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Ariane Bois

Ariane Bois
Ariane Bois est romancière, grand reporter et critique littéraire. Récompensée par neuf prix littéraires, elle est l'auteure de Et le jour pour eux sera comme la nuit, Sans oublier, Le Gardien de nos frères, Dakota Song, L'Île aux enfants et L'Amour au temps des éléphants.

Articles en lien avec Ariane Bois (1)

Avis sur cet auteur (48)

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    Couverture du livre « Éteindre le soleil » de Ariane Bois aux éditions Plon

    Cathfd sur Éteindre le soleil de Ariane Bois

    Hommage d'une fille à son père

    _"Tu sais que je connais ton père depuis plus longtemps que toi ?
    Je recule, l'impression subite d'avoir reçu un coup de griffes. Mais mon cerveau travaille à plein régime et la réponse fuse:
    -J'ignorais qu'il s'agissait d'une compétition. "

    La vie ne...
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    Hommage d'une fille à son père

    _"Tu sais que je connais ton père depuis plus longtemps que toi ?
    Je recule, l'impression subite d'avoir reçu un coup de griffes. Mais mon cerveau travaille à plein régime et la réponse fuse:
    -J'ignorais qu'il s'agissait d'une compétition. "

    La vie ne les a pas épargnés. Lui a perdu son fils, elle son frère , puis 7 ans plus tard, il a perdu sa femme, elle sa mère. Alors père et fille se sont épaulés, soutenus et leur lien déjà très fort s'est renforcé. Ils habitent sur le même palier, ils se voient fréquemment. Autant que la vie trépidante et aventureuse du père, médecin, chercheur, toujours en mission d'un bout à l'autre de la planète, le lui permet. Un homme solaire mélange de Yves Montand et Indiana Jones. Elle lui voue une admiration et un amour infini. Et il va lui falloir de l'amour à revendre quand son père tombera sous la coupe d'une femme toxique. Comme une araignée tissant sa toile, celle-ci va progressivement le couper de ses amis, de ses frères, tenter de le couper de sa propre fille et de ses petits enfants. Ariane va résister de toutes ses forces jusqu'au bout...

    Dans ce récit, elle se livre avec pudeur et raconte la violence de cette emprise, la douleur inouïe de voir son père qui n'a jamais aimé les conflits, céder à cette femme et s'éloigner malgré tout... La plume fluide d'Ariane Bois que je découvre ici, imprime une tension qui m'a fait tourner les pages avec compassion. On ne parle pas souvent de l'emprise au féminin, et pourtant c'est bien de cela qu'il s'agit. C'est assez stupéfiant de voir cet homme à la forte personnalité devenir la victime de cette femme et s'éteindre...
    La relation père fille, perturbée par une femme déséquilibrée, est au cœur de ce texte intime et bouleversant...

    Je lis très peu de récits habituellement et vous?
    Connaissez-vous les romans d'Ariane Bois?

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    Couverture du livre « Éteindre le soleil » de Ariane Bois aux éditions Plon

    Nathalie Vanhauwaert sur Éteindre le soleil de Ariane Bois

    C'est un récit très personnel que nous livre Ariane Bois, une belle déclaration d'amour à son père.

    Elle décrit l'homme qu'elle admire, son modèle depuis son enfance. Lui, l'homme à la Montand, solaire, généreux, originaire d'une famille de Justes. Son père, ce héros, médecin humanitaire...
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    C'est un récit très personnel que nous livre Ariane Bois, une belle déclaration d'amour à son père.

    Elle décrit l'homme qu'elle admire, son modèle depuis son enfance. Lui, l'homme à la Montand, solaire, généreux, originaire d'une famille de Justes. Son père, ce héros, médecin humanitaire engagé.

    Chez eux, le dimanche, il y avait toujours un SDF en invité qui repartait avec un peu d'alcool et de nourriture.

    Un père amoureux, une famille rayonnante dans son enfance... jusqu'au premier drame de la vie, le suicide du fils et quelques années plus tard l'accident d'hélico violent de sa mère grand reporter.

    Cette famille unie de quatre qui soudainement se réduit à deux, le père et Ariane. Deux êtres fragiles, blessés, tellement proches, indissociables l'un de l'autre jusqu'au jour où une femme, Edith arrive et bouleverse leur équilibre.

    Edith qui dès la première rencontre avec Ariane - qu'elle toise et juge silencieuse pendant le repas - annoncera la couleur de leur relation lorsqu'à la fin de celui-ci dira : "Tu sais que je connais ton père depuis plus longtemps que toi." , petite phrase assassine signifiant qu'elle comptait bien se l'approprier, le garder pour elle seule. La guerre est lancée...

    C'est le début de l'éloignement, d'une emprise. Non ce n'est pas de la jalousie mais bien le besoin de posséder l'autre, de l'isoler de sa famille et de ses proches.

    Ariane décrit magnifiquement son père. L'écriture est très belle, d'une grande finesse et sensibilité. On voit ce qu'elle nous suggère par sa plume aux descriptions superbes. Que d'émotions, c'est bouleversant !

    Elle nous décrit l'éloignement imposé à son père malgré la maladie. Comment une personne si solaire parvient à tomber dans le piège et s'enfermer.

    Elle raconte pour témoigner à ses enfants mais aussi pour délier la parole et permettre à beaucoup de comprendre ce qu'ils vivent, difficile pour un homme d'admettre , d'aborder ce sujet complexe et douloureux de l'emprise.

    Incroyable aussi de voir qu'une femme "âgée, elle a 65 ans au début de la relation puisse être si dépourvue d'empathie et aille jusqu'aux attaques physiques pour "enfermer" l'être soi-disant aimé.

    Un témoignage bouleversant indispensable.

    Ma note : 9/10


    Les jolies phrases.

    Tu sais que je connais ton père depuis plus longtemps que toi.

    Un prénom peut-il influencer le cours d'une vie ?

    L'esprit seul mérite qu'on s'y attache.

    L'important, répétait mon père, c'est les autres.

    Le malheur ne manque pas d'imagination, décidément.

    Nous retrouver tous les quatre était donc une fête. Peut-être ai-je tant aimé aussi en raison de leur absence, de la rareté de ces moments où nous étions tous réunis...

    On craint toujours plus le désespoir de ceux qu'on aime que le sien.

    Quelle est la nature du lien qui le lie à cette femme ? Est-ce vraiment de l'amour, comme avec ma mère, ou un besoin d'être protégé, pris en main, rassuré, à son âge ? Quelles peurs Edith apaise-t-elle en lui ? Je ne le saurai jamais, il reste un mystère, quelque chose que je ne chercherai pas à percer.

    Mes fils m'ont tout appris de l'enfance, ses rites et ses ensorcellements, de la psychologie masculine, aussi. Ils m'ont sacrée maman, et cet immense amour-là, cet amour qui donne tout sans rien en exiger, qui vous fait entrevoir votre mort sans peur, et votre vie que vous donneriez en un instant pour protéger la leur.

    Mais l'exercice me fait du bien: l'encre ne produit pas de larmes, et poser des mots, les miens, sur le papier, est aussi une façon de retourner à la vie. L'écriture comme l'affirmation de ma vie, selon Pérec. On écrit parce qu'on y est obligé, parce que les autres laissent une telle trace en vous, que l'on se doit de retranscrire ce qui peut l'être.

    https://nathavh49.blogspot.com/2022/04/eteindre-le-soleil-ariane-bois.html

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    Couverture du livre « Éteindre le soleil » de Ariane Bois aux éditions Plon

    parcequecmoi sur Éteindre le soleil de Ariane Bois

    Il a fallu des années à Ariane Bois pour écrire sur son père. C’est chose faite avec ce récit poignant « Eteindre le soleil », où elle raconte sa relation particulière avec ce père tant aimé, dernier maillon d’une famille de 4 où la mère et le frère sont décédés prématurément. Cette relation est...
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    Il a fallu des années à Ariane Bois pour écrire sur son père. C’est chose faite avec ce récit poignant « Eteindre le soleil », où elle raconte sa relation particulière avec ce père tant aimé, dernier maillon d’une famille de 4 où la mère et le frère sont décédés prématurément. Cette relation est mise à mal par la nouvelle compagne de son père, Edith, qui s’avère être une sournoise mante religieuse, voulant par tous les moyens l’enlever à sa fille chérie pour le garder pour elle seule. En véritable prédatrice, elle va s’évertuer au fil du temps à détruire cette famille déjà fragilisée, même dans les derniers mois où la maladie va frapper si durement ce père. Elle fera en sorte de ne laisser aucune place à ses proches, fille, petits fils, frères, et meilleurs amis.

    Alors qu’Ariane construit sa propre famille en faisant enfant sur enfant, son père s’enlise dans cette relation toxique. Il quitte l’appartement voisin de sa fille, s ‘éloigne géographiquement et moralement, pour vivre sa passion avec Edith, sans se rendre compte de l’emprise qu’elle a sur lui. Douleur d’autant plus vive pour Ariane qui voue un véritable culte à ce père qui ressemble tant à Yves Montand dans toute sa gloire, sa prestance, et son charisme, et qu’elle a mis sur un piédestal.

    C’est par l’écriture que cette journaliste romancière a l’habitude d’exorciser ses peines les plus profondes. Elle s’est déjà essayée à l’exercice avec « Et le jour pour eux sera comme la nuit » où elle relate avec pudeur la mort de son frère, le suicide vécu par ceux qui restent, qui n’ont rien vu venir, rien pu faire. Ici aussi, le deuil et son acceptation, la résilience, sont omniprésents à travers la mort du frère, celle de la mère, puis enfin celle du père.

    Dans ce récit poignant, si bien intitulé « Eteindre le soleil », Ariane Bois rend un bel hommage à son père, et nous parle de son désarroi face à lui, aux dernières années de sa vie, de son impuissance à combattre l’emprise au féminin d’Edith, de le sortir de cette spirale infernale, avec des mots forts, intimes, bouleversants, mais toujours justes, une belle réussite littéraire.

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    Couverture du livre « L'île aux enfants » de Ariane Bois aux éditions Belfond

    Sevlipp sur L'île aux enfants de Ariane Bois

    Ce roman raconte un scandale d'État ; des milliers d'enfants réunionnais arrachés à leur famille pour être déportés en Métropole.
    L'auteure dénonce cette ignominie par le biais d'une fiction. L'intérêt est d'incarner toute cette désolation en suivant Pauline 6 ans et sa petite soeur...
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    Ce roman raconte un scandale d'État ; des milliers d'enfants réunionnais arrachés à leur famille pour être déportés en Métropole.
    L'auteure dénonce cette ignominie par le biais d'une fiction. L'intérêt est d'incarner toute cette désolation en suivant Pauline 6 ans et sa petite soeur Clémence.
    Il est aussi question de non-dits, de secrets, de jugement d'une administration qui décide que des parents trop pauvres sont incapables d'élever leurs enfants.
    Malgré un style simpliste, je suis entrée dans l'histoire et fus émue lors de ma lecture même si je me serais bien passée de l'histoire fleur bleue un peu nunuche en toile de fond.
    Tout cela est bien désolant et l'État a mis bien trop de temps à reconnaitre sa responsabilité ; ce roman à le mérite de dénoncer ce scandale, les souffrances de ces enfants, de leurs parents ainsi que les conséquences sur les générations suivantes.