Leurs enfants après eux

Couverture du livre « Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330108717
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l'Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son cousin, ils s'emmerdent comme c'est pas permis. C'est là qu'ils décident de voler un canoë pour aller voir ce qui se passe de l'autre côté,... Voir plus

Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l'Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son cousin, ils s'emmerdent comme c'est pas permis. C'est là qu'ils décident de voler un canoë pour aller voir ce qui se passe de l'autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence. Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d'une vallée, d'une époque, de l'adolescence, le récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt, cette France de l'entre-deux, celle des villes moyennes et des zones pavillonnaires, où presque tout le monde vit et qu'on voudrait oublier.

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  • 1992, Heillange, une ville sinistrée de Lorraine, Anthony vient d'avoir quatorze ans, ses parents sont des cons, à la maison les disputes peuvent partir pour n'importe quoi, il a sans cesse envie de cogner, de se faire mal, de foncer dans les murs. C'est les vacances, à la rentrée ce sera la...
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    1992, Heillange, une ville sinistrée de Lorraine, Anthony vient d'avoir quatorze ans, ses parents sont des cons, à la maison les disputes peuvent partir pour n'importe quoi, il a sans cesse envie de cogner, de se faire mal, de foncer dans les murs. C'est les vacances, à la rentrée ce sera la troisième. Il rêve de foutre le camp, il n'y a pas grand-chose à faire, le désoeuvrement, les cyclomoteurs qui ne font que tourner en rond, les habitants accoudés à leur fenêtre, jouer à la console en fumant des pet », rejoindre les potes sur la dalle, se marrer, penser aux filles. le dernier haut fourneau dresse sa carcasse, tout autour prolifère une jungle de rouille. L'usine a sifflé, gémi, brûlé pendant six générations et il ne reste que ça, une grille fermée par un petit cadenas. Jouer au billard, aux fléchettes, picoler avec les copains, les périodes de vaches maigres, les plans sociaux, le chômage, le syndicalisme, la politique, coller des affiches pour le FN.

    De 1992 à 1998, pendant quatre étés Nicolas Mathieu nous raconte la vie ou plutôt les galères de trois adolescents. Anthony fils d'ouvrier déclassé après son licenciement de l'usine, « Il n'allait quand même pas finir comme son vieux, bourré la moitié du temps à gueuler devant le JT ou à s'engueuler avec une femme indifférente. Où était la vie, merde ? », Steph fille de parents petits parvenus qui essayent de s'acheter une notabilité, « Steph et Clem découvraient que le destin n'existait pas, il fallait en réalité composer son futur comme un jeu de construction, une brique après l'autre, et faire les bons choix. Et Hacine fils d'immigré résigné, jamais intégré “Car ses pères restaient suspendus, entre deux langues, deux rives, mal payés, peu considérés, déracinés, sans héritage à transmettre. Leurs fils en concevaient un incurable dépit.”

    J'ai beaucoup apprécié la façon dont Nicolas Mathieu nous raconte la lente agonie de la France ouvrière à travers les destins mêlés de ces trois adolescents. Un roman social ancré dans son époque, le texte sonne juste, les mots sont vrais, crus, percutants. Un portrait hyper réaliste de cette France de petits pavillons où l'on s'aime sans rien se dire et on se déteste de la même façon. Des hommes qui meurent tôt, leurs femmes une fois vieilles qui conservent le souvenir de leurs maris crevés au boulot, au bistrot, silicosés, de fils tués sur la route, sans compter ceux qui se sont fait la malle. La mondialisation où les usines sont remplacées par l'économie souterraine où le trafic est aux mains de mômes de quatorze ou quinze ans, les plus jeunes employés comme guetteurs, et les familles qui servent de nourrice. “Se faire en un jour ce que son vieux gagnait jadis en six mois”. L'auteur nous entraîne à la suite de ces trois jeunes jusqu'à l'illusion de la coupe du monde de football de 1998 où chacun se plonge dans l'épopée nationale pour mieux oublier le drame quotidien, le sentiment utopique que la victoire va balayer la crise et trois décennies de déveines. Un roman remarquable sur le désenchantement d'une jeunesse qui rêve de jours meilleurs.
    « Chez eux, on était licencié, divorcé, cocu ou cancéreux. On était normal en somme. »

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  • Début des années 90. Est de la France, dans une petite ville touchée par le chômage. Deux garçons décident d'aller voir ce qui se passe sur la "plage des culs nus". Premiers émois, une vie d'adulte en accéléré. Une critique sociale de la France d'en bas, celle qui souffre en silence. Une belle...
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    Début des années 90. Est de la France, dans une petite ville touchée par le chômage. Deux garçons décident d'aller voir ce qui se passe sur la "plage des culs nus". Premiers émois, une vie d'adulte en accéléré. Une critique sociale de la France d'en bas, celle qui souffre en silence. Une belle découverte !

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  • Lorraine, cœur d’acier… rouillé

    Après Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu revient avec un magnifique roman qui, à travers les portraits d’une bande de jeunes dans une Lorraine désindustrialisée, raconte la France des années 90. Fort, juste, dramatiquement vrai.

    Balzac, Hugo, ou encore…...
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    Lorraine, cœur d’acier… rouillé

    Après Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu revient avec un magnifique roman qui, à travers les portraits d’une bande de jeunes dans une Lorraine désindustrialisée, raconte la France des années 90. Fort, juste, dramatiquement vrai.

    Balzac, Hugo, ou encore… Karine Tuil. Il y a dans le second roman de Nicolas Mathieu la faconde de l’auteur de La Comédie humaine, la dimension sociale et politique de l’auteur des Misérables et l’art de dépeindre une époque de la romancière de L’Insouciance. Autant dire que je place Leurs enfants après eux dans le carré la plus précieux de ma bibliothèque, celui des livres «indispensables» dont j’imagine qu’ils pourraient devenir des classiques.
    http://urlz.fr/7XhL
    Le roman s’ouvre au bord d’une plage, durant l’été 1992. Anthony s’y prélasse avec quelques copains, essayant de tuer le temps. Au sortir de l’adolescence, son horizon n’est guère enthousiasmant. Dans une Lorraine qui a beau comporter de nombreuses localités se terminant par «ange», c’est plutôt le diable qui semble avoir pris le contrôle du territoire. Après la fin du charbon, c’est la fin de la sidérurgie. La désindustrialisation a déjà fait des ravages. Le chômage a frappé les enfants du baby-boom et s’est étendu comme un cancer aux stigmates visibles dans tout le paysage. Comment s’imaginer un avenir au milieu de friches industrielles, d’usines désaffectées, de commerces ayant définitivement tiré leur rideau de fer? « Le paradis était perdu pour de bon, la révolution n’aurait pas lieu; il ne restait plus qu’à faire du bruit. » Le bruit des motos pétaradantes ou celui de groupes tels que Nirvana ou Queen vont du reste accompagner le lecteur tout au long du roman. L’YZ que son père garde au fond de son garage va servir à Anthony à rejoindre la fête donnée dans une villa à quelques kilomètres de chez lui. Avec son cousin, il va essayer de trouver dans l’alcool, la drogue et le sexe de quoi agrémenter son spleen. Sauf qu’au petit matin, le bilan est loin d’être grandiose. Outre une altercation avec Hacine qui tentait de s’incruster dans cette fête, et une bonne gueule de bois, il constate que la moto a été volée.
    Il retourne chez lui la peur au ventre, car il n’a pas demandé l’autorisation à son père et sait combien ce dernier tenait à cette moto, même s’il ne s’en servait plus guère. Hélène, sa mère, redoute tout autant la réaction de son mari et décide de se rendre chez le père de Hacine pour récupérer l’YZ, sans succès. Car cette dernière est en train de brûler au milieu de curieux ébahis.
    Si l’on peut parler ici d’acte fondateur, c’est parce que cet événement cristallise toutes les rancœurs, toutes les peurs, tous les drames à venir.
    Hacine se fait proprement défoncer par son père, l’immigré forcément accusé de tous les maux. Patrick s’en prend à sa femme Hélène et à Anthony, provoquant l’éclatement de la famille. La vengeance va entraîner la déchéance…
    Nicolas Mathieu a découpé son roman en quatre périodes, quatre étés de 1992 à 1998 qui nous permettent, outre le passage de l’adolescence à l’âge adulte d’Anthony, de Hacine, de Clem, de Steph et des autres, de suivre l’actualité politique et l’actualité sportive. De la montée du front national à la Coupe du monde de football, l’auteur montre comment ces événements accompagnent le quotidien et marquent les esprits jusqu’à bousculer quelques existences. Car les drames et les réussites servent aussi de révélateur. À l’aune de cette époque floue et instable, entre la chute du mur de Berlin et celle des Twin Towers, la seule issue raisonnable semble devoir être la fuite.
    Disons encore quelques mots du style de Nicolas Mathieu. Il a parfaitement su retrouver le ton, les expressions et le ressenti de ses personnages – il est de la même génération – avec cette dose de violence et de fatalisme qui leur colle à la peau et qui vont faire voler en éclats leurs rêves. Retrouvant l’ambiance de son roman noir, Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu nous livre un constat aussi lucide que douloureux. Et qui résonne d’autant plus fort en moi, car je fais partie de ces Lorrains qui ont choisi de s’exiler sous des cieux plus cléments.

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  • Leurs enfants après eux.
    Magnifique titre pour un roman qui l'est tout autant de la première à la dernière ligne.

    Leurs enfants après eux. Est-on condamné à mener l'existence de nos parents,? Peut-on conjurer le sort et lever la malédiction, quitte à prendre des chemins de traverse ? Ses...
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    Leurs enfants après eux.
    Magnifique titre pour un roman qui l'est tout autant de la première à la dernière ligne.

    Leurs enfants après eux. Est-on condamné à mener l'existence de nos parents,? Peut-on conjurer le sort et lever la malédiction, quitte à prendre des chemins de traverse ? Ses pères, ouvriers au chômage qui rabâchent la mémoire ouvrière et donnent à ceux qui ne l'ont pas vécu le sentiment d'être passés à côté de l'essentiel. Ses pères immigrés, « suspendus entre deux rives, mal payés, mal considérés, déracinés, sans héritage à transmettre. » Ses mères qui « finissaient toutes effondrées et à moitié bonniches, à ne rien faire qu'assurer la persistance d'une progéniture vouée aux mêmes joies, aux mêmes maux »

    Anthony, Hacine, Clem', Steph', enfants de prolos, d'immigrés, de petits-bourgeois dans une Lorraine sinistrée depuis la fermeture des hauts fourneaux, ne se résignent pas à ces vies qui leur sont promises en héritage. Années 90. Ils ont 14, 16, 18, 20 ans au fil de quatre chapitres qui nous font plonger dans leur être le plus profond, leurs émois, leurs rêves, leurs fantasmes d'adolescents puis de jeunes adultes. Leurs rêves et leurs dépouilles.

    Ce roman est juste formidable dans sa façon de parler de cette jeunesse qui va se désenchanter au contact de cette putain de réalité. Toute la beauté brute, l'incandescence de la jeunesse est décrite avec une subtilité dingue. Tout est juste dans cette chronique de l'adieu à l'enfance pour laquelle tout n'est que promesse avant de s'y casser les dents. L'intensité , la précision, la crudité de la langue permettent à l'auteur de faire jaillir des personnages tous très attachants. La vie pulse en eux et on ressent chacune de ses pulsations. Surtout lorsqu'on suit Anthony, le personnage le plus lumineux, coincé entre un père qui sombre et une mère qui le protège comme une louve. On le voit grandir, évoluer mais toujours attaché à ses rêves.

    Moi aussi j'ai eu 14 ans en 1992 et 20 ans en 1998, comme les personnages, comme l'auteur. J'ai savouré toutes les références générationnelles qui parsèment les pages. Mais ce roman va au-delà de la simple chronique réussie d'une jeunesse à un moment donné.
    Malgré toutes ces clins d'oeil qui nous renvoient aux années 90, le propos est ultra contemporain sur la France d'aujourd'hui. En 2018, les choses sont-elles si différentes lorsqu'on entre dans l'âge adulte ? le roman se fait alors chronique sociale, politique même lorsqu'il fait écho à la rage de ceux qui se découvrent coincés comme l'ont été leurs parents dans la précarité ou la sclérose intellectuelle.
    Nicolas Mathieu dresse là une carte des territoires de l'immobilité sociale, de la France des périphéries avec une rare acuité. Le propos est sombre, certes, mais ne tombe jamais dans le pathos, traversé par des lueurs d'espoir qui éclairent tout. Superbe.

    A écouter en compagnie de Nirvana
    https://www.youtube.com/watch?v=0TbtMFOtiBc

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  • * Coup de coeur *
    Je crois que c'est la première fois que je lis un roman sur le thème de l'adolescence dans cette région française, et d'ailleurs sans doute transposable à d'autres. On y sent la désillusion des immigrants venus d'Afrique du Nord et de leur descendance et la vacuité des...
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    * Coup de coeur *
    Je crois que c'est la première fois que je lis un roman sur le thème de l'adolescence dans cette région française, et d'ailleurs sans doute transposable à d'autres. On y sent la désillusion des immigrants venus d'Afrique du Nord et de leur descendance et la vacuité des journées dans ces endroits où il n'y a pas grand chose à faire pour un ado, surtout s'il n'a pas d'argent. On comprend comment on se fourre vite dans le pétrin à vouloir jouer les kékés pour épater les filles parce que finalement, tout commence toujours un peu comme ça. Entre les garçons, tout n'est qu'une éternelle histoire de rivalité qui ne s'efface jamais vraiment. Les filles, elles, rêvent de trouver le grand amour mais elles ne tombent évidemment sous le charme que de ceux qui ne les aimeront jamais, l'inverse est d'ailleurs vrai aussi. Mais contrairement aux garçons, peut-être grâce à leurs origines sociales plus favorisées, elles ont compris l'essentiel : pour se faire une vraie place au soleil et pour quitter ce trou, il faudra étudier, réviser pendant des heures, écourter les nuits. Je me suis incroyablement attachée à ces quatre ados, sans doute plus aux deux garçons qu'aux filles même si un personnage féminin secondaire, Vanessa, m'a beaucoup plu. Il y a de la tendresse dans la manière de décrire ces familles, ces parents paumés qui tentent de faire de leur mieux. Et puis, il y a ces dizaines de phrases qui m'ont saisie par leur justesse et leur force.
    L'alcool, à force, devient un organe parmi d'autres, pas moins indispensable. Il est là au-dedans, très profond, intime, utile à la marche des affaires, comme le cœur, un rein, vos intestins. En finir, c'est s'amputer.
    D'autres m'ont fait éclater de rire. J'aurais envie de vous en citer davantage mais je préfère que vous les découvriez vous-même.
    Je ne manquerai pas de relire l'auteur et je souhaite bonne chance à ce roman dans la course aux prix. Encore une fois, j'ai hâte de voir ce que m'en diront les élèves. Il est sexuellement très explicite ; je trouve qu'il est assez difficile de réussir des scènes sexuelles, or Nicolas Mathieu y parvient très bien. Il montre aussi comment, dans ce genre de relations où tout le monde semble d'accord, l'un des deux ne peut s'empêcher de s'attacher, comme s'il n'y avait d'autres solutions que de vivre en déséquilibre permanent. Si ce roman met en scène des ados, l'adulte que je suis s'est souvent reconnue dans des passages et c'est à mon avis l'une des forces de ce roman.

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  • Adolescence.
    Anthony et le cousin. Hacine. Steph et sa copine. Puis des adultes qui gravitent autour, s’imposent comme cadre, mais surtout comme destination finale à cette jeunesse qu’on découvre, qui se cherche, s’étonne, questionne. Une jeunesse qui grandit en Lorraine durant les années...
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    Adolescence.
    Anthony et le cousin. Hacine. Steph et sa copine. Puis des adultes qui gravitent autour, s’imposent comme cadre, mais surtout comme destination finale à cette jeunesse qu’on découvre, qui se cherche, s’étonne, questionne. Une jeunesse qui grandit en Lorraine durant les années 90. Heillange. Terre de misère. Création de l'auteur. Ville fictive permettant d'amasser toutes les idées, de créer l'environnement nécessaire à l’émergence d’une population diverse, et surtout misère. Terre où les hauts fourneaux sont morts, emportant les derniers espoirs d’emploi. Crise. Industrie au néant. Pourtant, la relève est là, de ces marmots qu’on voudrait canaliser, empêcher de trop sortir la nuit.

    Des erreurs.
    Des broutilles.
    Une vie à se casser la gueule.
    Des plaies au coeur.

    Quatre étés durant lesquels on suit leur vie. Événements choisis. Quelques bribes, de ces moments qu’on imagine croqués, capturés sur une photo.

    S'élever de ses origines.

    Une volonté de s'enfuir, d'habiter au delà du carcan familial, régional. Croire que l'on sera mieux que les parents, qu'on saura s'en sortir. L'ailleurs serait meilleur. C'est le point commun des personnages, de ces adolescents que l'on suit, qu'on inspecte, qu'on détaille d'après leurs actions et envies. Marmots cherchant la fuite en avant. De ceux qui s’espèrent parisiens, d’autres les poches débordant de monnaie, quand quelques uns n’aspirent qu’à profiter, ne pas penser à la suite.

    Un roman sociologique. Des personnages qui auraient pu avoir d’autres noms, être nés dans une ville différente. Qu’importe la ville, qu’importe leur prénom, ils sont les représentants de ces oubliés, ces villes égarées. Campagnes désoeuvrées. La conséquence d’un abandon politique.

    Pour s’en sortir. 
    Faut-il nécessairement quitter la ville de l’enfance ?
    Couper ou savoir renouer avec les racines.
    Un deal avec le futur qu'ils s'acharnent à construire plutôt que subir.

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  • Je ne sais pas si j'ai envie de vous parler de ce livre. J'hésite parce que je vois bien qu'il circule énormément sur les réseaux, il est en lice pour certains prix, il est décrypté par beaucoup de monde et donc finalement que peut apporter de plus mon avis pour cet ouvrage. Surement rien...
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    Je ne sais pas si j'ai envie de vous parler de ce livre. J'hésite parce que je vois bien qu'il circule énormément sur les réseaux, il est en lice pour certains prix, il est décrypté par beaucoup de monde et donc finalement que peut apporter de plus mon avis pour cet ouvrage. Surement rien !

    Désabusée moi ? Non jamais de la vie… je suis née dans cette époque où tout semblait aller plutôt bien en fait. Jusqu'au jour où j'ai commencé à lire "Leurs enfants après eux".

    Et oui, avec ce roman j'ai retrouvé des faits que je n'avais pas remarqué quand j'étais gamine. Par définition j'étais innocente puisque gamine (ça n'allait pas durer mais ce n'est pas le propos) !

    Alors quand Anthony vient raviver la lumière sur ce qu'était vraiment cette époque, c'est un peu mon monde qui s'écroule pour certains aspects. Les usines qui ferment je ne m'en souvenais pas, l'usure de l'Homme par le travail ne faisait pas partie de mon quotidien. J'étais plutôt à jouer à la marchande ou à la maîtresse en fait. Prendre conscience que ma génération connaît finalement un déclin pour lequel personne ne trouve le moyen d'inverser la tendance, ça fait peur !

    Mais avec les personnages du roman j'ai aussi retrouvé des souvenirs sympas et bizarrement ils se rapprochent plus du sport que de la littérature (quand on sait mon degré d'amour pour l'activité sportive je comprends votre étonnement)…

    Intervilles, la coupe du Monde 98, la fête foraine etc... des moments qui m'ont fait penser que je faisais partie d'un tout à cette époque.

    Je crois que l'ambiguïté de mon avis tient dans cette facette. Le roman de Nicolas Mathieu me remplit de nostalgie à un moment de ma vie où la question est "quel avenir nous attend ?". Et attention, je rigole pas… en 92 on en avait un avenir, il y avait moyen encore. Mais en 2018 sincèrement parfois le monde fait peur. La capacité de l'Humain à s'auto-détruire est peut-être surement l'objet de thèses universitaires, en tout cas il y a du potentiel j'en suis sur et Nicolas Mathieu a ouvert la brèche.

    Bref, finalement mon avis ne sert à rien de plus qu'à vous parler d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, c'est bien ce que je vous disais…

    Gardez quand même à l'esprit que ce livre est une chronique sociale d'un changement d'époque et finalement il nous ressemble beaucoup, c'est surement pour ça qu'il fonctionne et qu'on en parle autant !

    Si, j'allais oublier… j'ai beaucoup aimé cette lecture car elle m'a remis à ma place et a fini de me convaincre que je ne voulais pas que ma fille puisse écrire une suite sordide à cette histoire et donc que j'avais du pain sur la planche pour lui laisser un monde, en tout cas, un environnement proche sain, alors au boulot !

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/09/leurs-enfants-apres-eux-de-nicolas.html

    L'histoire se déroule à Heillange, une cite imaginaire dans une vallée perdue de l'Est de la France, une cité sinistrée par la crise économique et la fermeture des hauts fourneaux.

    Le roman débute en...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/09/leurs-enfants-apres-eux-de-nicolas.html

    L'histoire se déroule à Heillange, une cite imaginaire dans une vallée perdue de l'Est de la France, une cité sinistrée par la crise économique et la fermeture des hauts fourneaux.

    Le roman débute en 1992, Anthony a quatorze ans, cet été là. On va le suivre durant quatre étés en 1992, 1994, 1996 et 1998. C'est un jeune ado atteint d'une infirmité à l’œil, un peu tête brûlée. Anthony ne veut surtout pas mener la même vie que son père, détruit par son licenciement, il veut fuir ce monde-là.

    Ce roman raconte Anthony mais aussi ses parents, Clem, Steph deux petites bourgeoises enfants gâtées et Hacine dont le père a quitté le Maroc quarante ans plus tôt pour travailler à l'usine. Entre défonce et alcool les jeunes ados désœuvrés tentent tous de tromper leur ennui dans la cité et au bord du lac, ils n'hésitent pas à en venir aux mains en cas de conflit. Les sentiments amoureux, la sexualité émergent et Anthony rêve de conquérir Clem... Pendant ce temps là, certains pères, laissés-pour-compte de la mondialisation, noient leur désespoir dans l'alcool, d'autres s'abrutissent devant la télé.

    Nicolas Mathieu a le don pour installer un décor social, pour nous immerger dans cette région qu'il connait bien et pour mettre en scène des personnages très forts. Il nous raconte la vie de tous ces jeunes qui rêvent, quelque soit leur milieu social, de fuir la région et le monde sans avenir dans lequel ils ont grandi. La construction est habile, l'auteur nous fait retrouver ces jeunes et leurs familles tous les deux ans sans nous dévoiler d'emblée ce qui s'est passé pour eux pendant cette période, on le découvre au fil du récit. Roman d'une époque, roman du passage de l'adolescence à l'âge adulte, c'est surtout un roman social dense, réaliste, sombre mais plein de vie qui met en évidence de façon implacable le déterminisme social. Nous suivons pendant six ans des jeunes et leurs familles dans un monde qui bouge, dans une société où les emplois évoluent et où certains se retrouvent dépassés. L'évolution du paysage urbain, l'évolution politique, le racisme ordinaire, les désillusions des habitants, la descente aux enfers de certains traversent également le récit. J'ai aimé la sensibilité et la justesse de ce texte dans lequel les dialogues sonnent toujours très juste. Un regard sociologique intéressant, un roman fort et poignant.

    Ce titre est sélectionné pour le prix Goncourt, le prix Etudiants France Culture-Télérama, le prix de Flore et le prix Médicis.

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  • "LEURS ENFANTS APRES EUX " de Nicolas Mathieu
    Résumé Nathalie Bullat 16 09 18 :
    Serait ce une malédiction de vivre une existence semblable à celle des ses parents ? Surtout quand ceux si » meurent à feux doux de servitudes minuscules ».
    C’est ce que nous annonce le titre, tiré de la bible...
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    "LEURS ENFANTS APRES EUX " de Nicolas Mathieu
    Résumé Nathalie Bullat 16 09 18 :
    Serait ce une malédiction de vivre une existence semblable à celle des ses parents ? Surtout quand ceux si » meurent à feux doux de servitudes minuscules ».
    C’est ce que nous annonce le titre, tiré de la bible : «Ils ont péri comme s’ils n’avaient jamais existés, comme leurs enfants après eux »

    Portraits d’ados dans la poussière et la moiteur de quatre étés caniculaires ( de 92 à 98), dans l’Est de la France où les hauts fourneaux se sont tus.
    On retrouve l’ambiance des romans du Sud des USA, de Carson MacCullers, ce même poids de la solitude, de l’ennui et ce besoin d’échapper à son destin, de partir. Cela me rappelle aussi les» Jeunes loups » du romancier Irlandais Colin Barrett (dont je vous ai déjà parlé !)
    Ces jeunes gens en tee-shirt Waykiki, jouant à Street Fighters et écoutant Nirvana, Aerosmith, et NTM, filent sur des motos têtes nues dans un paysages de parkings et de béton, se retrouvant dans des histoires de trafic, de vols de scooters, se jetant dans l’alcool et le sexe, lassés de la mémoire ouvrière de leurs parents, ne voulant surtout pas leur ressembler ! mais selon votre naissance est ce possible
    Un nouveau ZOLA ? Peut être ! Ce n’est pas nostalgique, plutôt hyper réaliste. Mélangeant sensualité, mélancolie, colère et ennui.

    Antony avec son cousin trainent, boivent des bières, fument des joins. Il voit son père sombrer dans l’alcool, (celui-ci d’ailleurs n’est pas sans rappeler Coupeau le mari de Gervaise dans l’Assommoir), sa mère est usée par le travail, tout le temps fatiguée, déprimée.
    Stéphanie, vient d’une famille aisée sans vraie culture. Elle vit comme son amie Clem dans une zone pavillonnaire. Elle a de l’ambition, elle aime Paris, Doisneau et les maths, elle sait que l’école est la gare de triage.
    Hacine a un peu honte de l’accent de son père, il vend du haschich, il est fait de colère, d’espoirs et de déceptions.
    Vous ne resterez pas insensible à cette lecture. Nos enfants des générations X et Y retrouveront une musique qui a bercé leur adolescence.

    Citation : Les hommes parlaient peu et mourraient tôt ; Les femmes se faisaient des couleurs et regardaient la vie avec un optimisme qui allait en s'atténuant. Une fois vieilles, elles conservaient le souvenir de leurs hommes crevés au boulot, au bistrot, silicosés, de fils tués sur la route, sans compter ceux qui s'étaient fait la malle »

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  • LIVRE 49

    LEURS ENFANTS APRES EUX DE NICOLAS MATHIEU 426 PAGES EDITIONS ACTES SUD 22 AOUT 2018

    UN EXCELLENT LIVRE

    Résumé :

    Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son...
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    LIVRE 49

    LEURS ENFANTS APRES EUX DE NICOLAS MATHIEU 426 PAGES EDITIONS ACTES SUD 22 AOUT 2018

    UN EXCELLENT LIVRE

    Résumé :

    Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son cousin, ils s’emmerdent comme ce n’est pas permis. C’est là qu’ils décident de voler un canoë pour aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence. Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt, cette France de l’entre-deux, celle des villes moyennes et des zones pavillonnaires, où presque tout le monde vit et qu’on voudrait oublier.

    Mon avis :

    Pendant six ans, nous suivons la vie de plusieurs adolescents. Entre milieux aisés, défavorisés, famille, trafics de drogue, vols, paresse, alcoolisme, amour, sexe : des ingrédients qui ne nous laissent pas indifférents.

    Dès le début, j’ai adoré voguer entre tous les personnages. C’est un excellent roman très bien écrit.
    Cette adolescence qui est si violente pour certains enfants… J’étais convaincue d’avoir deviné la fin… Et bien non, je suis allée dans la mauvaise direction.

    Un livre que je conseille vivement.

    Volez, courez chez votre libraire !

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