Sorj Chalandon

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Après trente-quatre ans à Libération, Sorj Chalandon est aujourd’hui journaliste au Canard enchaîné. Ancien grand reporter, prix Albert-Londres (1988), il est aussi l’auteur de six romans, tous parus chez Grasset. Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006 – prix Médicis), Mon traître (2008), La L...

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Après trente-quatre ans à Libération, Sorj Chalandon est aujourd’hui journaliste au Canard enchaîné. Ancien grand reporter, prix Albert-Londres (1988), il est aussi l’auteur de six romans, tous parus chez Grasset. Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006 – prix Médicis), Mon traître (2008), La Légende de nos pères (2009), Retour à Killybegs (2011 – Grand Prix du roman de l’Académie française), Le Quatrième Mur (2013 – prix Goncourt des lycéens).




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Articles en lien avec Sorj Chalandon (5)

Avis sur cet auteur (226)

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    Couverture du livre « Profession du père » de Sorj Chalandon aux éditions Lgf

    MaríadelToboso sur Profession du père de Sorj Chalandon

    J'ai adoré cette histoire intense et douloureuse. J'ai beaucoup aimé le style de M. Chalandon.

    J'ai adoré cette histoire intense et douloureuse. J'ai beaucoup aimé le style de M. Chalandon.

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    Couverture du livre « Profession du père » de Sorj Chalandon aux éditions Lgf

    Chantal Lafon sur Profession du père de Sorj Chalandon

    Je termine l’année avec un livre totalement bouleversant.
    Le père de Sorj est en filigrane dans ses romans précédents, dans celui-ci il en est le « héros ». Un rôle qui lui va à merveille, lui, l’homme aux mille histoires, plus folles les unes que les autres.
    Un homme qui pour vivre à sa...
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    Je termine l’année avec un livre totalement bouleversant.
    Le père de Sorj est en filigrane dans ses romans précédents, dans celui-ci il en est le « héros ». Un rôle qui lui va à merveille, lui, l’homme aux mille histoires, plus folles les unes que les autres.
    Un homme qui pour vivre à sa hauteur, celle de son importance, de son omnipotence a fait table rase de la vie. Une vie trop ordinaire pour lui qui ne franchira jamais le seuil de leur porte. Une vie en vase clos pour mieux asseoir son autorité, son pouvoir, facile face à une femme effacée et à un fils qui ne voudrait que lui plaire.
    Ce fils qui est le punching-ball des désillusions du père…
    Un mythomane qui n’a jamais le bon costume dans la vie car il n’est pas reconnu. La preuve, chaque année le gamin ne sait pas quoi inscrire dans la case profession du père, jusqu’au jour où dans un souffle la mère finit par soumettre un « sans » presque salvateur. Car oui ce père a brillé dans mille et une fonctions et comme il est trop gentil, on lui a tout volé, ses idées, ses brillantes actions, etc.
    L’auteur, avec la délicatesse qui le caractérise, nous conte la violence ordinaire.
    Cette simple phrase dit tout : « Tu me dégoûtes, avait vomi mon père un jour de mauvaises notes. »
    L’enfant extériorise par des crises d’asthme auxquelles tout le monde s’habitue.
    La mère, elle, préfère nier la situation jusqu’à l’ultime moment :
    « – Vous voulez dire que votre mari n’a jamais été suivi pour des problèmes de comportement ?
    – Ah ! mais non ! Jamais, jamais, a répliqué ma mère avec fierté.
    – […] Et c’est quoi cette histoire ? Tu étais malheureux quand tu étais enfant ? »

    C’est un livre sombre et lumineux, un oxymore de 316 pages.
    Si l’auteur nous raconte la violence il livre surtout le désarroi et l’incompréhension de ne pas avoir été un enfant protégé par sa mère. Une mère porte son enfant, elle l’élève, le protège, en principe.
    Cet enfant s’est bâti contre cette violence, il s’est érigé contre cette indifférence pour devenir l’homme qu’il est, non un survivant, mais un « vivant ».
    Devant le cercueil de ce père que peut-il ressentir ? Il s’y trouve seul avec sa mère, cette complice de son malheur par son aveuglement, par sa façon de détourner les yeux, de laisser toujours faire…
    L’enfance volée, l’absence de socle pour tenir debout, l’absence d’amour, voilà ce qui restera au plus profond.
    Car le deuil, il a été fait du vivant des parents, le jour où ils l’ont mis à la porte sans savoir ce qu’il deviendrait. Un deuil au fil de l’eau, car à chaque événement, comme la naissance de l’enfant, il y a cette illusion de faire comme si, il avait des parents normaux, désillusion immédiate, ce ne sont que deux fantômes repliés sur eux-mêmes. Rien ni personne ne peut transpercer cette carapace.
    L’autobiographie est là mélangée à la fiction, avec délicatesse et poésie. Cela lui permet de ne pas être dans le jugement, de ne pas perdre sa vie en rancœur ni vengeance, mais un jour il faut faire le constat, car c’est une enfance qui de façon indélébile rend différent. Un adulte qui sera toujours plus sensible, qui s’interrogera plus souvent sur sa place dans la vie. Une fragilité qui sera aussi sa marque, sa force.
    Sorj Chalandon a fait profession de « réparer les âmes malades » avec ses mots et il y réussit avec une humanité rare.

    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 30 décembre 2019.

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    Couverture du livre « Mon traître » de Sorj Chalandon aux éditions Lgf

    Mireille B sur Mon traître de Sorj Chalandon

    Le possessif employé dans le titre marque l’amitié forte qui unissent le narrateur (et auteur), Antoine, à l’ami de Belfast, Tyrone Meehan. Dans le contexte des violences des années 1970, des luttes opposant républicains et nationalistes (catholiques) aux loyalistes et unionistes (protestants),...
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    Le possessif employé dans le titre marque l’amitié forte qui unissent le narrateur (et auteur), Antoine, à l’ami de Belfast, Tyrone Meehan. Dans le contexte des violences des années 1970, des luttes opposant républicains et nationalistes (catholiques) aux loyalistes et unionistes (protestants), Antoine, luthier, décide de découvrir Belfast, attiré par sa passion pour la musique irlandaise. Chaleureusement accueilli par Jim et Cathy, il se lie d’amitié avec Tyrone Meelhan, un chef de l’IRA et membre du Sinn Fein, qu’il recevra à plusieurs reprises, incognito, à Paris. Une façon de s’engager dans un conflit qu’il couvre pour son journal.

    Mais une vingtaine d’années plus tard, telle une déflagration, il apprend qui était véritablement Tyrone Meehan.

    C’est le récit d’une blessure, d’une trahison, d’une aventure improbable dans un contexte de violence où l’amitié sincère est une valeur sûre.

    Ainsi dit, ceci semble bien léger et anodin. Mais le style de l’auteur, phrases très courtes, répétées comme pour confirmer avec des mots l’exactitude des faits, procure une émotion profonde. Une écriture parfois froide et néanmoins poétique pour raconter cette longue période de conflits au cours de laquelle amitié et solidarité faisaient un bien fou. Jusqu’à la révélation. Une histoire intéressante pour le volet historique, et bouleversante pour les questions que l’on se posera encore longtemps sur la nature humaine.
    Enfin, un livre magnifique !

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    Couverture du livre « Une joie féroce » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Jean-Paul Degache sur Une joie féroce de Sorj Chalandon

    Quelle fin élégante et douce pour ce nouveau roman signé Sorj Chalandon ! Pourtant, tout au long de cette histoire de femmes solidaires et courageuses, j’ai côtoyé le drame, la maladie impitoyable, ces soins qui infligent tant de souffrances, qui flanquent des vies par terre pour tenter de la...
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    Quelle fin élégante et douce pour ce nouveau roman signé Sorj Chalandon ! Pourtant, tout au long de cette histoire de femmes solidaires et courageuses, j’ai côtoyé le drame, la maladie impitoyable, ces soins qui infligent tant de souffrances, qui flanquent des vies par terre pour tenter de la sauver, cette fameuse et unique vie dont nous héritons sans rien avoir demandé.

    Cette maladie que nous avons souvent de la peine à nommer… Par contre, lorsque le mot est lâché, on entend chacun raconter la sienne et en rajouter. Cette maladie, c’est le cancer. Même si elle passe un peu au second plan durant la partie thriller du roman, elle est bien présente et rappelle vite à l’ordre celui ou celle qui a oublié son emprise.
    Comme pour chaque roman de Sorj Chalandon, j’ai été emporté, captivé, secoué par ce qu’il décrit si bien, avec des mots si justes. Lorsque je l’avais rencontré, lors d’une fête du livre à Saint-Étienne, après la parution du Quatrième mur, il m’avait dit qu’il avait ramené du Liban un lourd sac de pierres et qu’il en partageait ainsi le fardeau avec ses lecteurs.
    Ici, dans Une joie féroce, c’est un peu pareil avec ce cancer qui brise la vie ordonnée de Jeanne, cette héroïne qui m’a guidé au fil des pages et fait partager des moments peu ordinaires. En plus, elle travaille dans une librairie et je note que l’auteur sait bien parler de ses confrères.
    Jeanne rencontre Brigitte lors de sa première chimio et naît, entre elles, une amitié profonde. Elles forment une équipe avec la jeune Melody, elle aussi en soins, et Assia, la compagne de Brigitte. Ces rencontres avec les différentes actrices du roman permettent de respirer un peu et d’oublier les conséquences des traitements car ces femmes ont leur histoire et j’ai bien apprécié les surprises réservées par l’auteur, avec des coups de théâtre même !
    Quelques personnages masculins traversent le récit. S’ils sont médecins ou même receleur, ils font bien leur travail mais que dire de la lâcheté de Matt, le mari de Jeanne ? Il fuit, laisse tomber celle qui partage sa vie et se comporte comme un vrai salaud. D’ailleurs, et c’est bien ainsi, on l’oublie assez vite car, comme je l’ai déjà indiqué, le plus beau de ce roman, c’est l’amitié et la solidarité entre ces femmes malades.

    C’est fort, très émouvant et en même temps, malgré la mort qui menace, une belle leçon de vie, Ces femmes partagent et communiquent Une joie féroce pour s’affranchir des pires difficultés, des pires souffrances qu’une existence peut réserver.
    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/