Numéro 1 des romans étrangers : La Somme de nos folies, de Shih-Li Kow, ou le désir d’une certaine douceur

mardi 30 octobre 2018

Un premier roman et une première place en catégorie "romans étrangers" !

Numéro 1 des romans étrangers : La Somme de nos folies, de Shih-Li Kow, ou le désir d’une certaine douceur

La somme de nos folies, de Shih-Li Kow (Zulma) a été plébiscité par les lecteurs qui ont eu la chance de découvrir cet été la rentrée littéraire avec lecteurs.com.

Publié par les éditions Zulma, qui publient également Cette nuit de Joachim Schnerf, gratifié du Prix Orange du livre 2018, La Somme de nos folies présente la particularité d’être un premier roman. Les explorateurs ont souhaité poser leurs questions à Shih-Li Kow, auteur Malaisienne née dans la communauté chinoise de Kuala Lumpur. Avec grâce et sans délai, elle a accepté de répondre à leurs questions. Nous remercions les éditions Zulma pour leur aimable traduction de ses propos.

 

- Quelle est la part de réel de ce petit village? Existe-t-il ? 

À ma connaissance, le village de Lubok Sayong n’existe pas. Mais la région de Sayong existe, dans le Perak. C’est de là que viennent les poteries. Lubok Sayong est un lieu imaginaire, né d’un mélange d’impressions et de différents endroits où j’ai vécu ou que j’ai traversés.

 

- Est-il la somme d'expériences vécues par vous même ou par d'autres ou est-il simplement sorti de votre imagination?

Certaines des anecdotes du livre sont des histoires qu’on m’a racontées, d’autres proviennent de petits faits divers que j’ai relevés dans la presse locale. Quand Frédéric Grellier (le traducteur) m’a interrogée sur le sens d’une référence à une paire de ciseaux dorés, j’étais bien contente de retrouver la coupure de presse qui évoquait cette paire de ciseaux dorés qui avait été volée dans le palais d’un sultan.

 

 

- Auyong, Beevi, Mary-Ann sont trois personnages attachants, drôles, originaux. Sont-ils nés de votre imagination ou représentent-ils la somme de différentes personnes existantes ?

Ce sont des personnages imaginaires. Après avoir écrit sur eux pendant plusieurs années, ils sont devenus très réels pour moi. Et parce qu’il n’y a pas de fiction sans référence à la réalité, les personnages, en particulier Auyong et Beevi, se sont trouvés enrichis de personnes que j’ai rencontrées.

 

- Votre roman est un hymne à la défense de l'environnement, aux problèmes de société, aux différences de vie fondamentales entre ville et campagne ? 

C’est une description trop précise et grandiose. Cela me dérange un peu que le livre puisse avoir une ambition à la fois aussi précise et aussi publique.

Lorsque j’écrivais ce roman, l’esprit sous-jacent, si je peux l’exprimer ainsi, était le désir d’une certaine douceur, l’espoir de rectifier de manière paisible ce qui peut l’être, et de marcher sur un terrain commun. Donc, si je devais qualifier ce roman, je ne parlerais pas d’un hymne mais plutôt d’un air que l’on fredonnerait en rêvassant tout en accomplissant les tâches de la journée. Une mélodie persistante et secrète.

 

- Avant d'être une auteure, êtes-vous une militante ?

Je regrette de vous décevoir, mais je ne le suis pas. Mon emploi du temps me laisse à peine le temps d’écrire, alors le reste… 

Mais j’ai des valeurs et des convictions fortes qui me tiennent à cœur et qui transparaissent dans le roman. C’est peut-être là que se perçoit une dimension militante.

En tant que lectrice, je suis de celles qui pensent qu’un livre est distinct de son auteur, et c’est très bien ainsi. Et donc en tant qu’auteur, je pense qu'un livre, une fois imprimé, vit sa propre vie. A présent, je suis heureuse de savoir qu’il a aussi d’autres vies parallèles grâce à la traduction.

 

- On sent chez vos personnages, une difficulté à choisir entre coutumes ancestrales et vie moderne, entre un certain désir de tolérance et une envie farouche de défendre ses valeurs bec et ongles. Est-ce le reflet de la société malaisienne actuelle ?

Aujourd’hui, la situation en Malaisie est conflictuelle mais ce n’est pas un cas unique. Si l’on considère n’importe quelle époque en Malaisie ou ailleurs, on trouvera cette tension qui existe entre le nouveau et l’ancien, entre l’universel et le personnel. Nous sommes toujours au bord du changement – c’est le cas aujourd’hui, ça l’était il y a un an, 10, 20, 50 ans. Avoir à faire des choix est inévitable, aussi bien pour les personnages que pour nous. Donc, oui, le roman reflète certains aspects de la Malaisie d’aujourd’hui. Et non, ce n’est pas un portrait définitif de la Malaisie.

 

Propos recueillis par Karine Papillaud avec les questions de Geneviève Munier et karined1.

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