Celine Lapertot

Celine Lapertot

Céline Lapertot est professeur de français à Strasbourg. Depuis l’âge de 9 ans, elle ne cesse d’écrire. Après Et je prendrai tout ce qu’il a à prendre et Des femmes qui dansent sous les bombes - plébiscités aussi bien par les lecteurs que par les médias tels que Télérama ou Le Nouvel Observat...

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Céline Lapertot est professeur de français à Strasbourg. Depuis l’âge de 9 ans, elle ne cesse d’écrire. Après Et je prendrai tout ce qu’il a à prendre et Des femmes qui dansent sous les bombes - plébiscités aussi bien par les lecteurs que par les médias tels que Télérama ou Le Nouvel Observateur -, Ne préfère pas le sang à l’eau, son nouveau roman, a paru le 11 janvier 2018.

 Crédit photo : éditions Viviane Hamy

Articles en lien avec Celine Lapertot (1)

Avis sur cet auteur (38)

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    Couverture du livre « Des femmes qui dansent sous les bombes » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy

    Les livres de K79 sur Des femmes qui dansent sous les bombes de Celine Lapertot

    Cette année, j’ai rencontré pour la première fois la plume de Céline Lapertot et ce fut un coup de cœur. Avec son autobiographie, elle m’avait tellement bouleversé que je m’étais juré de partir à l’assaut de ses autres œuvres. Pour une fois, j’ai rapidement tenu parole.

    Dans ce court roman,...
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    Cette année, j’ai rencontré pour la première fois la plume de Céline Lapertot et ce fut un coup de cœur. Avec son autobiographie, elle m’avait tellement bouleversé que je m’étais juré de partir à l’assaut de ses autres œuvres. Pour une fois, j’ai rapidement tenu parole.

    Dans ce court roman, elle s’intéresse de près à des femmes devenues soldats dans un pays en guerre. En alternant en différents points de vue, elle nous dépeint la vie de ces combattantes. On assiste à leur passé, leurs blessures, leurs espoirs, tout ce qui les amenées à devenir des « lionnes impavides ». Mais le talent de l’auteur ne se contente pas de dresser des portraits de femmes et va beaucoup plus loin. Elle s’engouffre dans leurs entrailles pour nous délivrer leurs pensées les plus intimes. Alors les sensations deviennent palpables et les sentiments deviennent authentiques. On est dans leur corps, on subit leur destin.

    En osmose avec elles, on découvre que, sous leur apparence de machines, ces soldats restent des êtres humains. Leur comportement ne s’est pas complètement déconnecté de leur nature propre, malgré les traumatismes qu’elles ont vécus. Elles restent jalouses, envieuses, impressionnables, ressentent la vengeance, l’amour, la tristesse… comme les femmes qu’elles étaient.

    Grâce à ce texte sombre d’une puissante humanité, l’auteure prouve que la littérature est un art à part. Elle peut faire ce que aucun film, aucune peinture, aucune musique ne peut matérialiser. Elle creuse l’âme humaine et en extirpe les émotions. On peut ainsi vivre les évènements de l’intérieur et devenir les témoins de ces drames, qui touchent et détruisent les femmes à travers le monde.

    Après avoir lu « Ce qui est monstrueux est normal », j’avais affirmé que Céline Lapertot semblait appartenir aux auteurs qui, quoi qu’ils écrivent, m’enthousiasment à tous les coups. « Des femmes qui dansent sous les bombes » me donne raison ! Courez vite découvrir cette écrivaine de talent !

    http://leslivresdek79.com/2019/12/24/512-celine-lapertot-des-femmes-qui-dansent-sous-les-bombes/

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    Couverture du livre « Ce qui est monstrueux est normal » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy

    Chantal Lafon sur Ce qui est monstrueux est normal de Celine Lapertot

    C’est mon premier livre de l’auteur et j’essaie de répondre à cette question : comment ce texte tranchant, sec qui griffe son lecteur au plus profond de sa chair peut m’apparaître comme un nectar.
    Ma réponse serait, par l’écriture Céline Lapertot a fait miel de ce qui était ne pourriture de...
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    C’est mon premier livre de l’auteur et j’essaie de répondre à cette question : comment ce texte tranchant, sec qui griffe son lecteur au plus profond de sa chair peut m’apparaître comme un nectar.
    Ma réponse serait, par l’écriture Céline Lapertot a fait miel de ce qui était ne pourriture de l’existence.
    Une petite fille qui ne parle pas encore, est là au milieu d’un décor de la France périphérique qui pourrit dans l’indifférence générale.
    C’est un tableau de la pauvreté ordinaire celle des « sans dent ».
    « C’est ainsi que l’on pourrait débuter ce roman, même si ce n’en est peut-être pas un. On pourra ergoter sur la définition et se demander ce que valent les souvenirs qui meurent toujours un peu sous le poids du temps, déformés par ce que nous fûmes et ce que nous sommes, un être de chair et de nerfs, pétri de la peur, de la colère, de la joie aussi, et, parfois, du sentiment de fierté et des désillusions. Il y a toujours un équilibre subtil à trouver entre la crainte de laisser trop de temps aux souvenirs-en prenant le risque de dissiper-, et celle, aussi, de les écrire trop tôt et de les manipuler, de bêtement les corrompre pour avoir voulu écrire un être qui n’était pas prêt à se donner. »
    La pauvreté n’est pas seulement matérielle, elle est aussi culturelle.
    Cette enfant vit entre une mère asservie à un homme, le beau-père de la petite. Elle laisse faire. Leur quotidien se réduit et est rythmé uniquement par et autour des incursions de ce dernier au bar qu’il fréquente.
    Cet homme affiche une rébellion parses tatouages mais il se comporte veulement en société et en despote en famille.
    La pauvreté c’est comme la lèpre qui dévore la peau.
    Céline Lapertot « gueule » des mots qui vous déchirent comme un scalpel pour dire l’innommable, l’indicible d’une enfance violée pas seulement physiquement…(le verbe qui m’est venu en premier n’est pas gueuler mais vomir, inapproprié car c’est un verbe de défaite qui ne correspond pas à l’auteur et à ce qu’elle nous envoie.)
    En 90 pages l’auteur dit tout avec lucidité et fierté. Elle énonce ne se répand jamais, elle triomphe. Ce qui aurait dû la détruire, cette pourriture est devenue un terreau, elle est passé de la violence et la solitude, à un renouveau fait de gens bienveillant pour l’aiguiller, de son immense curiosité et soif d’apprendre. Elle rend un très bel hommage à la littérature.
    Elle fait partie de ce monde littéraire.
    Un parcours exceptionnel. Un auteur que je vais lire à rebours, j’ai commencé par le dernier il m’en reste trois à découvrir. C’est une plume dans une belle maison d’édition.
    Je laisse la conclusion à la femme devenue, qui a tant à transmettre : « Cette triste France qui s’américanise dans sa relation parents d’accueil-enfants, en n’ayant toujours pas pris conscience que pour ces enfants-là, précisément, les liens du sang ne sont rien face aux bras tendus de celle qui te dit « ici, tu es chez toi. C’est ta maison, c’est ton foyer. »
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 22 novembre 2019

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    Couverture du livre « Ce qui est monstrueux est normal » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy

    Mumu Dans le Bocage sur Ce qui est monstrueux est normal de Celine Lapertot

    J’ai lu les trois précédents romans de Céline Lapertot que j’ai découvert avec Ne préfère pas le sang à l’eau, une révélation pour moi, un coup de poing, une prise de conscience. J’ai lu ensuite Des femmes qui dansent sous les bombes et Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre dans lesquels...
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    J’ai lu les trois précédents romans de Céline Lapertot que j’ai découvert avec Ne préfère pas le sang à l’eau, une révélation pour moi, un coup de poing, une prise de conscience. J’ai lu ensuite Des femmes qui dansent sous les bombes et Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre dans lesquels j’avais retrouvé la « patte » le « style » de l’auteure, une manière bien à elle, souvent une rage, une colère qu’elle traduit en force, une force de mots.

    Quand j’ai appris la sortie de son dernier opus, une autobiographie de son enfance, inutile de vous dire que je n’avais qu’une envie ….. le lire. Evidemment il m’a fallu attendre qu’il soit disponible à la bibliothèque mais c’était bon signe….. Je n’étais pas la seule à l’apprécier !

    Je me doutais que derrière cette écriture fiévreuse, se cachaient des blessures. Ce n’était pas possible autrement pour moi. Ici, l’auteure se raconte, en prenant de la distance, en parlant de « l’enfant », de cette enfant qu’elle a été, mais il faudrait plus dire « crie » dans ce « livre blanc », tout ce qui l’a détruit mais aussi reconstruit. Ce beau-père, ce « presque-père » qui ne respecte rien, l’indifférence d’une mère, le non-amour familial et puis la renaissance à 13 ans, la découverte d’un territoire inconnu : l’amour d’une famille.

    Elle évoque ce qu’il y a de plus intime en elle, tellement enfoui, refoulé et qui remonte à la manière de « mauvaises madeleines de Proust » ici ou là, certains souvenirs se tapissant pour ressurgir et faire émerger ce que la mémoire avait choisi d’oublier :

    "La mémoire refoule ce qu’elle n’est pas encore prête à porter. Il faut être fort, dans cet endroit si précis de la cage thoracique où l’on cache ce qui nous brise, il faut être vaillant, pour pratiquer cette maïeutique du souvenir qui nous laisse tout bête au milieu de la salle des professeurs, tandis que retentit la sonnerie. Il faut être fort pour entreprendre ce jeu d’échecs avec nos cerveau sur un terrain qu’il connaît mieux que nous ; la mémoire sélective. (p21)"

    Quel chemin parcouru fait d’humiliations, d’abandon, de gestes déplacés, de silences et puis la lumière à travers une famille, une « vraie » mère, sans autre lien que l’amour donné et reçu, la guérison à travers l’éducation et l’écriture mais aussi ce besoin devenu viscéral de transmettre, d’enseigner, ce qui l’a sauvée.

    C’est une lecture à double portée : dénoncer dans un premier temps les misères de tous ordres, les violences, les abus et les traces laissés sur les corps et dans les esprits, énoncer les faits sans dramaturgie simplement dans ce qu’ils ont de terrible, puis démontrer que le chemin que certains croient inéluctable peut changer, grâce à des rencontres et dans son cas ce fut la lecture, les auteurs, l’école qui lui ont permis de trouver la voie à suivre. Elle prouve si besoin était que la lecture et la littérature peuvent sauver des vies….

    Oui, je la rassure, je reconnais son écriture, je sais qu’elle met dans ses romans tellement d’elle-même. Il n’y a pas assez de mots assez forts pour parler d’une enfance malheureuse alors il faut y ajouter parfois la colère et dans le cas présent une colère froide, en n’évoquant que le strict nécessaire, déjà tellement insoutenable, pour les porter plus haut, plus loin. C’est comme toujours, court, net, précis, direct mais avec une richesse de vocabulaire, une analyse des situations et des sentiments d’une profonde justesse.

    La littérature salvatrice mais aussi dans son cas l’écriture, deux remèdes que l’auteure a fait siennes pour survivre mais aussi pour les offrir en partage dans l’enseignement mais aussi dans ses romans.

    "… un jour, je me devrai tout à moi-même. Ecrire, c’est aussi cela. Se devoir à soi-même, échapper à toute forme de dépendance, abolir les médiocrités de la vie quotidienne pour quelques petites heures où nous marchons sur la Lune. (p70)"

    Je suis admirative du courage qu’il lui a fallu pour évoquer les faits, se mettre à nu, mais avec dignité, un constat de la misère ordinaire mais avec la volonté de montrer également qu’il est possible de rebondir, d’en faire presque, je dis bien presque, une force.

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    Couverture du livre « Ce qui est monstrueux est normal » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy

    Gisele Marchand-Magagnotti sur Ce qui est monstrueux est normal de Celine Lapertot

    Le réveil de l'indicible, la monstruosité d'une enfance volée, la peur, la honte du tortionnaire. Le froid jusqu'aux os. Celui ou celle qui a subi , la violence de ce récit poignant ravive la monstruosité des souvenirs.

    Le réveil de l'indicible, la monstruosité d'une enfance volée, la peur, la honte du tortionnaire. Le froid jusqu'aux os. Celui ou celle qui a subi , la violence de ce récit poignant ravive la monstruosité des souvenirs.