Ne préfère pas le sang à l'eau

Couverture du livre « Ne préfère pas le sang à l'eau » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy
  • Date de parution :
  • Editeur : Viviane Hamy
  • EAN : 9791097417048
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Cette sensation de fin du monde, quand tu as dix ans et que tu comprends, du haut de ton mètre vingt, qu'il va falloir abandonner la sécheresse de ton ocre si tu ne veux pas crever. Je serais restée des millénaires, agenouillée contre ma terre, si je n'avais pas eu une telle soif.

Maman a... Voir plus

« Cette sensation de fin du monde, quand tu as dix ans et que tu comprends, du haut de ton mètre vingt, qu'il va falloir abandonner la sécheresse de ton ocre si tu ne veux pas crever. Je serais restée des millénaires, agenouillée contre ma terre, si je n'avais pas eu une telle soif.

Maman a caressé la peau de mon cou, toute fripée et desséchée, elle m'a vue vieille avant d'avoir atteint l'âge d'être une femme. Elle a fixé les étoiles et, silencieusement, elle a pris la main de papa. On n'a pas besoin de discuter pendant des heures quand on sait qu'est venu le moment de tout quitter. J'étais celle à laquelle on tient tant qu'on est prêt à mourir sur les chemins de l'abîme.

J'étais celle pour laquelle un agriculteur et une institutrice sont prêts à passer pour d'infâmes profiteurs, qui prennent tout et ne donnent rien, pourvu que la peau de mon cou soit hydratée. J'ai entendu quand maman a dit On boira toute l'humiliation, ce n'est pas grave. On vivra. Il a fallu que je meure à des milliers de kilomètres de chez moi. »

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  • Ne préfère pas le sang à l'eau. La vie c'est gratuit. Ne fais pas couleur le sang pour ce qui appartient à l'humanité. (p65)

    Quand à 10 ans vous devez tout quitter parce que vous êtes un nez-vert, parce que vous avez soif, que trouver de l'eau est le but de chaque journée. Voilà son seul but...
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    Ne préfère pas le sang à l'eau. La vie c'est gratuit. Ne fais pas couleur le sang pour ce qui appartient à l'humanité. (p65)

    Quand à 10 ans vous devez tout quitter parce que vous êtes un nez-vert, parce que vous avez soif, que trouver de l'eau est le but de chaque journée. Voilà son seul but : Karole a soif, du haut de son 1,20 mètre elle est déjà vieille dans sa tête et sur sa peau, par la force des choses, elle ne comprend pas tout ce qui l'entoure mais elle ressent la sécheresse dans son corps, à chaque minute. Atteindre la citerne est son objectif mais.....

    Elle prit la petite bouteille qu'on lui tendit et après avoir bu, elle alla jusqu'à passer son index sur la pointe de ses lèvres, pour recueillir la dernière goutte, la plus luxueuse d'entre toutes, celle qui te caresse la peau sans aucune volonté que de t'accorder la volupté de la vie. (p12)

    Thiego lui a pris conscience, grâce en partie à sa mère, qu'il fallait qu'il rentre en résistance, à sa manière, contre le régime de Ragazzini, despote impitoyable et manipulateur mais il va connaître la prison, la torture, la trahison et la perte de ceux qu'il aime. Il le fait à sa manière, en écrivant sur les murs de sa ville sa colère mais aussi sa reconnaissance pour certains.

    J'écris que le quotidien encombre nos cœurs et qu'on ne s'est jamais soucié du malheur de nos contemporains avant d'avoir été confronté au malheur des peuples voisins si envieux de nos petites tragédies individuelles. (p68)

    A Cartimandua, pays imaginaire mais pas si éloigné de nous, à une époque inconnue mais qui pourrait se dérouler de nos jours (et se déroule déjà), l'auteure partage avec nous sa révolte calme mais réfléchie, sa honte de faire partie des nantis, de gaspiller le bien le plus précieux de la terre : l'eau.....

    Je découvre cette auteure, avec ce roman et dès les premières pages je suis bouleversée : bouleversée par l'histoire, par les faits, par les personnages, mais aussi par les mots, par l'écriture. A 31 ans un tel talent, une telle lucidité, une telle maîtrise du récit et de sa construction. 

    La narration est faite à plusieurs voix en alternant les récits des différents personnages et l'on ne peut s'empêcher de penser aux similitudes avec notre monde actuel. Pas de mots inutiles, pas de grands effets, un simple constat. 

    Les nez-verts peuvent être assimilés à bien des populations stigmatisées, l'exil et ses causes nous les avons sous les yeux, les rebelles sont de toutes les époques avec les questionnements qui se posent à eux : tenir, se battre, sous quelle forme, trahir ou résister.

    Ce livre est une sorte de cri, calme mais déterminé, une colère qui s'exprime, froide et lucide,  une lecture qui ne peut laisser indifférent, qui nous pousse dans nos retranchements, nos peurs, nos craintes et quand on referme le livre on est sonné.

    Pour ma part je me suis délectée des mots, des réflexions et constats tellement vrais, directs et percutants parfois, de la narration à plusieurs voix, donnant encore plus de crédibilité car il donne une vision totale de la situation, car rien ne sert de tourner autour du pot et qu'il faut bousculer les consciences pour changer...... Nous gaspillons un bien qui pour d'autres est vital, nous vivons au-dessus de nos moyens sans regarder toute une population qui souffre. Une partie du monde déborde quand l'autre sombre.

    L'auteure fait preuve d'une maturité de pensée, d'écriture et a réussi à construire un récit qui vous prend la tête et le cœur, qui laisse en vous une trace indélébile.

    Alors oui, les livres, ces garnisons de mots qui nous préservent du vide, à l'heure où tant de faux prophètes brûlent les pensées qui les dérangent et attaquent au disque à découper les sites les plus anciens de l'humanité. (p43)

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  • Il m’a fallu attendre son troisième roman pour découvrir cette jeune auteure, professeur de français à Strasbourg. Belle découverte! J’aime d’emblée son écriture incantatoire, son sens de la tragédie et son regard lucide sur les problèmes actuels de société.

    Rien de tel pour ouvrir les yeux...
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    Il m’a fallu attendre son troisième roman pour découvrir cette jeune auteure, professeur de français à Strasbourg. Belle découverte! J’aime d’emblée son écriture incantatoire, son sens de la tragédie et son regard lucide sur les problèmes actuels de société.

    Rien de tel pour ouvrir les yeux que de s’inscrire dans un roman d’anticipation, de travailler ses personnages au plus près en les icônisant, de fondre ses messages dans une fable bien construite, à la fois concise et profonde.

    Tout commence avec le mouvement et le désir. Trois cent « nez-verts » assoiffés arrivent à Cartmandua, avec dans le coeur « Cet espoir immense en la chance d’un autre destin, d’une opportunité, où tout sera aussi facile que le fait de tourner le robinet d’eau froide. Et boire. »

    Mais le village tombe sous la dictature de Ragazzini, faisant exploser la citerne qui trônait comme un trophée de nantis. Installés dans leur confort, personne, hormis Pia, la mère de Thiego, n’a rien vu venir.

    « On n’écoute pas quand on est trop confortable dans son bien-être. »

    Le corps noyé de la jeune Karole, qui avait tant chéri la citerne à son arrivée symbolise la perte de tout espoir. Morte par ce qui devait la sauver. Les images sont fortes pour dénoncer l’inhumanité.

    En alternance, nous découvrons Thiego dans la prison de Cartmandua. Le jour de l’explosion de la citerne, il avait appris la maladie de sa mère et décidé de combattre l’injustice avec ses armes, les mots. Dans la tête de Thiego passent toutes les difficultés de la vie en prison, le manque, les regrets, les amitiés et les trahisons. Il résiste en pensant aux mots des livres, aux mots qu’il taguait sur les murs. Il survit en pensant à sa femme, en écrivant son nom sur les murs de sa prison.

    « Il en aura fallu du sang pour qu’on comprenne que l’eau ça se partage. »

    Avec ce roman d’anticipation, Céline Lapertot traduit remarquablement l’espoir et la peur des migrants, l’égoïsme des nantis. La force des mots évoque des images choc, symboliques. Le regard sur notre société est percutant, intelligemment glissé dans cette fable aux personnages d’une grande sensibilité.

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  • Aussi puissant que ces deux précédents romans, Céline Lapertot, publie en ce début d'année " Ne préfère pas le sang à l'eau" aux Editions Viviane Hamy.
    p. 96 : " L'humanité ne regarde jamais, même le plus grand de ses trésors, l'eau, la terre, le feu, quand il danse chaque jour sous son regard....
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    Aussi puissant que ces deux précédents romans, Céline Lapertot, publie en ce début d'année " Ne préfère pas le sang à l'eau" aux Editions Viviane Hamy.
    p. 96 : " L'humanité ne regarde jamais, même le plus grand de ses trésors, l'eau, la terre, le feu, quand il danse chaque jour sous son regard. "
    Située dans un avenir que l'on peut imaginer proche, l'histoire se déroule dans un village imaginaire du nom de Cartimandua. La Terre promise. Lorsqu'au fil des années l'eau a commencé à manquer, on y a fait construire dans ce tout petit pays industrialisé, une des plus grande citerne de réserve d'eau au monde. Particulièrement convoitée, ce trésor est très envié par des milliers de gens jusqu'à l'autre bout de la planète.
    Dans une narration à plusieurs voix, on y retrouve notamment Thiego, qui, par les mots a tenté de bousculer le système dictatorial en place.  Emprisonné, il nous fait le récit de l'évolution de sa situation.
    P. 19 : " On meurt pour des idées, voilà ce que j'ai dit à Tristan lorsqu'il a souhaité nous rejoindre. Fais attention à ce que tu écris, on en meurt. "
    Parallèlement, c'est aussi l'histoire de la petite Karole que l'on suit. Réfugiée à Cartimandua avec sa famille, elle a quitté son pays pour trouver cette eau si précieuse. Mais les "nez-verts" comme on les surnomme ne sont pas les bienvenus. La dictature en place leur impose par conséquent un rationnement.
    Mais à peine a-t'elle avalé son premier verre d'eau que la citerne explose ! Accident ou complot, ce véritable tsunami charrie les corps et les décombres, emportant tout sur son passage, et laissant les habitants totalement abasourdis.
    P. 61 : " Ça te stupéfie, un adulte mort. Mais un enfant, ça te désespère. Jusqu'à la fin de ta vie. "
    Volontairement cinglante, l'écriture est aboutie et maîtrisée, et la construction élaborée. L'auteure aborde ici une problématique on ne peut plus contemporaine, qu'est la raréfaction des ressources en eau potable, appuyée dans ce roman par une dictature qui censure tout acte de rébellion.
    De style philosophique à forte tendance dystopique, on frôle la réalité malgré tout. Et c'est avec quelques frissons que l'on parcourt ce roman.
    La distance imposée par l'auteure vis-à-vis de ses  personnages provoque indubitablement une identification du lecteur à travers eux. Un roman qui pose question sur notre rôle à chacun dans notre rapport à la consommation de l'eau, mais également dans notre rapport face à ceux qui en manque.
    Une belle prise de conscience !
    P. 136 : " Quelle vie m'attend, là-bas, à quelques tout petits kilomètres que je parcours lentement. Il en aura fallu du sang, pour qu'on comprenne que l'eau, ça se partage. "

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  • Il faut commencer par souligner l’ambiance, l’atmosphère très particulière que Céline Lapertot réussit à installer dès les premières pages de ce livre fort et qui pourrait dérouter par cette absence de vrais repères. Mais c’est là justement la volonté de la romancière, nous entraîner sur un...
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    Il faut commencer par souligner l’ambiance, l’atmosphère très particulière que Céline Lapertot réussit à installer dès les premières pages de ce livre fort et qui pourrait dérouter par cette absence de vrais repères. Mais c’est là justement la volonté de la romancière, nous entraîner sur un terrain déstabilisant sur lequel l’angoisse est diffuse, la menace permanente, sans que pour autant on ne puisse clairement l’appréhender.
    Nous sommes avec 300 personnes assoiffées sur les routes d’un exil improbable. Elles ont pris la route à la recherche de l’eau qui leur manque désormais cruellement. Cette eau qui est le gage d’un avenir meilleur. Portés par un «espoir immense en la chance d’un autre destin, d’une opportunité, où tout sera aussi facile que le fait de tourner le robinet d’eau froide. Et boire. Boire jusqu’à plus soif cette foi en la vie retrouvée.» Au fil des pages, on comprend toutefois que si l’espoir fait vivre, il peut aussi se tarir.
    En remontant aux origines de cette tragédie, on découvre en effet qu’il leur aura fallu une fois chevillée au corps pour croire à des lendemains qui chantent. Car s’ils se retrouvent sans eau, c’est que la citerne qui leur fournissait le précieux liquide a explosé. Cette citerne qui était justement censée leur apporter paix, stabilité et prospérité. Cette citerne qui «devait révolutionner la vie des habitants de Cartimandua. (…) Une merveille de technologie faite d’acier et de béton. Un paquebot indestructible, contrairement au Titanic.» Voilà toutefois que l’histoire se répête… sauf qu’il ne s’agit pas ici d’un accident, mais d’un attentat perpétré pour asseoir le pouvoir d’un tyran. L’ironie de l’histoire veut du reste que cette citerne ait été érigée en face d’un pénitencier où sont enfermés les opposants au régime, les empêcheurs de penser en rond, comme ce jeune garçon qui entendait réveiller les consciences en délivrant des messages de liberté sur les murs de la ville. Comme tous ses co-détenus qui ne supportent plus le régime draconien auquel ils sont soumis, n’ayant droit qu’à le moitié d’un verre d’eau par repas.
    Lä encore, la plume de Céline Lapertot fait merveille. On sent l’idée d’une mutinerie s’ancrer dans les crânes des prisonniers, mais on sent aussi la tension s’aviver chez leurs geôliers.
    «Il aura fallu du sang pour qu’on comprenne que l’eau, ça se partage». Il aura aussi fallu cet écriture sèche pour faire de ce conte sur l’émigration, le climat, la tyrannie une formidable réussite. C’est bien simple, en le refermant, on ne regarde plus sa bouteille d’eau de la même façon!

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  • L'eau qui disparait, la sécheresse, 300 paires de jambes, à la recherche d'un trésor, capables de parcourir des milliers de kilomètres pour boire, simplement boire. Karole, une petite fille est en marche avec ses parents et une partie de son peuple "les nez-verts" pour un pays voisin Cartimandua...
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    L'eau qui disparait, la sécheresse, 300 paires de jambes, à la recherche d'un trésor, capables de parcourir des milliers de kilomètres pour boire, simplement boire. Karole, une petite fille est en marche avec ses parents et une partie de son peuple "les nez-verts" pour un pays voisin Cartimandua qui a la chance de posséder une immense Citerne qui met ses habitants à l'abri de la soif en alimentant en eau courante une grande partie de la ville.

    Une énorme citerne, faite d'acier et de béton, un paquebot indestructible. Mais un jour, la citerne explose, des soldats partout dans la ville, la fin d'une civilisation, il faut la manière forte dans un pays pour que les règles soient à nouveau respectées, et un dictateur est porté au pouvoir. Il faut toujours un coupable, et l'étranger est toujours le premier désigné. La raréfaction de l'eau creuse un fossé entre les peuples, et les gens ne veulent pas partager.

    Thiégo, lutte contre ce tyran, il a publié des lettres ouvertes dans des journaux clandestins, la liberté se construit un stylo à la main. Sur les murs il trace Liberté j'écris ton nom . Dénoncé par son ami d'enfance Marco, Thiégo se retrouve dans un pénitencier.

    Une fable polyphonique qui aborde les thèmes essentiels du monde d'aujourd'hui, le partage des richesses, les migrants, les réfugiés climatiques, les démocraties vacillantes, la tentation de l'extrémisme, la xénophobie. Un court roman d'une richesse incroyable, plaidoyer pour la différence, la liberté et la fraternité.

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  • D’un côté, il y a les migrants qui ont franchi des kilomètres dans la souffrance et la faim pour arriver jusqu’à Cartimandua. De l’autre côté il y a les habitants qui ont du mal à accepter les nez-verts, ces migrants qu’ils rejettent avant même de les comprendre et les accepter.
    Un jour, le...
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    D’un côté, il y a les migrants qui ont franchi des kilomètres dans la souffrance et la faim pour arriver jusqu’à Cartimandua. De l’autre côté il y a les habitants qui ont du mal à accepter les nez-verts, ces migrants qu’ils rejettent avant même de les comprendre et les accepter.
    Un jour, le drame arrive, la citerne réserve d’eau explose et dévaste une partie de la ville. Une petite fille jouait dans le bac à sable tout à côté, emportée par le flots, elle qui a traversé le désert avec sa famille meurt noyée, engloutie par l’eau qui devait apaiser les brulures de sa gorge déshydratée et la désaltérer.
    Pendant ce temps-là, le pays tombe sous la coupe d’un dictateur, Ragazzini, qui établit sa puissance en assoiffant les populations. Dans cette ville il y a également un pénitencier. Et dans ce pénitencier, il y a T qui compte inexorablement les briques rouges des murs de sa prison. T a osé écrire sur les murs pour dénoncer, dire l’espoir, réveiller les consciences, il a été trahi par son ami d’enfance. ..
    On comprend que ce pays, ces hommes, cette époque sont imaginaires, mais que cela pourrait être ici et maintenant. Dans son roman Céline Lapertot parle d’immigration, de dictature, de liberté, de différence, de violence. Elle évoque aussi les mots qui sauvent, l’écriture, la fraternité et la confiance. L’auteur est une jeune femme aux textes engagés qui décillent les yeux des lecteurs. Ce sujet touche ses lecteurs, car il entre en résonnance avec l'actualité et avec nos interrogations actuelles.
    chronique complète ici https://domiclire.wordpress.com/2018/03/18/ne-prefere-pas-le-sang-a-leau-celine-lapertot/

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  • Quel livre ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un récit d'une telle puissance. L'écriture, l'intrigue, la réflexion de cette dystopie sont époustouflantes. Ce livre marque les âmes et remue les coeurs, perturbe l'esprit et s'incruste dans toutes les cellules.

    Ce récit fiction est...
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    Quel livre ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un récit d'une telle puissance. L'écriture, l'intrigue, la réflexion de cette dystopie sont époustouflantes. Ce livre marque les âmes et remue les coeurs, perturbe l'esprit et s'incruste dans toutes les cellules.

    Ce récit fiction est nécessaire car il concerne l'humanité toute entière, il résonne dans notre monde bancal. Cartimandua. C'est là que se situe la grande citerne d'eau enviée par tous ceux qui n'en ont pas. Lorsque les "nez verts" fuient leur pays pour s'hydrater, les habitants de Cartimanda ne sont pas partageurs. Quand l'eau vient à manquer dans la ville, les premières victimes sont les étrangers, persécutés. Un régime totalitaire s'empare du pouvoir, mais des résistances se mettent en place.

    Un texte époustouflant de justesse.

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  • Je suis complètement époustouflée par l’écriture de Céline Lapertot. 31 ans et une telle maturité, une telle maîtrise !
    Dans un pays imaginaire, une énorme citerne d’eau attire des habitants de pays voisins en proie à la sécheresse.
    Mais voilà, un jour, la citerne explose.
    De nombreux morts...
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    Je suis complètement époustouflée par l’écriture de Céline Lapertot. 31 ans et une telle maturité, une telle maîtrise !
    Dans un pays imaginaire, une énorme citerne d’eau attire des habitants de pays voisins en proie à la sécheresse.
    Mais voilà, un jour, la citerne explose.
    De nombreux morts dont la petite Karole qui vénérait la citerne. Et surtout, la défiance voire la haine des habitants pour tous ces migrants, les « nez-verts », maintenant que l’eau pourrait venir à manquer ici aussi.
    D’autant qu’un dictateur a été nommé à la tête du pays.
    Plusieurs voix racontent cette histoire, dont celle de T.qui exprime sa révolte contre le pouvoir par des mots et des tags, celle de Karole, morte d’avoir atteint son Eldorado, celle de Jagu……
    De nombreux personnages pour comprendre les réactions en temps de crise.
    C’est comme une fable, proche, si proche des réalités de notre monde.
    L’immigration, la politique, la société, les travers de chacun, les combats de certains…. Tout est dit, tout est écrit.
    Comme un cri de colère, de révolte, les mots de l’auteur nous accrochent, nous prennent à partie et nous entraînent.
    C’est fort et c’est puissant.

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  • Certains romans sont de véritables uppercuts parce que l’histoire est forte et parce que le style sert merveilleusement le fond. Ne préfère pas le sang à l’eau est un roman de cette trempe. Il vous prend en otage, vous travaille, vous laboure le ventre et le cœur tout en vous émerveillant et on...
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    Certains romans sont de véritables uppercuts parce que l’histoire est forte et parce que le style sert merveilleusement le fond. Ne préfère pas le sang à l’eau est un roman de cette trempe. Il vous prend en otage, vous travaille, vous laboure le ventre et le cœur tout en vous émerveillant et on se dit que oui c’est à ça que sert la littérature, c’est pour ça qu’on lit. Pour être remué, chamboulé.

    Nous suivons deux récits parallèles dans un pays imaginaire appelé Cartimandua. Ce petit pays possède un immense trésor : une gigantesque citerne d’eau. Alors que la sécheresse sévit dans les pays voisins, Cartimandua est l’image de l’Eldorado. Bientôt, des populations comme les « nez verts » quittent leurs pays pour vivre là où l’on peut étancher sa soif. Evidemment, quand on a un privilège on est peu partageur. Les habitants voient d’un très mauvais œil l’arrivée de ces migrants de la soif. Quand la canicule finit par s’installer aussi à Cartimandua, les protestations et les remarques racistes se multiplient. Les « nez verts » sont devenus des nuisibles. La folie s’empare des Hommes et un régime autoritaire voit le jour. Heureusement, certains n’acceptent pas cette situation et entrent en résistance. Mais, un jour, une catastrophe monumentale a lieu…

    Comment ne pas voir à travers cette histoire le roman de notre présent et certainement de notre futur ? Céline Lapertot nous tend un miroir bien peu flatteur de notre monde égoïste, qui se replie, qui voit chaque migrant de la Méditerranée comme un pilleur. Et pourtant, ces migrations vont se multiplier dans les décennies à venir avec les catastrophes climatiques qu’on ne veut pas voir.

    Comment ne pas tomber amoureux de cette écriture incisive, percutante tout en étant poétique ? Je ne compte plus les passages sublimes, les pages cornées. Les personnages sont très bien brossés. On vit les événements avec eux, on désespère et espère avec eux. Ils sont là bien réels pour moi, faits de chair, de sang, d’eau…

    Un très très grand roman de cette rentrée littéraire. Ne passez pas à côté !!!

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  • Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/02/ne-prefere-pas-le-sang-leau-celine-lapertot.html

    Prenez conscience. Les températures augmentent, les terres sont arides, craquèlent. L’eau se raréfie au point que certains peuples ne puissent plus accéder qu’au compte-goutte à cette ressource...
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    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/02/ne-prefere-pas-le-sang-leau-celine-lapertot.html

    Prenez conscience. Les températures augmentent, les terres sont arides, craquèlent. L’eau se raréfie au point que certains peuples ne puissent plus accéder qu’au compte-goutte à cette ressource nécessaire à la vie. Les peaux se flétrissent, même celles des enfants. Même celle de Karole « vieille avant d’avoir atteint l’âge d’être une femme » et dont les parents sont prêts à tout pour lui donner la chance de vivre. Alors pour survivre dans ce monde en perdition, certains quittent leur pays pour rejoindre ce qui s’apparente à un Eldorado : Cartimandua.
    Dans ce pays, l’homme a trouvé la solution. Un immense monstre métallique blanc, que la petite Karole rêve de serrer dans ses bras. Une citerne contenant assez d’eau pour permettre à tous de survivre. Mais dois-je vous apprendre que les vagues migratoires ne sont souvent pas bien vues ? Il suffit de voir notre société pour comprendre … Alors ceux que l’on nomme « nez-verts » vont commencer à être craint par les habitants. Cette peur tenace que l’autre nous vole, se serve, jusqu’à plus soif, jamais. Alors bien sûr, un homme, un « gros monsieur, entouré de sa clique » a la solution. Il va rétablir l’ordre. Prendre le pouvoir un beau jour. Quand le drame se sera produit. Celui de l’explosion de la citerne qui provoquera un tsunami. Corps gisant, pantins désarticulés.
    Et si certains ne tiennent pas avec lui, parce que le cœur de l’homme n’est pas toujours mauvais, ils seront enfermés. La résistance n’est pas permise. Même lorsqu’il s’agit d’un simple acte d’écriture. Sur les murs, sur des feuilles. Clandestines. Comme le fait Thiego. Ou plutôt comme le faisait Thiego avant d’être dénoncé, arrêté, enfermé, torturé, affamé, assoiffé. Mais vivant. La liberté au bout de la craie. La liberté qui tient dans une bombe, de peinture. La liberté dans le cœur. En regardant le ciel à travers les barreaux il tente d’y croire encore. Il tente de rester un homme bon, un homme qui ne se laissera pas envahir par la haine et la colère.

    Vibrant de justesse et foudroyant de poésie, cette fable contemporaine m’a totalement bousculée au point d’avoir bien des difficultés à trouver les mots pour en parler.

    C’est en apnée, la gorge sèche que je suis partie à la découverte de cette écriture incisive, fulgurante qui nous met face à nos responsabilités, face à notre passivité. Parce que l’Homme pense que tout lui est dû, que tout est acquis. Individualisme et égoïsme remarquablement mis en en lumière par Céline Lapertot. De ce cri écologique à cette haine ou parfois juste cette peur grandissante de l’autre, des migrants, de ceux qui sous prétexte de venir d’ailleurs et de ne pas vivre comme nous sont forcément dérangeants ou malveillants, elle parvient à nous émouvoir, nous glacer le sang et nous mettre K.O. par la seule force des mots. Les mots, ô combien importants et mis à l’honneur également dans ce roman. Des mots pour dire l’horreur de ce qui pourrait nous attendre, de ce qui se passe déjà, mais des mots aussi pour défendre la liberté. Et je n’ai pu m’empêcher de penser à ces écrivains qui se battent au nom de celle-ci, qui luttent contre la tyrannie. Dogan Akhanli, Chahdortt Djavann, Aslı Erdoğan et j’en passe. Tous ceux et toutes celles qui prennent la plume comme arme pour dénoncer, au péril de leur vie.

    Ces préoccupations majeures poussent à réfléchir sur le monde d’aujourd’hui et de demain. Sur les menaces qui planent ou se mettent en marche. Un récit bien sombre mais porté par des personnages lumineux, extrêmement touchants qui nous laissent entrevoir un espoir. Celui que seuls les hommes sont capables de porter. Ensemble. Et ce roman, certainement dérangeant mais tant mieux, est à mettre entre toutes les mains car Ne préfère pas le sang à l’eau est un magnifique plaidoyer pour la démocratie, pour la vie et pour la liberté, l’égalité, la fraternité.

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