Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Quand tu écouteras cette chanson

Couverture du livre « Quand tu écouteras cette chanson » de Lola Lafon aux éditions Stock
  • Date de parution :
  • Editeur : Stock
  • EAN : 9782234092471
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« Comment l'appeler ?

Je dis Anne, mais cette fausse intimité me met mal à l'aise. Je ne peux pas dire Anne, quelque chose m'en empêche, qui, au cours de la nuit, se matérialisera par l'impossibilité de rester dans sa chambre. Alors je dis Anne Frank, comme on évoque l'ancienne élève... Voir plus

« Comment l'appeler ?

Je dis Anne, mais cette fausse intimité me met mal à l'aise. Je ne peux pas dire Anne, quelque chose m'en empêche, qui, au cours de la nuit, se matérialisera par l'impossibilité de rester dans sa chambre. Alors je dis Anne Frank, comme on évoque l'ancienne élève brillante d'un collège fantomatique. Deux syllabes.

Anne Frank, une histoire que « tout le monde connaît » tellement qu'il n'en sait pas grand-chose. Car « tout le monde connaît » ne dit pas que « tout le monde sait », mais qu'on est pressé de passer à autre chose, de le ranger au Musée, ce petit fantôme.

La Maison Anne Frank est un appartement vide. C'est l'absence de ses habitants devant laquelle les visiteurs défilent. C'est le vide qui transforme cet appartement, l'Annexe, en musée. Mais le vide n'existe pas. Il est peuplé de reflets qui témoignent de l'abîme, celui de la disparition d'Anne Frank.

Toute la nuit, j'irai d'une pièce à l'autre, comme si une urgence se tenait tapie encore, à retrouver. »

Donner votre avis

Avis (12)

  • Comment raconter l'absence? Comment ne pas être écrasée par ce vide que laissent les disparus? Ces questions occupent constamment l'esprit de Lola Lafon lorsqu'elle passe une nuit au Musée Anne Frank, dans le cadre de la surprenante collection "Ma nuit au musée". Elle y relate aussi bien ce...
    Voir plus

    Comment raconter l'absence? Comment ne pas être écrasée par ce vide que laissent les disparus? Ces questions occupent constamment l'esprit de Lola Lafon lorsqu'elle passe une nuit au Musée Anne Frank, dans le cadre de la surprenante collection "Ma nuit au musée". Elle y relate aussi bien ce qu'elle ressent lors de sa visite, dans les salles d'exposition, lors de ses pérégrinations dans les différentes pièces de l'Annexe, habitée pendant plus de 700 jours par Anne Frank, sa famille, et 4 autres clandestins juifs de 1942 jusqu'à leur arrestation par la Gestapo, que les interrogations plus personnelles que suscitent en elle ces lieux chargés d'une tragédie intime et universelle.
    Avec émotion et pudeur, Lola Lafon embarque ses lecteurs à sa suite, évoquant notamment le statut d'écrivaine d'Anne Frank, ou la béance des dernières pages, de cette fin jamais écrite. Elle documente les dernières semaines de vie d'Anne et de sa sœur Margot, écoute des témoignages directs, et évoque le travail d'Otto Frank à son retour, son combat pour diffuser le témoignage précieux et irrévérencieux de sa fille. La précieuse irrévérence de la jeunesse que célèbre avec justesse Lola Lafon.
    L'autrice nous parle d'elle aussi : l'enfance en Roumanie, sa grand-mère polonaise, la déportation des grands-parents, et le poids de ce passé pour les générations suivantes. Enfin comme une confidence, elle nous livre l'histoire de la chanson du titre, bouleversante.
    Avec beaucoup de délicatesse, Lola Lafon compose de son écriture précise un texte précieux et essentiel qui m'a beaucoup émue. Une lecture adorée !

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • En 2021, Lola Lafon passe une nuit dans la maison, en particulier dans l'Annexe, devenue musée d'Anne Frank aux Pays-Bas. Une nuit seulement où Anne Franck a passé 25 mois, cachée aux yeux de tous avant d'être déportée à Bergen-Belsen et d'y mourir.

    Deux années de clandestinité qu'Anne Frank...
    Voir plus

    En 2021, Lola Lafon passe une nuit dans la maison, en particulier dans l'Annexe, devenue musée d'Anne Frank aux Pays-Bas. Une nuit seulement où Anne Franck a passé 25 mois, cachée aux yeux de tous avant d'être déportée à Bergen-Belsen et d'y mourir.

    Deux années de clandestinité qu'Anne Frank raconte dans le plus célèbre journal. Dans "Quand tu écouteras cette chanson", Lola Lafon décrit comme avec le temps, cette jeune femme au destin dramatique est devenue un symbole presque abstrait. Une Anne Frank que l'on découvre habituellement à l'école mais que l'on oublie avec le temps selon l'autrice.

    Dans ce récit, tout en intimité, ce qui est beau ce sont les mots choisis avec exactitude pour raconter les résonances avec son histoire personnelle, l'histoire de sa propre famille. Lola Lafon raconte sa propre existence, ses souvenirs, l'exercice d'écriture..

    A travers son propre récit personnel, Lola Lafon redonne sa place à la véritable histoire d'Anne Frank, mais surtout rend un très grand hommage à Anne Frank en tant qu'auteure. Un statut qu'elle n'a malheureusement pas pu connaitre.

    Comment ne pas être touché par la délicatesse et la sensibilité de ce roman ? Une nuit au musée complètement abouti, où l'on en apprend énormément sur Lola, sur son arrivée en France, sur le décès de l'un de ses amis ; comme sur Anne Franck et sa famille.

    Bref, surement l'un des plus beaux et intime roman de cette rentrée littéraire 2022. Un texte marquant par sa beauté, sa puissance et son authenticité. A recommander plus d'une fois !!

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • 24.09.2022 #85ème
    C’était un de mes livres prometteurs de rentrée mais il a été bien difficile finalement… Dans le cadre de la collection « Ma nuit au musée » proposée par Alina Gurdiel, ces 165 pages de « Quand tu écouteras cette chanson » relatent la nuit que Lola LAFON a passé dans l’annexe...
    Voir plus

    24.09.2022 #85ème
    C’était un de mes livres prometteurs de rentrée mais il a été bien difficile finalement… Dans le cadre de la collection « Ma nuit au musée » proposée par Alina Gurdiel, ces 165 pages de « Quand tu écouteras cette chanson » relatent la nuit que Lola LAFON a passé dans l’annexe où Anne Frank et 7 autres personnes ont vécu 760 jours cachées à Amsterdam pendant la seconde guerre mondiale.

    2016 j’avais visité le 263 Prinsengracht et je me souviens encore de l’émotion palpable. Tout le monde connaît, ou croit connaître, le journal que cette jeune ado a tenu pendant leurs vies cachées au dessus de l’entreprise familiale. Dénoncés, la gestapo fera irruption le 4 août 1944 et les enverra en camp de concentration d’où seul le père, Otto, reviendra. Ils faisaient partie du dernier convoi vers Auschwitz. Déportés ensuite vers Bergen Belsen, Anne est décédée quelques semaines avant la libération du camp par les Britanniques en avril 1945.

    Dès le début de ce récit on ressent un malaise de la part de l’auteure qui va mêler ses souvenirs d’enfants d’exilés, juive elle même, d’origines russe polonaise et roumaine.
    J’avais arrêté la lecture le temps d’un week-end et je l’ai reprise depuis le début de façon plus attentive.

    Des premières heures nocturnes où elle se retrouve seule dans ces 40m2 jusqu’à l’aube où elle sortira, Lola LAFON déambule entre les murs de l’annexe et le musée attenant.
    Elle livre ses ressentis et ses souvenirs, ses grands parents, sa mère, ces histoires que l’on préfère garder secrètes ou que l’on tente d’oublier, ce besoin de se fondre dans le paysage, des témoignages, des références de livres ou de films…

    Les dernières pages nous dévoileront pourquoi elle n’arrive pas à franchir le pas de la porte de la chambre d’Anne Frank, la chambre d’une jeune fille connue pour son journal, sauvé des mains nazies, édité partiellement, revu, corrigé, traduit dans de nombreuses langues, monté en pièce de théâtre, en film, étudié dans les écoles…
    Sans ces quelques pages récupérées par Miep Gies, employée fidèle de son père, Anne aurait disparue comme des milliers d’autres déportés, comme des milliers de personnes à travers le monde dans des pays oppressés, en guerre, sous dictature…
    @lafonlolafiction @annefrankhouse_official #annefrank #amsterdam #auschwitz

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Plongée dans l’histoire d’Anne Frank. Et en parallèle dans celle de l’auteure, qui, jusque-là, a rejeté le passé de ses ancêtres, a évité ce qui était trop dur, l’inimaginable, l’impensable, l’horreur de ce qui est arrivé aux juifs, de tout temps, et en particulier pendant la Seconde Guerre...
    Voir plus

    Plongée dans l’histoire d’Anne Frank. Et en parallèle dans celle de l’auteure, qui, jusque-là, a rejeté le passé de ses ancêtres, a évité ce qui était trop dur, l’inimaginable, l’impensable, l’horreur de ce qui est arrivé aux juifs, de tout temps, et en particulier pendant la Seconde Guerre mondiale.
    L’histoire des juifs d’Europe centrale, je m’en suis écartée à l’adolescence. J’ai tourné le dos à l’abîme. Je ne voulais pas entendre, pas savoir. Leurs cauchemars ne seraient pas les miens. Ce que je souhaitais, c’était faire partie d’une famille normale. Qui ne soit le sujet d’aucun livre d’histoire, qui ne suscite ni pitié ni haine. 
    La forme de cet ouvrage (une sorte de journal) évoque le journal d’Anne Frank, dont il est justement question. Forme/fonds se fondent parfaitement et les réflexions et questions que la narratrice se pose, les analyses, sont d’autant plus fortes.
    Que fallait-il faire de ce qui nous était légué ? Comment marcher sur des traces sans les effacer ? 
    Un ouvrage touchant par sa candeur, sa force douce, son absence de manichéisme. Une narratrice qui a soif de vérité, qui veut comprendre et se confronter à son passé, à celui de tous les juifs, après l’avoir fui toute une vie durant.
    Le ravage, dans ma famille, s’est transmis comme ailleurs la couleur des yeux. 
    On sait désormais que les souvenirs traumatiques se transmettent par l'ADN. Inutile donc de chercher à les occulter, de laisser les silences s'installer. Il vaut mieux au contraire prendre en compte l'héritage, aussi terrible soit-il, pour avoir une chance de l'exorciser. Et dans cette optique il n'est pas vain que, même longtemps après, les descendants des bourreaux demandent pardon aux descendants des victimes. Une véritable réparation peut enfin s'envisager.

    Et l’histoire que je connais est un récit troué de silences, dont la troisième génération après la Shoah, la mienne, a hérité. 
    Un texte qui rend hommage à ceux qui partagent leur expérience, leur enfer, à ceux qui ont eu le courage d’aider les juifs au péril de leur vie, à une jeune fille qui a péri et qui nous a légué son calvaire, qui a pensé à nous malgré tout, malgré l’enfermement, la peur, l’angoisse, la terreur.
    Ces murs aux fenêtres closes et opacifiées ont été le décor d’une écriture, un décor aussi protecteur qu’écrasant. Le lieu d’une naissance en même temps qu’une geôle, un piège. Des murs témoins d’un “paquet de contradictions”, écrit Anne Frank à la dernière page de son Journal. 
    Ce texte est également une réflexion sur l’écriture en tant qu’objet culturel et littéraire, mais aussi en tant qu’exutoire.
    C’est en écrivant ce que je vis que je comprends ce que je vis.
    Pourquoi écrit-on ? Si j’ai oublié comment se termine le roman Confessions d’un gang de filles, de Joyce Carol Oates, ces quelques lignes, je les connais par cœur : « Quoi que vous fassiez, que vous le fassiez seule ou non, à quelque moment que vous le fassiez, de quelque façon que vous le fassiez, pour quelque raison que vous le fassiez, quelque mystérieux que soit le but dans lequel vous le fassiez, n’oubliez jamais que sur l’autre plateau de la balance il y a toujours le néant, la mort, l’oubli. Que c’est vous contre l’oubli. »
    Un lien qui permet de ne pas nous perdre, et, juifs ou non-juifs, de ne pas rejeter dans les ténèbres, dans « la nuit et le brouillard », une mémoire salvatrice et nécessaire.
    Une lecture puissante, époustouflante, incontournable.

    #Quandtuécouterascettechanson #NetGalleyFrance

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • "La mémoire est un lieu dans lequel se succèdent des portes à entrouvrir ou à ignorer. La mémoire écrit Louise Bourgeois, "ne vaut rien si on la sollicite, il faut attendre qu'elle nous assaille."
    Lola Lafon accepte cette invitation à passer une nuit dans un musée et pour elle ce sera dans...
    Voir plus

    "La mémoire est un lieu dans lequel se succèdent des portes à entrouvrir ou à ignorer. La mémoire écrit Louise Bourgeois, "ne vaut rien si on la sollicite, il faut attendre qu'elle nous assaille."
    Lola Lafon accepte cette invitation à passer une nuit dans un musée et pour elle ce sera dans l'Annexe à Amsterdam. C'est une nuit du mois d'août 2021 et avant ce voyage, elle se prépare, elle a des souvenirs, comme nous tous d'avoir lu le journal d'Anne Frank à l'école. Elle va faire des recherches, évoque notamment l'ouvrage de Miep Gies. Elle va rencontrer en Visio Laureen Nussbaum, une amie d'enfance de Margot, qui continue à étudier à faire connaître le travail littéraire d'Anne Frank. Car ce n'est pas un simple journal que ce texte d'Anne Frank, car j'ai appris qu'Anne l'avait travaillé, écrit, réécrit. Lola Lafon va nous parler bien sûr de son ressenti dans ces pièces. Elle va nous raconter surtout l’après, le destin brisé d'Anne et de sa sœur et le retour du père, Otto Frank, seul survivant de la famille. Il va espérer le retour de siens, il va récupérer les feuilles écrites par sa fille Anne et va décider de les publier. Puis Lola Lafon va nous parler de ce qui a suivi, la publication de ce texte, son adaptation faite aux Etats Unis, et d'aujourd'hui. Anne Frank est devenue une sorte d'icone, des posters, des médailles.. elle explique très bien de ce qu'est devenu selon les époques, les lieux ce journal et soa "récupération" par le théâtre, le cinéma. Mais Lola Lafon, comme à son habitude dans ses écrits, va nous parler de cette adolescente, de ses rêves, espoirs, cris de colère. Bien sûr, nous connaissons sa fin mais Anne a vécu l'espoir et a aussi travailler son texte pour qu'il en reste une trace. Des pages très émouvantes sur la pièce de l'Annexe où Anne devait se "battre" pour pouvoir avoir du temps et de la tranquillité pour déposer ses sentiments sur le papier. Lola Lafon nous parle d'autres textes (des références à Philip Roth, Elie Wiesel, Geneviève Brissac...).
    Lola Lafon va nous parler en tout simplicité de ses doutes à elle aussi face à l'écrit, à ce qu'elle pourrait raconter de son ressenti pendant cette nuit, des souvenirs de sa propre histoire et de celle de sa famille, qui vont resurgir. Des souvenirs familiaux, comme ceux de sa grand mère, qui lui avait offert une médaille d'Anne Frank pour ne pas oublier mais c'est tout. Des souvenirs d'une rencontre pendant son enfance, d'un être qui lui aussi va disparaître, lors d'un autre drame de l'histoire du monde. Eh oui, le "plus jamais cela" a continué et continue.
    Un texte que j'ai lu en une nuit et qui m'a bouleversé.
    Lola Lafon parle très bien des souvenirs que l'on engloutit dans nos mémoires, mais qui à l'occasion d'une chanson qui passe à la radio, d'un petit objet retrouvé dans un tiroir resurgissent. Ce texte fait écho au texte d'Anne Berest (quand la seconde, la troisième génération tente de comprendre, de ressentir les blessures du passé subies par leur ancêtre).
    Il est aussi un cri pour ne pas oublier et ne pas laisser croire que l'on peut laisser tout dire.
    "que fallait - il faire de ce qui nous était léguè ? Comment marcher sur des traces sans les effacer ?"
    Ce texte est aussi la suite "logique" des textes de Lola Lafon et ses textes sur les adolescentes et leur devenir.
    Un texte qui m'a bien sûr donné très envie de (re)lire le journal d'Anne Frank, mais aussi les références citées. Et j'ai aussi ressorti de ma bibliothèque "l'annexe" de Catherine Mavrikakis..
    #Quandtuécouterascettechanson #NetGalleyFrance

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Pour la collection « Ma nuit au Musée », Lola Lafon a choisit de répondre à l’invitation du Musée d’Anne Franck au bord du canal à Amsterdam et de séjourner une nuit dans l’Annexe où Anne et sa famille ont vécu pendant vingt-six mois, rejoints après par quatre autres personnes. Cette vie entre...
    Voir plus

    Pour la collection « Ma nuit au Musée », Lola Lafon a choisit de répondre à l’invitation du Musée d’Anne Franck au bord du canal à Amsterdam et de séjourner une nuit dans l’Annexe où Anne et sa famille ont vécu pendant vingt-six mois, rejoints après par quatre autres personnes. Cette vie entre parenthèses fut arrêtée par l’arrestation de tous les occupants.

    Seul Otto, le père et chef de l’entreprise où l’annexe était cachée derrière une bibliothèque, est rentré du camps de concentration. Les feuilles du Journal d’Anne ayant été conservées, il choisit de les publier sous le titre « Le journal d’Anne Franck ».

    Difficile de rendre compte de la portée de Quand tu écouteras cette chanson. Au moment où la troisième génération prend conscience de l’intérêt de raconter, à leur manière, les conséquences des crimes contre l’humanité mis en place de façon délibérée par le régime hitlérien encouragé par les gouvernements autochtones, Lola Lafon redonne au Journal d’Anne Franck toute sa portée en rappelant la genèse de son écrit, son traitement après la guerre, les élisions de certaines parties, son exploitation médiatique, etc.

    Le portrait d’Anne est connu de tous, illustrant de son visage d’adolescente de treize ans la couverture de son journal dans toutes les éditions. Lola Lafon montre, à partir des heures vécues dans l’ensemble du musée, une jeune adolescente tout en légèreté rêvant de stars et découvrant sa féminité et sa sensualité. La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2022/09/07/lola-lafon-quand-tu-ecouteras/

    thumb_up J'aime comment Commentaires (2)
  • Il y a quelques jours je suis tombée sur une photo qui m'a particulièrement touchée : celle d'Otto Franck qui revenait dans l'Annexe quelques heures avant l'inauguration à Amsterdam de la Maison d'Anne Franck en 1960...

    Soixante-et-un ans plus tard, Lola Lafon va à son tour monter les marches...
    Voir plus

    Il y a quelques jours je suis tombée sur une photo qui m'a particulièrement touchée : celle d'Otto Franck qui revenait dans l'Annexe quelques heures avant l'inauguration à Amsterdam de la Maison d'Anne Franck en 1960...

    Soixante-et-un ans plus tard, Lola Lafon va à son tour monter les marches de ce lieu sacré pour y passer la nuit... Depuis la déportation de la famille Franck, rares sont ceux à avoir vécu cette expérience marquante... Lola Lafon, par sa magnifique plume nous offre un roman bouleversant et très immersif. Alors que la nuit passe, nous avons l'impression que le temps s'est arrêté. L'écrivaine va, le temps de ces quelques heures nous faire part de son ressenti et donner ses impressions lors de ses déplacements entre l'annexe et le musée. Par ailleurs, l'auteure va également se livrer sur son histoire familiale qui comporte de nombreuses similitudes avec celles des Franck.

    Premier ouvrage lu de cette auteure dont j'avais beaucoup entendu parler, j'ai eu un coup de cœur pour "Quand tu écouteras cette chanson", un texte très abouti dont les paroles resteront longtemps en mémoire...

    Je tiens à remercier ĺes Éditions Stock et Netgalley France pour cette belle découverte livresque...

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2022/09/quand-tu-ecouteras-cette-chanson-de.html

    Le 18 août 2021, Lola Lafon passe la nuit à Amsterdam au Musée Anne Frank, dans l'Annexe où Anne Frank s'est cachée avec sa famille et des amis pendant 25 mois du 6 juillet 1942 au 4 août 1944 en plein...
    Voir plus

    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2022/09/quand-tu-ecouteras-cette-chanson-de.html

    Le 18 août 2021, Lola Lafon passe la nuit à Amsterdam au Musée Anne Frank, dans l'Annexe où Anne Frank s'est cachée avec sa famille et des amis pendant 25 mois du 6 juillet 1942 au 4 août 1944 en plein cœur de la ville où les mesures antijuives s'accumulaient. Les Pays-Bas, passés aux ordres de l'occupant, participaient activement à la traque des juifs. Ils restent enfermés à huit dans des pièces exiguës, aidés par des protecteurs qui risquent leur vie pour eux. Mais suite à une dénonciation, ils sont tous déportés, Anne Frank décède début 1945, son père Otto Franck, seul survivant de la famille, décide de faire de cette maison un musée et de faire publier le journal de sa fille.

    Lola Lafon est préparée à aller à la rencontre d'Anne Frank et de son absence, mais ce projet la confronte à son passé familial qu'elle a toujours voulu occulter, sa propre mère a été cachée, enfant, pendant la guerre. Sa mère et elle-même sont juives. Dès l'âge de quatre ans, sa mère a su qu'être juive était une condamnation à mort. Cette histoire familiale qu'elle a toujours refusée ressurgit "Préférer danser, pour ne pas entendre la rumeur qui flottait. Je me voulais nouvelle, née de mes propres choix : personne dans la famille, n'avait fait de danse classique... Je jurais de me vouer à perpétuer l'illusion internationale de la légèreté."

    J'ai découvert la collection "Ma nuit au musée" avec ce récit de Lola Lafon et je trouve le concept très intéressant.
    J'ai appris beaucoup sur Anne Frank, sur son journal que j'ai lu, sur sa maison que j'ai visitée. J'ai appris que ce journal commencé dès juin 42 était considéré par Anne comme une œuvre littéraire et non comme un simple journal intime ou un testament. Anne avait l'ambition de devenir écrivaine ou journaliste et avait donc retravaillé son journal dans l'espoir qu'il soit publié.
    J'ai appris que l'histoire d'Anne étant jugée trop juive et trop triste, le contenu de son journal a été tronqué pour la pièce de théâtre montée aux USA ainsi que pour le film de 1959, il s'agissait alors de faire d'Anne une jeune fille plus universelle quitte à créer une "Anne de fiction". " Si nous sommes tous Anne Frank, il n'y a plus d'Anne Frank "
    Lola Lafon dénonce avec vigueur ceux qui ont voulu faire de ce journal un texte d'espoir ignorant délibérément les passages où la jeune fille évoque l'horreur de la guerre. Lola Lafon défend ardemment Otto Frank accusé par les négationnistes d'avoir "inventé" sa fille. La question de fond est posée : à qui appartient Anne Frank ?
    Au cours de cette nuit dans l'Annexe Lola Lafon s'est également interrogée sur les raisons pour lesquelles elle écrit et s'est trouvée confrontée à son identité juive et à ses propres fantômes. Des références très bien ciblées à des auteurs comme Philip Roth, Élie Wiesel, Geneviève Brisac enrichissent brillamment le texte. Je retiens le passage très fort où, comme par devoir envers la jeune fille, Lola Lafon raconte ce qu'Anne n'a pas pu écrire : sa mort. Un texte brillant avec une dernière partie très émouvante.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.