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Sept gingembres

Couverture du livre « Sept gingembres » de Christophe Perruchas aux éditions Rouergue
  • Date de parution :
  • Editeur : Rouergue
  • EAN : 9782812619878
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

C'est un père attentionné, un manager toxique, un mari aimant, mais aussi un prédateur sexuel, un publicitaire exsangue, une victime des temps qui vont, un coupable sans aucun doute.
Il vit, on le suit, caméra à l'épaule, instantanés de ses maintenant, haïkus éclatés, qui vont nous révéler... Voir plus

C'est un père attentionné, un manager toxique, un mari aimant, mais aussi un prédateur sexuel, un publicitaire exsangue, une victime des temps qui vont, un coupable sans aucun doute.
Il vit, on le suit, caméra à l'épaule, instantanés de ses maintenant, haïkus éclatés, qui vont nous révéler petit à petit l'ensemble de l'image, pixel après pixel.
Toutes ces zones grises sont autant de nuances qui finissent par constituer un visage familier : celui de l'époque.
Qui s'achève dans la chute d'un mâle blanc, quadragénaire, asphyxié par un système dont il est le combustible.
En véritable sismographe, Christophe Perruchas enregistre cet effondrement qui fait écho à celui d'un vieux monde à bout de souffle.

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Avis (6)

  • Antoine a 43 ans, il a réussi dans la pub, il a une belle famille, tout va bien pour lui.
    Mais Antoine est un pervers narcissique, qui manipule les femmes de son entourage professionnel. Il est à l'affut du moindre regard, du moindre décolleté, du moindre triangle de peau.
    Il franchit...
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    Antoine a 43 ans, il a réussi dans la pub, il a une belle famille, tout va bien pour lui.
    Mais Antoine est un pervers narcissique, qui manipule les femmes de son entourage professionnel. Il est à l'affut du moindre regard, du moindre décolleté, du moindre triangle de peau.
    Il franchit allègrement toutes les limites.

    Le mouvement #metoo va frappé dans la pub, comme dans tous les secteurs et Antoine va payer toutes ces années d'abus.

    Un point de vue original sur un sujet qui l'est moins. L'auteur nous ouvre la porte de l'esprit de son personnage principal, nous montre son mode de fonctionnement, sans jamais chercher à le rendre aimable.

    Je pense que ce livre ne pourra pas plaire a tout le monde, il est dérangeant mais j'ai beaucoup apprécier le traitement et le style.
    Un premier roman très prometteur.

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  • Sept instantanés.
    Sept images hautement instagrammables. Instagramées d’ailleurs, publiées, partagées, likées, commentées, enviées sûrement.
    Sept publications qui donnent de lui, de son couple, de sa famille, de sa vie, une image idéale : argent, amour, réussite...
    Nous les découvrons à...
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    Sept instantanés.
    Sept images hautement instagrammables. Instagramées d’ailleurs, publiées, partagées, likées, commentées, enviées sûrement.
    Sept publications qui donnent de lui, de son couple, de sa famille, de sa vie, une image idéale : argent, amour, réussite...
    Nous les découvrons à intervalles réguliers, au long de ce roman.
    Intercalées entre une autre vision de ce qu’il est vraiment.
    Lui, c’est Antoine S., poste clé à responsabilité dans une agence de Pub. Des méthodes de management parfois douteuses, et surtout, une obsession irrépressible pour le sexe. Les jeunes femmes, élancées et attirantes, collègues, collaboratrices, assistantes, étrangères croisées au hasard, dans un bar, un train... regard irrésistiblement aimanté, étude minutieuse du physique, de quelques détails, photos volées...
    Séducteur, certes, mais parfois, souvent, beaucoup plus lourd, insistant, débordant. Et qui dérape... sûr de lui, d’un air du temps qui le protège...
    L’auteur livre ici un premier roman moderne, brillant, et déstabilisant. Et sombre.
    La photographie d’une époque de consommation, de réseaux sociaux, de perte de
    repère en dehors de l’approbation collective des pouces levés. Mais aussi de descente aux enfers inéluctable parfois.
    Pas réjouissant, mais réussi.

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  • C'est un premier roman dérangeant, qui place le lecteur dans la tête du spécimen que tant d'autres livres pointent du doigt et dénoncent depuis quelques années : le mâle blanc, tout puissant et gonflé à la testostérone et à l'adrénaline. Cela ne se passe ni dans le milieu du cinéma, ni dans...
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    C'est un premier roman dérangeant, qui place le lecteur dans la tête du spécimen que tant d'autres livres pointent du doigt et dénoncent depuis quelques années : le mâle blanc, tout puissant et gonflé à la testostérone et à l'adrénaline. Cela ne se passe ni dans le milieu du cinéma, ni dans celui du spectacle, encore moins de la littérature. Non, simplement dans celui de la publicité, dont est issu l'auteur, il faut dire que l'on parle bien de ce que l'on connaît bien. Et puis les pervers narcissiques sont partout. On se souvient d'ailleurs du mouvement des Lionnes, bien décidées à mettre un terme aux pratiques sexistes et machistes de cet univers. C'est un roman donc, qui peut mettre mal à l'aise celui qui est invité à voir et à penser à travers l'esprit d'Antoine, Directeur adjoint d'une importante agence de publicité de la place de Paris, marié et père de famille, obsédé sexuel, pris dans l'engrenage trépidant d'un secteur qui se doit d'aller toujours plus vite et toujours plus fort dans un environnement des plus concurrentiels.

    Antoine a 43 ans et affiche avec éclat sa réussite. Habitué à prendre ce qui lui fait envie, que ce soit la nouvelle recrue du planning stratégique ou sa jolie assistante. Antoine est marié, père de deux enfants, et affiche son bonheur et sa famille parfaite sur les réseaux sociaux. Antoine se confronte chaque jour à de nouveaux défis, de nouvelles batailles sous forme de budgets à gagner ou d'autres à sauver, de points de marge à dégager pour servir les objectifs fixés par les actionnaires. "Tous les matins je participe à une guerre silencieuse, qui a enrôlé la quasi-totalité des hommes et des femmes en âge de se battre (...). Je suis embarqué dans cette guerre, économique, de tous les instants, je me bats pour des intérêts qui me dépassent, je ne me bats même pas pour moi mais pour des gros types, chemises à manches courtes, qui s'encrassent les artères avec des barbecues et de la bière lite. Des retraités paraît-il. De Wenatchee ou d'ailleurs." Antoine est soudain mis en face de ses actes : plainte d'une salariée, soupçons de harcèlement, enquête de l'inspection du travail, début de la chute...

    Antoine est le fruit d'un système qu'il contribue lui-même à entretenir, l'agence de publicité étant le réceptacle de toutes les dérives sociétales, analysant et amplifiant les mouvements et les tendances, les exploitant aussi à des fins commerciales. Suivre la façon dont il se débat, se leurre, se trompe, se complait puis se perd est éminemment troublant dans ce qu'elle révèle de la perte de sens mais également de la sensation d'impunité du personnage (le chapitre du séminaire des cadres de l'agence sur une île grecque, tellement parlant !). C'est un roman écrit par un publicitaire, avec ses codes, son concept mais également son regard affûté et habitué à décortiquer les phénomènes de société. Il tient le lecteur en haleine, suspendu à la trajectoire du héros autant qu'à ses propres questionnements sur la façon dont il se tient, lui, sur sa propre ligne, balloté par la folie du monde, attentif à ne pas chuter, parfois tenté de lâcher prise. Dérangeant et troublant.

    "Qu'est-ce qui fait qu'un instant on est dans la vie qu'on dit normale, qu'on s'en échappe, sortie de route, qu'on rit trop fort et puis qu'on gifle les gens ? Que tout est parfois beau et drôle, possible et presque magique ? Et parfois lourd et triste à en crever, quasi viscéral, cancer des entrailles plutôt que de la tête ?"

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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  • Christophe Perruchas a choisi le milieu qu’il connaît le mieux, celui de la publicité, pour dresser le portrait d’un directeur de création, d’un mari, d’un père, d’un amant et… d’un prédateur sexuel. Glaçant!

    «Je m’appelle Antoine, je vis depuis quelques semaines au milieu du 14e...
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    Christophe Perruchas a choisi le milieu qu’il connaît le mieux, celui de la publicité, pour dresser le portrait d’un directeur de création, d’un mari, d’un père, d’un amant et… d’un prédateur sexuel. Glaçant!

    «Je m’appelle Antoine, je vis depuis quelques semaines au milieu du 14e arrondissement de Paris, dans cet endroit que j’ai toujours regardé avec fascination avant d’avoir à y dormir. L’hôpital Sainte-Anne ne comporte plus aujourd’hui que deux pavillons dédiés à l’accueil permanent.» Les premières lignes de «Sept gingembres» racontent le quotidien d’un pensionnaire de l’hôpital psychiatrique le plus célèbre de Paris et permettent à Christophe Perruchas de construire son premier roman autour de la question qui va dès lors tarauder l’esprit de ses lecteurs: comment en est-on arrivé là? Car ce patient a bien réussi, il est publicitaire, directeur de création dans une agence parisienne. Il a une femme, deux enfants et une solide culture générale, cherchant dans les murs qui l’entourent les traces de ses prédécesseurs, Antonin Artaud et Louis Althusser…
    Peut-être faut-il voir dans son appétit sexuel la cause première de son dérapage. On imagine qu’il n’est pas le premier à tromper sa femme avec son assistante. Sauf que dans un monde post #metoo la question du consentement revient comme un boomerang. A-t-elle vraiment eu le choix? A-t-il joué de sa position dominante? Au fil des pages le portrait du cadre dynamique dont les idées rapportent gros va se brouiller. De meetings en séminaires, de chasse aux gros contrats aux ambitions de plus en plus démesurées, il va se transformer en prédateur. S’il est bien conscient des enjeux et de la nécessité de valoriser la femme – surtout dans un milieu considéré comme machiste, créateur et développeur du concept de la femme-objet – il y voit surtout un défi à la hauteur de sa capacité de séduction. Après les SMS très crus adressés à sa maîtresse, il va fantasmer sur les femmes qui vont croiser sa route, au bureau, dans le train, au restaurant. Son imagination déborde, son sexe se durcit, ses paroles s’enrichissent de sous-entendus de plus en plus explicites, d’allusions déstabilisantes. Il est pris dans un engrenage infernal qu’il s’évertue consciencieusement à huiler pour accélérer frénétiquement. Jusqu’à éveiller les soupçons d’un inspecteur du travail. Dont il est persuadé qu’il ne fera qu’une bouchée. N’est-il pas signataire de la charte anti-harcèlement? N’a-t-il pas approuvé la politique d’égalité salariale?
    Un aveuglement qui rendra sa chute encore plus brutale. Car désormais les rumeurs enflent, les femmes se méfient, la Direction le lâche. Et les journalistes s’en donnent à cœur joie…
    Le contre-feu, ces sept gingembres qui donnent son joli titre au livre et qui sont autant d’épisodes qui racontent la famille unie mise en scène via les réseaux sociaux, ne pourra éviter l’embrasement. Et le retour à Saint-Anne.
    Refermant ce premier roman, raconté par le prédateur sexuel, on se dit que le publicitaire a parfaitement réussi son pari, fidèle à sa maxime «faire du quelque chose avec du rien et du quelque chose transgressif, toujours. Dans un cadre fort.»
    https://urlz.fr/e6S4

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  • Sept Gingembres est un roman dérangeant !

    Du début à la fin, j'ai été agacée et désabusée par le personnage principal, Antoine, un homme de 43 ans, occupant un poste haut placé dans une agence publicitaire.

    Je m'explique...

    Le lecteur suit l'histoire de cet homme nous racontant ses...
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    Sept Gingembres est un roman dérangeant !

    Du début à la fin, j'ai été agacée et désabusée par le personnage principal, Antoine, un homme de 43 ans, occupant un poste haut placé dans une agence publicitaire.

    Je m'explique...

    Le lecteur suit l'histoire de cet homme nous racontant ses pulsions, ses fantasmes et ses actes sexuels.
    Le hic, c'est que tout ceci se passe dans le cadre du travail.
    Antoine est grossier et suffisant ; ses jeunes collaboratrices deviennent des proies.

    Tout tourne autour de la gent féminine : il est obsédé par le corps des femmes, s'adonnant au sexe sans aucun scrupule.

    De temps en temps, quelques états d'âme sur sa vie de famille, en mari et ami "parfait" qu'il pense être.

    Alors quand la vague #Me Too déferle en France, il est forcément dans la ligne de mire.
    Les langues se délient, les accusations tombent, la parole des collaboratrices se libère.

    Antoine se décrit comme quelqu'un d'un peu "lourd" avec ses remarques et ses gestes déplacés parfois, il le reconnaît.

    Mais on est bien loin de sa vision, les faits sont implacables, c'est un prédateur sexuel.

    ↜↝↜↝↜

    L'auteur part d'une très bonne intention en voulant démontrer et dénoncer l'abus de pouvoir, le harcèlement sexuel et moral sur les femmes dans les entreprises, c'est certain.
    C'est aussi toute la question la "zone grise" du consentement qui est abordée dans ce texte.

    C'est la descente en enfer pour Antoine et les autres qui pensent être intouchables !

    Mais, cette descente est bien trop timide !

    En poursuivant ce récit, j'ai eu l'impression (peut-être à tort) d'une forme de complaisance dans le personnage d'Antoine.
    Sa remise en question est loin d'être flagrante !

    Au final, quoi en penser...

    Malgré l'aversion et la colère que j'ai ressenti en lisant ce texte, tant Antoine est détestable dans ses divagations, j'ai apprécié cette lecture car elle m'a fait réagir !

    N'est-ce pas ce que l'on recherche, nous, les Lecteurs ?!

    J'aimerai croire que ce genre d'hommes est en voie de disparition mais ce serait être bien utopiste.

    Ce roman nous fait comprendre qu'une nouvelle ère se profile où les femmes seront entendues et respectées et les hommes civilisés.

    Alors si le sujet vous interpelle comme moi et vous aimez sortir de votre zone de confort,
    je vous conseille de lire ce livre.

    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2020/09/sept-gingembres.html

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  • Un premier roman dérangeant puisque l’auteur fait le pari de mettre le lecteur dans le cerveau d’un quadragénaire Antoine, manager toxique et prédateur, sexuel.
    Pari audacieux et réussi car le lecteur n’est pas voyeur.
    Antoine est un mari et père de famille quasi exemplaire. Il est gentil et...
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    Un premier roman dérangeant puisque l’auteur fait le pari de mettre le lecteur dans le cerveau d’un quadragénaire Antoine, manager toxique et prédateur, sexuel.
    Pari audacieux et réussi car le lecteur n’est pas voyeur.
    Antoine est un mari et père de famille quasi exemplaire. Il est gentil et respectueux avec sa femme, sait s’occuper de ses enfants. Un tableau idyllique.
    La construction amène le lecteur : dedans / dehors. Je vous laisse découvrir pourquoi. Une alternance qui renforce l’accompagnement dans les flux mentaux et aide à comprendre le fonctionnement d’Antoine.
    Le premier chapitre est glauque, une mouche bourdonne et s’obstine j’ai immédiatement pensé à l’expression « mouche à merde » qui indique ce qu’il y a de plus méprisable.
    Antoine est de son temps hyper connecté au monde mais pas à la vie. Son regard sur ce qui l’entoure est au mieux blasé au pire dédaigneux.
    « La politique est morte, elle n’existe plus, plus personne ne pense contre soi pour le mieux de tous. Elle a été remplacée par une sorte de syndicalisme mou, diffus : chacun défend ses intérêts, roquet, son confort tiède, télécommande en main, jambes écartées. L’indignation facile et la cécité, la distraction et la crasse. » Cette pensée est assurément la plus lucide dont Antoine fait preuve.
    Pour lui le monde est une vaste vitrine où les êtres sont des pions interchangeables et jetables.
    Il est toujours à l’affût, tout est terrain de chasse, il n’est jamais ancré dans l’instant, son futur c’est sa prochaine proie.
    Une de ses victimes dit : « Et puis ça a commencé à devenir dégueulasse, je veux dire vraiment dégueulasse, ta politique des petits pas, de moins en moins là, tu me parlais mal en réunion, tu m’humiliais devant les autres. Et puis un SMS, j’étais ton jokari, plus tu tapais fort, plus je revenais vite. »
    C’est un chasseur, son sexe est son fusil. Dans un monde d’hyperconsommation, Antoine cherche les rencontres, va sur les réseaux sociaux pour mieux cerner le gibier, les barrières sont tombées, la peur du gendarme, de la répression est inexistante.
    Lorsque le scandale sourd, une majorité de son entourage le conforte, « tu es parfois lourd mais pas harceleur. »
    Un premier roman réussi car dérangeant comme le sujet abordé, le langage cru colle au sujet. Le lecteur est totalement immergé et donc doit suivre cette mouvance sans juger ce qui se passe.
    « Le #meetoo c’est le bouton nucléaire. »
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 30 août 2020.

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