"Je suis toujours en quête de nouvelles voix" : entretien avec Laure Leroy, fondatrice et directrice des éditions Zulma

mercredi 18 juillet 2018

"Je suis toujours en quête de nouvelles voix" : entretien avec Laure Leroy, fondatrice et directrice des éditions Zulma

Laure Leroy a 23 ans seulement quand elle décide de se lancer, avec candeur et beaucoup d’énergie, dans le métier d’éditeur. Depuis 1991, la route a été longue, la maison Zulma s’est bâtie une réputation de qualité et d’exigence généreuse inexpugnable. Elle est aujourd’hui l’écrin du nouveau Prix Orange du Livre 2018Cette nuit de  Joachim Schnerf.

Pour lecteurs.com, Laure Leroy revient sur son parcours mais aussi définit la littérature telle qu’elle l’aime, la conçoit et la publie. Entretien. 

 

- Joachim Schnerf a reçu le prix Orange du Livre. Quelles sont les conséquences d’un tel Prix pour l’éditeur ?  

Le Prix Orange est avant tout un prix de lecteurs, et obtenir la consécration d’une telle communauté de lecteurs, c’est vraiment magnifique ! Au-delà du lauréat et du roman couronné, c'est aussi l’occasion de mettre en avant tout un catalogue. Quant à la promotion que la Fondation Orange organise autour de ce prix, elle est tout simplement impressionnante ! C’est donc une très belle aventure qui commence.

 

- Comment votre aventure avec Joachim Schnerf a-t-elle débuté ?

Ah, que d’aventures ! Joachim est un excellent éditeur et un fin lecteur. Quand il m’a proposé son manuscrit, j’ai donc tout de suite eu envie de le lire. Je suis toujours en quête de nouvelles voix, et même si je publie peu de livres chaque année, j’essaie toujours de ménager un espace pour un nouvel auteur qui rejoindrait la maison. En lisant Cette nuit, je suis immédiatement tombée sous le charme. C’est un livre drôle, profond, poétique, avec une forme d’engagement au monde qui correspond tout à fait au catalogue de Zulma.  

 

- Les éditions Zulma existent depuis 1991, quelles en ont été les principales étapes éditoriales ?

Au moment de co-fonder la maison, j’avais 23 ans. Autant dire que j’avais autant de courage et de folles espérances que d’inexpérience ! Après une quinzaine d’années, j’ai donc eu envie de refonder la maison, de fond en comble. Ce que j’ai fait en 2006. C’est celle que l’on connaît aujourd’hui, avec son ouverture sur le monde et ses magnifiques couvertures. C’est un catalogue très littéraire, très exigeant, mais jamais élitiste. Et il était donc logique, en 2013, de proposer également une collection de poche : Z/a. L’année prochaine, nous lancerons une toute nouvelle et très belle collection d’essais. À suivre, donc...

 

- Vous publiez de la littérature francophone comme étrangère. Comment dénichez-vous les textes que vous publiez ?

Je publie des auteurs très divers, qui écrivent dans toutes les langues du monde, y compris en français. Nous recevons donc énormément de propositions. Mais chaque livre a sa propre histoire. On pourrait écrire un roman rien que pour raconter comment chacun est arrivé jusqu’à nous. Les traducteurs sont évidemment des interlocuteurs privilégiés. Ils sont passionnés, engagés, et savent qu’ils trouveront chez Zulma une oreille plus qu'attentive à tout ce qui sort des sentiers battus. 

 

- Quelles qualités doivent rassembler les manuscrits pour figurer dans le catalogue Zulma ?

J’aime la diversité du monde, j’aime les fictions qui nous disent le monde. Et paradoxalement, tous ces grands ailleurs nous en disent beaucoup sur nous-mêmes, ici et maintenant. J’aime être émue, emportée, bouleversée. J’aime entendre une voix, un style, une manière de raconter. J’aime être surprise, bousculée. Mais avant tout, chaque nouveau livre est pour moi comme un nouvel ami, qui vient habiter mon paysage intérieur et qui m’accompagne longtemps. Qui m’appartient en propre, et que j’ai immédiatement envie de partager avec d’autres lecteurs ! 

 

- Un mot sur la rentrée littéraire aux Éditions Zulma ?

C’est une rentrée très excitante ! D’abord, une découverte, un premier roman au charme fou qui nous vient tout droit de Malaisie : La Somme de nos folies, de Shih-Li Kow (traduit de l’anglais par Frédéric Grellier). C’est un livre irrésistible, drôle, intelligent, et qui une fois de plus nous montre qu’un petit coin perdu de Malaisie est finalement tout proche de nous. Et puis, un roman américain, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu, de Zora Neale Hurston, magistralement traduit par Sika Fakambi. C’est un monument de la littérature américaine. Mais c’est aussi un roman d’amour fou, une extraordinaire aventure, et un très grand moment d’émotion. Et pour notre rentrée en poche, Pays sans chapeau, de Dany Laferrière. S’il y a des lecteurs qui n’auraient pas encore lu notre académicien préféré, c’est le moment d’y aller, absolument !

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