lis de cet auteur et je suis heureuse d'avoir pu découvrir son univers et son écriture.

    J'ai pu lire dans la presse, que c'était son "meilleur" roman, je ne saurais comparer mais pour ma part, ce fut une agréable lecture.



    http://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2018/10/chien-loup.html

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  • Fan de Joncour, je ne pouvais pas commencer cette rentrée littéraire par un autre auteur que lui ... et je n'ai pas été déçue.

    Ce qui me touche le plus c'est de me retrouver à travers ses mots dans une région chère à mon coeur et là plus près des lieux que je connais n'aurait pas été...
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    Fan de Joncour, je ne pouvais pas commencer cette rentrée littéraire par un autre auteur que lui ... et je n'ai pas été déçue.

    Ce qui me touche le plus c'est de me retrouver à travers ses mots dans une région chère à mon coeur et là plus près des lieux que je connais n'aurait pas été possible. J'y ai retrouvé les ambiances, la chaleur, le calme, les gens, le dépaysement, l'isolement ...

    Voici pour la parenthèse ! C'est 2 romans que nous offre Serge Joncour avec ces 2 histoires qui avancent presque en parallèle à un siècle d'intervalle.

    L'annonce de la guerre, le départ des hommes, les femmes qui prennent tout en charge et cet allemand qui investit les lieux pour protéger ces fauves, des faits qui semblent imprégnés les lieux.

    Ces lieux qui reprennent vie le temps de quelques semaines avec Franck et Lise. Ces lieux où la nature est reine vierge de tout réseau coupée du monde. Alors que Lise revit, Franck est en panique totale, peur d'être oublié, manipulé, peur des bruits, peur du silence, de son impuissance.

    Et ce chien mi chien mi loup sans collier qui est là, lui montre le chemin, cherche un maitre ? on ne sait pas trop.

    Isolés du monde, nous portons sur lui un autre regard comme si ce pas de recul nous ouvrait les yeux ou au contraire nous enfermer dans nos illusions. C'est un peu les 2 versions qui sont portées par Lise et Franck.

    Même si c'est dur, la période sur la guerre est plus divertissante avec cette histoire de fauves. On sent toute la chaleur de la région qui s'abat sur les épaules des femmes qui gardent la vie à flot malgré des outils non adaptés à leur corps, les bêtes réquisitionnées et le manque de nourriture. On ressent le poids des illusions encore, les croyances qui ressortent et auxquelles on se raccroche.

    Enfin un roman qui m'a encore une fois enthousiasmée, j'aime le style, les images, les émotions que Serge Joncour partage avec nous, ils font écho en moi !

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/09/chien-loup-de-serge-joncour.html

    Août 2017. Franck la cinquantaine, producteur de cinéma, est en couple depuis vingt-cinq ans avec Lise, une ancienne actrice. Lise veut passer trois semaines d'été dans le Quercy sur le mont d'Orcières, elle a loué...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/09/chien-loup-de-serge-joncour.html

    Août 2017. Franck la cinquantaine, producteur de cinéma, est en couple depuis vingt-cinq ans avec Lise, une ancienne actrice. Lise veut passer trois semaines d'été dans le Quercy sur le mont d'Orcières, elle a loué une maison au beau milieu de nulle part. Elle veut passer du temps dans un lieu au plus près de la nature à la recherche du calme et de l'isolement dont elle a besoin après le cancer qu'elle vient d'affronter, elle veut peindre et s'adonner à la méditation et au yoga. Franck accepte par amour mais il est angoissé car cette maison au sommet d'une colline, cette bâtisse qui ressemble à une île entourée de verdure, est privée de tout réseau. Comment vivre sans téléphone et sans Internet quand on a besoin en permanence d'être connecté? D'autant plus qu'il a de sérieux soucis professionnels depuis qu'il s'est associé à deux jeunes loups qui ne rêvent que de coproduire avec Netflix, des associés qu'il voit comme des prédateurs prêts à tout pour l'évincer.

    Dès le premier jour un chien sans collier, entre chien et loup, s'impose à eux, il semble vouloir leur dire quelque chose, peut-être les avertir d'un danger... Quel type de relation, quel jeu le chien demeuré à l'état sauvage cherche-t-il à instaurer avec eux? Qui a habité dans cette maison qui semble inoccupée depuis des années? Franck et Lise ne savent pas que la maison a abrité un siècle plus tôt, au début de la première guerre mondiale, un dompteur allemand et ses huit fauves.

    Serge Joncour nous raconte l'histoire de ce village à un siècle d'intervalle. En août 1914, c'est la mobilisation, les hommes partent au front, ne restent plus au village que les vieux, les réformés, les femmes et les enfants. Un dompteur allemand, de passage dans le village avec son cirque, obtient du maire de se réfugier dans la maison sur la colline qui domine le village. Serge Joncour nous raconte la vie de ces femmes qui doivent remplacer les hommes, assurer les récoltes, travailler la terre avec l'angoisse constante d'apprendre la mort de leur mari, leur frère ou leur fils. Le tout dans un village dominé par les rugissements des fauves dans leurs cages, avec la crainte qu'affamés, ils n'en viennent à dévorer leurs enfants. A la peur s'ajoutent croyances et superstitions, elles sont persuadées que le Mont d'Orcières est maudit.

    Parallèlement, avec une alternance régulière de courts chapitres, l'auteur nous montre comment Franck s'adapte à ce lieu qui l'aide à se retrouver, qui l'aide à retrouver la force du lien qui l'unit à sa femme, le tout avec la complicité du chien-loup.

    Serge Joncour surprend avec ce roman bien différent de ses précédents. Il restitue à merveille la vie de ce village pendant la guerre, montre le rôle que les femmes ont joué pendant l’absence des hommes, assurant le travail de la terre avec des outils usés, sans engrais ni bête de trait car les animaux avaient été réquisitionnés pour le front. Il décrit l'ambivalence de leurs sentiments car elles se sentent fautives de continuer à vivre sans les hommes et de constater que leur monde peut tourner sans eux.
    Il y a peu de personnages dans ce roman mais ils sont tous très forts, la nature sauvage à la violence totale et les animaux sont omniprésents, la relation entre l'homme et l'animal est superbement décrite. L'histoire que Serge Joncour nous conte avec une parfaite maîtrise est originale et captivante, il sait faire monter la tension et entretenir le suspense. Il nous montre que l'histoire parfois se reproduit, que la sauvagerie qui sévit dans notre monde moderne n'est pas bien différente de celle qui a marqué les années de guerre. Dans ce roman qui aborde de multiples thèmes, Serge Joncour met également en scène deux très belles histoires d'amour. J'ai tellement aimé ce roman que j'en ai ralenti la lecture à la fin pour le faire durer un peu plus.

    Ce roman est finaliste du prix Landerneau.

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  • C'est une belle histoire que nous raconte là Serge Joncour, un roman à la Giono, mêlant hommes et bêtes dans des territoires reculés, des terres quasi sauvages où la nature prolifère.
    Lise, actrice parisienne sans emploi, a repéré une location de vacances sur Internet : dans le Lot, « au coeur...
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    C'est une belle histoire que nous raconte là Serge Joncour, un roman à la Giono, mêlant hommes et bêtes dans des territoires reculés, des terres quasi sauvages où la nature prolifère.
    Lise, actrice parisienne sans emploi, a repéré une location de vacances sur Internet : dans le Lot, « au coeur du triangle noir du Quercy », à une demi-heure de Limogne, une maison inoccupée depuis fort longtemps sur une hauteur au milieu d'une espèce de jungle, un lieu très difficile d'accès - ils devront louer un 4X4 -, sans télé ni Wi-Fi. Et le premier village à 25 km ! Tandis que Lise trouve ce gîte idéal pour l'été, Franck, en vrai Parisien, n'imagine même pas une seule seconde un mois d'août dans ce trou perdu sans que mort s'ensuive.
    Je vous laisse deviner qui aura le dernier mot…
    À peine arrivée, Lise admire le paysage à couper le souffle, heureuse d'être enfin loin des mauvaises ondes et de la pollution urbaine : elle souffle, se sent immédiatement dans son élément. Rien ne l'effraie : ni le côté rustique de la maison, ni l'absence de confort, ni cette nature rude et sauvage, ni les feulements et les hurlements nocturnes, ni les yeux gris-vert qui dans l'obscurité les regardent prendre leur premier dîner sur la terrasse.
    Franck, lui, est perdu : il est clairement hors de sa zone de confort, court partout pour tenter de choper une barre, une toute petite barre qui lui permettrait de communiquer avec ses contacts. « Sans plus le moindre sang-froid il se mit à marcher de long en large pour essayer d'attraper du réseau quelque part, il tenait le téléphone tendu devant lui, comme une télécommande pour rallumer le monde. » Son métier de producteur le contraint à rester joignable n'importe quand, d'autant que ses nouveaux collaborateurs sont prêts à pactiser avec le diable, en l'occurrence Netflix et Amazone, ce que Franck, adepte du cinéma en salle, refuse catégoriquement. Loin de tout, il a le sentiment de ne plus rien maîtriser et de se faire manger par ses deux collègues formatés par les jeux vidéo, deux jeunes loups qui veulent livrer son catalogue de films au plus offrant.
    Pour lui, c'est clair, il ne restera pas trois semaines dans ce lieu.
    En attendant, ils sont seuls comme des naufragés sur une île déserte. S'il leur arrivait le moindre problème, personne ne pourrait leur venir en aide.
    Personne.
    Que feront-ils lorsqu'un chien-loup viendra tourner autour de la maison ?
    Parallèlement à l'histoire de Lise et de Franck, Serge Joncour nous en raconte une seconde, une plus ancienne qui commence en juillet 1914. Dans ces mêmes lieux, un siècle plus tôt, dans un village appelé Orcières-le Bas, hommes et animaux sont réquisitionnés : c'est la guerre. Ils doivent partir. Fernand le maire a l'idée géniale de cacher sur le mont, dans des prairies, deux cents moutons. Parce qu'il faut bien que les gens mangent. Mais ce qu'il doit cacher ne s'arrête pas à cela : dans des carrioles bariolées estampillées Pinder viennent de débarquer huit grands fauves, cinq lions et trois tigres, accompagnés de leur maître, un dompteur musclé à l'accent allemand : Wolfgang Hollzenmaier.
    Or le tocsin vient rapidement mettre fin à cette ambiance de fête : le chapiteau est démonté au plus vite, les clowns, jongleurs et acrobates sont réquisitionnés. Il reste juste un dompteur qui veut protéger ses bêtes. Que fait-on d'un dompteur allemand en temps de guerre et de surcroît sur un territoire ennemi ? Le livre-t-on aux autorités ? Et puis, ces fauves, il faut qu'ils mangent ! Les animaux vont-ils passer avant la population qui a faim ? Ne risquent-ils pas de s'échapper à la moindre occasion et de se jeter sur les enfants du village ? Le maire et l'instituteur insistent pour qu'on les cache et c'est ainsi que l'homme et ses fauves trouvent refuge dans une maison en hauteur… celle-là même que loueront Lise et Franck un siècle plus tard sans imaginer une seule seconde tout ce qui a pu se passer dans cet espace où ils comptent se reposer !
    Les lieux gardent-ils la mémoire des événements passés ? Les fauves de Wolfgang hantent-ils les lieux un siècle plus tard ? Rôdent-ils encore le soir aux abords de la maison, prêts à dévorer les petits Parisiens vegan à la chair tendre ?
    Comment Franck va-t-il supporter cet isolement qui, paraît-il, peut rendre fou ? Va-t-il vaincre sa peur, accepter d'être observé le soir par on ne sait quelle bête féroce ?
    Oui, il y a du suspense dans ce roman et beaucoup de tension. On sent que quelque chose va craquer comme ces violents orages qui déchirent le ciel au coeur d'un été étouffant.
    Mais surtout, c'est une histoire magnifique, de celles qu'on n'écrit plus vraiment, une histoire d'hommes et de bêtes, de violence et d'amour, de haine et de complicité, de peur et de tendresse. Oui, une bien belle histoire, permettant aussi d'explorer la part de « sauvage » présente dans tout être civilisé et qui ne demande qu'à refaire surface si l'occasion s'en présente.
    Allez, pour apporter un bémol à cette avalanche de compliments, il me semble que ce texte fabuleux aurait peut-être mérité une écriture avec plus de relief, plus d'éclat, une écriture qui aurait eu quelque chose à voir avec celle de Giono... (Mais sans doute, est-ce ma passion pour l'auteur d'Un Roi sans divertissement qui m'égare ?)
    Et puis, je me demandais s'il n'était pas possible d'échapper à l'alternance par trop mécanique de courts chapitres renvoyant aux deux époques du livre, procédé tellement répandu actuellement...
    Peut-être suis-je bien sévère pour finir… Car je le répète : j'ai pris un immense plaisir à lire ce scénario captivant, cette folle histoire d'hommes et de bêtes dont je ne peux que vous conseiller la lecture !

    LIRE AU LIT http://lireaulit.blogspot.fr/ lu dans le cadre du Prix Landerneau

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  • J'ai lu ce roman dans le cadre du Prix Landerneau des lecteurs 2018.
    Que dire : J'ai été dès le départ subjuguée, impressionnée par cette histoire, par les détails sur la première guère mondiale que l'on oublie trop : les conditions de vie des femmes sans leurs maris, des hommes sur les champs...
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    J'ai lu ce roman dans le cadre du Prix Landerneau des lecteurs 2018.
    Que dire : J'ai été dès le départ subjuguée, impressionnée par cette histoire, par les détails sur la première guère mondiale que l'on oublie trop : les conditions de vie des femmes sans leurs maris, des hommes sur les champs de bataille.
    J'ai beaucoup aimé Lise et son envie de se retrouver, de profiter pleinement de sa vie, suite à la grave maladie qu'elle a du affronter. Franck, quand à lui, hyper connecté à son travail, à ses réseaux, est hyper angoissé, stressé de se faire duper par ses associés durant son absence de trois semaines.
    Le suspense tient le lecteur, on ressent les angoisses, les sentiments à travers les lignes, à travers les mots de Serge Joncour.
    J'ai bien apprécié l'histoire, le style passé, présent, les détails historiques, par contre, les marques de voitures, de chaines télévisions.... m'ont beaucoup agacées, pourquoi inclure toutes ces noms dans un roman ? Quel est le but ? Publicité gratuite ?
    Ce livre est tout de même une belle lecture.

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  • « Chien -Loup de Serge Joncour est un roman régionaliste qui prend ses prémices à l’instar d’une verdoyance arrachée feuille après feuille sur l’arbre inspirant. L’histoire est prenante. Elle griffe le visage et dénature cette envolée paysagère qui aurait pu être souple, aérienne, gracieuse. Les...
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    « Chien -Loup de Serge Joncour est un roman régionaliste qui prend ses prémices à l’instar d’une verdoyance arrachée feuille après feuille sur l’arbre inspirant. L’histoire est prenante. Elle griffe le visage et dénature cette envolée paysagère qui aurait pu être souple, aérienne, gracieuse. Les pas du lecteur s’enfoncent dans les forêts épaisses de cette écriture trop scolaire. Trop de lourdeurs, de descriptions échappent à la majesté qui aurait pu être le filigrane de ce roman. Le lecteur se fraie un passage, écoute, retient, mais son corps plie sous les mots de trop, telles des branches qui en viennent à se briser. Néanmoins, les deux champs de lecture sont des passerelles où le lecteur observe le jour et son contre-jour. On aime ce temps ancien où l’incipit : « Jamais de tels cris n’étaient depuis les collines. » inaugurent l’atmosphère sombre de cette période. Avec ses affres, survivances et méfiances. Les lions ne sont plus réels. Ils courbent leurs échines sous les cris, la faim, et les souffrances. Métaphoriques, ces derniers ne sont qu’autarcie. Images de ces femmes soudainement solitaires, vouées corps et âmes au respir de cette région en péril. L’homme, le presque unique, ne symbolise t- il pas ce qui ne sera jamais plus ? Dompteur d’un amour et d’une vie au champ impossible car utopique ? Il y a du nihilisme certain dans cette période décryptée par un auteur qui sait où il va. A contrario, le lecteur s’emmêle dans les pièges des longueurs infinies d’une lecture qui aurait pu être délicate et soyeuse. Manichéenne, on sent par contre les parfums, les craintes et les doutes. Les méfiances affirment leur chape de plomb. L’ambiance est telle que le lecteur frissonne. Le XXIème siècle annonce une contemporanéité. Tout se passe dans ce réel flouté par un modernisme mesquin et trompeur, déclenchant les tempêtes dans cette région du Lot sauvage et aboyante. Les protagonistes sont surfaits et lisses. Le lecteur s’ennuie. Seul le chien adopté, mi chien mi loup saute sur les lignes et fait frémir le lecteur de peur, le réveille aussi. Heureusement car il ne se passe pas grand-chose. Trop de silences, de conventions, de non-dits, d’ennuis, dans ce couple qui éloigné des diktats sociétaux, sombre tel le Radeau de Géricault. La nature sournoise et imprévisible est gamme majeure. Le lecteur voudrait visiter cette région, grimper les chemins paraboliques jusqu’au gîte d’une idiosyncrasie renouvelée, comme sur un piédestal. C’est elle qui sera la plus digne dans l’histoire, c’est elle qui apporte ce souffle manquant. Elle enrobe le lecteur à l’identique d’une liane littéraire. Les deux temps vont se relier dans un calme qui arrive trop tard. La plénitude littéraire se trouve page 235 : « C’’est la cruauté de la gêne, dès lors qu’on se sent mal à l’aise on a l’impression que tous les autres la voient. Qu’ils ne voient que ça de vous, on se met même à leur en vouloir de nous déchiffrer à ce point. » Ainsi résiste la feuille sur l’arbre du terroir. Une phrase allouée dans Chien Loup résistante, se relisant plusieurs fois. Ce roman n’achève pas sa course verbale. Chien- Loup de Serge Joncour publié par Les Editions Flammarion aurait pu avoir un beau pelage littéraire, il n’en sera rien.

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