Celine Lapertot

Celine Lapertot

Céline Lapertot est professeur de français à Strasbourg. Depuis l’âge de 9 ans, elle ne cesse d’écrire. Après Et je prendrai tout ce qu’il a à prendre et Des femmes qui dansent sous les bombes - plébiscités aussi bien par les lecteurs que par les médias tels que Télérama ou Le Nouvel Observat...

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Céline Lapertot est professeur de français à Strasbourg. Depuis l’âge de 9 ans, elle ne cesse d’écrire. Après Et je prendrai tout ce qu’il a à prendre et Des femmes qui dansent sous les bombes - plébiscités aussi bien par les lecteurs que par les médias tels que Télérama ou Le Nouvel Observateur -, Ne préfère pas le sang à l’eau, son nouveau roman, a paru le 11 janvier 2018.

 Crédit photo : éditions Viviane Hamy

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Avis (21)

  • Couverture du livre « Ne préfère pas le sang à l'eau » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy

    Mumu Dans le Bocage sur Ne préfère pas le sang à l'eau de Celine Lapertot

    Ne préfère pas le sang à l'eau. La vie c'est gratuit. Ne fais pas couleur le sang pour ce qui appartient à l'humanité. (p65)

    Quand à 10 ans vous devez tout quitter parce que vous êtes un nez-vert, parce que vous avez soif, que trouver de l'eau est le but de chaque journée. Voilà son seul but...
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    Ne préfère pas le sang à l'eau. La vie c'est gratuit. Ne fais pas couleur le sang pour ce qui appartient à l'humanité. (p65)

    Quand à 10 ans vous devez tout quitter parce que vous êtes un nez-vert, parce que vous avez soif, que trouver de l'eau est le but de chaque journée. Voilà son seul but : Karole a soif, du haut de son 1,20 mètre elle est déjà vieille dans sa tête et sur sa peau, par la force des choses, elle ne comprend pas tout ce qui l'entoure mais elle ressent la sécheresse dans son corps, à chaque minute. Atteindre la citerne est son objectif mais.....

    Elle prit la petite bouteille qu'on lui tendit et après avoir bu, elle alla jusqu'à passer son index sur la pointe de ses lèvres, pour recueillir la dernière goutte, la plus luxueuse d'entre toutes, celle qui te caresse la peau sans aucune volonté que de t'accorder la volupté de la vie. (p12)

    Thiego lui a pris conscience, grâce en partie à sa mère, qu'il fallait qu'il rentre en résistance, à sa manière, contre le régime de Ragazzini, despote impitoyable et manipulateur mais il va connaître la prison, la torture, la trahison et la perte de ceux qu'il aime. Il le fait à sa manière, en écrivant sur les murs de sa ville sa colère mais aussi sa reconnaissance pour certains.

    J'écris que le quotidien encombre nos cœurs et qu'on ne s'est jamais soucié du malheur de nos contemporains avant d'avoir été confronté au malheur des peuples voisins si envieux de nos petites tragédies individuelles. (p68)

    A Cartimandua, pays imaginaire mais pas si éloigné de nous, à une époque inconnue mais qui pourrait se dérouler de nos jours (et se déroule déjà), l'auteure partage avec nous sa révolte calme mais réfléchie, sa honte de faire partie des nantis, de gaspiller le bien le plus précieux de la terre : l'eau.....

    Je découvre cette auteure, avec ce roman et dès les premières pages je suis bouleversée : bouleversée par l'histoire, par les faits, par les personnages, mais aussi par les mots, par l'écriture. A 31 ans un tel talent, une telle lucidité, une telle maîtrise du récit et de sa construction. 

    La narration est faite à plusieurs voix en alternant les récits des différents personnages et l'on ne peut s'empêcher de penser aux similitudes avec notre monde actuel. Pas de mots inutiles, pas de grands effets, un simple constat. 

    Les nez-verts peuvent être assimilés à bien des populations stigmatisées, l'exil et ses causes nous les avons sous les yeux, les rebelles sont de toutes les époques avec les questionnements qui se posent à eux : tenir, se battre, sous quelle forme, trahir ou résister.

    Ce livre est une sorte de cri, calme mais déterminé, une colère qui s'exprime, froide et lucide,  une lecture qui ne peut laisser indifférent, qui nous pousse dans nos retranchements, nos peurs, nos craintes et quand on referme le livre on est sonné.

    Pour ma part je me suis délectée des mots, des réflexions et constats tellement vrais, directs et percutants parfois, de la narration à plusieurs voix, donnant encore plus de crédibilité car il donne une vision totale de la situation, car rien ne sert de tourner autour du pot et qu'il faut bousculer les consciences pour changer...... Nous gaspillons un bien qui pour d'autres est vital, nous vivons au-dessus de nos moyens sans regarder toute une population qui souffre. Une partie du monde déborde quand l'autre sombre.

    L'auteure fait preuve d'une maturité de pensée, d'écriture et a réussi à construire un récit qui vous prend la tête et le cœur, qui laisse en vous une trace indélébile.

    Alors oui, les livres, ces garnisons de mots qui nous préservent du vide, à l'heure où tant de faux prophètes brûlent les pensées qui les dérangent et attaquent au disque à découper les sites les plus anciens de l'humanité. (p43)

  • Couverture du livre « Ne préfère pas le sang à l'eau » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy

    Marie S. sur Ne préfère pas le sang à l'eau de Celine Lapertot

    Il m’a fallu attendre son troisième roman pour découvrir cette jeune auteure, professeur de français à Strasbourg. Belle découverte! J’aime d’emblée son écriture incantatoire, son sens de la tragédie et son regard lucide sur les problèmes actuels de société.

    Rien de tel pour ouvrir les yeux...
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    Il m’a fallu attendre son troisième roman pour découvrir cette jeune auteure, professeur de français à Strasbourg. Belle découverte! J’aime d’emblée son écriture incantatoire, son sens de la tragédie et son regard lucide sur les problèmes actuels de société.

    Rien de tel pour ouvrir les yeux que de s’inscrire dans un roman d’anticipation, de travailler ses personnages au plus près en les icônisant, de fondre ses messages dans une fable bien construite, à la fois concise et profonde.

    Tout commence avec le mouvement et le désir. Trois cent « nez-verts » assoiffés arrivent à Cartmandua, avec dans le coeur « Cet espoir immense en la chance d’un autre destin, d’une opportunité, où tout sera aussi facile que le fait de tourner le robinet d’eau froide. Et boire. »

    Mais le village tombe sous la dictature de Ragazzini, faisant exploser la citerne qui trônait comme un trophée de nantis. Installés dans leur confort, personne, hormis Pia, la mère de Thiego, n’a rien vu venir.

    « On n’écoute pas quand on est trop confortable dans son bien-être. »

    Le corps noyé de la jeune Karole, qui avait tant chéri la citerne à son arrivée symbolise la perte de tout espoir. Morte par ce qui devait la sauver. Les images sont fortes pour dénoncer l’inhumanité.

    En alternance, nous découvrons Thiego dans la prison de Cartmandua. Le jour de l’explosion de la citerne, il avait appris la maladie de sa mère et décidé de combattre l’injustice avec ses armes, les mots. Dans la tête de Thiego passent toutes les difficultés de la vie en prison, le manque, les regrets, les amitiés et les trahisons. Il résiste en pensant aux mots des livres, aux mots qu’il taguait sur les murs. Il survit en pensant à sa femme, en écrivant son nom sur les murs de sa prison.

    « Il en aura fallu du sang pour qu’on comprenne que l’eau ça se partage. »

    Avec ce roman d’anticipation, Céline Lapertot traduit remarquablement l’espoir et la peur des migrants, l’égoïsme des nantis. La force des mots évoque des images choc, symboliques. Le regard sur notre société est percutant, intelligemment glissé dans cette fable aux personnages d’une grande sensibilité.

  • Couverture du livre « Ne préfère pas le sang à l'eau » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy

    Missbook85 sur Ne préfère pas le sang à l'eau de Celine Lapertot

    Aussi puissant que ces deux précédents romans, Céline Lapertot, publie en ce début d'année " Ne préfère pas le sang à l'eau" aux Editions Viviane Hamy.
    p. 96 : " L'humanité ne regarde jamais, même le plus grand de ses trésors, l'eau, la terre, le feu, quand il danse chaque jour sous son regard....
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    Aussi puissant que ces deux précédents romans, Céline Lapertot, publie en ce début d'année " Ne préfère pas le sang à l'eau" aux Editions Viviane Hamy.
    p. 96 : " L'humanité ne regarde jamais, même le plus grand de ses trésors, l'eau, la terre, le feu, quand il danse chaque jour sous son regard. "
    Située dans un avenir que l'on peut imaginer proche, l'histoire se déroule dans un village imaginaire du nom de Cartimandua. La Terre promise. Lorsqu'au fil des années l'eau a commencé à manquer, on y a fait construire dans ce tout petit pays industrialisé, une des plus grande citerne de réserve d'eau au monde. Particulièrement convoitée, ce trésor est très envié par des milliers de gens jusqu'à l'autre bout de la planète.
    Dans une narration à plusieurs voix, on y retrouve notamment Thiego, qui, par les mots a tenté de bousculer le système dictatorial en place.  Emprisonné, il nous fait le récit de l'évolution de sa situation.
    P. 19 : " On meurt pour des idées, voilà ce que j'ai dit à Tristan lorsqu'il a souhaité nous rejoindre. Fais attention à ce que tu écris, on en meurt. "
    Parallèlement, c'est aussi l'histoire de la petite Karole que l'on suit. Réfugiée à Cartimandua avec sa famille, elle a quitté son pays pour trouver cette eau si précieuse. Mais les "nez-verts" comme on les surnomme ne sont pas les bienvenus. La dictature en place leur impose par conséquent un rationnement.
    Mais à peine a-t'elle avalé son premier verre d'eau que la citerne explose ! Accident ou complot, ce véritable tsunami charrie les corps et les décombres, emportant tout sur son passage, et laissant les habitants totalement abasourdis.
    P. 61 : " Ça te stupéfie, un adulte mort. Mais un enfant, ça te désespère. Jusqu'à la fin de ta vie. "
    Volontairement cinglante, l'écriture est aboutie et maîtrisée, et la construction élaborée. L'auteure aborde ici une problématique on ne peut plus contemporaine, qu'est la raréfaction des ressources en eau potable, appuyée dans ce roman par une dictature qui censure tout acte de rébellion.
    De style philosophique à forte tendance dystopique, on frôle la réalité malgré tout. Et c'est avec quelques frissons que l'on parcourt ce roman.
    La distance imposée par l'auteure vis-à-vis de ses  personnages provoque indubitablement une identification du lecteur à travers eux. Un roman qui pose question sur notre rôle à chacun dans notre rapport à la consommation de l'eau, mais également dans notre rapport face à ceux qui en manque.
    Une belle prise de conscience !
    P. 136 : " Quelle vie m'attend, là-bas, à quelques tout petits kilomètres que je parcours lentement. Il en aura fallu du sang, pour qu'on comprenne que l'eau, ça se partage. "

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