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Les orageuses

Couverture du livre « Les orageuses » de Marcia Burnier aux éditions Cambourakis
Résumé:

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Avis (14)

  • Un premier roman habité par une colère légitime et incandescente.

    Elles sont sept jeunes femmes qui ont en commun d'avoir été victimes de violences masculines, du harcèlement au viol. En commun aussi l'absence d'écoute réelle de la société. Du sexisme ordinaire à la culture du viol, elles ont...
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    Un premier roman habité par une colère légitime et incandescente.

    Elles sont sept jeunes femmes qui ont en commun d'avoir été victimes de violences masculines, du harcèlement au viol. En commun aussi l'absence d'écoute réelle de la société. Du sexisme ordinaire à la culture du viol, elles ont conscience qu'on attend d'elles qu'elles ne fassent pas de vagues, "qu'elles [vivent avec] qu'elles paient leur psychothérapie pendant que l'autre continue sa vie sans accroc, sans choc."

    "Elle avait vu la gêne chez ses proches, senti la honte dans ses tripes, la solitude dans ses os. Elle avait vécu personnellement la sensation de déranger en en parlant, de déranger l'ordre établi, la suspicion générale face à son récit, l'impression de devenir folle, de perdre pied avec la réalité, le doute instillé, ( peut-être que j'ai rêvé)."

    Elles vont mal, font cauchemar sur cauchemar, se sentent en insécurité partout, n'arrivent plus à envisager une relation de couple normale.
    Il y a un esprit de défaite, de faiblesse insidieusement entré dans tous leurs pores depuis l'enfance. L'orage gronde quand ensemble dans un élan salvateur de sororité, une pulsion de vie qui les pousse à la guérison, elles vont reprendre leurs vies en main et décider de se faire du bien, de se réparer pour pouvoir à nouveau avancer tête haute. Dans des limites bien définies sans violence physique, leur "gang" va s'en prendre à chacun des agresseurs, un par un, et leur faire ressentir la peur, la honte, le traumatisme ...

    C'est un joli roman féministe qui se lit facilement. L'écriture est fluide et efficace. J'ai ressenti cette colère et cette révolte devant l'inertie de la société. J'ai ressenti de l'empathie pour ces jeunes femmes qu'on découvre les unes après les autres au fil du roman, et aimé leur écoute mutuelle, la présence qu'elles se donnent comme une pause nécessaire, bienveillante et salvatrice.

    C'est un roman coup de poing, un cri de colère, un manifeste pour la sororité parce qu'ensemble et solidaires, les femmes sont puissantes.

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  • Un roman qui m'a beaucoup touché, qui est très beau et qui donne de l'espoir mais aussi beaucoup de colère. À lire absolument !

    Un roman qui m'a beaucoup touché, qui est très beau et qui donne de l'espoir mais aussi beaucoup de colère. À lire absolument !

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  • Elles sont 7 filles. 7 filles en colère qui ont  besoin de se venger, car elles sont surtout 7 filles blessées, abîmées, irrémédiablement .
    7 filles qui ont subi la violence et la lâcheté qui caractérisent certains hommes.
    7 filles qui ont été abusées, violées, privées maintenant de la...
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    Elles sont 7 filles. 7 filles en colère qui ont  besoin de se venger, car elles sont surtout 7 filles blessées, abîmées, irrémédiablement .
    7 filles qui ont subi la violence et la lâcheté qui caractérisent certains hommes.
    7 filles qui ont été abusées, violées, privées maintenant de la légèreté de vivre et rencontrer...
    Le poids de ce qui a été subi est trop lourd à porter, l'incompréhension des autres est une douleur supplémentaire.
    Et la peur, la peur omniprésente qui gâche tout, qui tend les corps et les esprits,  qui envahit les nuits sans sommeil et les prive du plaisir de vivre...
    Face à l'impossibilité d'obtenir justice et réparation par voie légale, elles décident d'unir leurs rages, leurs faiblesses, leurs déterminations et d'organiser elles-mêmes des expéditions punitives. Selon un "protocole" qu'elles établissent, elles vont démontrer à ces hommes que leurs actes ne peuvent rester sans conséquence et eux sans responsabilité.
    Elles veulent "purger leur sentiment d'injustice".
    Ce livre parle vrai, direct, authentique. Il dit les souffrances indicibles,  celles que ceux qui ne savent pas ne peuvent pas comprendre... il rappelle des chiffres, une réalité toujours aussi actuelle, toujours aussi révoltante.
    Ce livre lutte contre l'invisibilité, et rien que pour ça est nécessaire .
    Si ce n'est pas un coup de cœur littéraire, il m'aura néanmoins marquée et touchée.

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  • Dans les comics il y a des supers héros qui viennent défendre la veuve et l'orphelin quand ceux-ci sont menacés par le mal. Pif, paf, pouf et le méchant est puni !
    Dans le roman réaliste de Marcia BURNIER, la réalité est tout autre et n'est malheureusement pas aussi idyllique. La femme victime...
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    Dans les comics il y a des supers héros qui viennent défendre la veuve et l'orphelin quand ceux-ci sont menacés par le mal. Pif, paf, pouf et le méchant est puni !
    Dans le roman réaliste de Marcia BURNIER, la réalité est tout autre et n'est malheureusement pas aussi idyllique. La femme victime d'un viol ou de violence sexuelle, quelque soit son rang ou statut social, ne verra pas une sorte de superman la sauver des griffes de l'individu mal intentionné. Comment pouvoir alors affronter ce traumatisme et surtout se reconstruire? Et si un groupe d'individus pouvaient être des justicières quitte à appliquer la loi du talion?

    Ce premier roman de Marcia BURNIER est un véritable coup de poing. Il est très percutant. Je me suis sentie assez mal à l'aise à sa lecture mais il a le mérite d'aborder d'un point de vue différent ces sujets qui restent assez tabous. J'ai par contre beaucoup apprécié sa belle couverture dans les tons de bleu qui rend d'une certaine manière, un bel hommage aux fameuses sorcières.

    #68premieresfois

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  • Avec les Orageuses, l’autrice aborde un thème très porteur de la littérature féministe contemporaine. Cette fois en imaginant la possibilité d’une vengeance fomentée par les victimes elles-mêmes, puisque du dépôt de plainte à l’éventuel procès, la justice bafoue les droits de jeunes femmes....
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    Avec les Orageuses, l’autrice aborde un thème très porteur de la littérature féministe contemporaine. Cette fois en imaginant la possibilité d’une vengeance fomentée par les victimes elles-mêmes, puisque du dépôt de plainte à l’éventuel procès, la justice bafoue les droits de jeunes femmes. Et on comprend tout à fait le désarroi de devoir de prouver que l’on n’a pas induit le délit, par son attitude, ses propos, un refus peu clair ….

    Ce court roman est donc un cri de rage, une révolte contre le traitement actuel des plaintes pour viol et une piste pour un éventuel moyen de se défendre soi-même en toute illégalité.

    Les jeunes femmes, Nina, lia, Inès Léo sont toutes marquées profondément par leur agression, qui parfois laisse à distance des séquelles qu’elles ne relient pas toujours à ce qui s’est passé. Le traumatisme a pu être enfoui, et ressurgit dans des angoisses, des troubles du comportement handicapant.

    Et le désir de réparer l’infamie, est une façon d’exorciser le mal enfoui.

    Une lecture qui ne laisse pas indifférent, parce qu’on ne peut se désolidariser de ces femmes blessées, mais si la voie qu’elles ont choisie pour affronter leur peur et se venger semble leur réussir sur le plan personnel, on n’entrevoit aucune amorce de proposition plus générale, ni même une opposition de généraliser cette violence en retour. C’est juste un constat. Et même un constat d’échec, puisqu’elles sont conscientes que rien n’empêchera les hommes de violer.

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  • C’est l’histoire « d’un gang de filles décidant un jour de reprendre comme elles peuvent le contrôle de leur vie. » Elles se surnomment « les sorcières », elles s’appellent Lila, Nina, Inès, Leo, Louise et Mia. Leur point commun, malheureusement, est d’avoir été violées. Un premier roman dont la...
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    C’est l’histoire « d’un gang de filles décidant un jour de reprendre comme elles peuvent le contrôle de leur vie. » Elles se surnomment « les sorcières », elles s’appellent Lila, Nina, Inès, Leo, Louise et Mia. Leur point commun, malheureusement, est d’avoir été violées. Un premier roman dont la sororité est au cœur. Sa force est de donner à entendre la voix de ces jeunes femmes, la douleur de leur corps, leurs crises d’angoisse mais surtout leur rage et leurs peurs.
    « Elle a juste une voix qui la hante et qui surgit régulièrement pour lui susurrer qu’elle est pourrie, mauvaise, et qu’elle ne peut faire confiance à personne. »
    Ensemble elles vont imaginer une sorte de vengeance, leur remède pour aller mieux. Elle se mettent d’accord sur ce qui est « acceptable moralement ».
    « est-ce qu’on lui pète la gueule ou bien on détruit son appartement, ça vaut quoi un viol comme punition ? »
    Ces « sœurs de galère » renoncent à la justice traditionnelle et préméditent donc des expéditions chez leur violeur. Elles dévastent un appartement en présence du mec et puis s’adressent à lui :
    « Tu vois, pour Inès, y’a eu un avant et un après. Y’a des questions auxquelles elle peut que répondre en expliquant qu’elle a été violée, c’est comme ça, ça la suivra, tu vas dégager d’ici, et y’aura des questions auxquelles tu pourras rien répondre d’autre que je suis un sale pointeur. »
    Elles taguent sur les murs de l’appartement « NON C’EST NON » et inscrivent sur sa boîte-aux-lettres « un de moins » en référence à « une de plus ».
    Je vous laisse imaginer la tête du type après leur passage !
    En tout cas ces expéditions leur redonnent confiance, leur permettent de se sentir vivantes et de dormir enfin. Ce sera peut-être une solution pour commencer à se reconstruire.
    Ce roman aborde également les dysfonctionnements de l’administration, de la police.
    « pourquoi on ne riposterait pas ? Pourquoi on garderait toute cette violence en nous, pourquoi est-ce qu’on dépenserait tant d’argent chez le psy, pour « canaliser la colère » sans jamais obtenir justice ni réparation ? »
    Mia se rend au palais de justice pour écouter des audiences. Elle note dans un carnet les chiffres de chaque condamnation. Elle a besoin de comprendre.
    « pour voir ce qui valait plus qu’un viol : le vol d’un paquet de riz, d’un parfum, la revente de 20 grammes d’herbe, l’outrage à un agent, les violences volontaires avec moins de 7 jours d’ITT… »
    Un livre dur, mais surtout nécessaire. Bravo Marcia Burnier pour votre courage et votre façon d’avancer. La couverture, réalisée par Marianne Acqua, est magnifique.
    Merci aux 68 premières fois pour m’avoir fait découvrir ce premier roman que j’aurais certainement manqué.

    « On vous retrouvera. Chacun d’entre vous. On sonnera à vos portes, on viendra à votre travail, chez vos parents, même des années après, même lorsque vous nous aurez oubliées, on sera là et on vous détruira. »

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  • Marcia Burnier fait une entrée fracassante en littérature. Avec Les orageuses, elle imagine une bande de filles décidées à se venger de violeurs. Mais peuvent-elles guérir le mal par le mal?

    Mia souffre. Elle souffre physiquement, un douleur qui s'étend le long de son dos. Elle souffre...
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    Marcia Burnier fait une entrée fracassante en littérature. Avec Les orageuses, elle imagine une bande de filles décidées à se venger de violeurs. Mais peuvent-elles guérir le mal par le mal?

    Mia souffre. Elle souffre physiquement, un douleur qui s'étend le long de son dos. Elle souffre surtout psychiquement, ayant accumulé des expériences traumatisantes fae aux harceleurs. Au fil des ans, en croisant des hommes menaçants, elle a appris à se protéger, comme dans ce train qui l'amène à Grenoble. Alors, elle rabat sa capuche et se recroqueville dans son siège.
    Mais c'est une autre Mia qui débarque du train. Elle retrouve sa bande. Avec Nina, Lila, Inès, Leo et Louise, elle a organisé une expédition punitive. Les meufs vont faire payer cet homme qui a forcé l'une d'elle, tout détruire dans son appartement, taguer les murs, détruire son mobilier, le dépouiller de son ordinateur. Car il faut que la peur change de camp!
    Cette peur qui a paralysé Lucie le soir de ses 28 ans, quand elle avait ramené un mec chez elle. «La tête qu'il avait fait quand elle lui avait demandé de ralentir, les insultes qui avaient commencé à pleuvoir tout d'un coup. Et surtout, la peur qui avait débarqué dans son ventre, quand elle avait compris ce qui allait se passer (...) Elle n'avait rien fait, pas même donné une gifle, et avait attendu que ça passe, quand elle avait compris que les non qu'elle opposait n'avaient plus de valeur, qu'ils étaient comme du silence.»
    La vie de Lucie a basculé cette nuit-là. Elle avait ressenti dans sa propre chair tous les témoignages des jeunes filles qui passent dans son bureau d'assistante sociale et à qui elle dit de porter plainte sans y croire. «Elle a envie de leur dire de se trouver vite une famille, un cercle, parce qu'elles vont être seules face à ça, comme elle l'a été jusqu'à très récemment».
    Ce cercle né un peu au hasard des rencontres, mais auquel elle peut désormais s'accrocher. Et dont elle partage les idées, ayant compris que la justice ne se rend pas au tribunal ou si peu. D'ailleurs Mia, qui assiste régulièrement aux audiences du tribunal correctionnel, tient le registre des affaires bâclées et même des décisions prises contre les victimes. C'est ce qui est arrivé à Leo. Alors, les filles ont décidé de prendre les choses en main et d'agir. Un agent immobilier, un tatoueur, un prof de sciences-po vont recevoir leur visite...
    Marcia Burnier raconte ces expéditions punitives, dit aussi les souffrances des victimes, la forte sororité qui s'installe. Elle dit aussi le fossé entre la justice et les crimes commis. Son roman est un constat douloureux et un cri qu'il faut entendre. Toutes les dénonciations et les prises de conscience, toutes les paroles qui se libèrent ne feront pas bouger des dizaines d'années d'immobilisme. Le constat est aussi cruel que lucide, #meeto a aussi ses limites.
    https://urlz.fr/fior

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  • Un court récit en écho aux actualités féministes, féminicides de notre époque dont la profusion recèle autant de bonnes que de moins bonnes choses.Attachons-nous à ce récit de la croisade plus ou moins pacifique de cette bande de jeunes femmes unie sous la bannière de Mia en réaction à ce que...
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    Un court récit en écho aux actualités féministes, féminicides de notre époque dont la profusion recèle autant de bonnes que de moins bonnes choses.Attachons-nous à ce récit de la croisade plus ou moins pacifique de cette bande de jeunes femmes unie sous la bannière de Mia en réaction à ce que chacune a pu subir comme violences réelles ou ressenties de la part d'hommes divers mais tous volontairement ou non conscients de la gravité de leurs actes. Lassées des lenteurs judiciaires comme de la difficulté d'obtenir justice et réparations autre que pécuniaires ou pénales, Louise, Leo, Mia, Lucie, Nina et Lila définissent une liste de sept hommes dont chacune a subi d'une manière ou d'une autre la violence et des rapports non désirés et mettent en place une expédition punitive pour faire changer la peur de côté.
    141 pages au total où le lecteur découvre les histoires de chacune, leur blessure, leur réaction, les bouleversements qu'elles ont subies et continuent de subir et l'union de ces croisées pour faire changer la terreur de bord. En trouvent-elles pour autant le repos ou une certaine quiétude, pour moi cette question reste entière.
    Oeuvre sensible, c'est une année de la vie de ses femmes que le lecteur suit. L'ensemble se lit facilement, pour moi pas forcément un plaidoyer nouveau, hélas

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