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Les fleurs de l'ombre

Couverture du livre « Les fleurs de l'ombre » de Tatiana De Rosnay aux éditions Robert Laffont/heloise D'ormesson
Résumé:

La romancière Clarissa Katsef quitte son mari à la suite d'une découverte qui l'a profondément bouleversée et peine à trouver un nouveau toit. La chance semble tourner lorsqu'elle est admise, contre toute attente, dans la très convoitée résidence pour artistes CASA. Mais est-ce vraiment une... Voir plus

La romancière Clarissa Katsef quitte son mari à la suite d'une découverte qui l'a profondément bouleversée et peine à trouver un nouveau toit. La chance semble tourner lorsqu'elle est admise, contre toute attente, dans la très convoitée résidence pour artistes CASA. Mais est-ce vraiment une chance ?
Après quelques jours passés dans son superbe appartement, au huitième étage d'un immeuble ultramoderne, elle éprouve un malaise diffus, le sentiment d'être observée en permanence. Ses nuits sont agitées, des traumatismes passés reviennent la hanter.
Qui se cache derrière CASA, projet à visée philanthropique ? Que veut vraiment ce « bienfaiteur » ? Affaiblie par le drame qui a fait imploser son mariage, tenaillée par le doute, Clarissa s'interroge.
A-t-elle raison de se méfier ou cède-t-elle à la paranoïa, victime d'une imagination beaucoup trop fertile ?

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Avis (23)

  • Tatiana De Rosnay a l’art de donner vie à des lieux, en y distillant progressivement une atmosphère subtilement oppressante, jusqu’à en faire un personnage central du récit.

    Dans les Fleurs de l’Ombre, nous suivons Clarissa, romancière fragilisée par une séparation et un deuil impossible qui...
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    Tatiana De Rosnay a l’art de donner vie à des lieux, en y distillant progressivement une atmosphère subtilement oppressante, jusqu’à en faire un personnage central du récit.

    Dans les Fleurs de l’Ombre, nous suivons Clarissa, romancière fragilisée par une séparation et un deuil impossible qui la hante depuis tant d’années, fraichement installée dans sa nouvelle résidence pour artistes, aussi ultra connectée que l’organisation qui la gère est opaque et inquiétante.
    Ultra connectée, ultra sécurisée …jusqu’à bientôt décider et agir pour Clarissa, dans un Paris au futur pas si lointain, touché et meurtri en son cœur par des attentats et suffocant sous des canicules toute aussi meurtrières.
    Trait d’union entre le présent et le passé : la littérature et ces références régulières à Romain Gary et Virginia Woolf, écrivains favoris de Clarissa, qui viennent ponctuer ses souvenirs et humaniser ces lieux aseptisés, via le nom de Mrs Dalloway que Clarissa a donné à l’assistant vocal de son appartement, qui plus que l’assister pourrait finir par l’étouffer…
    Fiction et réalité se mêlent de façon troublante dans ce monde inquiétant et dans lequel l’intelligence artificielle est prête à s’approprier tout de l’espèce humaine. Jusqu’à se substituer à elle, peut-être… ?

    Une lecture dans laquelle je suis immédiatement entrée, happée par l’intensité de l’intrigue et par ces lieux tout aussi inquiétants que fascinants dont j’attendais de percer le mystère au côté de Clarissa. Tellement happée que je suis restée sur ma faim face à une fin qui s’éloigne de ce sujet et m’a laissée quelque peu frustrée. Mais ce serait oublier que le roman aborde bien d’autres sujets que l’arrivée (jusqu’à l’intrusion) des nouvelles technologies dans nos vies, et notamment la complexité des relations humaines, abordée notamment sous un angle auquel on ne s’attendrait pas forcément à trouver sous la plume de Tatiana De Rosnay !

    Une fois de plus, une lecture captivante pour cette atmosphère si particulière comme sait les instaurer Tatiana De Rosnay dans chacun de ses romans, quel qu’en soit le sujet.

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2020/05/les-fleurs-de-lombre-de-tatiana-de.html

    "Des moments comme celui-ci sont des bourgeons sur l'arbre de la vie ; ce sont des fleurs de l'ombre." Virginia Woolf

    L'histoire se déroule dans un futur proche dans un Paris qui a été dévasté pour un...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2020/05/les-fleurs-de-lombre-de-tatiana-de.html

    "Des moments comme celui-ci sont des bourgeons sur l'arbre de la vie ; ce sont des fleurs de l'ombre." Virginia Woolf

    L'histoire se déroule dans un futur proche dans un Paris qui a été dévasté pour un attentat dix ans plus tôt. Dans un monde où les livres prennent de moins en moins de place supplantés par les réseaux sociaux qui ont envahi la vie quotidienne de chacun, un monde bouleversé par le dérèglement climatique où abeilles, oiseaux et fleurs ont disparu.

    La narratrice est une romancière écrivaine franco britannique qui vient de quitter son mari, elle cherche un appartement refuge où elle projette d'écrire son prochain roman simultanément dans les deux langues qu'elle pratique. Elle a choisi le pseudo de Clarissa Katsef en hommage à Virginia Woolf et à Romain Gary, deux auteurs qui l'ont inspirée, qui ont permis à la géomètre qu'elle était d'oser se lancer dans l'écriture. "Romain Gary, Virginia Woolf. Leurs maisons, leur intimité, leurs démons. L'obsession des lieux."
    Elle aménage dans un appartement ultra moderne et connecté, dans la résidence d'artistes CASA située dans un groupe d'immeubles qui n'ont pas d'histoire, tout juste construits sur un des lieux dévastés par un attentat. Les habitants de cet immeuble sont tous triés sur le volet, ce sont des artistes jugés particulièrement prometteurs qui vont pouvoir bénéficier d'un programme d'accompagnement de créativité dans ce lieu... Clarissa a signé avec CASA les yeux fermés... Elle dispose d'un assistant virtuel qu'elle a choisi de nommer Mrs Dalloway à qui elle a confié la plupart des tâches ménagères. Cet assistant virtuel a été programmé avec des données spécifiques la concernant, des données dont elle n'a pas eu connaissance, sa santé est surveillée en permanence par des capteurs spécifiques dans sa salle de bains, des caméras sont installées partout. Rapidement Clarissa se sent mal à l'aise, elle dort mal et ses rêves prennent une tournure inquiétante. Elle sent un œil peser sur elle, elle a l'impression d'être espionnée en permanence. Qui se cache derrière le programme CASA ? Clarissa a-t-elle eu raison de laisser le docteur Dewinter, responsable du programme CASA, avoir accès à la totalité de son intimité ? Les artistes logés dans cette résidence sont-ils des cobayes ? Clarissa sombre- t-elle dans la paranoïa ?

    L'ombre de Virginia Woolf et de Romain Gary plane sur le roman, deux écrivains attachés aux lieux qui ont choisi de se suicider chez eux " au cœur de leur territoire intime", on retrouve en exergue de chaque chapitre des citations extraites de leurs lettres d'adieu. Tatiana de Rosnay a mis beaucoup d'elle-même dans son personnage principal, une romancière, franco-britannique comme elle, qui, comme elle, croit à la mémoire des murs et a mis les lieux au centre de son œuvre. Elle surprend avec cette dystopie située dans un futur proche très crédible, dans un avenir pas si inimaginable que ça tellement il est proche de notre réalité quotidienne. Elle met en scène une écrivaine dans des moments de fragilité, (ses "fleurs de l'ombre") entrainée dans une histoire singulière et inquiétante. Invasion de nos vies par les écrans, intimité violée, dérives de l'intelligence artificielle, sont autant de thèmes sur lesquels Tatiana de Rosnay nous incite à réfléchir sans imposer de réponse.
    La construction est parfaite, mêlant le présent inquiétant et le passé à la découverte des raisons qui ont poussé Clarissa à quitter son mari, le suspense est savamment entretenu tant dans les chapitres sur le présent que dans ceux sur le passé et le dénouement ouvert est particulièrement réussi. Une lecture complètement addictive qui par moments fait étrangement écho à notre actuel confinement...

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  • Comment vivrons-nous dans quelques années lorsque les avancées technologiques auront encore plus investis notre quotidien? Quelle place sera laissée aux émotions et sentiments humains? Quel monde laisserons-nous à nos enfants?
    Autant de questions que Tatiana de Rosnay nous invite à nous poser...
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    Comment vivrons-nous dans quelques années lorsque les avancées technologiques auront encore plus investis notre quotidien? Quelle place sera laissée aux émotions et sentiments humains? Quel monde laisserons-nous à nos enfants?
    Autant de questions que Tatiana de Rosnay nous invite à nous poser dans Les Fleurs de l'ombre. Elle y fait, en effet, l'effort de projeter son personnage (dont on peut se demander s'il n'est pas son avatar) dans un monde futuriste mais pas trop tant ce qu'elle décrit paraît possible dans un future très proche.
    Alors, ça parle de quoi?
    C'est l'histoire de Clarissa Katsef, une écrivaine qui a connu le succès quelques années auparavant et qui vient de quitter son mari après avoir découvert qu'il menait une double vie. Cette rupture la conduit à chercher un nouveau logement dans un Paris mutilé et en partie reconstruit après un terrible attentat. Et quoi de mieux qu'un logement neuf pour écrire une nouvelle page de sa vie et pourquoi pas un nouveau roman? Et justement, Clarissa a l'opportunité de rejoindre une communauté d'artistes au sein d'une résidence rutilante, bon marché contre un programme à suivre. Elle fonce sans réfléchir aux conséquences que le programme aura sur elle et sa vie mais bien vite elle souffre d'être constamment observée et trouve son assistant virtuel envahissant.
    Est elle libre de ses mouvements? A quel point les robots ont-ils pris le contrôle de son existence?
    A l'instar de George Orwell dans 1984, Tatiana de Rosnay nous invite à réinterroger l'humain qui est en nous et à se demander quelle place nous sommes près à laisser aux robots, applications et autres nouvelles technologies qui nous accompagnent déjà au quotidien.
    C'est un roman qui se lit d'une traite et qui aborde des thèmes variés: le deuil périnatal, le divorce, le réchauffement climatique, les avancées technologiques, les relations familiales... Et au milieu de ça l'individu.
    Un roman actuel donc et qui parlera au plus grand nombre.

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  • Paris, dans un avenir proche. Clarissa Katsef, écrivain, a quitté son mari pour des raisons qui seront dévoilées au fil du récit et intègre une résidence d’artistes un peu particulière. Ultramoderne, son appartement au huitième et dernier étage du bâtiment est géré grâce à  l’intelligence...
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    Paris, dans un avenir proche. Clarissa Katsef, écrivain, a quitté son mari pour des raisons qui seront dévoilées au fil du récit et intègre une résidence d’artistes un peu particulière. Ultramoderne, son appartement au huitième et dernier étage du bâtiment est géré grâce à  l’intelligence artificielle qui s’est largement développée et Clarissa bénéficie d’un assistant personnel virtuel qu’elle a malicieusement nommé Mrs Dalloway.

    Au fil du temps, ce lieu qui devait servir de refuge à Clarissa commence pourtant à l’oppresser. Elle s’y sent de plus en plus mal et en révolte contre ce qu’elle ressent comme une intrusion et une volonté de la contrôler. Paranoïa, mal être, dépression, imagination débordante ou réalité d’une manipulation qui ne dit pas son nom ? C’est ce que le lecteur découvre au fur et à mesure du récit. Ou ce qu’il s’attend à découvrir. 

    Tatiana de Rosnay nous transporte dans un futur pas si lointain où les catastrophes météorologiques et écologiques s’enchaînent (canicule, tempête, disparition des abeilles...) et où des villes comme Paris, où se déroule le roman, ont subi des attaques terroristes d’envergure (il ne reste de la Tour Eiffel qu’un profond cratère). L’intelligence artificielle a pris une place considérable et régit à peu près tout. Une base plutôt intéressante, d’autant qu’elle paraît assez réaliste et possible.

    Mais ce n’est clairement pas dans le style de la science fiction ou de la dystopie que Tatiana de Rosnay excelle. Elle n’est jamais aussi à l’aise et accrocheuse que quand elle revient sur des terrains connus (Virginia Woolf, Romain Gary, l’identité et le bilinguisme).
    Pour le reste, j’ai assez vite perdu tout intérêt pour cette résidence sous surveillance en me disant que si c’était aussi insupportable il suffisait à Clarissa de s’en aller puisque après tout elle n’est pas prisonnière et que sa fille ainsi que son ex-mari, Toby, étaient susceptibles de l’accueillir.
    Par ailleurs, plein de début de pistes sont explorées qui n’aboutissent jamais à rien (quid de cette Mia soi disant fan de Clarissa qui prend contact avec elle ? Ou de ce voisin, Jim, qui disparaît sans laisser de traces ? De cette histoire de poudre qui tombe du plafond dans sa tasse à thé ? Ou encore de ce point commun prometteur entre les résidents mis en lumière par la petite fille de Clarissa ?). Sans parler de la conclusion qui laisse clairement le lecteur sur sa faim et sans aucune réponse à toutes les questions qui ont été soulevées au cours du récit. 

    Le tout est sans relief, désincarné, sans émotion. Sauf quand sont abordés les thèmes des écrivains (Woolf et Gary) ou de la perte d’un enfant où on sent poindre un peu de vie dans le récit. 

    Une déception pour moi, car cette auteure a su plus d’une fois me toucher avec d’autres romans. Celui-ci ne restera pas longtemps dans ma mémoire.

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  • Une écriture aisée qui m'a captivée sur tout l'aspect création,écriture et lieux,les évocations de V.Woolf et Romain Gary:comment les lieux influent sur ce que nous vivons,imaginons.Mais me suis languie le reste du temps dans ce futur(pas si lointain)où l'intelligence artificielle prédomine!
    Un...
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    Une écriture aisée qui m'a captivée sur tout l'aspect création,écriture et lieux,les évocations de V.Woolf et Romain Gary:comment les lieux influent sur ce que nous vivons,imaginons.Mais me suis languie le reste du temps dans ce futur(pas si lointain)où l'intelligence artificielle prédomine!
    Un agréable moment de lecture,sans plus!

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  • Clarissa Katsef vient de quitter son mari après avoir découvert qu'il avait une double vie. Elle en a l'habitude mais cette fois, il semblerait que ce soit plus grave, puisqu'elle décide de faire ses valises illico presto et se met à la recherche d'un appartement. Lors d'une réception, quelqu'un...
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    Clarissa Katsef vient de quitter son mari après avoir découvert qu'il avait une double vie. Elle en a l'habitude mais cette fois, il semblerait que ce soit plus grave, puisqu'elle décide de faire ses valises illico presto et se met à la recherche d'un appartement. Lors d'une réception, quelqu'un lui parle d'une résidence flambant neuve réservée aux artistes. Étant elle-même écrivain, elle tente sa chance et après un « interrogatoire orienté » sa candidature est acceptée alors qu'elle n'y croyait guère.
    Il faut dire que nous sommes dans un pays dévasté par des attentats commis par des drones, alors que les jeux olympiques de 2024 allaient commencer. Des immeubles, ont été éventrés ainsi que la tour Eiffel qui est toujours en chantier. La résidence CASA a été construite sur une zone particulièrement touchée et le but est de faire revenir les gens, dans des conditions de surveillance extrêmes : tout est verrouillé, tenu par des robots et autres joyeusetés : on ouvre la porte avec son empreinte oculaire, dans la salle de bain, sur le miroir, une plaque où Clarissa doit poser sa main tous les jours pour évaluer son état de santé, et cerise sur le gâteau, une « voix » (le style des voix d'un GPS mais cent fois plus sophistiquée car paramétrée après un interrogatoire non moins rigoureux.
    Passionnée par Romain Gary et Virginia Woolf, Clarissa a visité leurs maisons car elle est attirée par les lieux et leur mémoire ainsi que leur influence sur ceux qui les occupent, surtout quand il s'agit d'écrivains qui ont choisi d'y mettre fin à leurs jours.
    En hommage, elle a choisi comme pseudonyme le nom de Clarissa Katsev et appelé son robot Mrs Dalloway.
    « Elle avait hésité au début entre Mrs Danvers et Mrs Dalloway, avant que sa vénération pour Virginia Woolf ne prenne le dessus. »
    Très vite, elle se sent mal dans cet appartement luxueux mais déshumanisé, avec l'impression d'être épiée en permanence, et finit pas dépérir. Il y a des disparitions mystérieuses, des bruits inexpliqués, une psy férue d'informatique qui joue les garde-chiourmes, big brother n'est pas loin…
    En fait, je n'avais pas tellement envie de lire ce roman car les chroniques ne semblaient guère enthousiastes et surtout ce thème me fait peur (la surveillance via les e-mails les applications, l'intelligence artificielle, les réseaux sociaux et leurs dérives ne m'inspirent que méfiance et cette lecture ne va arranger ma confiance. Mais, je voulais me faire ma propre opinion, et les romans que j'ai lus pendant le confinement sont assez éloignés de ce qui me plaît d'habitude.
    Cette uchronie tient la route, et au passage tient plutôt en haleine et on a envie de savoir le fin mot de l'histoire : délire ou réalité ? et Clarissa empêtrée dans ses mariages, ses relations familiales compliquées et ceux qui doutent de sa santé mentale, c'est plutôt amusant.
    En fait, je me suis beaucoup plus intéressée à tout ce qui concerne Virginia Woolf et Romain Gary que j'aime beaucoup, leurs citations servant de trame au récit, les relations familiales complexes de Clarissa, le deuil qu'elle a subi, ses mariages, et surtout son bilinguisme et la manière dont Tatiana de Rosnay a construit son intrigue sur ce thème, ainsi que les allusions au Brexit, à l'Europe qui se décompose, au dérèglement climatique qui a fait disparaître les plages, les canicules, bref ce qui nous attend si on continue « à regarder ailleurs pendant que la maison brûle ».
    Le miel qui coûte aussi cher que le caviar car introuvable, ou encore les fleurs qui sont toutes artificielles car la végétation a tiré sa révérence, même les arbres sont synthétiques, cela fait froid dans le dos…
    Petit bémol : j'avoue une certaine ambivalence comme je l'ai dit, car l'auteure accorde beaucoup de place aux derniers moments de ces deux auteurs qu'elle aime, au détriment de l'histoire en elle-même, (je me suis rendue compte que j'ai surtout souligné essentiellement leurs citations !) et cela ne suffit pas pour emporter le lecteur, par contre, cela donne envie de lire les biographies qui leur sont consacrées.
    Dans l'ensemble, ce roman m'a quand même plu, même si l'intrigue me laisse sur ma faim, il m'a surtout donné une furieuse envie de commencer enfin à lire l'oeuvre de Virginia Woolf que je remets depuis des années au lendemain (la procrastination est très difficile à soigner chez moi !) et je ne sais pas si c'était le but de l'auteure… J'ai l'impression de tourner en rond en rédigeant cette chronique, j'en suis désolée…
    Il y a longtemps que je n'avais pas lu un roman de Tatiana de Rosnay, depuis « Elle s'appelait Sarah » en fait, car il y avait toujours une certaine frustration, je trouvais les sujets trop « faciles » avec parfois une impression de romance qui me laissait sur ma faim, donc je n'en ai pas lu beaucoup…
    Un grand merci à NetGalley et aux éditions Robert Laffont qui m'ont permis de découvrir ce roman qui tranche complètement avec les livres précédents de Tatiana de Rosnay.
    #LesFleursdelombre #NetGalleyFrance
    Lien : https://leslivresdeve.wordpr..

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  • On se laisse complètement "embarquer" par cette dystopie dont on espère qu'elle ne trouvera pas écho dans la réalité, et le lecteur retrouve comme toujours l’écriture de Tatiana de Rosnay, juste et descriptive et qui petit à petit exacerbe notre regard sur la société. Clarissa Katsef est une...
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    On se laisse complètement "embarquer" par cette dystopie dont on espère qu'elle ne trouvera pas écho dans la réalité, et le lecteur retrouve comme toujours l’écriture de Tatiana de Rosnay, juste et descriptive et qui petit à petit exacerbe notre regard sur la société. Clarissa Katsef est une autrice franco-britannique parisienne déjà grand-mère, et alors qu’elle échappe brusquement à son mariage elle cherche sans grand succès un appartement pour ce qu’elle envisage comme sa nouvelle vie.

    Un peu par hasard, elle tombe sur un nouveau programme immobilier tout proche de l’ancienne tour métallique si chère aux touristes du monde entier, qui a disparue comme une partie du quartier dans la série d’attentat qui a bouleversé la planète. Cette résidence, le programme CASA, semble attrayant : un bâtiment neuf, un loyer abordable pour un appartement inaccessible aux 95% des français les moins aisés, une résidence composée d’artistes triés sur le volet, et entièrement gérée par un assistant virtuel, l’avenir de la domotique.

    Il y a pourtant bien quelque chose qui chagrine Clarissa, une impression assez floue, diffuse, celle d’être épiée en permanence et d’être comme le cobaye d’une expérience scientifique. Quand elle en parle autour d’elle, on sourit poliment, on s’inquiète pour son sommeil, voire même on la prend carrément pour folle. L’avenir lui donnera-t-il raison ?

    C’est un roman intriguant car raconté d’une seule voix, qui se déroule dans un Paris meurtri, subissant également le dérèglement climatique et même parfois confiné, surveillé par des drones, ce qui n’est pas sans trouver un écho particulier à l’actualité. Il y a ce rapport intriguant aux lieux, cette société auscultée dans la façon dont elle a évolué, ce monde d’aujourd’hui qui ne sera plus jamais le même qu’hier, ces rapports amoureux qui s’effritent et parfois se renforcent. Une agréable lecture teintée de mystère qui permet de réfléchir aussi au monde d’aujourd’hui.
    #NetgalleyFrance #Lesfleursdelombre

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  • «Plusieurs années après les attentats, se souvint Clarissa, durant une période d’accalmie à la fois inespérée et inquiétante, qui avait coïncidé avec la dislocation de l’Europe et la lente agonie des abeilles, de terribles images s’étaient propagées avec la force d’une épidémie: des citoyens...
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    «Plusieurs années après les attentats, se souvint Clarissa, durant une période d’accalmie à la fois inespérée et inquiétante, qui avait coïncidé avec la dislocation de l’Europe et la lente agonie des abeilles, de terribles images s’étaient propagées avec la force d’une épidémie: des citoyens ordinaires incapables de supporter la cruauté du monde mettaient fin à leurs jours en direct sur les réseaux sociaux. Des individus de tous âges, de tous milieux, de toutes nationalités postaient la vidéo de leur suicide. C’était un défilé frénétique, une téléréalité atroce, qui dépassait l’entendement.» Le nouveau roman de Tatiana de Rosnay est passionnant, même s'il n'est guère optimiste.

    Clarisse Karsef vient de se séparer de son mari et cherche un appartement où elle pourra poursuivre dans la quiétude son travail de romancière. Lors d'une rencontre en librairie un architecte lui propose de s'inscrire pour obtenir une place dans une nouvelle résidence destinée aux artistes. Baptisée CASA (Centre adaptatif de synergie artistique) ce programme immobilier a la particularité de disposer de toutes les avancées en matière de domotique. Le dossier de Clarissa est finalement acceptée après un entretien d’évaluation suivi d’une batterie de questions destinées à paramétrer au mieux les capteurs et autres outils mis à sa disposition.
    Lors de son emménagement, on lui propose de choisir le nom et la voix de son assistant personnel. En hommage à Virginia Woolf, dont elle admire l'œuvre, elle opte pour Mrs Dalloway. Dorénavant, elle conversera avec cette voix qui lui lira ses courriels, règlera la température, s'assurera de son confort, vérifiera qu’elle a bien transmis ses paramètres de santé grâce aux appareils installés dans sa salle de bain.
    Si elle vit d'abord cette «présence» comme un jeu, elle ne va pas tarder à s'en inquiéter. Car justement, elle sent cette présence, comme du reste son chat dont le comportement se fait de plus en plus méfiant. Sans compter que de la tour d'en face, il lui semble bien qu'on l'observe (un petit jeu auquel elle se livre aussi d'ailleurs, découvrant ainsi des scènes à la Edward Hopper à travers les fenêtres des immeubles opposés. Elle qui pensait avoir trouvé là un havre de paix pour y poursuivre son travail de romancière se retrouve en panne sèche, incapable de se concentrer et insomniaque.
    Son père, quasi centenaire, essaie bien de lui remonter le moral depuis Londres où il est installé, alors que Jordan, sa fille la prend plutôt pour une affabulatrice. Heureusement, elle va pouvoir compter sur sa petite fille Andy qui, en rendant visite à sa grand-mère, se rend elle aussi compte de quelques bizarreries et décide d’en avoir le cœur net.
    Tatiana de Rosnay parvient parfaitement à rendre compte de l’évolution psychologique de son personnage. Quand le verre à moitié plein devient le verre à moitié vide, quand chaque petit détail devient un indice à charge. Pourquoi tous les artistes sont-ils, comme elle, parfaitement bilingues? Pourquoi son voisin, qui a émis lui aussi des critiques, a-t-il disparu d’un jour à l’autre? Et la charmante Mia White, l’admiratrice qu’elle a accepté de rencontrer, ne serait-elle pas chargée de l’espionner? Dans un Paris encore traumatisé par les attentats – notamment celui qui a fait exploser la tour Eiffel – et qui souffre régulièrement de canicules étouffantes, l’angoisse grimpe comme la température…
    Mise en garde contre les dérives de l’intelligence artificielle, ce roman qui dépeint une période anxiogène durant laquelle l’Europe se disloque, les abeilles disparaissent, la France est dirigée par une femme populiste, un Brexit dur accroit le fossé de part et d’autre de la Manche, les libraires sont une sorte de secte qui défendent un objet désuet, le livre est aussi un appel à réagir. Sans en dévoiler l’épilogue, on se concentrera sur l’aspiration à la liberté qui reste une arme redoutable, y compris contre les intelligences artificielles.
    https://urlz.fr/drln

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