Shih-Li Kow

Shih-Li Kow

Née en 1968 dans la communauté chinoise de Kuala Lumpur, Shih-Li Kow écrit en anglais. Son premier recueil de nouvelles, Ripples and Other Short Stories, publié en 2009, a été finaliste du Prix international Frank O'Connor. Dans la Malaisie actuelle, la voix singulière de Shih-Li Kow défend sans ...

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Née en 1968 dans la communauté chinoise de Kuala Lumpur, Shih-Li Kow écrit en anglais. Son premier recueil de nouvelles, Ripples and Other Short Stories, publié en 2009, a été finaliste du Prix international Frank O'Connor. Dans la Malaisie actuelle, la voix singulière de Shih-Li Kow défend sans conteste la diversité et la liberté. Jouant admirablement du proche et du lointain, du particulier et de l'universel, du vraisemblable et du fabuleux, du sérieux et du cocasse, la Somme de nos folies est le premier roman de Shih-Li Kow, et c'est un enchantement.

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Avis (16)

  • Couverture du livre « La somme de nos folies » de Shih-Li Kow aux éditions Zulma

    Nathalie Chartier sur La somme de nos folies de Shih-Li Kow

    Subtil, délicat, foisonnant, poétique et dépaysant sont les mots qui me viennent immédiatement à l’esprit après avoir refermé la dernière page.
    Alors pas d’hésitation ouvrez ce merveilleux roman et partez pour la Malaisie. Précisément le village de Lubok Sayong au nord de Kuala Lumpur, la...
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    Subtil, délicat, foisonnant, poétique et dépaysant sont les mots qui me viennent immédiatement à l’esprit après avoir refermé la dernière page.
    Alors pas d’hésitation ouvrez ce merveilleux roman et partez pour la Malaisie. Précisément le village de Lubok Sayong au nord de Kuala Lumpur, la capitale.
    Un village inondé régulièrement en raison de sa topographie, oscillant entre passé et modernité, habité par des personnages truculents et terriblement attachants, rythmé par les petits mélodrames de chacun.
    Vous y croiserez une vieille femme ronchon dotée d’un vrai cœur qui se retrouve à gérer une grande maison transformée en chambres d’hôtes, un vieil homme jadis propriétaire d’une usine de litchis ami de celle-ci, une orpheline traumatisée qui réapprend à vivre et à sourire, une gouvernante transgenre et d’autres personnages secondaires tout aussi savoureux. Il y sera même question d’un poisson rouge neurasthénique aspirant à la liberté !
    Le tout auréolé de légendes et d’histoires abracadabrantes qui relient le passé et le présent.
    Chaque personnage principal prend tour à tour la parole, complétant, prolongeant la trame narrative emmenant le lecteur vers des chemins inattendus.
    Pourtant, sous des allures fantaisistes, le texte invite à méditer sur le sens de la vie, les liens qui unissent, la transmission.
    « Au final, nous ne sommes que la somme de nos folies, racontées ou tues ».
    Un réel plaisir de lecture !

  • Couverture du livre « La somme de nos folies » de Shih-Li Kow aux éditions Zulma

    Nicole Grundlinger sur La somme de nos folies de Shih-Li Kow

    La littérature prend des formes multiples, on le sait. Loin des débats autour de l'autofiction et autre immersion de la réalité dans la fiction, les éditions Zulma ont le chic pour dénicher des petites perles, de ces histoires qui vous font voyager, vous immergent dans d'autres atmosphères que...
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    La littérature prend des formes multiples, on le sait. Loin des débats autour de l'autofiction et autre immersion de la réalité dans la fiction, les éditions Zulma ont le chic pour dénicher des petites perles, de ces histoires qui vous font voyager, vous immergent dans d'autres atmosphères que la vôtre et s'appliquent à réenchanter le quotidien. C'est encore le cas avec La Somme de nos folies, premier roman malaisien à l'écriture aussi chatoyante que sa couverture.

    Direction Lubok Sayong, une petite ville au nord de Kuala Lumpur (KL pour les intimes), un endroit isolé par sa topographie, cette cuvette entre rivières et lacs qui place l'eau au cœur de ses actualités. Inondations, petits ponts de bric et de broc et histoires poignantes de poissons rouges... bref, on ne s'ennuie pas. Ici vit Beevi, un personnage féminin comme on en rencontre trop peu, authentique et auréolé d'une certaine grâce, qui s'attache à redonner vie à la grande maison héritée de son père pour la transformer en bed and breakfast. Pour la seconder, un ami fidèle, Auyong, qui dirigeait une conserverie de litchis avant de prendre sa retraite dans cette petite ville et des tas de personnages secondaires, hauts en couleurs, mais chacun important à son niveau. Et puis Mary-Ann, l'orpheline que la sœur de Beevi avait décidé d'adopter avant de trouver accidentellement la mort et qu'elle prend donc sous son aile.

    A travers la chronique de cette petite ville se dessine un portrait de la Malaisie, au carrefour des traditions et de la modernité. Une Malaisie multiculturelle avec les frottements que cela provoque entre les différentes communautés, mais également une Malaisie tournée vers le tourisme et obligée de jongler entre réalité et image d’Épinal. Tout ceci est vu par le prisme des habitants de Lubok Sayong, à l'écart des grands centres modernes et où l'empreinte des légendes ancestrales est encore très forte. Une sorte de havre de paix, encore préservé, où Mary-Ann grandira entre les histoires de Beevi et la tendresse de Miss Boonsidik (sorte de gouvernante transgenre) avant de faire le grand saut vers la capitale et l'avenir.

    La Somme de nos folies est un roman enchanteur, dépaysant et apaisant, qui cache sous une apparente légèreté de ton une véritable fresque représentant une population et un pays. On se laisse porter par la langue d'une conteuse née, qui n'hésite pas à puiser dans le riche patrimoine culturel du pays les histoires qui captivent petits et grands. On oublie l'Europe, le béton et le gris du ciel. Et on se dit qu'on tenterait bien de dénicher la maison d'hôtes de Beevi si elle existe, histoire d'aller l'écouter raconter ses fameuses histoires enrichies au fil des narrations, se ressourcer et voir si on ne trouverait pas un poisson rouge à adopter... Il paraît que là-bas, ils se nourrissent de pêcheurs et grandissent tellement qu'ils font déborder les lacs dans lesquels on les relâche.

  • Couverture du livre « La somme de nos folies » de Shih-Li Kow aux éditions Zulma

    Mumu Dans le Bocage sur La somme de nos folies de Shih-Li Kow

    Cette lecture a été pour moi un voyage, un dépaysement total et je pense qu'il faut le prendre comme une invitation à découvrir un pays, sa population, ses traditions.

    Départ donc pour la Malaisie, pays lointain de l'Asie du Sud-Est, connue surtout pour ses plages de sable fin et ses forêts...
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    Cette lecture a été pour moi un voyage, un dépaysement total et je pense qu'il faut le prendre comme une invitation à découvrir un pays, sa population, ses traditions.

    Départ donc pour la Malaisie, pays lointain de l'Asie du Sud-Est, connue surtout pour ses plages de sable fin et ses forêts tropicales, sa faune et sa flore luxuriantes mais nous, nous partons pour un petit village Lubok Sayong, régulièrement inondé car situé dans une cuvette entourée de rivières et de lacs, où Mami Beevi a ouvert un Bed & Breakfast, dans la Grande Maison qu'elle a hérité de son père, maison aux 4 tourelles érigées pour chacune de ses femmes.

    La narration est faite à 2 voix : celle de Auyon, un homme d'un certain âge, directeur d'une conserverie de litchis, ami et voisin de Beevi et celle de Mary-Anne, une enfant de 11 ans, vive et intelligente, dont Beevi va "hériter" après la mort de sa demi-sœur qui avait été la chercher dans un orphelinat.

    Ismet le potier, Naïn, la folle aux sangsues, Miss Boonsidik, transexuel qui aide au bon fonctionnement de la maison, chacun amène sa touche. Nous découvrons leurs quotidiens, leurs passés et leurs espoirs. Les origines ethniques, les religions, les usages et traditions tout nous est relaté d'une manière vivante, parfois drôle mais aussi avec profondeur quand il s'agit du contraste entre plusieurs civilisations comme le permet l'accueil des touristes dans la maison de Beevi :

    Pour les gens comme vous, du caractère ça veut dire quelques rats dans les rues, des beaux bâtiments anciens. S'il y a une âme, c'est parce que des gens triment dans les échoppes pour gagner leur vie, à préparer cette charmante street food qui vous ravit. De la bonne nourriture et un faible taux de criminalité. C'est ça le caractère, quand on voyage en touriste. (p214)

    Mais il y a surtout Beevi, dont l'auteure ne livre de son passé que quelques informations, disséminées, çà et là, à nous reconstituer le puzzle, car c'est une femme qui ne s'épanche pas, assez rude mais avec au fond d'elle de la tendresse, de la générosité. C'est une femme au caractère déterminé, qui a dû surmonté des deuils, des affronts en particulier ceux causés par son père et à ses multiples femmes :

    Mon père était laid, le croisement d'une chèvre et d'un singe, mais il avait beaucoup de charme. Même les oiseaux auraient quitter leurs arbres pour le suivre.

    C'est Mary-Anne qui m'a le plus touchée : son regard lucide sur ce qui l'entoure,  sans apitoiement, parfois très adulte dans ses réflexions et parfois plus naïve, elle apporte dans la maison de Beevi le modernisme, de la gaïté, un petit vent de folie, d'espièglerie. Elle nous fait partager sa solitude mais aussi ses amitiés.

    La narration sur l'orphelinat où a été élevée cette enfant avec une directrice pas ordinaire, les lectures de romances et les rêves de ces jeunes filles, qui attendent ou n'attendent plus des parents adoptifs.

    Ce premier roman est une sorte de recueil de chroniques sur le quotidien de ce lieu isolé mais drainant les touristes qui font des haltes dans le B & B de Mami Beevi. Il y a parfois des événements dignes d'un roman d'aventure, les éléments, la nature, les traditions restant très présentes. Les deux générations que représentent Beevi et Mary-Anne vont se mêler, s'apprivoiser mais avec distance, sans réelle démonstration de sentiments.

    Ayong, cet homme d'âge mûr apporte le pendant, l'équilibre, l'élément neutre entre ces deux éléments féminins, l'une héritière du passé et l'autre qui annonce le monde à venir. 

    Il y a ça et là des réflexions de l'auteure sur la vie, l'évolution de la Malaisie, envahit de touristes et la perte des valeurs ancestrales, les paysages qui changent.

    Quand un américain se livre à une tuerie, c'est forcément un déséquilibré mental, il y a toujours un contexte pour expliquer la genèse du monstre. Le tireur était un détraqué, victime de sévices, de brimades ou d'ostracisme, traumatisé par la guerre ou autre autre chose. Ici, si quelqu'un s'empare d'une machette ou d'un sabre de samouraï, comme c'est arrivé récemment, on invoque l'intervention des esprits ou un dérapage religieux. (p303)

    C'est la première fois que je lis un roman de littérature malaisienne, écrit en anglais par l'auteure qui est d'origine chinoise, dont c'est le premier roman (elle a écrit précédemment un recueil de nouvelles). Elle laisse plusieurs indices, mais ce n'est que mon impression, de ses influences : Hemingway avec entre autre, une pêche mémorable dans son récit avec des messages forts derrière les événements. Elle allie humour mais aussi réflexion, constat sur son pays, sur l'humain.

    Sans raison de vivre, nous autres humains, alliage complexe de nerfs et d'énergie mentale, ne serions que ses sacs de matière organique destinés à servir d'engrais.(p190)

    L'écriture est plaisante, féminine et douce, la construction bien maîtrisée avec des moments forts, glissés ici et là, donnant du relief. Pour moi une belle découverte et un voyage dépaysant à l'autre bout du monde.

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