L'île aux enfants

Couverture du livre « L'île aux enfants » de Ariane Bois aux éditions Belfond
  • Date de parution :
  • Editeur : Belfond
  • EAN : 9782714481481
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Pauline, six ans, et sa petite soeur Clémence coulent des jours heureux sur l'île qui les a vues naître, la Réunion. Un matin de 1963, elles sont kidnappées au bord de la route et embarquent de force dans un avion pour la métropole, à neuf mille kilomètres de leurs parents. À Guéret, dans la... Voir plus

Pauline, six ans, et sa petite soeur Clémence coulent des jours heureux sur l'île qui les a vues naître, la Réunion. Un matin de 1963, elles sont kidnappées au bord de la route et embarquent de force dans un avion pour la métropole, à neuf mille kilomètres de leurs parents. À Guéret, dans la Creuse, elles sont séparées.
1998 : quelques phrases à la radio rouvrent de vieilles blessures. Frappée par le silence dans lequel est murée sa mère, Caroline, jeune journaliste, décide d'enquêter et s'envole pour la Réunion, où elle découvre peu à peu les détails d'un mensonge d'État.
À travers l'évocation de l'enlèvement méconnu d'au moins deux mille enfants réunionnais entre 1963 et 1982, dans le but de repeupler des départements sinistrés de la métropole, Ariane Bois raconte le destin de deux générations de femmes victimes de l'arbitraire et du secret. L'histoire d'une quête des origines et d'une résilience, portée par un grand souffle romanesque.

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  • Lorsque comme moi on passe depuis toujours ses vacances dans la CREUSE, et qu'on apprend ce qu'il s'y est passé au début des années soixante et jusqu'aux années quatre-vingt - le scandale de milliers d'enfants amenés de force depuis la REUNION dans ce département dépeuplé, pour y être placés...
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    Lorsque comme moi on passe depuis toujours ses vacances dans la CREUSE, et qu'on apprend ce qu'il s'y est passé au début des années soixante et jusqu'aux années quatre-vingt - le scandale de milliers d'enfants amenés de force depuis la REUNION dans ce département dépeuplé, pour y être placés dans d'autres familles alors que la leur était restée sur l'île - la lecture de L'ILE AUX ENFANTS s'avèrait indispensable.

    1963, île de la Réunion. Pauline, six ans, et sa petite soeur Clémence sont enlevées et conduites en FRANCE avec nombre d'autres petits réunionnais. Les enfants seront dispatchés dans différentes familles et les deux soeurs seront séparées.

    1998; Caroline est une jeune femme de vingt et un ans qui suit des études de journalisme à CLERMONT FERRAND après avoir avoir grandi à LIMOGES. Lorsqu'elle entend un matin à la radio qu'entre 1963 et 1982, plus de mille six cent enfants de la REUNION ont été arrachés à leurs familles et conduits en CREUSE, elle fait immédiatement le lien avec sa mère Isabelle, d'autant que celle-ci a toujours entretenu un puissant silence autour de son enfance sur l'île de la REUNION, qu'elle a quitté toute jeune après le décès accidentel de ses parents pour être adoptés par un couple de creusois.

    Même si Isabelle refuse farouchement d'aborder le sujet, Caroline se lance à la recherche des origines de sa mère et de ses siennes, direction la REUNION en passant par les méandres administratifs des services sociaux français. Qui sont ces enfants exilés pour repeupler les départements sinsitrés de la métropole et notamment la CREUSE? Dans quelles conditions a-t-on séparé des enfants de leurs parents, des fratries, et que sont devenus ces sacrifiés de la République?

    Le livre d'Ariane BOIS est un témoignage très émouvant de ce passage méconnu et peu glorieux de l'Histoire de FRANCE, qui n'a que récement surgi dans l'actualité.

    En 1963, la situation démographique de LA REUNION est problématique : trop d'enfants par famille, une population jeune confrontée à un fort taux de chômage, une pauvreté grandissante. Michel DEBRE, premier ministre de DE GAULLE et député de la Réunion, y voit l'occasion de faire d'une pierre deux coups, et tant pis si ces pierres écrasent quelques vies sur leur passage : moderniser l'île, la désengorger, éduquer les plus jeunes en les envoyant dans les départements en voie de désertification comme le GARD, la LOZERE, le GERS, la CREUSE. "Un coup double, asséné sur l'échine des plus jeunes". Des vases communicants sensés profiter à tous, sauf que ces enfants réunionnais n'ont à aucun moment eu le choix.

    L'auteur décrit avec finesse et émotion la difficile intégration - quand elle a pu avoir lieu - de ces enfants puis de ces adultes déracinés.

    Plongés brutalement dans un climat, un langage - peut-on faire plus éloignés que le créole et le creusois - et une culture qui leur étaient totalement étrangers, exposés par leur couleur de peau, les enfants réunionais se sont adaptés tant bien que mal, certains accueillis par des familles aimantes, d'autres traités comme de vulgaires bêtes de somme par des paysans qui ne voyaient en eux que la main d'oeuvre gratuite.

    Devenus adultes, nombre d'entre eux ont souhaité connaître leur histoire, retrouver les traces de la famille à laquelle on les a arrachés, renouer avec leurs origines et découvrir la culture de leur île, quand d'autres ont préféré tout renier et ne pas revenir en arrière, parfois pour éviter de renouer avec des souffrances enfouies.

    Derrière la romance, L'ILE AUX ENFANTS permet de comprendre le parcours du combattant des premiers, confrontés à la loi du silence de services administratifs peu désireux de voir mis en lumière cet épisode nébuleux et de devoir expliquer comment et pourquoi des milliers d'enfants vivant avec leurs parents se sont retrouvés adoptables par des familles métropolitaines.

    La nécessité de redensifier des départements l'a emporté sans aucune considération sur le sort que l'on a fait subir à ces enfants; cachés derrière une volonté apparente de les sauver d'une vie de misère, le tout saupoudré d'une touche de racisme et de mépris pour les réunionais, l'Etat français a sacrifié l'enfance de ces exilés avec un pragmatisme glaçant. Ces enfants qui n'ont pu que subir et sont restés avec leurs questions sans réponse, contraints de grandir et de se construire en tant qu'adultes avec le sentiment d'avoir été abandonnés, rejetés par leurs familles. Certains - comme Caroline dans le roman - n'ont jamais renoncé à comprendre et sont même parvenus à retrouver leur famille et revivre même tardivement ces moments de bonheur trop tôt volés.

    Ariane BOIS met également en cause avec subtilité le peu d'attention porté par les services sociaux au sort de ces enfants une fois dispatchés dans les familles, lesquels ont permis des mauvais traitements - violences, exploitation, détournement des pécules et des trousseaux destinés aux enfants - et la séparation de fratries sans aucun maintien de liens, mais surtout ont dupé des parents réunionnais - en profitant de leur illetrisme notamment - pour leur faire signer des papiers d'adoption quand eux étaient persuadés que leurs enfants reviendraient après avoir eu la chance de suivre de belles études en métropole.

    Enfin, à côté de ce sujet grave et délicat en toile de fond, l'auteur réussit une belle évocation de la culture creusoise avec nombre de références qui m'auront aussi fait sourire et adouci le sujet : GUERET, LIMOGES, le gateau aux noisettes, le patois creusois... et de la cuture réunionnaise à travers la quête de ses origines par Caroline.

    L'ILE AUX ENFANTS est aussi un très bel hommage à LA REUNION et à ses habitants.

    Vraiment un très beau roman, tout à la fois émouvant, enrichissant, révoltant et empli d'espoir.

    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2019/08/25/37589330.html

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  • En 1963, à La Réunion, deux soeurs, Pauline et Clémence Rivière, 6 et 4 ans, sont enlevées et conduites en métropole. Elles sont séparées et Pauline va être hébergée dans une famille d'agriculteurs puis, après un drame, adoptée par une famille aisée et aimante. Des années plus tard, alors...
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    En 1963, à La Réunion, deux soeurs, Pauline et Clémence Rivière, 6 et 4 ans, sont enlevées et conduites en métropole. Elles sont séparées et Pauline va être hébergée dans une famille d'agriculteurs puis, après un drame, adoptée par une famille aisée et aimante. Des années plus tard, alors qu'elle a occulté son passé, sa propre fille, Caroline, découvre ce secret et décide d'enquêter sur les origines de sa mère et de sa famille.

    C'est vraiment avec plaisir que j'ai lu ce roman d'Ariane Bois que je connaissais déjà par le gardien de nos frères et le monde d'Hannah. J'ai nettement préféré ce dernier roman dont le thème est très différent des autres et qui a vraiment su capter mon attention.
    Je ne connaissais pas du tout cet épisode de notre histoire contemporaine et j'ai été glacée de découvrir la cruauté et la sauvagerie dont les pouvoirs publics ont fait preuve avec ces milliers de kidnappings d'enfants en toute illégalité.
    J'ai notamment préféré la première partie du roman quand le personnage principal féminin est logé dans une ferme, c'est vraiment touchant et on a envie d'aider la petite fille et son camarade d'infortune réunionnais. le reste du roman est très intéressant aussi.
    Il n'y a pas de temps mort dans ce livre, on passe d'un événement à un autre et il est vraiment palpitant.
    De plus, j'ai beaucoup aimé l'exotisme quand l'auteur nous décrit La Réunion ; moi qui n'y suis jamais allée, ma curiosité a été éveillée et cela m'a donné envie de découvrir cette île.
    J'ai donc passé un excellent moment avec ce livre que je vous recommande vivement.

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  • Un bruit de moteur qui se rapproche, la 2cv camionnette, celle dont tout le monde dans l'île sait qu'il ne faut pas s'approcher. On les saisit par les épaules, les pousse à l'intérieur en refermant la portière sur elles. Jamais on ne revoit les enfants capturés par la voiture rouge. Pauline et...
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    Un bruit de moteur qui se rapproche, la 2cv camionnette, celle dont tout le monde dans l'île sait qu'il ne faut pas s'approcher. On les saisit par les épaules, les pousse à l'intérieur en refermant la portière sur elles. Jamais on ne revoit les enfants capturés par la voiture rouge. Pauline et sa soeur Clémence se retrouvent dans un foyer en attendant de partir pour la France.

    Dans ce roman, à travers l'histoire de Pauline, Ariane Bois revient sur le drame des enfants réunionnais exilés dans la Creuse. En 1963 la situation de l'île de la Réunion est explosive, sept enfants en moyenne par famille, un fort chômage, la misère. Sur le continent, les campagnes se dépeuplent, on manque de bras. Alors Michel Debré, député la Réunion va déporter 1600 enfants. Une minorité de ces enfants étaient orphelins, ils seront cependant tous déclarés pupilles de l'Etat c'est-à-dire que leurs parents n'auront plus aucun droit sur eux. Si certains ont la chance d'être adoptés par des familles aimantes beaucoup vont connaître une vie proche de l'esclavage.

    Bonnes à tout faire, travailleurs sans salaire, Les humiliations, les gifles qui pleuvent à la moindre incartade, une main — d'oeuvre gratuite et corvéable à merci, on les prête à des voisins comme de vulgaires outils. Ils oublient leur île, leurs racines, leur langue, leur famille.

    Même si l'histoire de ces deux soeurs séparées ne m'a pas vraiment émue, le mérite de ce livre est donc de mettre en lumière cette déportation assez méconnue, le traumatisme subit par ces enfants, le préjudice inestimable pour les parents.

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  • Des années 1960 à 1980 (oui oui !!! au XXème siècle), plus de 2000 enfants sont arrachés de leur île natale, La Réunion, puis envoyés en France pour repeupler les zones rurales désertées. Un scandale d'Etat méconnu !!! et pourtant bien réel !!!

    En 1963, Pauline Rivière, six ans et sa petite...
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    Des années 1960 à 1980 (oui oui !!! au XXème siècle), plus de 2000 enfants sont arrachés de leur île natale, La Réunion, puis envoyés en France pour repeupler les zones rurales désertées. Un scandale d'Etat méconnu !!! et pourtant bien réel !!!

    En 1963, Pauline Rivière, six ans et sa petite soeur sont kidnappées à la Réunion et emmenées de force à Guéret dans la Creuse où elles sont séparées. Après un rude hiver dans une ferme isolée, Pauline est adoptée par un couple aimant installé en ville. Elle change de nom et devient alors Isabelle Gervais !!!

    Des questionnements, des doutes, les réflexions sur sa couleur de peau assaillent Pauline/Isabelle qui ne trouvent pas les réponses.

    En 1998, quelques phrases à la radio rouvrent les vieilles blessures de Pauline/Isabelle. Sa fille Caroline jeune journaliste, décide d'enquêter et découvre alors un mensonge d'Etat.

    Un roman - document coup de poing !!!
    Une histoire poignante à lire sans hésiter, histoire qui m'a particulièrement touchée, ma mère étant réunionnaise.
    Très documenté, ce roman bien construit en deux parties ne laissera pas indemne. Toute la magie de la plume d'Ariane Bois.

    Merci à Ariane Bois pour la rencontre autour de ce livre
    Merci aux Editions Belfond

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  • Le roman d’Ariane Bois ne laisse pas indifférent et suscite l’indignation quasiment à chaque page.
    L’auteure a choisi de traiter sous la forme romanesque un secret et un scandale d’état : celui de l’enlèvement et du déplacement de centaines d’enfants réunionnais pour les installer dans les...
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    Le roman d’Ariane Bois ne laisse pas indifférent et suscite l’indignation quasiment à chaque page.
    L’auteure a choisi de traiter sous la forme romanesque un secret et un scandale d’état : celui de l’enlèvement et du déplacement de centaines d’enfants réunionnais pour les installer dans les régions françaises. Et nous ne parlons pas d’un siècle très lointain puisque ces événements se sont déroulés entre 1963 et 1982.
    Ce sont plus de 2 000 enfants qui sont concernés et Ariane Bois raconte l’histoire de deux sœurs, Pauline et Clémence, qui sont enlevées alors qu’elles ont 6 et 4 ans. Séparées, elles sont confiées à des familles d’accueil puis adoptées. Le but étant de repeupler les campagnes françaises en désemplissant les bidonvilles réunionnais, sous couvert de donner un avenir meilleur à ces enfants.

    Une première partie du roman est consacrée à l’enfance et l’adolescence de Pauline, rebaptisée Isabelle. La seconde suit l’enquête que mène Caroline, la fille de Pauline, qui a découvert le secret de sa mère.

    Ce roman est foisonnant de sujets.
    Le premier, évident, qui dénonce ce terrible mensonge d’état. Et puis les thématiques de la filiation, des secrets familiaux, de la transmission, de la construction de soi alors que les bases de l’enfance ont été détruites. On s’interroge aussi sur le devenir de ses enfants déracinés qui ont choisi de revenir à la Réunion ou de rester en métropole mais qui sont suspects partout.

    On s’interroge aussi sur tous ces gens, complices de ces enlèvements et qui ne semblent pas avoir dénoncé l’injustice, protégés par leurs « Je n’écris pas les règlements, je les applique. »
    Un roman utile qui éclaire avec beaucoup de sensibilité un événement méconnu de l’histoire.

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  • Pauline Rivière est une petite fille oubliée... Elle a été enlevée des bras de sa famille par l'administration française, elle a été effacée de sa propre mémoire, elle a été oubliée à elle-même... On lui a volé ses racines, son enfance, son innocence... Plus que cela, on lui a ôté l'essence de...
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    Pauline Rivière est une petite fille oubliée... Elle a été enlevée des bras de sa famille par l'administration française, elle a été effacée de sa propre mémoire, elle a été oubliée à elle-même... On lui a volé ses racines, son enfance, son innocence... Plus que cela, on lui a ôté l'essence de ce qui la faisait elle... Et tout ça aux yeux du monde, sans que cela ne choque personne...

    Dans ce très beau roman, Ariane Bois lève le voile sur des faits terribles mais bien réels qui se sont déroulés en France au début des années 60. Alors que les familles de l'île de la Réunion avaient du mal à vivre décemment, on a tout simplement décidé de prendre, de kidnapper, de voler, d'arracher des jeunes enfants pour les envoyer en France, dans des régions qui ne demandaient qu'à être repeuplée...
    À quel prix a-t-on mesurer la souffrance et le traumatisme de ces enfants ? Comment a-t-on pu imaginer qu'une vie loin des couleurs et des odeurs réunionnaises serait meilleure pour eux ? A-t-on imaginé quelles blessures à jamais ouvertes ces enfants devraient endurer une vie entière ?

    Pauline Rivière a choisi d'oublier... parce que c'était plus simple, moins douloureux, plus tolérable. Mais sa fille Caroline elle, a besoin de connaître la vérité. Elle va enquêter, voyager, creuser et déterrer cette affaire indicible, inavouable et inimaginable...

    Un roman très bien écrit, touchant et révoltant. Un roman qui montre combien il est important de mettre des mots sur des silences... Pour comprendre, pour grandir, pour vivre...

    Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Belfond pour leur confiance...

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  • Entre 1960 et 1980, plus de deux mille enfant ont été volés à leurs parents sur l’Île de la Réunion par l’État français, dans le but de repeupler des régions rurales désertées (la Creuse principalement)
    Pauline âgée de six ans et sa petite soeur Clémence, de deux ans sa cadette, en feront...
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    Entre 1960 et 1980, plus de deux mille enfant ont été volés à leurs parents sur l’Île de la Réunion par l’État français, dans le but de repeupler des régions rurales désertées (la Creuse principalement)
    Pauline âgée de six ans et sa petite soeur Clémence, de deux ans sa cadette, en feront partie. Séparées rapidement et adoptées dans des familles éloignées (volontairement de façon à ce que les enfants n’entretiennent pas mutuellement leurs souvenirs …) il faudra plus de trente ans pour que Caroline, la fille de Pauline - rebaptisée Isabelle - retrouvent les traces des origines de sa mère.
    Dans le récit concis d’Ariane Bois, nous sommes bien loin de “l’île aux enfants”, cette émission de télévision qui réjouissaient nos bambins à la même période ! Si certains petits réunionnais ont été plus “chanceux” que d’autres, comme ces deux fillettes, nombre d’entre eux ont été maltraités ou affamés par des paysans sans scrupules (principalement les petits garçons qui ont servi de “bêtes de somme” et de main d’oeuvre gratuite à leurs familles d’accueil …) Et les traumatismes furent - dans bien des cas - particulièrement terribles !
    Il est à peine imaginable qu’un pays tel que le nôtre ait pu commettre (soi disant dans le seul désir de leur venir en aide …) un acte aussi cruel au milieu du XXème siècle ! Un roman qui nous éclaire - bien des années plus tard - sur un sujet tabou : heureuse de pouvoir rencontrer Ariane Bois cette semaine pour en discuter avec elle.

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  • « Lîle aux enfants » est un roman qu’on ne peut poser avant de l’avoir terminé. Le lecteur veut savoir, veut comprendre autant que les personnages.

    C’est un roman en deux parties. La première c’est l’histoire pendant qu’elle se déroule. C’est une narration à la troisième personne, cependant...
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    « Lîle aux enfants » est un roman qu’on ne peut poser avant de l’avoir terminé. Le lecteur veut savoir, veut comprendre autant que les personnages.

    C’est un roman en deux parties. La première c’est l’histoire pendant qu’elle se déroule. C’est une narration à la troisième personne, cependant le regard est surtout braqué sur Pauline. La deuxième partie c’est Caroline qui est la narratrice « je » et on suit l’histoire à partir du moment où elle se lance dans cette aventure.

    Le roman débute avec une série d’épreuves qui révoltent le lecteur. Le ton est donné, on ne cache pas les horreurs. On sent bien l’arrachement, le déracinement et la douleur dans la chair. J’avais entendu parler du sujet il y a quelques années (2014 nous indique l’autrice dans l’épilogue) mais ici on suit une histoire principale de l’expérience d’une petite fille alors c’est plus parlant, même si c’est de la fiction c’est très parlant. Nous avons des témoignages moins développés qui nous permettent de voir qu’il y a eu des variantes. Toutes ces histoires ne finissent pas bien.

    Ce roman nous montre aussi plusieurs raisons qui ont fait que ces enfants n’ont pas gardé de souvenirs de leur passé soit à cause du jeune âge soit parce qu’on leur a caché la vérité et ils l’on refoulée.

    Certains ont gardé souvenir de leur nom et de leur origine. On verra avec quelques exemples ce qu’un retour implique.

    On réalise aussi que leur souffrance n’est pas comprise. Cette incompréhension ne fait que renforcer leur culpabilité, alors qu’ils sont des victimes.

    Ce roman aborde aussi la question de pourquoi ne sont ils pas retourner sur leur île à l’âge adulte, là aussi on a plusieurs exemples.

    L’autrice aussi répond à la question pourquoi est-ce que l'état à fait cela. Moi je suis horrifiée de savoir que ça c’est étalé sur presque 20 ans, de 1963 à 1982… ça paraît inconcevable, incroyable ! Depuis quelques années ont voit émerger des cas d’enlèvement d’enfants orchestré plus ou moins par les États pour des raisons plus ou moins semblable. Je pense aux enfants adoptés par les franquistes en Espagne, les enfants en Argentine adoptés par les familles proches du pouvoir, les enfants de Madagascar, les enfants aborigènes…

    « L’île aux enfants » est un roman qui nous parle aussi de secrets de famille ou de non-dits qui ont une influence sur la vie de la famille en général. Vous verrez qu’il y a bien d’autres sujets que celui des « adoptions ».

    Il y a des moments douloureux du côté des enfants mais aussi des adoptants qui étaient certains de bonne foi.

    C’est un roman touchant de diverse façon. Il faudrait qu’il soit lu au lycée pour éveiller certaines consciences. Restons vigilants pour que cela ne se reproduise pas, sous couvert d’aider des populations en situation critique.

    J’ai été transportée dans la creuse que je ne connais pas et à la Réunion que j’ai découvert à quelques mois près à l’époque de Caroline, cela m’a rappelé de beaux souvenirs.

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