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La somme de nos folies

Couverture du livre « La somme de nos folies » de Shih-Li Kow aux éditions Zulma
  • Date de parution :
  • Editeur : Zulma
  • EAN : 9782843048302
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Il arrive rarement qu'un déluge fasse de l'ombre à une éclipse solaire. Il n'empêche, cette année-là, par un curieux concours de circonstances, Beevi, vieille dame fantasque, volontiers revêche, terriblement attachante, hérite d'une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée de son... Voir plus

Il arrive rarement qu'un déluge fasse de l'ombre à une éclipse solaire. Il n'empêche, cette année-là, par un curieux concours de circonstances, Beevi, vieille dame fantasque, volontiers revêche, terriblement attachante, hérite d'une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée de son orphelinat. Aidée de Mary Anne et de l'extravagante Miss Boonsidik, Beevi reconvertit la bâtisse - quatre tourelles, dix toilettes, des bibelots à foison et un jardin extraordinaire - en bed & breakfast pour touristes égarés...
Le tout livré en alternance et avec force commentaires par la facétieuse Mary Anne et par Auyong, l'ami fidèle, vieux directeur de la conserverie de litchis, qui coulerait des jours paisibles s'il ne devenait l'instigateur héroïque d'une gay pride locale.
La Somme de nos folies est la chronique absolument tendre, libre, drôle, profonde, incisive, d'un petit monde presque sans histoire quelque part en Malaisie, aujourd'hui. Une somme de folies très humaines, comme un concentré de vie, dans ce qu'elle offre de plus lumineux.

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Avis (21)

  • Toujours à la recherche de nationalités inédites pour progresser dans le challenge Globe-Trotter des lecteurs de Babelio, j'ai trouvé récemment un roman malais sur les étagères électroniques de ma bibliothèque ! 

    Et j'ai découvert un récit qui m'a plongée dans la vie quotidienne de trois...
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    Toujours à la recherche de nationalités inédites pour progresser dans le challenge Globe-Trotter des lecteurs de Babelio, j'ai trouvé récemment un roman malais sur les étagères électroniques de ma bibliothèque ! 

    Et j'ai découvert un récit qui m'a plongée dans la vie quotidienne de trois personnes de Lubok Sayong, un village de la banlieue de Kuala-Lumpur. Beevi, petite vieille au caractère bien trempé et conteuse hors pair mène de main de maître sa maison d'hôtes composée par son père pour y héberger ses épouses successives, Auyong, son copain, un vieux chinois, aussi paisible que Beevi est agitée, et Mary Anne, adoptée par la sœur de Beevi, que cette dernière a recueilli  .

    Lubok Sayong est situé entre les bras d'un fleuve qui peut les gratifier de deux crues majeures par an, et qui les inonde calmement très régulièrement.

    La solidarité contre cette adversité de la nature rend harmonieuse la vie de ce village où cohabitent chinois, malais et indiens. 

    Le roman se compose de chapitres où, tour à tour Auyong et Marie-Anne partagent des scènes de la vie de leur maisonnée, comme, entre autres, une tragique partie de pêche, le déménagement d'un des bungalows de leur maison pour être transporté sur une île-hôtel, la punition originale de harceleurs dans l'usine de mise en boîte de litchis, ou les péripéties du fantôme du jardin. 

    Bref, un roman très plaisant qui m'a donné envie de découvrir de découvrir d'autres œuvres malaises.

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  • Jolie épopée malaise ! au gré du quotidien anodin d'un petit village banal. la destinée de ses habitants dont on découvre la vie et les rêves.
    Entre traditions et monde d'aujourd'hui, chacun fait ses petits arrangements au mieux!
    La palette de personnages est savoureuse, on les adopte...
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    Jolie épopée malaise ! au gré du quotidien anodin d'un petit village banal. la destinée de ses habitants dont on découvre la vie et les rêves.
    Entre traditions et monde d'aujourd'hui, chacun fait ses petits arrangements au mieux!
    La palette de personnages est savoureuse, on les adopte instantanément par leur intelligence, leur drôlerie, leur sagesse
    On se prête au jeu de vivre en Malaisie, l'espace de trois cents et quelques pages. Un film serait une chronique douce-amère réussie. Beevi,Miss Boonsidik, Mary-Ann et Auyung seraient immortalisés d'une autre manière! chiche?

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  • Ce roman me faisait de l'oeil depuis sa sortie. Il faut dire aussi qu'il est très difficile de ne pas voir les couvertures très colorées des éditions Zulma. Je n'ai lu que très peu de livres de cette maison que je sais assez exigeante et sortant des sentiers battus puisque nous faisant voyager...
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    Ce roman me faisait de l'oeil depuis sa sortie. Il faut dire aussi qu'il est très difficile de ne pas voir les couvertures très colorées des éditions Zulma. Je n'ai lu que très peu de livres de cette maison que je sais assez exigeante et sortant des sentiers battus puisque nous faisant voyager dans des contrées bien moins exposées dans la littérature que l'Europe ou les Etats-Unis. A titre d'exemple, je me rappelle de By the rivers of Babylon, roman se déroulant en Jamaïque. Celui-ci ne fait pas exception puisqu'il se passe en Malaisie et a été écrit par une jeune auteure qui fait partie de la communauté chinoise du pays.

    Ce roman est raconté alternativement par Auyong, vieux chinois ayant vécu une grande partie de sa vie à Kuala Lumpur (KL pour les initiés) et s'étant retiré au nord de la capitale, à Lubok Sayong, pour y couler une retraite paisible – en apparence – et bien méritée, et par Mary-Anne, jeune orpheline très futée qui se retrouve dans cette communauté un peu par hasard, mais pas tant que ça comme on le verra au fur et à mesure du récit. Ces deux personnages gravitent autour de Beevi, une vieille dame haut en couleurs, pas très agréable au premier abord mais avec un coeur certainement aussi énorme qu'une pastèque.

    C'est un roman que j'ai trouvé très plaisant, qui se laisse déguster comme une bonne glace un soir d'été, mêlant burlesque et gravité, légendes et vérités.
    Et, comme il m'arrive parfois, je ne sais pour autant pas dire, alors que je viens à peine de tourner la dernière page, de quoi il parlait vraiment. Il s'agit davantage de tranches de vie, d'anecdotes, de petites chroniques même si le tout est tenu par un fil conducteur qui prend véritablement tout son sens à la fin du livre.

    En fait, j'ai l'impression d'avoir vu des instantanés, comme les photos des anciens polaroids ; c'est le sentiment qu'il me reste, à la fin.

    L'écriture est agréable, parsemée de références linguistiques ou culturelles pas toujours très faciles à comprendre malgré un glossaire (trop succinct à mon goût) rédigé à la fin du livre. J'ai voyagé et cela m'a suffi.

    Une auteure que je relirai avec plaisir.

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  • Voici ma première chronique de 2019 et elle sera pour ce joli roman qui se savoure comme une friandise, un petit bonbon acidulé glissé sous la langue. Une réelle belle surprise pour moi.
    Dans un petit village proche de KUALA LUMPUR, les pluies diluviennes créent des inondations mémorables et...
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    Voici ma première chronique de 2019 et elle sera pour ce joli roman qui se savoure comme une friandise, un petit bonbon acidulé glissé sous la langue. Une réelle belle surprise pour moi.
    Dans un petit village proche de KUALA LUMPUR, les pluies diluviennes créent des inondations mémorables et c’est à cette occasion que Beevi décide de rendre sa liberté à son poisson neurasthénique alors qu’elle y est très attachée. Son vieil ami Auyong, directeur de la conserverie de litchis, assiste à la scène un brin étonné par la décision de Beevi, femme revêche d’un certain âge avec qui il partage de longues discussions sur tout et rien. Ces deux-là ne sont pas au bout de leur surprise puisque Mary Anne, jeune orpheline, débarque dans leur vie à la suite d’un accident et va parfaire leur duo de personnalités bien trempées pour former un trio inséparable et excentrique. Héritière d’une grande demeure aux quatre tourelles dépareillées, Beevi décide d’ouvrir un bed and breakfast pour les touristes de passage dans la région. Pour l’aider dans sa tâche, elle embauche Miss Boonsidik, lady boy charmante et fantasque.
    Il est très très compliqué de résumé ce premier roman tant il est extravagant et parfois loufoque mais quel plaisir de rencontrer des personnages attachants, drôles, humains et farfelus, d’être dépaysée par les senteurs, la nourriture, les paysages.
    L’alternance du récit à travers les commentaires affutés de Auyong et de l’espiègle Mary Anne donne une chronique joyeuse et décalée de la vie à Lubok Sayong , ils nous font partager le quotidien de ce village en y apportant force détails, avec une touche d’humour terriblement percutante. Les dialogues sont truculents et certaines scènes sont tellement pittoresques et invraisemblables qu’elles fascinent et emportent le lecteur.
    Mais il ne faut pas se laisser confortablement embarquer par les facettes dépaysantes et drolatiques de ce roman car LA SOMME DE NOS FOLIES est aussi un livre plus profond qu’il n’y paraît, qui évoque la pauvreté, les dérives du tourisme en MALAISIE, le deuil, les différences, l’homosexualité et les diverses communautés qui façonnent le pays et vivent a priori en bonne entente.
    Finalement, Shih Li Kow a réussi, dans ce premier opus, le tour de force de traiter de sujets importants et graves tout en entraînant son lecteur dans une épopée tendre, surprenante, singulière et exotique.
    Ce roman, hors du commun, est une vraie réussite qui m’a enchantée, il égaiera et donnera des couleurs à vos lectures au coin du feu cet hiver !
    MYMY

    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2018/12/03/36914122.html

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  • Lubok Sayong petite ville de Malaisie.
    Chronique pittoresque de la communauté racontée par un trio, Beevi, Marie Anne et Auyong. Péripéties, amitiés, tendresse,croyance et secrets de famille . Indiens, malais et chinois se côtoient. un joli conte dépaysant et très agréable à lire.

    Lubok Sayong petite ville de Malaisie.
    Chronique pittoresque de la communauté racontée par un trio, Beevi, Marie Anne et Auyong. Péripéties, amitiés, tendresse,croyance et secrets de famille . Indiens, malais et chinois se côtoient. un joli conte dépaysant et très agréable à lire.

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  • Subtil, délicat, foisonnant, poétique et dépaysant sont les mots qui me viennent immédiatement à l’esprit après avoir refermé la dernière page.
    Alors pas d’hésitation ouvrez ce merveilleux roman et partez pour la Malaisie. Précisément le village de Lubok Sayong au nord de Kuala Lumpur, la...
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    Subtil, délicat, foisonnant, poétique et dépaysant sont les mots qui me viennent immédiatement à l’esprit après avoir refermé la dernière page.
    Alors pas d’hésitation ouvrez ce merveilleux roman et partez pour la Malaisie. Précisément le village de Lubok Sayong au nord de Kuala Lumpur, la capitale.
    Un village inondé régulièrement en raison de sa topographie, oscillant entre passé et modernité, habité par des personnages truculents et terriblement attachants, rythmé par les petits mélodrames de chacun.
    Vous y croiserez une vieille femme ronchon dotée d’un vrai cœur qui se retrouve à gérer une grande maison transformée en chambres d’hôtes, un vieil homme jadis propriétaire d’une usine de litchis ami de celle-ci, une orpheline traumatisée qui réapprend à vivre et à sourire, une gouvernante transgenre et d’autres personnages secondaires tout aussi savoureux. Il y sera même question d’un poisson rouge neurasthénique aspirant à la liberté !
    Le tout auréolé de légendes et d’histoires abracadabrantes qui relient le passé et le présent.
    Chaque personnage principal prend tour à tour la parole, complétant, prolongeant la trame narrative emmenant le lecteur vers des chemins inattendus.
    Pourtant, sous des allures fantaisistes, le texte invite à méditer sur le sens de la vie, les liens qui unissent, la transmission.
    « Au final, nous ne sommes que la somme de nos folies, racontées ou tues ».
    Un réel plaisir de lecture !

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  • La littérature prend des formes multiples, on le sait. Loin des débats autour de l'autofiction et autre immersion de la réalité dans la fiction, les éditions Zulma ont le chic pour dénicher des petites perles, de ces histoires qui vous font voyager, vous immergent dans d'autres atmosphères que...
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    La littérature prend des formes multiples, on le sait. Loin des débats autour de l'autofiction et autre immersion de la réalité dans la fiction, les éditions Zulma ont le chic pour dénicher des petites perles, de ces histoires qui vous font voyager, vous immergent dans d'autres atmosphères que la vôtre et s'appliquent à réenchanter le quotidien. C'est encore le cas avec La Somme de nos folies, premier roman malaisien à l'écriture aussi chatoyante que sa couverture.

    Direction Lubok Sayong, une petite ville au nord de Kuala Lumpur (KL pour les intimes), un endroit isolé par sa topographie, cette cuvette entre rivières et lacs qui place l'eau au cœur de ses actualités. Inondations, petits ponts de bric et de broc et histoires poignantes de poissons rouges... bref, on ne s'ennuie pas. Ici vit Beevi, un personnage féminin comme on en rencontre trop peu, authentique et auréolé d'une certaine grâce, qui s'attache à redonner vie à la grande maison héritée de son père pour la transformer en bed and breakfast. Pour la seconder, un ami fidèle, Auyong, qui dirigeait une conserverie de litchis avant de prendre sa retraite dans cette petite ville et des tas de personnages secondaires, hauts en couleurs, mais chacun important à son niveau. Et puis Mary-Ann, l'orpheline que la sœur de Beevi avait décidé d'adopter avant de trouver accidentellement la mort et qu'elle prend donc sous son aile.

    A travers la chronique de cette petite ville se dessine un portrait de la Malaisie, au carrefour des traditions et de la modernité. Une Malaisie multiculturelle avec les frottements que cela provoque entre les différentes communautés, mais également une Malaisie tournée vers le tourisme et obligée de jongler entre réalité et image d’Épinal. Tout ceci est vu par le prisme des habitants de Lubok Sayong, à l'écart des grands centres modernes et où l'empreinte des légendes ancestrales est encore très forte. Une sorte de havre de paix, encore préservé, où Mary-Ann grandira entre les histoires de Beevi et la tendresse de Miss Boonsidik (sorte de gouvernante transgenre) avant de faire le grand saut vers la capitale et l'avenir.

    La Somme de nos folies est un roman enchanteur, dépaysant et apaisant, qui cache sous une apparente légèreté de ton une véritable fresque représentant une population et un pays. On se laisse porter par la langue d'une conteuse née, qui n'hésite pas à puiser dans le riche patrimoine culturel du pays les histoires qui captivent petits et grands. On oublie l'Europe, le béton et le gris du ciel. Et on se dit qu'on tenterait bien de dénicher la maison d'hôtes de Beevi si elle existe, histoire d'aller l'écouter raconter ses fameuses histoires enrichies au fil des narrations, se ressourcer et voir si on ne trouverait pas un poisson rouge à adopter... Il paraît que là-bas, ils se nourrissent de pêcheurs et grandissent tellement qu'ils font déborder les lacs dans lesquels on les relâche.

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  • Cette lecture a été pour moi un voyage, un dépaysement total et je pense qu'il faut le prendre comme une invitation à découvrir un pays, sa population, ses traditions.

    Départ donc pour la Malaisie, pays lointain de l'Asie du Sud-Est, connue surtout pour ses plages de sable fin et ses forêts...
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    Cette lecture a été pour moi un voyage, un dépaysement total et je pense qu'il faut le prendre comme une invitation à découvrir un pays, sa population, ses traditions.

    Départ donc pour la Malaisie, pays lointain de l'Asie du Sud-Est, connue surtout pour ses plages de sable fin et ses forêts tropicales, sa faune et sa flore luxuriantes mais nous, nous partons pour un petit village Lubok Sayong, régulièrement inondé car situé dans une cuvette entourée de rivières et de lacs, où Mami Beevi a ouvert un Bed & Breakfast, dans la Grande Maison qu'elle a hérité de son père, maison aux 4 tourelles érigées pour chacune de ses femmes.

    La narration est faite à 2 voix : celle de Auyon, un homme d'un certain âge, directeur d'une conserverie de litchis, ami et voisin de Beevi et celle de Mary-Anne, une enfant de 11 ans, vive et intelligente, dont Beevi va "hériter" après la mort de sa demi-sœur qui avait été la chercher dans un orphelinat.

    Ismet le potier, Naïn, la folle aux sangsues, Miss Boonsidik, transexuel qui aide au bon fonctionnement de la maison, chacun amène sa touche. Nous découvrons leurs quotidiens, leurs passés et leurs espoirs. Les origines ethniques, les religions, les usages et traditions tout nous est relaté d'une manière vivante, parfois drôle mais aussi avec profondeur quand il s'agit du contraste entre plusieurs civilisations comme le permet l'accueil des touristes dans la maison de Beevi :

    Pour les gens comme vous, du caractère ça veut dire quelques rats dans les rues, des beaux bâtiments anciens. S'il y a une âme, c'est parce que des gens triment dans les échoppes pour gagner leur vie, à préparer cette charmante street food qui vous ravit. De la bonne nourriture et un faible taux de criminalité. C'est ça le caractère, quand on voyage en touriste. (p214)

    Mais il y a surtout Beevi, dont l'auteure ne livre de son passé que quelques informations, disséminées, çà et là, à nous reconstituer le puzzle, car c'est une femme qui ne s'épanche pas, assez rude mais avec au fond d'elle de la tendresse, de la générosité. C'est une femme au caractère déterminé, qui a dû surmonté des deuils, des affronts en particulier ceux causés par son père et à ses multiples femmes :

    Mon père était laid, le croisement d'une chèvre et d'un singe, mais il avait beaucoup de charme. Même les oiseaux auraient quitter leurs arbres pour le suivre.

    C'est Mary-Anne qui m'a le plus touchée : son regard lucide sur ce qui l'entoure,  sans apitoiement, parfois très adulte dans ses réflexions et parfois plus naïve, elle apporte dans la maison de Beevi le modernisme, de la gaïté, un petit vent de folie, d'espièglerie. Elle nous fait partager sa solitude mais aussi ses amitiés.

    La narration sur l'orphelinat où a été élevée cette enfant avec une directrice pas ordinaire, les lectures de romances et les rêves de ces jeunes filles, qui attendent ou n'attendent plus des parents adoptifs.

    Ce premier roman est une sorte de recueil de chroniques sur le quotidien de ce lieu isolé mais drainant les touristes qui font des haltes dans le B & B de Mami Beevi. Il y a parfois des événements dignes d'un roman d'aventure, les éléments, la nature, les traditions restant très présentes. Les deux générations que représentent Beevi et Mary-Anne vont se mêler, s'apprivoiser mais avec distance, sans réelle démonstration de sentiments.

    Ayong, cet homme d'âge mûr apporte le pendant, l'équilibre, l'élément neutre entre ces deux éléments féminins, l'une héritière du passé et l'autre qui annonce le monde à venir. 

    Il y a ça et là des réflexions de l'auteure sur la vie, l'évolution de la Malaisie, envahit de touristes et la perte des valeurs ancestrales, les paysages qui changent.

    Quand un américain se livre à une tuerie, c'est forcément un déséquilibré mental, il y a toujours un contexte pour expliquer la genèse du monstre. Le tireur était un détraqué, victime de sévices, de brimades ou d'ostracisme, traumatisé par la guerre ou autre autre chose. Ici, si quelqu'un s'empare d'une machette ou d'un sabre de samouraï, comme c'est arrivé récemment, on invoque l'intervention des esprits ou un dérapage religieux. (p303)

    C'est la première fois que je lis un roman de littérature malaisienne, écrit en anglais par l'auteure qui est d'origine chinoise, dont c'est le premier roman (elle a écrit précédemment un recueil de nouvelles). Elle laisse plusieurs indices, mais ce n'est que mon impression, de ses influences : Hemingway avec entre autre, une pêche mémorable dans son récit avec des messages forts derrière les événements. Elle allie humour mais aussi réflexion, constat sur son pays, sur l'humain.

    Sans raison de vivre, nous autres humains, alliage complexe de nerfs et d'énergie mentale, ne serions que ses sacs de matière organique destinés à servir d'engrais.(p190)

    L'écriture est plaisante, féminine et douce, la construction bien maîtrisée avec des moments forts, glissés ici et là, donnant du relief. Pour moi une belle découverte et un voyage dépaysant à l'autre bout du monde.

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