Ma dévotion

Couverture du livre « Ma dévotion » de Julia Kerninon aux éditions Rouergue
  • Date de parution :
  • Editeur : Rouergue
  • EAN : 9782812616396
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

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  • « Ma dévotion » est la confession d’Helen, à la fin de sa vie, à l’occasion de sa rencontre fortuite avec Franck, alors qu’ils sont tous deux octogénaires. Cette confession, elle la fait face à Franck, en s’adressant à lui directement à la deuxième personne du singulier, alors qu’ils ne se sont...
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    « Ma dévotion » est la confession d’Helen, à la fin de sa vie, à l’occasion de sa rencontre fortuite avec Franck, alors qu’ils sont tous deux octogénaires. Cette confession, elle la fait face à Franck, en s’adressant à lui directement à la deuxième personne du singulier, alors qu’ils ne se sont pas revus depuis 23 ans.
    Helen relate sa vie et la relation qui l’a unie à, Franck, l’homme qui a le plus compté pour elle, avec lequel elle a vécu la plus grande partie de sa vie et qui a phagocyté son existence. Il n’était pour elle ni un frère, ni un mari, ni un amant mais tout cela à la fois et bien plus encore. C’est celui auquel elle s’est vouée depuis leur rencontre en Italie alors qu’ils étaient adolescents, enfants de diplomates, qui rejetaient ce monde factice et les mensonges au sein de leur famille respective.
    Helen a été le roc contre lequel s’est appuyé Franck ; Helen l’a protégé, hébergé, soutenu, fait naître sa vocation de peintre, élevé son enfant, supporté ses frasques ; Franck et elle sont indéfectiblement liés et ils reviennent toujours l’un vers l’autre même quand Helen se marie et met un océan entre eux en allant vivre à Boston.
    Le lien qui les unit ne peut être défini : est-ce une amitié qui défie le temps, un amour qui ne dit pas son nom, chacun est-il la moitié parfaite qu’on recherche toute sa vie comme Platon l’a laissé entendre ?
    Cette dévotion d’Helen se double d’une dévotion pour la littérature qui la prend, elle aussi, à l’adolescence, qui ne la quittera plus et qui sera un refuge quand elle ira mal.
    Helen est forte grâce à ces deux piliers : son amour pour Franck et pour les mots. Elle est si forte qu’elle s’efface volontairement derrière Franck pour qu’il puisse briller sans qu’elle lui fasse une quelconque ombre. Elle en oublie de vivre et lorsque cette situation lui devient intolérable à la cinquantaine, éclate le drame qui séparera définitivement Helen et Franck.
    Cette confession, objet du roman, la libère, les mots non pas écrits qu’elle aime tant mais les mots parlés la libèrent enfin.
    Beau moment d’émotion de par la description de sentiments forts, absolus mais aussi de par le style de Julia Kerninon, au plus près des émotions, ciselé, tendu. Un roman que je garderai encore longtemps en moi.

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  • Après avoir fait connaissance avec Julia Kerninon par le biais d' "Une activité respectable" -récit autobiographique sympathique mais qui ne m'avait pas plus transportée que cela ... pardon !!... je pense aussi que j'en attendais peut-être trop avant de me lancer dans cette lecture- ; je suis...
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    Après avoir fait connaissance avec Julia Kerninon par le biais d' "Une activité respectable" -récit autobiographique sympathique mais qui ne m'avait pas plus transportée que cela ... pardon !!... je pense aussi que j'en attendais peut-être trop avant de me lancer dans cette lecture- ; je suis en tout cas bien contente de retrouver cette écrivaine via son tout dernier beau roman.
    L'écriture est fluide, agréable et le sujet touchant. Une femme peut enfin émettre le récit et la mise à jour de toute son abnégation, son dévouement (plus que sa "dévotion" -selon mon point de vue-) face à l'être cher. La transcription de ses sentiments est dense, émouvante, lucide. Nous nous trouvons nous-même confrontés à nos réflexions quant aux fondements de liens amoureux et/ou amicaux équilibrés et sains ...

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  • « Devotion » est un mot fort, empreint d'une tonalité mystique, et désigne un attachement quasi religieux à quelque chose ou quelqu'un. Dévotion est aussi synonyme de vénération. La dévotion d'Helen n'est pas un dieu, pas un objet, mais un homme : Franck. Le roman débute sur leur rencontre...
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    « Devotion » est un mot fort, empreint d'une tonalité mystique, et désigne un attachement quasi religieux à quelque chose ou quelqu'un. Dévotion est aussi synonyme de vénération. La dévotion d'Helen n'est pas un dieu, pas un objet, mais un homme : Franck. Le roman débute sur leur rencontre impromptue à Londres, alors qu'ils ne se sont pas vus depuis vingt-trois ans. Les deux octogénaires ignoraient le fait qu'ils vivaient si près l'un de l'autre : « Il avait suffi de quelques secondes seulement pour que déjà mes yeux s'habituent à ta nouvelle apparence. (…) Franck Appledore. Depuis vingt-trois ans, je n'ai pas cessé d'espérer te revoir avant d'être mort. » Heureux hasard ? Débute dès lors le long monologue aux allures de confession d'une femme qui tente enfin, au crépuscule de sa vie, de dire la vérité, de se dire la vérité, brisant tour à tour tous les voiles qui enveloppaient leur relation. Elle redécouvre, ou tout simplement découvre l'homme qui aura dicté sa vie, qui aura guidé ses pensées, qui aura fait battre son cœur. Un homme à la croisée d'un frère, d'un meilleur ami, d'un amant. La parole d'Helen éveille tous ces souvenirs, tous ces sentiments enfouis.

    Avec ce récit, on a l'impression d'assister à une véritable mise à nu, une confession puissante dictée et guidée brillamment par une plume précise, délicate et incisive. La plume laisse place au scalpel dans l'analyse des ressors psychologiques qui animent ces êtres de papier. Le récit va crescendo, les ressors du drame se mettent sournoisement et inextricablement en place. La tragédie est en marche.

    Un roman dense, âpre, grandiose ! Un coup de cœur !

    BLOG : https://devoratrixlibri.wordpress.com/2018/12/27/ma-devotion-julia-kerninon/

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  • Encore un roman pour lequel je suis assez partagée…… J’avais très envie de le découvrir car les éloges lues sur lui était dithyrambiques… Ma bibliothécaire m’a convaincue car pour elle c’était un coup de cœur et moi….. Et bien je ne sais pas trop, c’est assez complexe et je vais essayer de vous...
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    Encore un roman pour lequel je suis assez partagée…… J’avais très envie de le découvrir car les éloges lues sur lui était dithyrambiques… Ma bibliothécaire m’a convaincue car pour elle c’était un coup de cœur et moi….. Et bien je ne sais pas trop, c’est assez complexe et je vais essayer de vous dire pourquoi.

    Je pense, encore une fois, que dans cette lecture il faut distinguer plusieurs choses : le fond (l’histoire), les personnages, la cohérence, la construction du récit, l’écriture et comment tout cela a été traité. Commençons par l’histoire.

    Deux personnes, de plus de 80 ans chacune, se croisent dans Londres et elle, Helen reconnaît son seul (et unique) amour et le retient pour lui avouer ce qu’elle a vécu auprès de lui. Qu’a-t-elle à lui dire qu’il ne connaisse déjà, sa version de leur histoire ou lui avouer autre chose….. Une belle entrée en matière mais car il y a un mais cette confession va durer 6 heures d’un long monologue, où lui, Franck, face à elle écoute et ne dit rien….. 6 heures ! Mais lui parle-t-elle vraiment ? Elle dit : « cela fait six heures que je te parle tout bas »….

    Il aurait peut-être été judicieux sinon de les installer dans un café, un salon de thé, sur un banc dans un jardin public, que sais-je mais cela parait tellement peu probable qu’ils restent là plantés sur un trottoir, au milieu des gens et que lui accepte d’écouter sans rien dire ? Il est vrai que les rôles se sont inversés : elle prend l’initiative et lui écoute, attend, encaisse et ne dit rien. Ont-ils vécu la même histoire ….. Nous n’avons que la version d’Helen.

    Les deux personnages : Lui égocentrique, le centre du monde, odieux, complètement axé sur sa personne, son devenir, son succès que ce soit auprès des femmes mais aussi dans son domaine artistique (la peinture). C’est un manipulateur, qui ne respecte rien ni personne. Elle, son opposée, tout ce qu’il n’est pas elle l’est et c’est peut être pour cela qu’ils s’attirent car sinon comment croire qu’une personne puisse accepter tout ce qu’elle a accepté…. C’est une soumission totale, complète, voire de l’esclavage. Oui elle l’aime et l’amour fait commettre bien des folies mais tout de même…..

    Bon pour la cohérence laissons le bénéfice du doute. Que ne fait-on pas par amour.

    Le dénouement : je l’ai senti venir à la vitesse grand V….. Il était évident qu’il fallait un final dramatique, comme si l’histoire ne l’était déjà pas assez (car pour moi elle a vécu un calvaire dans cette relation) avec une révélation qui faisait basculer le récit. La tension est bien entretenue, palpable, monte en puissance au fil des pages.

    Pour la construction : j’ai trouvé que leur histoire durait, se répétait sans trouver d’issue car rien ne changeait finalement, rien n’évoluait dans un sens ou dans l’autre, quel que soit le lieu, la ville, leur âge : l’une souffre, l’autre profite, vit…. J’avais envie de prendre Helen et de la secouer, j’avais envie de claquer la porte au nez de Franck, ce n’est plus de l’amour mais c’est de l’assouvissement, consenti, certes, mais de l’assouvissement, pas de la dévotion mais de la soumission totale :

    J’étais devenue ta servante, et comme toutes les servantes, j’ai fini par considérer que mon maître m’appartenait. (p129)

    L’écriture est belle, indéniablement, bourrée de références artistiques ce qui est normal en soi puisqu’elle est écrivain et lui artiste peintre mais aussi de marques. Ils vivent depuis l’enfance dans un monde dit privilégié mais pas idéal. J’ai rapidement réalisé qu’Helen était depuis l’enfance marquée par l’autorité, le pouvoir des hommes (je veux parler de ses frères, puis de Franck, même son mari Günter sur qui elle pense pouvoir se reposer).

    Je le laissais casser tout ce qu’il voulait au seul prétexte que moi, il me réparait. (p154)

    On parle souvent de reproduction des mêmes schémas et finalement c’est ce qu’elle fait. Il lui faut être dominée, exploitée, humiliée, utile à l’autre pour exister, peut-être inconsciemment mais je trouve qu’il y a là, de la part de l’auteure une belle étude psychologique d’un tempérament, d’une situation, d’un couple, d’un déséquilibre.

    J’ai trouvé par moment les phrases longues, j’arrivais au bout comme haletante, comme la narratrice, à bout de souffle, entrecoupées de virgules donnant le rythme au récit, passant du Je au Tu, axé sur ce couple qu’il formait, dans des chapitres courts, très courts parfois, simplement composé d’une phrase, de quelques mots, comme une sanction qui tombe. Helen s’autorisait enfin à parler, à prendre le dessus, à vider son cœur, à apaiser sa conscience mais pourra-t-elle être apaisée un jour …..

    C’est l’histoire d’un amour à sens unique ou peut-être partagé mais pas vécu de la même manière, mais consenti par chacun jusqu’au point de rupture.

    Ce roman se lit d’une traite, on est complètement embarqué dans cette histoire qui même si elle nous révolte comme moi par le fond, elle est bien maîtrisée, exploitée, écrite. Elle se veut le reflet d’une relation déséquilibrée, d’un gâchis superbe.

    Finalement, d’avoir mis des mots sur ce que j’ai ressenti et pensé me donne malgré tout un bilan positif. Je l’ai lu pratiquement d’une traite même si j’aurai tellement aimé qu’Helen se révolte, s’épanouisse dans son métier d’écrivain, vive sa vie et pas celle de Franck, même si elle se dit heureuse d’avoir été ce qu’elle a été auprès de lui.

    C’est pour moi un beau travail d’auteure d’arriver à se glisser dans un personnage, peut être très loin de son propre tempérament, de s’y fondre, d’oublier ses propres sentiments pour ne plus qu’exprimer ses sentiments.

    Les gens pensent que ma personnalité est un genre de bruit blanc, que le silence que je fais en société est l’écho de celui qui résonne, depuis toujours dans l’espace clos de ma tête, sous les cheveux coiffés. Mais – je le sais mieux que personne – il ne faut pas juger un livre à sa couverture.

    J’ai longtemps hésité, tergiversé mais finalement …..

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  • Je n’avais encore rien lu de Julia Kerninon et j’ai été absolument charmée par son écriture. Son dernier roman, Ma dévotion, divisé en huit époques composées de très brefs chapitres (parfois une seule phrase ou un paragraphe, le plus souvent trois pages, une fois cinq pages) donne la parole à...
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    Je n’avais encore rien lu de Julia Kerninon et j’ai été absolument charmée par son écriture. Son dernier roman, Ma dévotion, divisé en huit époques composées de très brefs chapitres (parfois une seule phrase ou un paragraphe, le plus souvent trois pages, une fois cinq pages) donne la parole à une narratrice à la première personne qui s’adresse à son interlocuteur au coin d’une rue. Dès le premier chapitre, Helen (« je ») expose la situation en s’adressant à Franck Appeldore (« tu ») ; le lecteur apprend ainsi qu’ils ont vécu ensemble dix-sept ans à Amsterdam, qu’ils se sont séparés, puis qu’ils ont de nouveau cohabité pendant 14 ans, ailleurs, avant de se séparer « violemment » cette fois, et qu’il s’est écoulé vingt-trois ans avant leur rencontre inopinée sur ce trottoir de Londres : « je vais tout te raconter, ici et maintenant, debout dans la rue, je vais te raconter toute notre histoire depuis le début parce qu’il faut que je l’entende moi aussi » (p. 15).

    Helen Merton écrit beaucoup –la littérature occupe sa vie d’écrivaine et d’éditrice –, mais parle habituellement peu, et la brutalité du hasard de cette rencontre ouvre les digues. La très brève première époque du roman (intitulée « Londres », à peine onze pages) va distiller d’intrigantes informations qui s’éclaireront au fil du monologue d’Helen, pour certaines à la toute fin de son récit : ses frères auraient pu la tuer ? à l’adolescence, ils ont le projet de la violer ? il est arrivé quelque chose en Normandie ? elle a été mariée, mais pas à Franck ? Franck et elle ont causé la mort d’un innocent ?

    La relation d’Helen et de Franck se révèle complexe et fluctuante, faite d’amitié-détestation et d’amour-haine. Et nous ne la connaissons que grâce aux paroles d’Helen... Ils se sont connus à la fin de l’enfance, à 12 ans, ils ont fait l’amour ensemble à 14 ans, ils ont vécu ensemble longtemps en gardant une relation forte, parfois amicale parfois sexuelle aussi. Ils ont chacun eu d’autres amants, sont tombés amoureux, se sont quittés, se sont retrouvés… Les deux personnages sont issus du même milieu privilégié (pères diplomates), mais évidemment leurs tempéraments diffèrent : Franck est un célèbre artiste peintre fantasque et égoïste, alors qu’Helen se décrit elle-même comme besogneuse (c’est vrai) et altruiste (vraiment ?). Elle ne se ménage cependant pas dans ce récit : elle reconnaît ses torts, avoue un geste criminel et une ignoble mesquinerie qui aura de tragiques conséquences. Pourtant le lecteur comprend qu’elle n’est jamais complètement sincère. Elle le reconnaît elle-même mais, toujours ambiguë, en parlant de l’attitude de Franck : « […] mais nous mentons tous, après tout, dès lors que nous posons des mots sur notre expérience, nous choisissons une certaine version des choses au détriment des autres possibles, chaque vocable contient en lui-même une interprétation […] (p. 144). Je suppose que, comme moi, vous compatirez avec Helen, vous la plaindrez parfois, et d’autres fois vous aurez envie de la secouer, de lui ouvrir les yeux, de carrément l’engueuler, et vous conclurez peut-être avec moi que cette dévotion ressemble plus à une dépendance affective qu’à un amour altruiste… ce qui n’enlève rien à son intérêt littéraire !

    J’ai beaucoup aimé l’écriture Julia Kerninon. Elle adopte souvent un rythme ternaire (trois adjectifs, trois verbes, trois relatives…), ce qui finit par donner une musicalité particulière au texte. J’ai été frappée aussi par la richesse du vocabulaire qui, sans être sophistiqué, exprime toujours avec une grande justesse la complexité des sentiments. J’ai aimé l’ancrage des faits relatés dans leur époque grâce aux rappels de la mort de personnages célèbres : Pollock, Pie XII, Robert Kennedy, etc. Je ne peux m’empêcher d’être un peu déçue par la façon dont se termine l’histoire entre Franck et Helen : il me semble que cela cadre mal avec leurs caractères respectifs. Un autre bémol aussi pour ces deux infatigables octogénaires plantés au coin d’une rue de Londres : « Je crois qu’il y a bientôt six heures que je te parle tout bas » (p. 299)...

    Merci au Grand Prix des lectrices de Elle et aux éditions du Rouergue.

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  • Un amour fort, puissant, exclusif, mais aussi destructeur. Voilà ce que ressent Helen pour Franck Appledore. Toute sa vie, elle l'attend, elle construit sa vie pour lui et autour de lui. Elle est la femme de l'ombre, la meilleure amie. Lui, ce peintre, cet artiste égoïste, cet homme se suffisant...
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    Un amour fort, puissant, exclusif, mais aussi destructeur. Voilà ce que ressent Helen pour Franck Appledore. Toute sa vie, elle l'attend, elle construit sa vie pour lui et autour de lui. Elle est la femme de l'ombre, la meilleure amie. Lui, ce peintre, cet artiste égoïste, cet homme se suffisant et ignorant tout et tout le monde auteur de lui, blessant aussi parfois.

    Une histoire dérangeante, de passion et de jalousie. J'ai eu du mal à m'accrocher à ces deux personnages.
    Je rejoins le commentaire d'isav.

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  • Ce roman s’articule autour de deux personnages, Helen l’intellectuelle, qui parle à la première personne et Franck l’artiste, le centre de ses préoccupations.
    Helen est froide, besogneuse et présomptueuse. Toute sa vie est axée sur le travail, d’une façon qui tient plus du scolaire que du...
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    Ce roman s’articule autour de deux personnages, Helen l’intellectuelle, qui parle à la première personne et Franck l’artiste, le centre de ses préoccupations.
    Helen est froide, besogneuse et présomptueuse. Toute sa vie est axée sur le travail, d’une façon qui tient plus du scolaire que du littéraire. Elle a beaucoup de mépris pour les gens qu’elle croise et les qualifie de « vides et scolairement médiocres », leur attribue un « charisme défaillant » et va jusqu’à parler de « bêtise irradiante ». Elle vit un amour exclusif pour Franck, le peintre devenu célèbre, sans aucune générosité, sachant parfaitement se rendre utile, alors qu’elle n’est que mépris et suffisance. Son attitude face à l’homme avec qui elle a vécu 44 ans, est empreinte de jalousie, au point qu’elle qualifie sa réussite d’imposture.
    Franck lui est un éternel adolescent, inconséquent et égocentrique qui, sous le couvert du génie et de la notoriété, fait le mal sans le voir.

    Dans ce récit, tout s’oppose : l’artiste à l’intellectuel, la liberté à la passion, l’égoïsme au dévouement et il n’y a que des perdants à la fin du compte.

    Je ne me suis pas passionnée pour ce couple qui sème la destruction sur son passage et bien que l’écriture de Julia KERNINON soit agréable à lire, avec ses chapitres courts et son style de journal intime bien maîtrisé, il émane de ce roman bien plus d’amertume que de dévotion.

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  • Helen a 80 ans lorsqu’au détour d’une rue londonienne elle croise Franck Appledore. Après vingt-trois ans de silence, son ami, son amant se trouve face à elle. L’occasion pour cette littéraire de livrer cette vie passée à deux. « Mais je crois que nos tempéraments portaient en eux, dès le...
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    Helen a 80 ans lorsqu’au détour d’une rue londonienne elle croise Franck Appledore. Après vingt-trois ans de silence, son ami, son amant se trouve face à elle. L’occasion pour cette littéraire de livrer cette vie passée à deux. « Mais je crois que nos tempéraments portaient en eux, dès le départ, ce qui allait causer notre chute et la mort d’un innocent. »

    Je découvre avec ce roman, Julia Kerninon et cet univers si particulier. La tension est installée rapidement, comme une urgence pour Helen de confesser la relation si unique qu’elle a eu avec Franck. Ce rôle de meilleure amie qu’elle s’attribue tout en étant mère et épouse donnant sa vie à un homme si peu reconnaissant et destructeur. Pendant des années elle se voile la face, ignorant le vrai bonheur auquel elle peut prétendre. Mais aujourd’hui l’heure de la confrontation des sentiments a sonné. Un roman sublime, tout en finesse où l’Homme est mis à nu.

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2018/12/12/36930144.html

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  • Ils se connaissent depuis l'adolescence, du temps où leurs parents respectifs travaillaient dans la même ambassade.
    Ils ont partagé de manière tumultueuse et discontinue 45 années de leur vie, elle étudiant et travaillant d'arrache pied la littérature, lui se découvrant tardivement une...
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    Ils se connaissent depuis l'adolescence, du temps où leurs parents respectifs travaillaient dans la même ambassade.
    Ils ont partagé de manière tumultueuse et discontinue 45 années de leur vie, elle étudiant et travaillant d'arrache pied la littérature, lui se découvrant tardivement une vocation de peintre à l'évolution rapidement brillante et reconnue .
    Ils ne se sont pas vus depuis 23 ans et se rencontrent incidemment sur un trottoir londonien. Ces retrouvailles sont pour elle, Helen, l'occasion de revenir sur ces décennies partagées, sur cette relation hors normes qui l'unit à lui, Franck, relation de dépendance et de dévotion...
    Construit comme un long monologue, ce récit est la version d'Helen sur leur histoire. De leur rencontre comme une bouffée d'oxygène, une bouée de sauvetage pour l'un comme pour l'autre jusqu'au drame qui finira par les séparer.
    Il est ici question de ce que l'un doit à l'autre, de la capacité de vivre dans l'ombre de celui qui est dans la lumière, du jusqu'au-boutisme d'une relation, de l'aveuglement où cela mène et de l'impossibilité de raisonner...
    Servi par une écriture fine et précise, on plonge facilement dans ce roman ; Une très bonne lecture !

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/11/ma-devotion-de-julia-kerninon.html

    Par hasard, Helen croise Frank à Londres alors qu'elle ne l'a plus revu depuis vingt-trois ans. Elle entreprend de lui raconter leur histoire dans une longue confession adressée à Frank, le récit est raconté à la...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/11/ma-devotion-de-julia-kerninon.html

    Par hasard, Helen croise Frank à Londres alors qu'elle ne l'a plus revu depuis vingt-trois ans. Elle entreprend de lui raconter leur histoire dans une longue confession adressée à Frank, le récit est raconté à la deuxième personne du singulier. Frank, qu'elle appelle son meilleur ami, est l'homme qui a le plus compté dans sa vie.

    Helen et Frank, maintenant octogénaires, se sont rencontrés alors qu'ils n'avaient que douze ans et résidaient à l'ambassade britannique de Rome où leurs pères respectifs étaient en poste, ils étaient unis par la haine qu'ils éprouvaient pour leurs parents. De tempéraments complètement opposés, ils ont cohabité à Amsterdam où Helen a aidé Frank à se révéler et à s'accomplir dans son art, car Frank Appledore est devenu un peintre mondialement reconnu. Elle a veillé sur lui, le protégeant, restant dans son ombre, le déchargeant de toutes les tâches matérielles en menant parallèlement une carrière dans le monde de l'édition et de l'écriture. Autant Helen était une travailleuse acharnée d'un caractère très raisonnable autant Frank était un être tourmenté, exalté et excessivement égocentrique. Ce furent des années où ils ont mené une vie de joyeuse bohème, des années durant lesquelles il est incontestable que la réussite de Frank a beaucoup du à Helen. "J'étais devenue ta servante, et comme toutes les servantes, j'ai fini par considérer que mon maître m’appartenait.", "Tu ne cessais de revenir vers moi. C'était ma position dans le monde - j'étais le lieu où tu revenais."

    La vie les a ensuite séparés pour les réunir à nouveau en Normandie où ils ont vécu de nombreuses années ensemble avant qu'un événement grave ne les sépare.

    J'ai adoré ce roman au titre si approprié pour définir la relation très particulière qu'Helen entretient avec Frank, une relation complexe, entre amour et amitié faite de dépendance l'un à l'autre mais aussi de beaucoup de non-dits menant à une vie de dévotion et de sacrifices.
    L'écriture est limpide, les mots sont d'une incroyable justesse pour décrire les personnalités, les sentiments, la relation entre Helen et Frank, c'est une écriture qui va toujours à l'essentiel, j'ai aimé le soin apporté à chaque fin de chapitre sans qu'il ne s'agisse aucunement de cliffhanger. L'histoire est très prenante, elle m'a happée dès les premières pages, j'ai aimé la tension savamment entretenue jusqu'au drame final qui conclut habilement cette incroyable histoire d'amour. Un récit tout en finesse et sensibilité. De la très grande littérature !

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