Des femmes qui dansent sous les bombes

Couverture du livre « Des femmes qui dansent sous les bombes » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy
  • Date de parution :
  • Editeur : Viviane Hamy
  • EAN : 9782878583014
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Savez-vous pourquoi l'on a accepté de nous livrer ainsi à vous, dans ce que nous avons de plus intime. C'est parce que vous avez marché avec nous. Vous avez couru à nos côtés, la caméra embarquée. Vous avez marché aux côtés de nos mères, lorsqu'elles vendaient nos haricots, nos oeufs et notre... Voir plus

« Savez-vous pourquoi l'on a accepté de nous livrer ainsi à vous, dans ce que nous avons de plus intime. C'est parce que vous avez marché avec nous. Vous avez couru à nos côtés, la caméra embarquée. Vous avez marché aux côtés de nos mères, lorsqu'elles vendaient nos haricots, nos oeufs et notre lait. Vous avez partagé la sueur de nos mères. Vous les avez suivies tout le temps. Vous nous suivez partout, que nous nous battions, que nous vendions, que nous produisions. Vous avez constaté une chose : nous marchons. Nous marchons toujours. La marche est notre socle, le fondement de notre petite civilisation de femmes. Nous marchons pour vendre, nous courons pour fuir mais nous marchons encore pour tuer ».

Dans ce pays d'Afrique, la guerre civile fait rage et nul destin n'est tracé. Celui de Séraphine s'annonce heureux - elle épousera bientôt l'homme qu'elle aime -, mais il bascule lorsque des miliciens saccagent son village. Elle perd alors toute sa famille, et son innocence. Sauvée in extremis grâce à l'intervention d'une faction de l'armée régulière conduite par l'exceptionnelle Blandine, elle se joindra à sa troupe de « Lionnes impavides », qui luttent dans l'espoir fou d'un retour à la paix.

Il est impossible de lâcher ce roman - d'une pudeur et d'une justesse saisissantes -, hymne à l'héroïsme des êtres qui transforment leurs silences en un cri de courage et de fureur.

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Avis(8)

  • J’avais tellement aimé ma précédente lecture de Céline Lapertot que j’avais découvert avec Ne préfère pas le sang à l’eau que je voulais découvrir les deux autres ouvrages qu’elle a écrit.

    Celui-ci est son deuxième roman (le premier « Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre ») m’attend sur...
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    J’avais tellement aimé ma précédente lecture de Céline Lapertot que j’avais découvert avec Ne préfère pas le sang à l’eau que je voulais découvrir les deux autres ouvrages qu’elle a écrit.

    Celui-ci est son deuxième roman (le premier « Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre ») m’attend sur mes étagères mais je vais laisser passer quelques jours car on ne ressort pas indemne d’une telle lecture.

    Dès les premières pages, comme précédemment, on entre dans le vif du sujet avec l’attaque du village de Séraphine et le massacre de sa famille : son jeune frère, sa mère et son père qui assistera à son viol avant de mourir.

    L’action se déroule en Afrique, mais qu’importe le pays, elle se déroule là mais pourrait se dérouler ailleurs, dans un pays en guerre. Séraphine est une jeune fille de presque 20 ans, qui rêvait d’épouser Sumpun dont elle était amoureuse, les fiançailles étaient proches mais les miliciens qui vont croiser son chemin vont changer le cours de sa vie. Adieu les rêves, plongeon brutal dans la réalité d’une guerre.

    Elle a échappé à la mort de justesse, mais n’aurait-elle pas préférer mourir, et va se trouver projetée dans une armée principalement composée de femmes, les « Lionnes impavides » qui ont toutes subies outrages et violences et qui n’a qu’un seul but, chasser et tuer les miliciens responsables de ses douleurs familiales, physiques et mentales.

    Elle partira rejoindre Blandine, la chef de cette armée, celle qui était à son chevet et qui lui a insufflé l’envie de se lever, de marcher, de lutter et de rejoindre celles qui se battent. Elle sera son étoile, son modèle, celle qu’elle voudra devenir.

    La marche est notre socle, le fondement de notre petite civilisation. Nous marchons pour vendre, nous courons pour fuir mais nous marchons encore pour tuer. (p22)

    Séraphine n’a plus rien à perdre car elle a déjà tout perdu : sa famille, sa vie future car aucun homme ne voudra d’elle désormais et puis elle veut se venger : elle ne veut plus subir, si on la touche : elle tue, si on l’empêche de parler : elle tue, si on l’empêche de penser : elle tue. C’est une véritable machine de guerre.

    Et ce ne sont pas que des mots, car sur sa route elle rencontrera Nerine qu’elle sauvera d’un viol et d’une mort certaine et devra passer aux actes en tuant son agresseur, elle sait désormais qu’elle peut tuer.

    Ce que j’aime dans les romans de Céline Lapertot, et plus particulièrement dans celui-ci c’est qu’elle se glisse littéralement dans la peau de ses personnages et s’imprègne de ce qu’ils vivent : pesant le pour, le contre, analysant leurs sentiments, leurs réactions en fonction des événements, des rencontres.

    La narration est faite à plusieurs voix, parfois face aux journalistes, comme un reportage. Chacun parle de soi mais aussi des autres ce qui permet d’avoir un regard extérieur sur chaque personnage, confrontant les différents points de vue,les différents ressentis : Séraphine, Blandine, le Docteur Basonga, Nerine, Mélusine avec qui elle nouera une relation oscillant entre doute, jalousie, amitié, car enrôlée alors qu’elle faisait partie d’un groupe ennemi et Kadhi, jeune homme troublé par Mélusine et qui donne une note d’espoir dans toute cette noirceur.

    Chacun sa vision : la blessée, la chef, le médecin, la rescapée. Celle qui commence, celle qui sait, celui qui soigne et celle qui n’avait peut être pas le choix.

    Il y a la violence, la haine, la détermination de ces femmes qui n’ont plus peur de rien : ce sont les « lionnes impavides » que peut-il leur arriver qu’elles n’ont déjà subi : les larmes, le sang elles savent ce que c’est, on les a amputés de leur vie de femme, parfois d’une future vie de mère, elles n’ont plus rien à perdre que leurs vies et tant qu’elles avancent elles ne pensent pas au passé, elles sont encore en vie.

    Les phrases sont courtes, les mots sont durs et implacables, le rythme est soutenu. Pas de faux-semblants, pas d’édulcorant on est dans le vif du sujet, face à ceux qui violent, qui égorgent et qui humilient.

    Il y a Blandine, la meneuse, la guerrière, qui détecte au premier regard ceux qu’elle va enrôler dans son armée et qui fait preuve de discernement dans ses choix. Elle se tient droite, elle sait où elle va et qui elle emmène avec elle.

    La haine exige tellement moins de force que le pardon. (p159)

    Mais elle peut être aussi un colosse aux pieds d’argile car pour tenir ce poste il faut être solide, entière et le combat est rude.

    Les femmes dansent sous les bombes mais leurs corps et leurs âmes ont tellement soufferts que la danse n’est pas tendre. Elles sont broyées, blessées mais elles deviennent de vraies guerrières. Elles dansent ensemble, la douleur les unit.

    C’est avec le même souffle que j’avais trouvé dans Ne préfère le sang à l’eau que l’auteure nous parle de l’injustice, de la violence, des femmes mais aussi des enfants pris dans la tourmente de la guerre, jeunes, très jeunes, trop jeunes et qui deviennent également des armes de guerre.

    Les deux romans que j’ai lus de Céline Lapertot sont des cris sur notre monde, sur sa brutalité, sur les innocents qui payent le plus gros tribut, parce que plus faibles.

    Quelle force l’auteure met dans ses récits : on ouvre le livre et malgré les horreurs décrites, on est happé par le récit, on tourne les pages, oscillant entre émotion, douleur et admiration, oui admiration pour ces femmes qui se battent afin d’obtenir, non pas réparation car rien de ce qu’elles ont subi n’est réparable, mais justice pour le mal qu’on leur a fait.

    Oui quand on ouvre un livre de Céline Lapertot on part pour un voyage dont on revient bouleversé par le rythme et les mots, par la colère qu’elle glisse dans chacun, c’est une claque mais aussi une prise de conscience.

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  • Séraphine, Blandine, Nérine et d’autres femmes appartiennent à la troupe des "lionnes impavides".

    Décidées à ne plus subir la domination, un AK-47 dans la main, elles se battent car elles n’ont plus rien à perdre !

    Elles deviennent des guerrières pour échapper à la mort. Déterminées à...
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    Séraphine, Blandine, Nérine et d’autres femmes appartiennent à la troupe des "lionnes impavides".

    Décidées à ne plus subir la domination, un AK-47 dans la main, elles se battent car elles n’ont plus rien à perdre !

    Elles deviennent des guerrières pour échapper à la mort. Déterminées à tuer pour survivre, ôter la souillure et la honte de leur corps violé, leur "corps en ruine".

    Un roman choc et percutante ! L’auteure donne la parole sous forme de roman, aux femmes africaines meurtries par la guerre civile du Congo.


    Je vous invite VRAIMENT à lire les passages que j’ai recopiés ci-dessous.

    Une fois lu, vous n'aurez qu’une envie, c’est de découvrir ce très beau roman, à la fois intense et difficile mais à la fois, tellement indispensable. Impossible de rester insensible ! une histoire qui me restera longtemps en mémoire.

    Ne passez pas à côté de ce livre.

    Pour ma part, je vais m’empresser de lire les autres romans de cette auteure talentueuse.

    ********************************************************************************************************


    « Savez-vous ce que c’est d’être une femme dans un monde où le courage est confisqué par les hommes, où la peur est une arme de guerre qui contamine même les plus braves des paysannes. Savez-vous ce que c’est que de savoir que notre vagin est ce qui condamne le plus facilement, parce que la meilleure des armes est encore la jouissance, pour ces hommes qui sentent combien une guerre se remporte par la domination de toutes les femmes qui composent le peuple. »


    « Quiconque brise une femme, je le tue.
    Quiconque viole une femme, elle le tue,
    Quiconque vole l’argent de la récolte d’une paysanne, elle le tue,
    Quiconque prétend vouloir la paix en égorgeant les fils et les maris, elle le tue,
    Elle le tue,
    Elle le tue,
    Ce mot ne lui fait plus peur à présent »

    *********

    « Quiconque me marche dessus je le tue,
    Quiconque attente à ma vie je le tue,
    Quiconque tente de grignoter ma maigre parcelle de vie je le tue,
    Je le tue,
    Je le tue,
    Quiconque dit que les femmes ne savent pas tuer je le tue,
    J’ai des griffes plus tranchantes que les petits canifs des miliciens.
    Quiconque niera sa qualité d’être humain, elle le tuera

    Quiconque se répand sur mon ventre, je le tue. »


    Ce roman existe en format poche (la couverture est magnifique)

    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.fr/2018/03/des-femmes-qui-tombent-sous-les-bombes.html

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  • Des femmes qui dansent sous les bombes est un récit bouleversant sur la guerre civile en Afrique et notamment la place des femmes dans cet enfer.
    Le style saccadé et brutal de Céline Lapertot ajoute à la violence des scènes mais montre aussi l'empressement, l'acharnement qu'ont ces femmes,...
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    Des femmes qui dansent sous les bombes est un récit bouleversant sur la guerre civile en Afrique et notamment la place des femmes dans cet enfer.
    Le style saccadé et brutal de Céline Lapertot ajoute à la violence des scènes mais montre aussi l'empressement, l'acharnement qu'ont ces femmes, ces "lionnes impavides" à prendre leur revanche sur la vie, en défendant leur corps, leur pays. L'auteur signe là une oeuvre violente et pourtant remplie d'espoir, de vie et de liberté.
    J'ai beaucoup aimé ce roman dans lequel j'ai été happée avec force.

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  • http://www.echappee-litteraire.fr/2016/04/des-femmes-qui-dansent-sous-les-bombes.html

    J'ai fini ce livre il y a quelques jours déjà et j'y pense encore tant il m'a marqué et m'a plu. Ça a été un énorme coup de cœur, vraiment. Du coup, c'est assez difficile pour moi d'en faire la chronique, je...
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    http://www.echappee-litteraire.fr/2016/04/des-femmes-qui-dansent-sous-les-bombes.html

    J'ai fini ce livre il y a quelques jours déjà et j'y pense encore tant il m'a marqué et m'a plu. Ça a été un énorme coup de cœur, vraiment. Du coup, c'est assez difficile pour moi d'en faire la chronique, je n'arrive pas trop à trouver les mots pour exprimer ce que j'ai ressenti tant ça a été quelque chose de fort et tant j'ai aimé. Cet avis risque donc d'être un peu brouillon.

    En Afrique, la guerre civile fait rage. Lorsque des miliciens saccagent le village de Séraphine, tout bascule pour elle. Elle perd sa famille, l'avenir auquel elle était promis, mais aussi, et surtout, son innocence. Elle qui devait épouser un homme qu'elle aimait, elle va rejoindre la faction de l'armée régulière qui l'a sauvée et qui est conduite par Blandine. Elle va, elle aussi, devenir une lionne impavide et faire parti de ces femmes qui se battent, qui résistent et qui dansent sous les bombes. Dès lors, elle cesse d'être une victime et se dresse contre la violence qu'elle a subie, la retourne contre ces hommes qui pillent, violent, massacrent et qui réduisent au silence les femmes.

    Le procédé mis en place pour raconter cette histoire m'a énormément plu. Face à une caméra, les personnages prennent tour à tour la parole et s'adressent à une journaliste. Cette manière de faire permet de s'attacher rapidement à eux, de les connaître plus en détail. Je n'avais vraiment pas envie de les quitter. Tous m'ont marqués et assurément, je ne les oublierai pas de sitôt, tout comme cette histoire. Séraphine, Blandine, Mélusine, ou encore Nerine, la paysanne, le docteur, tous se battent pour leur pays, tous se battent pour la vie.

    Avec un style empli de justesse et de retenue, Céline Lapertot nous plonge dans le quotidien violent de ces femmes, de ces lionnes impavides. Elles sont bouleversantes mais dignes et refusent de n'être que des victimes. C'est une histoire qui marque, qui prends aux tripes, c'est un hymne aux femmes résistantes. C'est un roman prenant, empli de justesse mais aussi, et surtout, de courage et d'héroïsme.

    Assurément, c'est un livre à lire !

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