La somme de nos folies

Couverture du livre « La somme de nos folies » de Shih-Li Kow aux éditions Zulma
  • Date de parution :
  • Editeur : Zulma
  • EAN : 9782843048302
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Il arrive rarement qu'un déluge fasse de l'ombre à une éclipse solaire. Il n'empêche, cette année-là, par un curieux concours de circonstances, Beevi, vieille dame fantasque, volontiers revêche, terriblement attachante, hérite d'une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée de son... Voir plus

Il arrive rarement qu'un déluge fasse de l'ombre à une éclipse solaire. Il n'empêche, cette année-là, par un curieux concours de circonstances, Beevi, vieille dame fantasque, volontiers revêche, terriblement attachante, hérite d'une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée de son orphelinat. Aidée de Mary Anne et de l'extravagante Miss Boonsidik, Beevi reconvertit la bâtisse - quatre tourelles, dix toilettes, des bibelots à foison et un jardin extraordinaire - en bed & breakfast pour touristes égarés...
Le tout livré en alternance et avec force commentaires par la facétieuse Mary Anne et par Auyong, l'ami fidèle, vieux directeur de la conserverie de litchis, qui coulerait des jours paisibles s'il ne devenait l'instigateur héroïque d'une gay pride locale.
La Somme de nos folies est la chronique absolument tendre, libre, drôle, profonde, incisive, d'un petit monde presque sans histoire quelque part en Malaisie, aujourd'hui. Une somme de folies très humaines, comme un concentré de vie, dans ce qu'elle offre de plus lumineux.

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  • Subtil, délicat, foisonnant, poétique et dépaysant sont les mots qui me viennent immédiatement à l’esprit après avoir refermé la dernière page.
    Alors pas d’hésitation ouvrez ce merveilleux roman et partez pour la Malaisie. Précisément le village de Lubok Sayong au nord de Kuala Lumpur, la...
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    Subtil, délicat, foisonnant, poétique et dépaysant sont les mots qui me viennent immédiatement à l’esprit après avoir refermé la dernière page.
    Alors pas d’hésitation ouvrez ce merveilleux roman et partez pour la Malaisie. Précisément le village de Lubok Sayong au nord de Kuala Lumpur, la capitale.
    Un village inondé régulièrement en raison de sa topographie, oscillant entre passé et modernité, habité par des personnages truculents et terriblement attachants, rythmé par les petits mélodrames de chacun.
    Vous y croiserez une vieille femme ronchon dotée d’un vrai cœur qui se retrouve à gérer une grande maison transformée en chambres d’hôtes, un vieil homme jadis propriétaire d’une usine de litchis ami de celle-ci, une orpheline traumatisée qui réapprend à vivre et à sourire, une gouvernante transgenre et d’autres personnages secondaires tout aussi savoureux. Il y sera même question d’un poisson rouge neurasthénique aspirant à la liberté !
    Le tout auréolé de légendes et d’histoires abracadabrantes qui relient le passé et le présent.
    Chaque personnage principal prend tour à tour la parole, complétant, prolongeant la trame narrative emmenant le lecteur vers des chemins inattendus.
    Pourtant, sous des allures fantaisistes, le texte invite à méditer sur le sens de la vie, les liens qui unissent, la transmission.
    « Au final, nous ne sommes que la somme de nos folies, racontées ou tues ».
    Un réel plaisir de lecture !

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  • La littérature prend des formes multiples, on le sait. Loin des débats autour de l'autofiction et autre immersion de la réalité dans la fiction, les éditions Zulma ont le chic pour dénicher des petites perles, de ces histoires qui vous font voyager, vous immergent dans d'autres atmosphères que...
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    La littérature prend des formes multiples, on le sait. Loin des débats autour de l'autofiction et autre immersion de la réalité dans la fiction, les éditions Zulma ont le chic pour dénicher des petites perles, de ces histoires qui vous font voyager, vous immergent dans d'autres atmosphères que la vôtre et s'appliquent à réenchanter le quotidien. C'est encore le cas avec La Somme de nos folies, premier roman malaisien à l'écriture aussi chatoyante que sa couverture.

    Direction Lubok Sayong, une petite ville au nord de Kuala Lumpur (KL pour les intimes), un endroit isolé par sa topographie, cette cuvette entre rivières et lacs qui place l'eau au cœur de ses actualités. Inondations, petits ponts de bric et de broc et histoires poignantes de poissons rouges... bref, on ne s'ennuie pas. Ici vit Beevi, un personnage féminin comme on en rencontre trop peu, authentique et auréolé d'une certaine grâce, qui s'attache à redonner vie à la grande maison héritée de son père pour la transformer en bed and breakfast. Pour la seconder, un ami fidèle, Auyong, qui dirigeait une conserverie de litchis avant de prendre sa retraite dans cette petite ville et des tas de personnages secondaires, hauts en couleurs, mais chacun important à son niveau. Et puis Mary-Ann, l'orpheline que la sœur de Beevi avait décidé d'adopter avant de trouver accidentellement la mort et qu'elle prend donc sous son aile.

    A travers la chronique de cette petite ville se dessine un portrait de la Malaisie, au carrefour des traditions et de la modernité. Une Malaisie multiculturelle avec les frottements que cela provoque entre les différentes communautés, mais également une Malaisie tournée vers le tourisme et obligée de jongler entre réalité et image d’Épinal. Tout ceci est vu par le prisme des habitants de Lubok Sayong, à l'écart des grands centres modernes et où l'empreinte des légendes ancestrales est encore très forte. Une sorte de havre de paix, encore préservé, où Mary-Ann grandira entre les histoires de Beevi et la tendresse de Miss Boonsidik (sorte de gouvernante transgenre) avant de faire le grand saut vers la capitale et l'avenir.

    La Somme de nos folies est un roman enchanteur, dépaysant et apaisant, qui cache sous une apparente légèreté de ton une véritable fresque représentant une population et un pays. On se laisse porter par la langue d'une conteuse née, qui n'hésite pas à puiser dans le riche patrimoine culturel du pays les histoires qui captivent petits et grands. On oublie l'Europe, le béton et le gris du ciel. Et on se dit qu'on tenterait bien de dénicher la maison d'hôtes de Beevi si elle existe, histoire d'aller l'écouter raconter ses fameuses histoires enrichies au fil des narrations, se ressourcer et voir si on ne trouverait pas un poisson rouge à adopter... Il paraît que là-bas, ils se nourrissent de pêcheurs et grandissent tellement qu'ils font déborder les lacs dans lesquels on les relâche.

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  • Cette lecture a été pour moi un voyage, un dépaysement total et je pense qu'il faut le prendre comme une invitation à découvrir un pays, sa population, ses traditions.

    Départ donc pour la Malaisie, pays lointain de l'Asie du Sud-Est, connue surtout pour ses plages de sable fin et ses forêts...
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    Cette lecture a été pour moi un voyage, un dépaysement total et je pense qu'il faut le prendre comme une invitation à découvrir un pays, sa population, ses traditions.

    Départ donc pour la Malaisie, pays lointain de l'Asie du Sud-Est, connue surtout pour ses plages de sable fin et ses forêts tropicales, sa faune et sa flore luxuriantes mais nous, nous partons pour un petit village Lubok Sayong, régulièrement inondé car situé dans une cuvette entourée de rivières et de lacs, où Mami Beevi a ouvert un Bed & Breakfast, dans la Grande Maison qu'elle a hérité de son père, maison aux 4 tourelles érigées pour chacune de ses femmes.

    La narration est faite à 2 voix : celle de Auyon, un homme d'un certain âge, directeur d'une conserverie de litchis, ami et voisin de Beevi et celle de Mary-Anne, une enfant de 11 ans, vive et intelligente, dont Beevi va "hériter" après la mort de sa demi-sœur qui avait été la chercher dans un orphelinat.

    Ismet le potier, Naïn, la folle aux sangsues, Miss Boonsidik, transexuel qui aide au bon fonctionnement de la maison, chacun amène sa touche. Nous découvrons leurs quotidiens, leurs passés et leurs espoirs. Les origines ethniques, les religions, les usages et traditions tout nous est relaté d'une manière vivante, parfois drôle mais aussi avec profondeur quand il s'agit du contraste entre plusieurs civilisations comme le permet l'accueil des touristes dans la maison de Beevi :

    Pour les gens comme vous, du caractère ça veut dire quelques rats dans les rues, des beaux bâtiments anciens. S'il y a une âme, c'est parce que des gens triment dans les échoppes pour gagner leur vie, à préparer cette charmante street food qui vous ravit. De la bonne nourriture et un faible taux de criminalité. C'est ça le caractère, quand on voyage en touriste. (p214)

    Mais il y a surtout Beevi, dont l'auteure ne livre de son passé que quelques informations, disséminées, çà et là, à nous reconstituer le puzzle, car c'est une femme qui ne s'épanche pas, assez rude mais avec au fond d'elle de la tendresse, de la générosité. C'est une femme au caractère déterminé, qui a dû surmonté des deuils, des affronts en particulier ceux causés par son père et à ses multiples femmes :

    Mon père était laid, le croisement d'une chèvre et d'un singe, mais il avait beaucoup de charme. Même les oiseaux auraient quitter leurs arbres pour le suivre.

    C'est Mary-Anne qui m'a le plus touchée : son regard lucide sur ce qui l'entoure,  sans apitoiement, parfois très adulte dans ses réflexions et parfois plus naïve, elle apporte dans la maison de Beevi le modernisme, de la gaïté, un petit vent de folie, d'espièglerie. Elle nous fait partager sa solitude mais aussi ses amitiés.

    La narration sur l'orphelinat où a été élevée cette enfant avec une directrice pas ordinaire, les lectures de romances et les rêves de ces jeunes filles, qui attendent ou n'attendent plus des parents adoptifs.

    Ce premier roman est une sorte de recueil de chroniques sur le quotidien de ce lieu isolé mais drainant les touristes qui font des haltes dans le B & B de Mami Beevi. Il y a parfois des événements dignes d'un roman d'aventure, les éléments, la nature, les traditions restant très présentes. Les deux générations que représentent Beevi et Mary-Anne vont se mêler, s'apprivoiser mais avec distance, sans réelle démonstration de sentiments.

    Ayong, cet homme d'âge mûr apporte le pendant, l'équilibre, l'élément neutre entre ces deux éléments féminins, l'une héritière du passé et l'autre qui annonce le monde à venir. 

    Il y a ça et là des réflexions de l'auteure sur la vie, l'évolution de la Malaisie, envahit de touristes et la perte des valeurs ancestrales, les paysages qui changent.

    Quand un américain se livre à une tuerie, c'est forcément un déséquilibré mental, il y a toujours un contexte pour expliquer la genèse du monstre. Le tireur était un détraqué, victime de sévices, de brimades ou d'ostracisme, traumatisé par la guerre ou autre autre chose. Ici, si quelqu'un s'empare d'une machette ou d'un sabre de samouraï, comme c'est arrivé récemment, on invoque l'intervention des esprits ou un dérapage religieux. (p303)

    C'est la première fois que je lis un roman de littérature malaisienne, écrit en anglais par l'auteure qui est d'origine chinoise, dont c'est le premier roman (elle a écrit précédemment un recueil de nouvelles). Elle laisse plusieurs indices, mais ce n'est que mon impression, de ses influences : Hemingway avec entre autre, une pêche mémorable dans son récit avec des messages forts derrière les événements. Elle allie humour mais aussi réflexion, constat sur son pays, sur l'humain.

    Sans raison de vivre, nous autres humains, alliage complexe de nerfs et d'énergie mentale, ne serions que ses sacs de matière organique destinés à servir d'engrais.(p190)

    L'écriture est plaisante, féminine et douce, la construction bien maîtrisée avec des moments forts, glissés ici et là, donnant du relief. Pour moi une belle découverte et un voyage dépaysant à l'autre bout du monde.

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  • Dans le cadre de mon appartenance au jury du Prix du Roman Fnac 2018, il m’a été donné à lire, notamment, le premier roman de Shih-Li Kow, auteure malaisienne, "La somme de nos folies".

    Un premier roman est toujours un plaisir pour moi, la découverte d’une nouvelle écriture, d’une approche...
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    Dans le cadre de mon appartenance au jury du Prix du Roman Fnac 2018, il m’a été donné à lire, notamment, le premier roman de Shih-Li Kow, auteure malaisienne, "La somme de nos folies".

    Un premier roman est toujours un plaisir pour moi, la découverte d’une nouvelle écriture, d’une approche différente de la littérature, d’un autre regard sur le monde. Là, tout commence dès la couverture, superbe et colorée comme toutes les couvertures des Editions Zulma. Le livre ouvert, je l’ai dévoré.

    L’histoire se passe en Malaisie, dans une petite ville, Lubok Sayong, située au nord de Kuala Lumpur, mais surtout aux confins de deux rivières et de trois lacs. Cette configuration pour le moins particulière lui vaut, chaque année des inondations. Habitent là, Beevi, personne drôle, fantasque, étonnante. Elle possède un gros poisson dans un aquarium et a décidé de lui rendre sa liberté. Elle a aussi décidé de transformer la vieille maison héritée de son père en bed and breakfast aidée de Miss Boonsidik, autre personnage pour le moins original et de Mary-Ann, une orpheline que sa sœur aurait dû adopter si elle n’avait péri dans un accident de voiture. Et je n’oublie pas Auyung vieux chinois jadis directeur d’une conserverie de litchis désormais à la retraite. Non, non, n’ayez crainte, je n’ai rien spoilé. J’en suis bien loin et je vous laisse le plaisir de découvrir ce récit à la fois conte, manuel de géographie, précis de sociologie et tableau en 3D. En un mot, je vous laisse découvrir un pan de la Malaisie dans toute sa splendeur.

    L’écriture de Shih-Li Kow est une pure merveille, aussi délicate et colorée que la couverture du roman. Elle dresse de ce petit coin de Malaisie et de ses habitants un portrait drôle et pétillant, d’une profonde humanité, d’une grande beauté. Elle nous parle avec élégance des différences, des traditions, d’une modernité qui commence à poindre. Elle nous promène dans des contrées inconnues, nous confronte à des genres différents, nous emporte dans une espèce de tourbillon où le rêve se confond avec la réalité.

    J’ai beaucoup aimé ce roman capable de me faire découvrir un pays que je ne connais pas, j’ai aimé le côté décalé des anecdotes, les qualités de cœur des personnages, les péripéties multiples et la beauté des lieux décrits.

    Un très beau premier roman qui, je l’espère, en cache beaucoup d’autres à venir.

    https://memo-emoi.fr

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  • https://lettresexpres.wordpress.com/2018/10/16/shih-li-kow-la-somme-de-nos-folies/

    Une inondation est le point de départ du roman, et permet de faire connaissance avec la petite communauté villageoise de Lubok Sayong, et en particulier avec Beevi, qui sans être un membre influent de la...
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    https://lettresexpres.wordpress.com/2018/10/16/shih-li-kow-la-somme-de-nos-folies/

    Une inondation est le point de départ du roman, et permet de faire connaissance avec la petite communauté villageoise de Lubok Sayong, et en particulier avec Beevi, qui sans être un membre influent de la communauté, en constitue l'épicentre, le tourbillon fantasque. Beevi, et aussi le poisson qu'elle décide de relâcher à l'occasion de la crue, et qui interviendra plus tard dans un événement dramatique. La famille d'où est issue Beevi est compliquée, bien loin de la famille nucléaire occidentale. Bienvenue en Malaisie !

    Dès les premières lignes, le mélange entre souvenirs, légendes plaisamment racontées, faits réels contemporains, et histoire de famille, ce mélange donc est dosé avec une assurance qui surprend, venant d'une primo-romancière. Les deux narrateurs sont un vieil homme et une jeune fille… Auyong dirige une conserverie de lichees, son amitié avec Beevi lui permet de l'observer avec empathie et une bonne dose d'humour, et son expérience de relater de nombreuses anecdotes concernant la ville de Lubok Sayong. Quant à Mary Anne, adolescente moderne élevée dans un pensionnat où toutes les fillettes sont nommées Mary Quelque Chose, elle va découvrir la ville, et ses habitants hauts en couleurs, après des péripéties que je ne dévoilerai pas ici.

    La famille, les liens de parenté, la transmission, mais aussi l'invasion de la modernité jusque dans les petits villages, la permanence des contes et légendes, la mémoire et les souvenirs, la question du genre avec le personnage de Miss Boonsidik, les rapports entre les différentes communautés religieuses, un kaléidoscope de thèmes harmonieusement tissés entre eux, sans que l'un surpasse ou éclipse l'autre, voilà ce qui compose ce roman parfois émouvant, souvent très drôle. Et si le réalisme magique n'est pas l'apanage de la littérature hispano-américaine, il fait aussi merveille en Malaisie où chaque histoire composant ce roman en est fortement teintée. Mais quand je parle d'histoires, il ne s'agit pas de nouvelles, je pense que le terme le plus adéquat est « chroniques », des chroniques liées par une trame romanesque légère formant un ensemble des plus attachants…

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  • Loin de Kuala Lumpur, le village de Lubok Sayong, ses trois lacs, ses habitants… ça pourrait commencer comme un guide touristique tant le paysage donne envie, mais non, la vie à Lubok Sayong n’a rien d’idyllique. Enfin, ça dépend pour qui ! Et en fait, au moment où commence cette narration, elle...
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    Loin de Kuala Lumpur, le village de Lubok Sayong, ses trois lacs, ses habitants… ça pourrait commencer comme un guide touristique tant le paysage donne envie, mais non, la vie à Lubok Sayong n’a rien d’idyllique. Enfin, ça dépend pour qui ! Et en fait, au moment où commence cette narration, elle n’est peut-être pas aussi paisible qu’elle en a l’air.

    Dès le début du roman, nous faisons la connaissance de Beevi alors qu’une inondation mémorable vient de détruire la plus grande partie du village, et sa maison… C’est à ce moment-là qu’elle décide de libérer son poisson... Cette année là également, alors que sa sœur et son beau-frère partis adopter la jeune Mary Anne décèdent dans un accident de voiture, Beevi prend sous son toit la jeune fille doublement orpheline.

    Cette femme âgée mais alerte, seule mais très dynamique et truculente, est secondée par Auyong, un chinois installé depuis longtemps au village, directeur d’une conserverie de litchis. Auditeur attentif de ses contes et de ses bavardages, il assiste en spectateur fidèle aux péripéties de la vie de Beevi.

    Au fil de l’histoire, le lecteur assiste avec un humour, une humanité et une allégresse renouvelés à chaque page, à la vie de ces habitants, de ces hommes, femmes, enfants, prêts à vivre autrement. Que ce soit à l’orphelinat, où toutes les filles élevées par une sœur Tan bien peu orthodoxe – ou catholique c’est selon- portent toutes pour premier prénom Mary, ou dans le Bed and Breakfast de Beevi, à l’usine ou au village, où l’on croise un potier un peu rêveur, une folle qui élève des sangsues, une Miss Boonsidik attachante...
    Lire la chronique complète sur le blog https://domiclire.wordpress.com/2018/09/12/la-somme-de-nos-folies-shih-li-kow/

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  • En cette rentrée littéraire 2018, les éditions Zulma ont choisi de nous faire découvrir une écrivain malaisienne, issue de la communauté chinoise et qui écrit en anglais, en publiant son premier roman, La somme de nos folies. La littérature malaisienne étant très peu traduite en France, il faut...
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    En cette rentrée littéraire 2018, les éditions Zulma ont choisi de nous faire découvrir une écrivain malaisienne, issue de la communauté chinoise et qui écrit en anglais, en publiant son premier roman, La somme de nos folies. La littérature malaisienne étant très peu traduite en France, il faut saluer cette initiative de la part de l’éditrice, Laure Leroy, qui a déjà développé un « catalogue » dédié aux littératures asiatiques assez conséquent.


    L’histoire du roman se situe à Lubok Sayong, petite ville imaginaire au Nord de Kuala Lumpur. Dès le début du livre, on découvre cette ville et les personnes qui y vivent et on peut dire que tout est atypique, tant la topographie que la personnalité des habitants. Nous faisons connaissance par l’intermédiaire du récit de son ami Auyong avec Beevi, personnalité locale au caractère bien trempé. Cette dernière va se retrouver à adopter la deuxième narratrice du livre, Mary Anne, jeune orpheline qui a un regard très intéressant sur le monde. La narration nous fait alterner entre la voix de Auyong, vieux Monsieur directeur de la conserverie de litchis locales et la facétieuse et douce Mary Anne, avec au centre tout de même du roman Beevi et sa famille. Les personnages de ce livre sont extrêmement attachants, c’est un roman foisonnant avec beaucoup de péripéties. C’est un roman sur l’amitié, la famille, la tolérance – notamment à travers un personnage transgenre Miss Boonsidik – ainsi que sur la culture malaisienne bien sûr et notamment le multiculturalisme dans ce pays. Les dialogues dans le roman sont nombreux, souvent enlevés, tour à tour drôles, touchants. Le fantastique fait parfois irruption dans le réel. Comme l’argumentaire le dit, c’est « la chronique absolument tendre, libre, drôle, profonde, et volontiers incisive, d’un genre très humain quelque part en Malaisie, aujourd’hui ». On ne peut s’ennuyer en lisant ce formidable roman déjà plébiscité par de nombreux lecteurs sur la toile. C’est une nouvelle très belle découverte que nous proposent les éditions Zulma. La couverture est comme d’habitude splendide et la traduction de Frédéric Grellier rend justice à ce très beau roman pour lequel j’ai eu un coup de cœur.

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  • lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/09/la-somme-de-nos-folies-de-shih-li-kow.html

    Introspection et sujets difficiles semblent être les maîtres mots de cette rentrée littéraire. Mais en cherchant bien il y a quelques romans drôles à souhait, dépaysants sans pour autant n'être que...
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    lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/09/la-somme-de-nos-folies-de-shih-li-kow.html

    Introspection et sujets difficiles semblent être les maîtres mots de cette rentrée littéraire. Mais en cherchant bien il y a quelques romans drôles à souhait, dépaysants sans pour autant n'être que légers. C'est le cas de ce très beau premier roman paru chez Zulma, arrivé tout droit de Kuala Lampur et dont le traducteur, Frédéric Grellier, a su retranscrire tout le panache.

    C'est avec un amusement non dissimulé que nous suivons ces personnages principaux ou secondaires hauts en couleur. Car si La somme de nos folies nous dépeint l’évolution d’un peuple et d’un pays, la folie des Hommes parfois, Shih-Li Kow nous conte le tout avec humour, mordant, malice. Petits grains de folie.
    Le récit entremêlé des voix d’Auyong et Mary-Anne qui se complètent nous entraîne dans la vie en apparence paisible d’un coin reculé de Malaisie, loin des problématiques des grandes villes. Ici, les enfants échafaudent des plans pour sécher les cours et les professeurs rivalisent d’imagination pour les démasquer. Ici, tout le monde se connaît, le multiculturel cohabite. Ici, chacun connaît la légende du lac de la 4e épouse ou encore la folie de la vieille aux sangsues… Ici, la nature prédomine et les coins de pêche sont tranquilles (sauf si l’on croise un poisson argenté…). Mais en filigrane pour ensuite devenir une réalité installée le monde évolue et Lubok Sayong n’échappera ni à la modernité : arrivée de la fibre, installation d’infrastructures touristiques ; ni aux préoccupations sociétales et politiques : écologie, racisme, élections… C'est la vie, le monde et toutes leurs subtilités qui prennent forme devant nos yeux de lecteurs-voyageurs.

    On se laisse totalement porter par l’extravagance de cet univers entre le conte et la satire où l’on s’évade dans une langue inconnue, enchanteresse, des paysages loin de nos univers bétonné. Et on respire, au moins un temps, à plein poumons, se représentant les lacs et se laissant emporter par les légendes qui les peuplent. Difficile de quitter ces personnages et cette atmosphère tant on succombe dans ce premier roman brillamment réussi à ce bout de Malaisie qui met les rapports humains et leur poésie au centre de tout. Qu’il y soit question d’intime : deuil, enfance, acceptation de soi ; ou de légende, de liberté, de magie, de poésie, d’évolution, de tradition, de mondialisation, l’homme est au centre de tout. Ballotté entre les désirs profonds et les chemins réellement empruntés.

    Car c’est aussi cela la somme de nos folies : nos contradictions, nos envies, nos réalisations.

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  • Charmant récit, tour à tour humoristique et léger, grave et profond, dans lequel un homme vieillissant et une jeune fille alternent les prises de parole pour dire leur vie, leur ville, des anecdotes sur Beevi, leur amie commune. Rafraîchissant, tendre, on pourrait croire à une suite de petites...
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    Charmant récit, tour à tour humoristique et léger, grave et profond, dans lequel un homme vieillissant et une jeune fille alternent les prises de parole pour dire leur vie, leur ville, des anecdotes sur Beevi, leur amie commune. Rafraîchissant, tendre, on pourrait croire à une suite de petites nouvelles racontées de deux points de vue. Lorsque Auyong prend la parole, il revient sur la fin de l'événement dont parlait Mary Anne juste avant, et inversement, avant que chacun ne prolonge l'histoire. Ce qui fait qu'on en sait beaucoup sur eux, sur Beevi, sur Lubok Sayong et sur la vie en Malaisie en général.

    Très bien mené, la note reste positive même lorsque Shih-Li Kow aborde des sujets encore délicats dans la société malaisienne -et dans beaucoup d'autres aussi-, comme l'homosexualité, le trans-genre, mais aussi la polygamie. L'auteure constate, donne parfois un avis tranché par ses personnages, mais laisse souvent le lecteur se faire sa propre opinion, elle décrit avec humour certaines situations difficiles, ajoute ici et là des traces de fantastique ou de légendes. Par exemple (pour l'humour, la légèreté), le jour où les habitants devaient choisir un nouveau non pour leur village :

    "Tous les habitants furent conviés à une réunion, à l'ombre d'un cerisier près du principal arrêt de bus, pour choisir un nouveau nom. Vu que nos transports publics relèvent du tiers-monde, entièrement soumis aux caprices de l'appétit, de la soif et de la vessie du chauffeur, les gens arrivèrent au compte-gouttes. Entre l'attente, les discussions et le vote, une bonne partie de la journée y passa. Toute espèce de créativité fut étouffée par la chaleur, et la vision d'une cité étincelante, moderne, s'estompa bientôt parmi ces gens qui se grattaient le dos et se curaient les ongles des pieds en attendant qu'il se passe quelque chose." (p. 132/133)

    Joli roman de cette rentrée littéraire, original, particulièrement plaisant, qui parle d'un pays peu présent en littérature -je crois que c'est mon premier roman malaisien. C'est aussi le premier roman de Shih-Li Kow.

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  • L'histoire est racontée par Auyong, un homme d'affaires local, et Mary Anne, une jeune orpheline qui a été adoptée à onze ans par une famille de Lubok Sayong, une petite ville de Malaisie. Un endroit isolé par sa topographie, cette cuvette entre rivières et lacs est soumise à de fréquentes...
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    L'histoire est racontée par Auyong, un homme d'affaires local, et Mary Anne, une jeune orpheline qui a été adoptée à onze ans par une famille de Lubok Sayong, une petite ville de Malaisie. Un endroit isolé par sa topographie, cette cuvette entre rivières et lacs est soumise à de fréquentes inondations va devenir un lieu prisé des touristes.
    « À Lubok Sayong, l'eau est un vrai problème. Simplement parce qu'il y en a trop. La ville est vouée à être inondée, les inondations ravagent les maisons et emportent les vies. »

    On ne peut que s'attacher au personnage de la petite orpheline Mary Anne qui avant de mourir aimerait bien être demoiselle d'honneur, apprendre à faire un gâteau au chocolat, et surtout elle aimerait retrouver sa mère. Sa mère qui est selon elle, star de cinéma à Hollywood et qui est très belle.

    Un récit drôle et dépaysant émouvant, très humain, un voyage exotique et enchanteur dans la Malaisie multiculturelle d' aujourd'hui où le surnaturel marche main dans la main avec la réalité. Les personnages sont hauts en couleur, Mami Beevi propriétaire de chambres d'hôtes, conteuse hors pair, miss Boonsidik un travesti héroïque qui fait face à des violeurs ; Ismet le fabricant de poterie artistique et aussi le fantôme d'un garçon qui hante le jardin. L'écriture est fraîche et malicieuse, la fantaisie et la tendresse sont omniprésentes.

    La chronique de cette petite de Malaisie, au carrefour des traditions et de la modernité qui hésite entre nouvelles et roman a été pour moi un agréable moment de lecture, mais sans plus, je n'ai pas réussi à entrer vraiment dans la magie de ce livre.

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