Suiza

Couverture du livre « Suiza » de Benedicte Belpois aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072825729
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« Elle avait de grands yeux vides de chien un peu con, mais ce qui les sauvait c'est qu'ils étaient bleu azur, les jours d'été. Des lèvres légèrement entrouvertes sous l'effort, humides et d'un rose délicat, comme une nacre. À cause de sa petite taille ou de son excessive blancheur, elle avait... Voir plus

« Elle avait de grands yeux vides de chien un peu con, mais ce qui les sauvait c'est qu'ils étaient bleu azur, les jours d'été. Des lèvres légèrement entrouvertes sous l'effort, humides et d'un rose délicat, comme une nacre. À cause de sa petite taille ou de son excessive blancheur, elle avait l'air fragile. Il y avait en elle quelque chose d'exagérément féminin, de trop doux, de trop pâle, qui me donnait une furieuse envie de l'empoigner, de la secouer, de lui coller des baffes, et finalement, de la posséder. La posséder. De la baiser, quoi. Mais de taper dessus avant. » La tranquillité d'un village de Galice est perturbée par l'arrivée d'une jeune femme à la sensualité renversante, d'autant plus attirante qu'elle est l'innocence même. Comme tous ceux qui la croisent, Tomás est fou d'elle. Leur passion dramatique, dans la lignée de L'Amant de lady Chatterley ou de L'été meurtrier, illustre comment un désir peut se transformer en véritable amour.

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Avis (34)

  • L'écriture est trop crue et le personnage principal trop macho

    L'écriture est trop crue et le personnage principal trop macho

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  • Son arrivée au village fait sensation. Sa peau diaphane et ses boucles couleur feu contrastent avec les chevelures de jais et le teint d’olive que l’on croise en Galice. Sortie d’on ne sait où et recueillie par le tenancier du bar où tous se retrouvent pour un verre de vin sitôt que l’occasion...
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    Son arrivée au village fait sensation. Sa peau diaphane et ses boucles couleur feu contrastent avec les chevelures de jais et le teint d’olive que l’on croise en Galice. Sortie d’on ne sait où et recueillie par le tenancier du bar où tous se retrouvent pour un verre de vin sitôt que l’occasion se présente, on la baptise Suiza – la rumeur dit qu’elle viendrait des terres helvètes. Elle a certes le gîte et le couvert, mais Alvaro, son « sauveur », lui témoigne un cruel manque de respect. Lorsque Tomás la voit pour la première fois, c’est tout son monde qui s’arrête de tourner. Un coup de foudre ravageur. La jeune femme sera sienne, quoi qu’il lui en coûte. Fou d’un désir qui frôle la folie, il l’enlève au cafetier aux yeux de tous pour l’installer chez lui. Si leurs premiers contacts sont violents et le dialogue difficile (elle ne parle pas un mot d’espagnol), c’est un amour bien réel qui naît entre eux au fil des jours. Tomás et Suiza s’apprivoisent comme deux animaux qui ne sont pas de la même espèce, chacun apprend de l’autre en l’observant, elle interprétant les intonations d’une langue incomprise, lui déchiffrant ses silences. L’inverse, parfois.

    Pour le paysan rustre, aujourd’hui veuf et dans la quarantaine, c’est un nouveau quotidien qui se dessine sous les attentions de la douce étrangère. C’en est fini de ne penser qu’aux champs à labourer et de vivre dans la crasse. Suiza n’est pas une lumière, mais c’est une vraie femme d’intérieur, soucieuse de lui rendre la vie plus amène. Si Tomás en a bavé, Suiza n’a pas un passé des plus rose, et elle semble parfois dépassée par la souffrance qui la ronge. S’installe alors un besoin réciproque et le Galicien, riche bougon solitaire, dépose les armes devant sa belle : de ses débuts très charnels, leur relation se fait complice et tendre. Secondé par le vieux Román qu’il aime comme un père, Tomás se donne le temps de jouer les amoureux. Mais il est des vies où rien ne se passe comme on l’attend…

    Il y a, dans ce superbe roman, la familiarité des milieux ruraux qu’on ne trouve nulle part ailleurs. La promiscuité dont ne sauraient se passer les petites communautés où l’on se met le poing sur la gueule pour se réconcilier l’heure d’après au zinc de la grand-place, trinquant avec les habitués. Il y a aussi l’écriture impeccable, à la fois délicate et brute, ces deux voix qui se croisent – Suiza prend quelquefois la place du narrateur, avec une telle candeur qu’on a le sentiment de découvrir le monde par ses yeux – et suscitent une foule d’émotions. Les personnages secondaires sont parfaits, la vieille Agustina, pour ne citer qu’elle, ne rougirait pas dans un roman de John Fante. Mais il y aurait à dire sur chacun. Il y aurait beaucoup à dire de ce roman, un premier roman qui plus est, sans un défaut à relever. Je suis admirative de l’auteur, qui a su mêler fraîcheur et tragique avec autant d’habileté, et me conduire à cette fin que pas un instant je n’aurais imaginée. Alors simplement, Bénédicte Belpois, merci. Pour ces mots justes, et beaux. Pour cette peinture sociale, ces gens que j’ai quittés à grand-peine. Pour cette intensité, ce décor. Merci pour cet étrange voyage.

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  • Un premier roman magistral et poignant qui met en scène deux personnages, déglingués par la vie qui vont se trouver et s’aimer hors normes, hors cadre.
    L’homme, Tomas, la quarantaine, est un paysan taiseux et rustre de Galice, veuf depuis une dizaine d’années, sans enfant, qui vit seul avec...
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    Un premier roman magistral et poignant qui met en scène deux personnages, déglingués par la vie qui vont se trouver et s’aimer hors normes, hors cadre.
    L’homme, Tomas, la quarantaine, est un paysan taiseux et rustre de Galice, veuf depuis une dizaine d’années, sans enfant, qui vit seul avec pour seule compagnie, Ramon, son vieil ouvrier agricole ; il vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer des poumons qui ne lui laisse aucune chance.
    La femme, Suiza, ne parle pas un mot d’espagnol, c’est une jeune française qui s’est échappée du foyer dans lequel elle était placée près de Besançon ; elle est naïve, elle dit merci avec son corps qu’elle offre en toute simplicité, elle est simplette mais dégage une sensualité qui rend fous tous les hommes du village.
    Leur relation commence par une violence masculine brute, celle de Tomas qui assouvit son désir pour cette femme avec brutalité et sauvagerie. Mais cela lui laisse un goût amer ; il veut posséder Suiza, il la veut pour lui tout seul et l’installe chez lui à la ferme. Possession et violence laissent place petit à petit à un amour profond qui permet à Tomas de s’ouvrir à la vie alors qu’elle est en train de lui échapper. Il pense petit à petit à Suiza avant de penser à lui, il veut lui faire plaisir, la protéger.
    Sincérité est le maître mot de ce roman ; les sentiments sont bruts de décoffrage, à fleur de peau même si une extrême pudeur empêche de les exprimer ; les paroles sont remplacées par les actes, les gestes de chaque jour. Suiza utilisera la peinture comme vecteur de ses sentiments, elle dont la parole est difficile et maladroite.
    Les personnages qui gravitent autour de Tomas et Suiza sont savoureux et confèrent encore plus d’épaisseur au roman ; la fin, inattendue, est à la hauteur de l’émotion dégagée par Bénédicte Belpois tout au long de ce magnifique roman.
    Je remercie Notre Temps et les éditions Gallimard pour m’avoir donné l’occasion de découvrir ce nouvel auteur qui semble très prometteur.

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  • Je dois avouer avoir un peu choquée par les premières pages de ce roman.
    Brutalité des mots, des attitudes. ce n(est pas tant cette manière crue de s'exprimer qui m'a choquée mais que ce soit fait par une femme : je suis revenue sur la page de couverture pour vérifier que l'auteur n'était pas...
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    Je dois avouer avoir un peu choquée par les premières pages de ce roman.
    Brutalité des mots, des attitudes. ce n(est pas tant cette manière crue de s'exprimer qui m'a choquée mais que ce soit fait par une femme : je suis revenue sur la page de couverture pour vérifier que l'auteur n'était pas un homme !
    Et j'ai eu du mal à supporter qu'une femme exprime de cette manière les faits qu'elle raconte. Tomas, c'est l'auteur, comme Flaubert quand il assure : Madame Bovary, c'est moi. Et ceci est renforcé par le caractère si effacé, si innocent, si consentant à tout de Suiza, la femme-objet, sans volonté propre, sans désir, sans cervelle.
    Un livre dur, avec ses trois personnages qui font mal, l'homme dans sa forme brute, la femme blessée et humiliée, et le cancer qui dicte sa loi.
    Faut-il passer vraiment passer par le mépris de l'autre pour découvrir l'amour ?
    A lire, assurément, même si c'est douloureux, car il s'agit de sentiments, de situations qui existent aussi, hélas, dans la vraie vie
    Je remercie Lecteurscom de m'avoir donné l'occasion de lire ce roman que j'ai apprécié même si le début ne m'incitait pas à en poursuivre la lecture

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  • Lui, il se nomme Tomàs et vit en Galice. Un paysan veuf aux manières bourrues, à la verve crue, dont les journées sont meublées par le travail de la terre et les tournées dans le bistrot du village.

    Elle, on lui a donné le surnom de Suiza à cause de la blancheur de sa peau. Une jeune femme...
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    Lui, il se nomme Tomàs et vit en Galice. Un paysan veuf aux manières bourrues, à la verve crue, dont les journées sont meublées par le travail de la terre et les tournées dans le bistrot du village.

    Elle, on lui a donné le surnom de Suiza à cause de la blancheur de sa peau. Une jeune femme candide qui ne parle pas un mot d’espagnol et qui a fui le foyer où elle vivait pour voir la mer. Engagée comme serveuse dans le café du village, sa sensualité renverse les hommes.

    De la rencontre de ces deux êtres naît une pulsion incontrôlable, un désir violent, irrépressible. Tomàs veut la posséder. Il n’hésite pas à assouvir son envie bestiale sans se préoccuper de l’avis de la jeune femme et la ramène chez lui.

    Une rencontre abrupte qui débouchera sur l’amour. Chacun apprivoise l’autre et le cœur de Tomàs s’adoucit peu à peu grâce à Suiza. Mais, la maladie s’invite dans leur bonheur, sournoise, et dont l’issue est sans appel.

    Bénédicte Belpois se glisse avec une remarquable habileté dans la peau de Tomàs, un personnage taciturne et machiste qui arrive malgré tout à nous toucher. Les autres protagonistes de ce récit sont également touchants avec leurs fêlures et l’atmosphère de ce village espagnol est formidablement bien dépeint.

    Je me suis laissée emporter par le flot de cette histoire d’amour improbable et pourtant si belle. Certaines scènes bousculent le lecteur. L’écriture nous happe jusqu’au dénouement inattendu et dérangeant. Mais au fond, pouvait-il en être autrement?

    Les mots sont âpres, d’une brutalité qui secoue le lecteur, pour nous conter cette bouleversante histoire d’amour. Un premier roman audacieux et captivant qui se démarque indéniablement par sa plume et que l’on referme abasourdi, le cœur en vrac.

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  • Au lecteur attentif et fidèle de mes petites bafouilles, il n’aura pas échappé que je voue un culte irrationnel (et tout à fait subjectif) à l’écriture ensoleillée de tendresse et d’humour du grand Marcel Pagnol…Aussi, lorsqu’au fil de mes retours de lecture je ne peux m’empêcher d’établir une...
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    Au lecteur attentif et fidèle de mes petites bafouilles, il n’aura pas échappé que je voue un culte irrationnel (et tout à fait subjectif) à l’écriture ensoleillée de tendresse et d’humour du grand Marcel Pagnol…Aussi, lorsqu’au fil de mes retours de lecture je ne peux m’empêcher d’établir une filiation avec mon cher auteur, c’est que l’heure est grave : coup de cœur à l’horizon !!
    Avec « Suiza », premier roman que j’espère suivi de beaucoup d’autres, Bénédicte Belpois a fait vibrer comme jamais ma fibre pagnolesque. Tomàs, Suiza, Ramon, c’est une trilogie tout-en-un, avec, comme autour de Marius, Fanny et César, une galerie de seconds rôles dont aucun n’est expédié ou négligé. C’est bien simple, c’est un livre qu’on lit avec l’accent et, comme je ne connais pas celui de là-bas, j’ai laissé chanter celui de Marseille dans les mots de ces Galiciens-là. Ce sont des personnages attachants, aux lignes claires malgré quelques contours volontairement floutés, des êtres de chair et de sang, de désirs et de douleurs, d’appétits et d’appréhensions. Ce sont des hommes et des femmes à l’histoire riche et laborieuse, parfois déroutante, qui échangent des mots rugueux comme des cailloux, des sentiments un peu raides de n’avoir pas beaucoup servi et, à l’occasion, quand le sang bout trop fort, des mandales à assommer des bœufs, dans un décor immuable où, bien sûr, le café tient la place centrale et où l’amour et la mort se tirent la bourre. Ce sont des dialogues drôles et attendrissants, percutants et ciselés, des apartés importants, des confidences de déconfitures. Ce sont des existences qui se croisent, se mêlent, germent ou s’essoufflent .C’est un éclair de vie, de lumière et de chaleur qui traverse le roman ainsi que les sublimes paysages de cette rude et belle Galice où il se déroule, et qui semblent défiler sous nos yeux , portés par les mots simples et justes de Bénédicte Belpois. Il y a en eux cette force brute et pure, cette douceur surprenante, cette joie limpide qui nouent, par surprise et par bonheur, les cœurs de Tomàs et Suiza, à la vie, à la mort.

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  • Un roman cru, cadencé, percutant et parfois dérangeant. L'écriture est incisive le phrasé vigoureux et robuste. Des personnages crispants et attachants. L'ambivalence de l'homme livrée dans toute son immensité avec parfois de belles surprises et parfois de tristes déceptions. Des hommes en...
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    Un roman cru, cadencé, percutant et parfois dérangeant. L'écriture est incisive le phrasé vigoureux et robuste. Des personnages crispants et attachants. L'ambivalence de l'homme livrée dans toute son immensité avec parfois de belles surprises et parfois de tristes déceptions. Des hommes en manque d'amour et de repères qui parfois trouve la personne équilibrant leur âme.
    Suiza est de ces livres qu'on ne lâche pas et qui reste en mémoire.

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  • 'Suiza' est un livre cru et attachant. Il y aura du sexe, de l'érotisme et de la violence dans ces lignes. L'histoire se déroule dans un petit village d'Espagne non loin de Lugo. Un jour comme un autre, une étrangère, que les villageois prénommeront Suiza à cause de sa "prétendue" origine,...
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    'Suiza' est un livre cru et attachant. Il y aura du sexe, de l'érotisme et de la violence dans ces lignes. L'histoire se déroule dans un petit village d'Espagne non loin de Lugo. Un jour comme un autre, une étrangère, que les villageois prénommeront Suiza à cause de sa "prétendue" origine, débarque dans ce coin de Galice. Elle est aussi belle que bête (tout du moins c'est ce qu'on dit d'elle) et rend tous les hommes fous de désir. C'est ainsi que Tomás, un paysan ayant récemment appris qu'il était atteint d'un cancer, l'enlève peu de temps après l'avoir croisé. Rustre et brutal, il a aussi un coeur, et l'amour va naître entre la Belle et la Bête, qui n'est finalement pas celle qu'on croyait.

    Je suis facilement rentrée dans l'histoire de Bénédicte Belpois mais il est vrai que le langage violent du narrateur m'a été difficile à apprivoiser, bien que je me rende compte qu'il s'agit là d'une des qualités indéniables de ce roman : "Il y avait en elle quelque chose d'exagérément féminin, de trop doux, de trop pâle, qui me donnait une furieuse envie de l'empoigner, de la secouer, de lui coller des baffes, et finalement de la posséder. La posséder. De la baiser, quoi. Mais de taper dessus avant." Ces mots durs et dérangeants sont la force de cet ouvrage. L'autrice se glisse à merveille dans la peau d'un paysan macho et son écriture est criante de justesse. Cet univers où la femme n'est qu'un objet de désir pour des hommes simples, plus proches des animaux et de leurs pulsions que des humains, met mal à l'aise. La première idée de Tomás était de violer Suiza pour satisfaire son envie. Pourtant étonnamment, elle semble être bien tombée, car il va prendre soin d'elle et elle va l'aimer. Quel paradoxe, tout comme mon avis partagé : il y a quelque chose de captivant et de répugnant à la fois dans ce récit qui laisse un goût doux-amer. Quant à la fin, je n'en dirai rien, mais comme tout le reste, elle est brutale.

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