Le jour d'avant

Couverture du livre « Le jour d'avant » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset Et Fasquelle

4.611111111

18 notes

Résumé:

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J'allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J'allais punir les Houillères, et tous... Voir plus

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J'allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J'allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n'avaient jamais payé pour leurs crimes.

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  • 0.25

    Le Jour d’avant signe ma première rencontre avec Sorj Chalandon et sûrement pas la dernière, car cette lecture m’a bouleversée.

    Dans ce roman, l’auteur nous conte l’histoire de deux frères, Michel et Joseph, qui vont être touchés par la terrible tragédie de la fosse de Liévin qui a coûté la vie à 42 mineurs le 27 décembre 1974.

    Quarante plus tard, Michel est toujours hanté par la disparition de son frère. Il n’a qu’une idée en tête : faire payer les responsables de ce drame qui aurait pu être évité.

    La plume percutante de Sorj Chalandon nous restitue avec une grande justesse toute l’atmosphère de cette époque et de cette ville minière typique du nord de la France.

    Une histoire de vengeance, de culpabilité et de mensonges mais aussi un roman sur la fraternité empreint de chagrin et de colère. L’auteur explore avec brio l’âme humaine par le biais de ce récit prenant, sombre et plein de surprises.

    A travers cette bouleversante histoire de vengeance, Sorj Chalandon rend un vibrant hommage aux 42 mineurs morts dans la fosse de Liévin. Un roman magistral, poignant et captivant.

  • 0.25

    Depuis « Mon traître », je suis devenu un adepte de Sorj Chalandon. J’ai lu quatre de ses livres qui m’ont tous enthousiasmé. Avec une plume minimaliste, cet écrivain sait parfaitement retranscrire les émotions des personnages et m’entraîne à chaque fois dans son univers au plus près des sentiments. Pour ce nouvel ouvrage, il s’est intéressé à une catastrophe oubliée.

    J’ai vraiment été emballé par la première partie du roman. Même si les drames autour du narrateur se cumulent et l’addition des morts asphyxie un peu le lecteur, c’est dans ces 200 premières pages que le talent incomparable de Sorj Chalandon fait le plus merveille. Avec son style toujours épuré, il entre au centre du drame, dans l’esprit d’une victime collatérale de l’accident. En empathie totale, on éprouve tous les souvenirs du narrateur et on comprend son ressentiment. On vit ses épreuves et on veut être à ses côtés pour venger son frère.

    A cet instant de l’histoire, un évènement (assez surprenant) va chambouler nos convictions et le livre va alors basculer dans une dernière tranche tout à fait différente. Elle se passe au tribunal où l’acteur principal va être jugé pour ses actes. Cette accusation va permettre de placer le débat au-dessus de ce simple forfait et de mettre en exergue le drame humain dans sa globalité. J’ai trouvé ce troisième tiers moins émotionnel, plus bavard et finalement plus stérile dans son discours. L’auteur cherche à rendre justice aux défunts mais n’obtient pas vraiment l’effet escompté. Dans cette procédure judiciaire, les discussions tournent un peu en rond, on perd un soupçon d’intérêt. Mais ce n’est qu’un petit bémol et ça n’endommage en rien le rendu global.

    A l’instar de ses précédentes productions, Sorj Chalandon s’attaque à un thème assez dur. Nos émotions sont mises à rudes épreuves et j’en ressors comme toujours emballé. L’auteur a su me transporter à une période et dans un monde que je n’ai pas connu. Avec des phrases courtes mais percutantes, il m’a immergé dans l’atmosphère étouffante et meurtrière des mines de charbon, pour apporter un témoignage fort sur les conditions de travail de l’époque et rendre hommage aux oubliés de cette tragédie. Encore un livre qui compte !

  • 0.25

    Un coup de coeur !

    Particulièrement touchée par cette histoire, j'habite près de Lens et mon grand père était mineur, ce livre rend un très bel hommage à ma région et surtout à ces hommes fiers et forts.

    Michel ,après la mort de sa femme, se retrouve seul et décide d'accomplir sa vengeance. En effet en 1974 la mine a tué son frère...

    Il retourne donc dans sa région d'origine qu'il avait quitté suite au drame qui avait coûté la vie à son frère mais aussi un an plus tard à son père et cherche les responsables du drame de la fosse 3 , 3 bis de 1974.

    Il y avait eu un procès à l'époque mais aucun responsable n'avait payé. Seul au monde, n'ayant plus rien à perdre Michel revit le drame et nous aussi par la même occasion ...

    Je ne vous en direz pas plus pour ne pas vous gâcher la lecture mais sachez que c'est plus qu'une histoire de vengeance, il y a des retournements de situation , de l'histoire et beaucoup d'émotions...

    Je dirais juste un grand merci à l'auteur qui a su restituer l'ambiance et le caractère de ces hommes formidables et leur rendre un grand hommage avec son style simple et en même temps fort comme ses héros.

    Je vous recommande vivement la lecture de ce livre qui est pour moi l'un de mes gros coups de coeur de l'année.

  • 0.25

    "Notre pays parlait de terre et de charbon", et Joseph, le fils aîné, le grand frère, choisira de descendre à la mine. Mais le 27 décembre 1974, c'est la catastrophe et 42 personnes trouvent la mort au fond.
    Alors, "le beau rire du grand frère" se transforme en requiem, et Michel le petit frère n'aura de cesse 40 ans durant de nourrir se colère, de préparer sa vengeance. Il veut punir les responsables, ceux qui n'ont pas été inquiétés, sous les traits d'un ancien porion.
    Une vie construite sur un deuil impossible, la grande histoire du bassin minier mêlée à un destin particulier.
    Ce roman puissant, à l'écriture magnifique, parle de filiation, de lien fraternel, de culpabilité. Il rend un hommage vibrant aux gueules noires, fières et nobles, malgré leurs conditions de travail terrifiantes.
    Vivant sur ces territoires, mon émotion a donc été tout particulièrement intense, les Mines faisant forcément partie, de manière plus ou moins directe, de notre héritage... J'ai refermé ce livre le souffle court et les larmes aux yeux, avec l'envie de questionner ceux qui ont encore la mémoire du temps des Houillères...

  • 0.25

    " Ne fait jamais d'enfant, Michel, s'il te plait. C'est trop de souffrances. "



    1974, Liévin, Joseph dit Jojo a vingt ans, Michel son frère, le narrateur vient d’avoir 6 ans. Ici on parle de terre et de charbon. Ici le Charbon est partout, au coin des yeux des mineurs, dans leurs poumons. La poussière de charbon recouvre tout, il faut laver les salades cinq fois et même les pigeons sont recouverts de suie. le père espère que Jojo reprendra la ferme mais il craint que la mine ne l’enlève. Joseph se rêve coureur automobile, mais le père a raison, comme tous les gars d’ici, la mine va finir par le dévorer. La mine se gave d’hommes et elle a toujours faim.

    Un histoire où l’assassin est connu il se nomme grisou et ses complices sont l’argent, le profit les économies sur la sécurité et le rendement. Une quête pour savoir ce qui s’est passé dans la fosse ce jour-là. Pour venger sa famille comme son père le lui a écrit, pour combattre le mépris des vivants . Hanté par la mort de son frère, Michel dont la mine ronge le sang, rassemble dans son garage divers objets, comme dans un musée, un mémorial. Une histoire de haine, de colère, de vengeance et de folie , quarante ans, une vie entière à attendre de rendre justice

    Hommage à un peuple de simples gens qui fouillent la terre pour éclairer le pays, chauffer les familles, goudronner les routes. Hommage aux pauvres bougres restés par le fond. Ici personne ne gronde même pas les chiens, la colère et le désarroi sont faits de silence. Hommage aux mineurs qui la retraite venue passent d’une fosse à une autre.

    Sorj Chalandon sait nous émouvoir avec ce récit d’un homme qui construit sa vie sur un mensonge et qui commet un crime pour en payer un autre. Les quelques pages où Michel accompagne Cécile, sa femme, en fin de vie sont absolument magnifiques, Michel qui s’efforce d’être un aidant à vivre et non pas un aidant à mourir, quelle émotion !

    Sorj Chalandon sait nous surprendre avec le rebondissement inattendu du jour d’avant la catastrophe, là où tout commence, le grand drame va effacer le petit, désormais Michel va tout faire pour inscrire son drame personnel dans la mémoire collective. La prison, le juge d’instruction, les experts, l’avocate, une même douleur qui unit l’accusé et la victime, une victime qui demande pardon, nous sommes au cœur de cette tragédie.

    Première lecture d’un roman de la rentrée littéraire et premier coup de cœur. Quel plaisir de retrouver l’écriture si limpide de Sorj Chalandon faite de courtes phrases et remplie d’humanité. Une écriture toute simple mais qui nous fait ressentir toutes les émotions.

  • 0.25

    Un texte très émouvant à de nombreux moments de l'histoire, une histoire qui s'avère surprenante, et un véritable plaidoyer pour les mineurs, ces martyrs de la terre.
    J'ai adoré cette histoire, j'ai compati à la douleur de Michel,Je me suis laissée emportée comme tous par sa culpabilité.
    J'ai apprécié l'image que Sorj Chalandon a donné de la justice : expliquant le rôle de chaque acteur d'un procès, et redonnant de l'humanité à l'avocate notamment très compréhensive voire instinctive.Et je m'interroge encore sur la responsabilité de Michel, des mines...
    J'ai adoré aussi le respect pour ces métiers et ces vies oubliés, et pour cette région . Un texte encore sublime et engagé. Superbe !

  • 0.25

    Entrer dans un roman de Sorj Chalandon est pour moi l’assurance d’être touchée au cœur, tant il a le talent de déployer des histoires passionnantes servies par une écriture magistrale.
    Dans ce dernier opus l’auteur aborde un sujet dramatique, la catastrophe de la mine de Liéven qui en 1974 fit 42 victimes.
    A mi-chemin entre une reconstitution fidèle et une fiction, ce roman est surtout l’histoire de Michel Flavent que nous découvrons adolescent au moment des faits, hanté par la mort de Joseph, son frère « tué par la mine ».
    Il n’aura de cesse de le venger afin de répondre aux vœux de son père qui lui a laissé quelques mots avant de se suicider : « Venge-nous de la mine ».

    Ce texte écrit à la première personne nous emporte dans les pensées de Michel et se révèle d’une grande finesse psychologique.

    Sorj Chalandon décrit la rudesse du métier de mineur, leur fierté à l’exercer, malgré la peur quasi quotidienne de descendre au fond du puits.
    Cette histoire de vengeance m’a tenu en haleine jusqu’au dénouement. J’ai eu souvent les larmes au bord des yeux.
    Un énorme coup de cœur.

  • 0.25

    Encore un roman de cette rentrée littéraire de septembre 2017 : "Le jour d'avant" de Sorj CHALANDON.

    De cet auteur, j'avais lu "Le quatrième mur", couronné par le Prix Goncourt des Lycéens en 2013. Je me souviens avoir été profondément touchée par la puissance émotionnelle du livre, et bien, je viens de renouveler l'expérience. Je sors complètement "sonnée" de ce roman, c'est une claque magistrale que nous donne l'auteur sur la base d'un fait historique, méconnu mais ô combien révélateur de la vie de toute une partie de la population française.

    Le 27 décembre 1974, 42 mineurs périssent dans la fosse 3 bis de Saint Amé de Liévin. Nous sommes dans le bassin houiller du Nord Pas de Calais. Joseph aurait dû assurer la relève de ses parents à la ferme mais il a été attiré comme les jeunes du village par la mine, cet univers industriel qui donnait du travail aux hommes, jeunes et moins jeunes, au péril de leur vie. Ceux qui ne mouraient pas d'un coup de grisou ne vivraient pas vieux, les poumons altérés par la poussière de charbon qui s'infiltrait partout, dans les tissus des vêtements comme dans les pores de la peau. Joseph était fier de son matricule 1916, de cette reconnaissance que lui offrait la mine. Il avait l'habitude de dire "C'est comme ça la vie", surtout quand il vivait des moments de grande complicité avec son frère, le narrateur, tous deux invincibles sur leur mobylette, le grand confiant le guidon au plus jeune de 16 ans. Ils en ont fait des tours, épris d'insouciance qu'ils étaient, comme la veille de l'accident.

    Sorj CHALANDON décrit avec beaucoup de minutie l'univers de la mine et la vie les familles rythmée par l'activité de la fosse, les femmes préparant la gamelle, les hommes saluant les enfants comme s'ils se voyaient pour la dernière fois, le changement de vêtements à l'arrivée sur place, la descente à la mine, la remontée avec la relève des "pendus", les douches communes pour enlever le plus gros du charbon qui restait collé au corps des hommes, et puis l'offrande du pain d'alouette, le quignon de pain qui ayant accompagné le mineur pendant sa journée et remis au bambin resté dans la rue pour signaler aux voisins le retour du père ou du frère, ce soir encore. J'ai été touchée par la description des conditions de vie de ces ouvriers qui ont marqué une page de l'Histoire de la France. Par le passé, les corons avaient été honorés par Pierre BACHELET dans une chanson, ils le sont aujourd'hui par Sorj CHALANDON dans un roman.

    Mais l'auteur va beaucoup plus loin, il revient sur un fait historique qui a laissé une empreinte à jamais dans le coeur des familles endeuillées ou meurtries par les blessures des mineurs descendus à la fosse 3 bis ce 27 décembre. C'était la reprise de l'activité de la mine après quelques jours de repos passé en famille à fêter Noël. Sorj CHALANDON tient un discours militant dans ce livre, il rend justice à des hommes victimes de l'absence de précautions suffisantes pour assurer leur sécurité. Cet événement aurait pu être évité et la vie de ces 42 hommes préservée. Il en assure la mémoire.

    L'écrivain explore longuement la souffrance des familles, la peine des victimes collatérales de la mine avec le personnage du narrateur, le frère de Joseph, humainement très affecté par le décès de son frère. Toute son existence en sera marquée, il donnera un tournant à sa vie et partira pour la capitale pour devenir mécanicien, hanté par les fantômes des mineurs ayant péri ce 27 décembre. Il essaiera bien de construire sa vie mais sera malheureux en famille, accompagnant sa femme, malade, jusque dans les derniers instants.

    Sorj CHALANDON cherche la voie de la résilience pour un homme dont la vie est enkystée par le malheur et la présence de la mine.

    Mais ce qui m'a bouleversée le plus, c'est cette petite bombe lâchée par l'écrivain et dont la déflagration résonne comme l'explosion produite ce 27 décembre 1974. Il va générer un véritable séisme dont les secousses vont largement impacter la nation toute entière. Sorg CHALANDON a un talent fou, il assure un tour de force d'une puissance extraordinaire, chapeau bas.

    Assurément, cette lecture qui s'inscrit dans le challenge 1% rentrée littéraire de Délivrer les livres est une lecture coup de poing, de celles qui envahissent votre mémoire et y laissent leur empreinte à jamais.

    http://tlivrestarts.over-blog.com/2017/08/le-jour-d-avant-de-sorj-chalandon.html

  • 0.25

    Livre coup de coeur. Livre coup de poing. Livre coup de gueule, cri de rage.

    Rage que Sorj Chalandon a en lui depuis très longtemps. Il est jeune journaliste à "Libération" lorsque le 27 décembre 1974 éclate la catastrophe minière de Lens-Liévin. 42 mineurs y trouvent injustement la mort.

    Non ce n'est pas la fatalité, cela aurait pu être évité. Non, ce n'est pas normal pour un mineur de finir ainsi au fond du trou. Non, ces travailleurs et la profession n'ont pas reçu l'hommage et la reconnaissance nationale qu'ils auraient dû avoir.

    Alors resté tapie au fond de lui, cette colère gronde et pour la première fois l'auteur nous livre un récit qui sort de l'autobiographie.

    Comment nous parler de ce drame ? En créant le personnage de Michel Flavent, le frère du mineur. Michel et son frère Jojo sont des enfants de paysans et le Nord c'est aussi cela le combat entre la terre du dessus (les paysans) et la terre du dessous (les mines). Leur père espère qu'ils reprendront l'activité agricole mais au village, au bistrot en particulier il y a les "rabatteurs", qui dénigrent la profession liée à la terre et font miroiter que la mine, elle, chauffe les foyers, bitume les routes, apporte la richesse à la nation, les mineurs de la mine sont utiles... et ils enrôlent les jeunes.
    Jojo a 20 ans lorsqu'il devient mineur, il devient la fierté de son frère Michel qui il faut bien l'avouer sans cet accident l'aurait suivi dans le fond.

    Le 27/12/1974 cela faisait cinq jours que l'on n'était plus descendu dans la mine, on aurait pu éviter cette tragédie mais au nom de la rentabilité et des économies, on n'avait pas pris les mesures de sécurité de base nécessaires : pas d'arrosage du fond, pas de dégrisoutage, de ventilation correcte, à quoi bon, le filon était en fin d'exploitation...

    Michel ne se remettra pas de la catastrophe et de la mort de Jojo et de son père. Il vouera à la mine et au mineur une ferveur, une dévotion mais aussi une grande envie de vengeance. Il retournera au pays quarante ans après la catastrophe...

    Michel à travers la plume de Chalandon nous réservera quelques surprises : trahison, mensonges, besoin de vérité, de vengeance...

    Un récit captivant, bouleversant. un roman truffé de fausses pistes, de rebondissements. Un personnage trouble celui de Michel qui fait de son drame personnel le procès de la mine.

    L'écriture de Chalandon est comme toujours percutante. Des phrases courtes allant droit au but, à l'essentiel. C'est bouleversant, touchant. Il cerne comme toujours ses protagonistes avec beaucoup de psychologie. La plume est tout en justesse, magnifique remplie d'une belle humanité.

    C'est pour moi un incontournable de la rentrée.

    Un gros coup de coeur. ♥


    Les jolies phrases

    Un mineur aujourd'hui, c'est un mécanicien, a répondu l'aîné. C'est Germinal robotisé, a rigolé son copain en nous ouvrant la porte.

    Elle se gavait d'hommes la mine. Elle avait faim de nous. Jamais elle ne nous laisserait en repos.

    Eux fouillaient la terre pour éclairer le pays, chauffer les familles, produire le ciment, le béton, goudronner nos routes.

    Ne fais jamais d'enfant, Michel. S'il te plaît. C'est trop de souffrances.

    Blessé, c'est un mot triste pour dire qu'il est vivant.

    Il a commis un crime pour en payer un autre.

    Au nom du rendement, nous demandions aux hommes de faire plus que ce qu'ils pouvaient.

    La prison n'est pas une halte, c'est le bout du chemin. Le mur de briques au fond de l'impasse. L'antichambre du sépulcre.

    Le chef du siège 19, lui , a été condamné à 10 000 francs d'amende et 1 000 francs de dommages et intérêts, versés à trois syndicats. "42 morts = 10 000 francs. Une ligne dans un bilan comptable"


    Je n'ai pas relu les 42 noms. Je les connaissais depuis ma jeunesse, appris par coeur comme les lettres de l'alphabet. Celui de Jojo n'était pas dans la pierre, rejeté par les Houillères et par la mémoire. Mort trop tard pour être des martyrs. Mort trop loin pour être célébré. Mort entre deux draps pas entre deux veines. Mort en malade de la ville, pas en victime du fond.


    J'ai raconté son enterrement de rien. Trop tard pour les honneurs, trop seul pour l'Histoire. Inconnu au bataillon des braves. Ni sur les plaques de cuivre, ni dans les coeurs de pierre. J'ai raconté sa veuve, crachée par les vivants. Ma jeunesse sans Jojo. La mort de mon père. Sa fin de paysan. Sa lettre . "Venge-nous de la mine."

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/09/le-jour-davant-sorj-chalandon.html

  • 0.25

    Sorj fait parti de mes auteurs incontournables. Après ses derniers livres où il a tant mis de lui, Je me demandais se qu'il aurait encore à nous dire.« Venge-nous de la mine »
    Encore une fois dès les premières pages parues dans le "magazine lire " je me suis fait happer par le style !
    Au départ, il s'agit d'une histoire vraie, 42 mineurs morts dans la fosses St-andré de Liévin-Lens... Et l'histoire devient fiction, comme il sait bien le faire Sorj Chalandon distille subtilement les émotions, accroche le lecteur, déroule le fil au point de croire à un récit.
    La dernière page n'est par encore tournée, mais je sais déjà que je ne suis pas au bout de mes surprises !

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