Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre

Couverture du livre « Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy
  • Date de parution :
  • Editeur : Viviane Hamy
  • EAN : 9782878585902
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Imaginez l'histoire d'une violence. Celle que fait subir un père à sa fille. Celle, honteuse, intime, et qui ne peut se dire ou qu'on ne veut pas entendre... Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre est l'explication du silence dans lequel Charlotte s'est enfermée lorsqu'elle avait sept ans.... Voir plus

Imaginez l'histoire d'une violence. Celle que fait subir un père à sa fille. Celle, honteuse, intime, et qui ne peut se dire ou qu'on ne veut pas entendre... Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre est l'explication du silence dans lequel Charlotte s'est enfermée lorsqu'elle avait sept ans. C'est la jeune fille de dix-sept ans qui révèle, enfin, le secret de son enfance. Elle y consent parce qu'elle a tué et qu'elle doit témoigner. C'est une sorte de lettre ouverte - rédigée dans une salle d'attente du tribunal - adressée à son juge.
Elle raconte : malgré les apparences, elle n'a pas « craqué ». Au contraire, elle revendique son acte, en assume la responsabilité, parce qu'elle a compris - dans la seconde même où elle a saisi le couteau - qu'elle ne pouvait que tuer, qu'elle n'avait pas d'autre choix après avoir subi sans broncher les sévices que son père lui a infligés au cours des dix dernières années. Elle a ainsi mis le point final à son calvaire, elle a accédé à sa liberté d'être humain répondant de ses actes. Mais, dans le même temps, cet acte primitif et sauvage en fait une meurtrière qui doit se soumettre à la Justice des hommes. Après s'être tue pendant si longtemps, comment s'exprimer, comment trouver les mots pour faire comprendre l'inavouable, l'innommable ? Charlotte a décidé que ce ne sera pas par le son de sa voix que le juge l'entendra mais par l'écho que renverra sa confession manuscrite... Son père la dorlote, lui offre tous les jouets et gadgets que peut désirer une petite fille modèle : il réserve sa violence à sa femme. C'est seulement lorsque Charlotte a 7 ans, que ce papa chéri devient un bourreau. La fillette perçoit le basculement lorsqu'elle comprend qu'elle n'occupera plus jamais sa chambre parfaite. L'antre où elle survivra sera la cave de la maison que son papa a aménagée. Entre humidité et courses de rats, c'est là que Charlotte va apprendre et analyser les longs silences et la passivité de sa mère, qu'elle va grandir, se construire, toujours terrée et murée dans le silence qui la caractérise... Plus le temps passe, plus la fureur paternelle s'intensifie. Une nuit, il l'enchaîne. Puis, une autre nuit, il retire son ceinturon et la cingle au visage et à la hanche. À l'étage, la chambre de la petite fille a été transformée en un décor qui évolue au fil des années et qui demeure fermé : seul le père en possède la clé, une clé qu'il utilise exclusivement lorsque la famille reçoit de la visite. Charlotte espère parvenir à faire comprendre au monde extérieur, par des signes qui lui semblent lisibles - son regard, ses gestes, la couleur diaphane de sa peau, l'humidité constante de ses cheveux -, sa détresse quotidienne, mais il lui est impossible de la verbaliser. L'assurance qui irradie du comportement paternel convainc toujours que tout, dans sa famille, se passe comme dans le meilleur des mondes...
La rencontre avec Guy sera-t-elle la bonne clé, celle qui permettra à Charlotte d'ouvrir la porte de sa cave, qui lui permettra de respirer et de vivre, enfin ?
Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre clame le cri que Charlotte ne parvient pas à lâcher en face des adultes qui l'interrogent et aux camarades que sa différence inquiète. Elle apparaît, moderne et fragile héroïne, et le lecteur ne peut s'empêcher de penser à Phèdre ou à Antigone que le meurtre libère. Il bouleverse parce que Céline Lapertot a trouvé le rythme juste pour maintenir la tension dramatique qui en fait la force. Le lecteur reste auprès de Charlotte à chaque instant, il partage sa douleur, puisqu'il est finalement le seul à savoir, le seul à la connaître...

Donner votre avis

Le courrier des auteurs

Céline Lapertot répond à nos questions ! (29/03/2014)

1) Qui êtes-vous ? ! Vaste question. Cela dépend des heures, parfois je suis un professeur, une mère, une épouse, un auteur. Je suis une jeune femme du vingt et unième siècle : à l'emploi du temps qui déborde ! 2) Quel est le thème central de ce livre ? Le thème central reste le rapport à la littérature. Certes, la trame de fond relate une histoire violente qui s'apparente au fait divers, mais Charlotte est un écrivain en devenir et son rapport aux mots est puissant. Ces mots lus et écrits la transforment et la sauvent. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? "Je suis ce que mon crime a fait de moi : vivante". J'aime cette phrase car Charlotte, malgré tout, c'est la vie, la lumière, l'espérance et surtout, la force. 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Elle serait incontestablement La sarabande, d'Haendel. Cet air m'a accompagnée lorsque Charlotte était dans la salle d'attente. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? La générosité. Les mots sont fédérateurs, ils nous rendent profondément humains. J'aime que les lecteurs sentent à quel point les mots nous relient, créent un pont d'émotions entre eux et moi.

Contenu proposé par lechoixdeslibraires.com

Avis(5)

  • Quelle claque ! Un texte court, dense et percutant dont on ne sort pas indemne.
    Charlotte 17 ans attend pendant de longues heures dans l'antichambre du bureau du juge devant lequel elle doit comparaitre pour le meurtre de son père.
    Elle finit d'écrire son histoire dans un cahier. Car Charlotte...
    Voir plus

    Quelle claque ! Un texte court, dense et percutant dont on ne sort pas indemne.
    Charlotte 17 ans attend pendant de longues heures dans l'antichambre du bureau du juge devant lequel elle doit comparaitre pour le meurtre de son père.
    Elle finit d'écrire son histoire dans un cahier. Car Charlotte n'a jamais parlé pendant dix ans de la maltraitance qu'elle subissait dans l'intimité familiale, tentant de vivre normalement en dehors (mais peut-on vivre normalement quand on est victime comme elle d'une violence inouïe pendant des années sous le regard impuissant et indifférent d'une mère elle-même battue) Et elle est fermement décidée à ne pas parler. Elle va confier au juge ses mots, c'est la littérature qui l'a aidée à vivre, alors elle croit à la puissance des mots. Avec la maturité précoce de celle à qui on a volé son enfance, la hargne, la révolte qui n'ont cessé de monter en elle au fil des ans, elle raconte avec précision et lucidité, année après année, pourquoi, malgré les occasions qui se sont succédées, elle n'a jamais réussi à parler espérant encore et toujours que son père redeviendrait le père aimant qu'elle a connu jusqu'à ses 7 ans. Une forme de loyauté... jusqu'au jour où pour empêcher encore pire que ce qu'elle a déjà subi, elle ne voit pas d'autre issue que de tuer son père. Elle assume son geste en adulte responsable, un geste qui l'a rendue à la vie. C'est un livre bouleversant qui donne à réfléchir sur la responsabilité de la société, la difficulté d'intervenir à bon escient. Se rappeler que de trop nombreux enfants sont victimes chaque jour de maltraitance de la part d'adultes mais aussi le fiasco terrible d'Outreaux.
    L'écriture est superbe, d'une justesse éblouissante et vous ne serez pas près d'oublier Charlotte ...Ne passez pas à côté, cette auteure mérite absolument d'être découverte.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Charlotte a dix-sept ans. Accompagnée de son éducatrice, Sandrine, elle attend son tour pour passer devant le juge. L’attente sera longue. Elle en profite pour écrire dans son cahier à spirale. Pour s'adresser au juge. Lui raconter dix ans d’enfer, lui expliquer tout ce qui a conduit à son...
    Voir plus

    Charlotte a dix-sept ans. Accompagnée de son éducatrice, Sandrine, elle attend son tour pour passer devant le juge. L’attente sera longue. Elle en profite pour écrire dans son cahier à spirale. Pour s'adresser au juge. Lui raconter dix ans d’enfer, lui expliquer tout ce qui a conduit à son geste. Elle a tué son père.



    « J’ai dix-sept ans, et j’ai tué

    Je ramasse les morceaux épars de mon être, celui qui a volé en éclats lorsque j’ai saisi le couteau. Je reconstitue ces morceaux de moi-même et je vous les offre, monsieur le juge, vous qui devez m’écouter et suivre les méandres du cerveau qui a engendré ce drame.

    Mon drame.

    Les meilleurs morceaux de mon être sont là, nichés quelque part. Et aussi dans la zone la plus obscure de mon cœur qui pour l’instant occupe le devant de la scène. »



    C’est à l’âge de sept ans que tout bascule pour Charlotte. Avant, elle menait une vie normale de petite fille. Si on peut considérer comme normale la vie dans un foyer ou le père bat la mère. Charlotte a sept ans. Elle joue dans sa belle chambre avec une amie quand son père rentre du travail en colère. Charlotte sait ce qui va arriver. Il y a d’abord les cris. Elle en a l’habitude. Elle fait sortir son amie. Puis les coups arrivent, commencent à pleuvoir sur sa mère. Un regard réprobateur de Charlotte et s’en est fini de l’enfance de Charlotte. Son père la conduit à la cave. Un lit l’y attend. Elle ne reverra plus sa chambre.



    « Puis mes yeux découvrent le fond de notre cave.

    Ils se sont habitués à la lumière faible et mourante.

    J’aurais préféré qu’ils refusent cette agonie. J’aurais préféré ne pas voir ça. Au fond de la cave, il y a un lit, une minuscule table de chevet, une lampe que je n’ai jamais vue, et une commode que j’ai aperçue dans la chambre de mes parents, quelques semaines auparavant.

    Peu à peu la réalité m’étreint : ce lit sera mon lit. Papa en a décidé ainsi. Je vais dormir dans ce lit froid sous ces couvertures grises. Où sont mes ours ? Où est ma poupée ? J’ai saisi que papa me punit, mais je n’en comprends pas la raison, alors, pour tenir le coup, je ne peux que prier pour que la punition ne s’éternise pas, pour que mon père oublie vite ce qui lui a déplu. »



    Dix ans ! La réclusion de Charlotte va durer dix ans. Charlotte continue d’aller à l’école, puis au collège et au lycée mais le reste du temps elle le passe dans cette cave humide et froide. Pendant ces dix ans la torture morale et physique va s’accentuer graduellement au fil des tentatives de rébellion de Charlotte. Charlotte ne veut pas être comme sa mère, elle ne veut pas se laisser détruire par ce père abusif.



    À l’extérieur on remarque bien que Charlotte est bizarre, qu’elle est pâle, en retrait. Mais quand elle est convoquée par le CPE ou l’assistante sociale, elle ne dit rien. Les mots sont comme empêchés. Ils restent au fond de sa gorge. Ce serait si simple de parler. Son calvaire prendrait fin. Mais non, Charlotte bien que voulant s’en sortir, ne parle pas. Elle hésite à briser la cellule familiale (le mot cellule prend ici tout son sens). Quand un contrôle est diligenté par l’aide sociale à l’enfance, son père donne le change. Il a tout prévu en bon pervers narcissique. Tout est impeccable. La chambre de Charlotte abrite les derniers gadgets à la mode. Ceux qu’elle n’utilisera jamais. Et il est si avenant, si bien sous tous rapports, ce père.



    Charlotte ne peut pas parler, alors elle écrit. Et ce sont ses mots destinés au juge que nous découvrons.



    Quelle claque littéraire ! Quelle gifle ! De celles qui laissent des traces bien après le coup porté. Charlotte écrit avec ses tripes. Elle crie sa souffrance et sa colère. Nous prend le cœur entre ses mains, le plie, le retourne.



    La plume de Céline Lapertot est puissante, violente. Elle happe le lecteur dès les premiers mots pour ne plus le lâcher. J’ai quasiment lu ce livre en apnée, d’une traite. Je découvre enfin cette auteure que j’avais très envie de lire. Mieux vaut tard que jamais. Cette lecture m’a laissé K.O. debout. Le personnage de Charlotte est à jamais gravé dans ma mémoire. Ce roman est un énorme coup de cœur. Le bon côté de cette découverte tardive est que deux autres romans de l’auteure m’attendent.



    « Que puis-je dire à une bande d’adolescents qui pour la plupart ignorent ce qu’est la vrai souffrance ? Sentent-ils le gouffre qui nous sépare, eux et moi ? Ils ne connaissent pas le goût amer du regret et de la vie qu’on abandonne peu à peu. Ils ignorent le sens véritable des mots « perte d’identité ». »

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Céline Lapertot  aborde le thème de la violence parentale et du parricide (je ne dévoile rien de l'intrigue, les faits sont mentionnés dès les premières pages)  mais aussi bien d'autres choses.

    Ce cahier est pour vous, monsieur le juge. Il est fait de ma force, de mes faiblesses et de ma...
    Voir plus

    Céline Lapertot  aborde le thème de la violence parentale et du parricide (je ne dévoile rien de l'intrigue, les faits sont mentionnés dès les premières pages)  mais aussi bien d'autres choses.

    Ce cahier est pour vous, monsieur le juge. Il est fait de ma force, de mes faiblesses et de ma foi.  (p187)

    Après mes lectures de cette auteure : Ne préfère pas le sang à l'eau et Des femmes sous les bombes et les émotions que j'ai éprouvées, je ne pouvais pas en rester là..... Lorsque vous trouvez une écriture qui vous enveloppe, vous bouscule sur des thèmes importants qui vous poussent à réfléchir, à vous questionner, à regarder le monde en face, vous n'avez qu'une envie c'est de tout lire de celle-ci.

    Troisième lecture et le plaisir ne retombe pas.

    Je suis faite pour le bonheur, de cela, je suis certaine, mais ma cave s'en est emparée et l'a digéré. Il me faudra me battre contre ses entrailles et retrouver chacun des sacs de pommes de terre. Il me faudra gratter le sol et faire fondre mes chaînes, mes chaînes éternelles.

    Je me redresserai et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre. (p101)

    Charlotte, la narratrice, ne s'adresse pas à nous directement mais au juge devant lequel elle va devoir expliquer son geste mais par l'écrit, dans un cahier offert par son éducatrice. Elle a 17 ans mais elle replonge dans ses souvenirs, dans ses émotions de petite fille puis d'adolescente, avec ses mots à elle, car parler ..... elle ne sait pas, elle ne peut pas, car l'écriture lui est plus facile que le parler.

    Pour qui donc suis-je en train d'écrire ? 

    Pour vous, monsieur le juge. Et dans la marge, j'ajoute : "Lisez attentivement mes lignes car vous n'entendrez pas ma voix". (p13)

    Et ce qu'elle va narrer c'est son enfance, sa vie, son enfer.

    Avant, c'était sa mère le bouc émissaire de son père. Charlotte connaissait les signes annonciateurs, mais était impuissante. Et puis tout bascule à 7 ans, elle passe d'un chambre rose à une cave grise, humide, sale, où elle connaîtra la peur,  les chaînes, l'isolement.

    Elle découvre la peur,  la résignation de sa mère, l'aveuglement de ses proches, qui ne voient pas car son tortionnaire est un manipulateur mais elle, elle le connaît par cœur, elle sait analyser un silence, un regard. Dans le milieu scolaire certains tireront la sonnette d'alarme mais Charlotte ne parle pas, n'a pas les mots, pèse continuellement le pour et le contre d'une prise de parole.

    Et l'enfer va durer 10 ans, 10 ans de violence, de solitude familiale mais aussi amicale et scolaire :

    Au fond de moi, je sens que je n'ai aucune envie de hurler "Au secours" dans la rue noire et glaciale, j'ai juste envie de rejoindre ma chambre, parce que c'est ma chambre. Je n'ai pas envie de changer de vie, je veux juste avoir ma vie : celle dans laquelle mes parents m'aimeraient plus que tout, celle dans laquelle ils seraient prêts à tout sacrifier pour mois. Je veux des copines qui jouent avec moi à l'école, et qui ne me disent pas que je sens le renfermé. Je veux la vie que l'on est en droit d'exiger lorsqu'on a neuf ans et une existence à découvrir qu'on n'a pas encore dessinée pour vous . (p51)

    Charlotte n'aura d'autre issue que de trouver elle-même la solution, la seule solution possible quand cet homme, que l'on dit père, franchira un nouveau degré de violence et sa vengeance sera implacable.

    Je mâche le mot "victime" comme la vache son herbe, qui la rumine avant de l'envoyer macérer dans son deuxième estomac. Je mastique encore et encore mon statut d'enfant maltraitée, c'est à présent tout ce qu'il me reste de mon identité. (p73)

    Charlotte souffre mais Charlotte tient bon. Quelle maturité mais aussi quelle froideur, quelle distance, sûrement issues de ce qu'elle vit : elle s'est forgée jour après jour sa résistance et pourtant.... Elle alterne le rose et le noir : rose comme la chambre qu'elle n'occupera jamais, rose comme ses rêves de fillette, noir comme la cave où elle vivra pendant 10 ans et comme l'avenir qu'elle entrevoit pour elle.

    Grâce à la littérature, elle va trouver un refuge pour surmonter les épreuves. Lorsqu'elle va disposer de livres dans son antre sombre, elle va trouver une planche de salut, elle ne sera plus seule. Pendant les cours de français, elle va découvrir le pouvoir des mots, de la grammaire, des phrases et elle va s'y lover, s'y épanouir, s'y réfugier et parfois trouver des réponses.

    Je lis Rimbaud et je pleure et je ris.

    Je lis les Hauts de Hurlevent, et soudainement, j'entends ma souffrance qui parle. D'une voix caverneuse, sortie des profondeurs de ma cage thoracique, je l'entends qui murmure que la vie se situe ailleurs, que je n'ai pas encore tout vécu. (p97)

    Le récit s'articule entre  les chapitres par âge, non pas comme des anniversaires, mais comme les marches qu'elle gravit à la fois vers l'enfer mais aussi vers sa maturité, sa détermination, vers la seule issue possible et le présent, l'attente de la confrontation au juge.

    Car la vie continue, elle passe de l'enfance à l'adolescence avec son premier amour, une bulle de tendresse qui lui fait supporter les coups mais qui va être le déclencheur de sa vengeance. Elle a tout enduré mais il y avait un palier à ne pas franchir.

    J'ai bien failli m'échapper. Voilà ce que je vous écris, monsieur le juge. Mais s'échapper, c'est ne pas assumer ce que l'on est. Je reste donc. (p143)

    L'adolescente comprend qu'elle éprouve des sentiments, de l'amour, elle qui vit dans l'indifférence, elle trouve son alter ego, celui qui a su la voir, voir au-delà de l'apparence, son apparence,comme les autres.

    Comme dans ses deux romans suivants, on retrouve l'écriture Céline Lapertot : sèche, déterminée, directe, sans artifice, laissant à chaque fois ses personnages s'adresser à nous avec leurs mots, leurs sentiments, leurs vécus, abordant des thèmes de violence, de société, à chaque fois différents mais avec dans celui-ci le réconfort, la force qu'apporte la littérature à sa jeune héroïne. La littérature, la lecture peuvent sauver des vies.

    Il y a toujours dans ses récits de la détresse, la passivité de ceux qui savent mais n'agissent pas (ici celle de la mère qui baisse le regard pour ne pas voir), de la révolte, de l'indignation mais aussi de la combattativité.

    On ne ressort pas indemne d'un roman de Céline Lapertot, la lecture reste profondément ancrée dans nos yeux, dans notre esprit, on s'en souvient longtemps, on ne peut rester indifférent et comme je l'ai dit récemment dans une autre chronique elle a une écriture bien à elle, identifiable par son rythme, par la construction du récit, par les thèmes abordés.  C'est efficace, on sent de la colère, de la détermination et de l'urgence.

    Ce qu'il ignore, mon père, c'est que désespérée, je ne le suis pas. (p115)

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Une écriture de qualité pour ce roman. Découvrir l'enfer d'une enfance maltraitée au côté d'une jeune meurtrière, avant tout victime. Un livre plein de justesse qui met en avant les failles de la société.

    Une écriture de qualité pour ce roman. Découvrir l'enfer d'une enfance maltraitée au côté d'une jeune meurtrière, avant tout victime. Un livre plein de justesse qui met en avant les failles de la société.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Suggestions de lecture

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions