"Ne préfère pas le sang à l’eau" de Céline Lapertot, un roman poétique et humaniste

mercredi 14 mars 2018

"Ne préfère pas le sang à l’eau" de Céline Lapertot, un roman poétique et humaniste

Parce qu’il est si difficile de savoir que lire, on continue à vous présenter des titres de cette rentrée de janvier 2018 avec les chroniques de nos lecteurs.

Aujourd’hui nous vous faisons découvrir Ne préfère pas le sang à l’eau, le roman de Céline Lapertot. Voici les avis de deux grandes lectrices, Nathalie et Olivia.

L’avis de Nathalie :

Le roman de Celine Lapertot est grandiose, il se déroule dans une époque indéterminée, à Cartimandua. Dans cette ville, on est fière de la citerne qui permet de boire, manger, d’avoir une vie normale. Mais un jour la citerne explose et le monde bien rangé et policé explose. Les nez verts, des réfugiés venant du désert pour survivre et s’installer en ville sont rapidement montrés du doigt.

Récit d’anticipation mais pas tant que ça, l’auteur développe une galerie de personnage en alternant le récit d’un prisonnier, de nez verts, en mélangeant les points de vue, elle nous fait réfléchir sur l’humanité.

Elle s’interroge aussi sur la violence, la lâcheté humaine, les jeux de pouvoir, autour de sa galerie de personnage, on retrouve des idéalistes comme Thiego, Tristan, des personnes ballottées par les événements comme la petite Karole et les nez verts. A travers peu de page, l’auteur tisse une intrigue riche avec une langue poétique et à la fois réaliste, dure et douce. Elle mêle référence littéraire, problèmes comme le racisme, l’autoritarisme qui font échos à notre monde d' aujourd’hui et à notre société sans la nommer.

Elle nous pousse à nous interroger sur notre conception de l’humanité, de la démocratie. Un livre vibrant, magistral à lire qui fait réfléchir et éblouie. Une bien belle rencontre que ce roman avec Thiego, les nez verts et qui m’accompagnera longtemps. Merci à Lecteurs.com pour cette découverte.

Si vous deviez le conseiller ? Je le conseillerai à tout le monde car il est poétique, humaniste et fait réfléchir.

 

© nathalie eirenamg

 

 

L’avis d’Olivia :

L'eau s'est raréfiée jusqu'à devenir introuvable à certains endroits. A Cartimandua, une imposante citerne blanche permet aux habitants d'échapper à la soif, de consommer l'eau sans y prêter attention, tandis que défilent dans leur ville des exilés venus chercher à boire, au prix de long mois de marche interminables. A l'explosion de la Citerne, la ville sombre dans le chaos, la dictature, le racisme des "nez-verts", tandis que quelques hommes et femmes se lèvent pour se battre au nom de la liberté, du partage et de l'entraide des hommes.

 

Livre choc, Ne préfère pas le sang à l'eau est un coup de poing à l'estomac, une boule dans la gorge, un livre à réfléchir bien après avoir été lu. On ne sait rien du contexte général de l'histoire, un simple nom de ville imaginé suffit à tout expliquer. C'est un monde tellement similaire au nôtre, où pourtant des hommes, des femmes et des enfants meurent de soif au point de tout quitter pour aller chercher de l'eau, où une population se déchire pour quelques gouttes de ce liquide précieux. Céline Lapertot ne ménage pas ses mots pour nous faire prendre conscience du gaspillage que nous réalisons chaque jour, de l'individualisme qui s'installe de plus en plus dans notre société, du chacun pour soi et chacun devant sa télé. 

 

A travers des personnages saisissants de réalisme, nous livrant leurs pensées, leurs réflexions dans les plus intimes, Céline Lapertot nous délivre un roman sensible, sensé et poignant - j'ai eu plusieurs fois une petite larme à l'œil. Un personnage central donne le ton tandis que des scènes dédiées à d'autres nous attaquent jusqu'au cœur. Beaucoup de souffrance dans ce livre, et pourtant beaucoup d'idéaux, de principes de vie, de volonté d'avancer, racontés avec un style direct, précis et poignant. Une pointe d'optimisme sur la fin, l'entrevue d'un avenir meilleur : on sort de ce roman chamboulé, indécis aussi, mais définitivement conquis par la façon admirable avec laquelle l'auteur a su faire passer son message. 

Si vous deviez le conseiller ? Un livre court, qui touche tout de suite au but, incroyablement bien écrit, et invitant à la réflexion : je ne peux que recommander cette lecture, à condition d'avoir le cœur bien accroché.

© Olivia Cheucle

 

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