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Le fils de l'homme

Couverture du livre « Le fils de l'homme » de Jean-Baptiste Del Amo aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072949937
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Après plusieurs années d'absence, un homme resurgit dans la vie de sa compagne et de leur jeune fils. Il les entraîne aux Roches, une vieille maison isolée dans la montagne où lui-même a grandi auprès d'un patriarche impitoyable. Entourés par une nature sauvage, la mère et le fils voient le père... Voir plus

Après plusieurs années d'absence, un homme resurgit dans la vie de sa compagne et de leur jeune fils. Il les entraîne aux Roches, une vieille maison isolée dans la montagne où lui-même a grandi auprès d'un patriarche impitoyable. Entourés par une nature sauvage, la mère et le fils voient le père étendre son emprise sur eux et édicter les lois mystérieuses de leur nouvelle existence. Hanté par son passé, rongé par la jalousie, l'homme sombre lentement dans la folie. Bientôt, tout retour semble impossible.
Après Règne animal, Jean-Baptiste Del Amo continue d'explorer le thème de la transmission de la violence d'une génération à une autre et de l'éternelle tragédie qui se noue entre les pères et les fils.

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Avis (12)

  • Il y aurait tant à dire et pourtant il ne faut pas trop en dévoiler car c'est par séquences, par époques, que l'on découvre peu à peu cette histoire car pour la comprendre il faut remonter le temps, car rien n'arrive par hasard et n'est que le résultat d'une enfance, de blessures. Tout commence...
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    Il y aurait tant à dire et pourtant il ne faut pas trop en dévoiler car c'est par séquences, par époques, que l'on découvre peu à peu cette histoire car pour la comprendre il faut remonter le temps, car rien n'arrive par hasard et n'est que le résultat d'une enfance, de blessures. Tout commence par une chasse en des temps préhistoriques où le chasseur part en quête de sa proie et l'abat, initiant ainsi son fils à la survivance. Puis il y a l'arrivée, de nos jours, de ce père, accueilli par un fils qui se souvient à peine de lui et qui les emmène, lui et sa mère aux Roches, l'auteur entremêlant cette arrivée et le séjour pour mieux comprendre le contexte des retrouvailles puis de la progression du plan ourdi par le père et surtout de la progression, dans chacun des esprits, de ce qui se trame, de l'angoisse qui s'installe aux Roches.

    Avec une écriture taillée au scalpel, parfaitement relayée par la voix de Mathurin Voltz qui lui donne toute sa sècheresse, sa dureté, Jean-Baptiste Del Amo restitue l'ambiance pesante et lourde qui règne au sein de cette famille, où la parole et les sentiments sont réduits au minimum. C'est un roman noir, épuré, chargé d'angoisse où l'on pressent que rien ne sera simple, que chacun cache quelque chose, où l'enfant écoute, observe, porte un regard sur les adultes, ses parents, qu'il découvre partagé qu'il est entre amour avec celle qui partageait sa vie jusqu'à maintenant et cet inconnu qu'il craint mais dont il ne peut s'empêcher de se rapprocher.

    On ressent que chaque mot, chaque scène ont été taillés, sculptés pour être au plus près de ce huis-clos oppressant, Jean-Baptiste Del Amo ne faisant pas dans les fioritures, dans la dentelle. C'est sec, implacable et donne à l'ensemble du récit une noirceur dont on comprend très vite qu'elle va envahir la maison des Roches, car elle est là? tapie, silencieuse, omniprésente car on le sait, on le sent : la famille n'en ressortira pas indemne. Le fils de l'homme va faire un rude apprentissage résultant de blessures du passé, va devoir apprendre vite et de façon brutale qu'il y a des choix inéluctables. 

    Le gris du début du roman sombre dans le noir avec des tâches de rouge mais l'écriture colle tellement au contexte que même si c'est dur, fort, on ne peut que reconnaître la virtuosité de l'écrivain à faire transpirer sa plume de l'encre dans laquelle il l'a trempée, celle de la jalousie, la rancœur, la folie et la violence.

    Une mention spéciale pour la fin du roman, pour une phrase qui claque et qui vous laisse sans voix, tellement elle vous gifle.

    J'ai beaucoup aimé.

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  • "Et la rage des pères revivra chez les fils à chaque génération " ( Sénèque)
    La préface de ce roman brillant et bouleversant donne le ton. Est-ce une fatalité d'hériter des dérives des parents ?
    Le prologue peut surprendre car il nous plonge dans le début de l'humanité ou il faut lutter à...
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    "Et la rage des pères revivra chez les fils à chaque génération " ( Sénèque)
    La préface de ce roman brillant et bouleversant donne le ton. Est-ce une fatalité d'hériter des dérives des parents ?
    Le prologue peut surprendre car il nous plonge dans le début de l'humanité ou il faut lutter à tout prix pour survivre. Cette violence transmise par les pères ne vient-elle pas de terreurs ancestrales ?
    Chez Del Amo, ils n'ont pas de nom, c'est le père, la mère, le fils, le vieux, la voisine. Sauf Tony, le complice de jeux dangereux.
    Le père a abandonné femme et enfant pour réapparaître après six ans d’absence afin de démarrer une nouvelle vie. Il décide de passer l'été dans la vieille maison familiale délabrée " les roches ", une bicoque en ruine, au toit éventré perdue au cœur de la montagne, laissant derrière eux s'éloigner le monde réel.
    "on est ensemble rien ne peut nous arriver" dit il .Pourtant l'enfant semble être le plus lucide ,le plus attentif devant sa mère en détresse et son père à l'amour totalitaire, rongé par la jalousie.
    " il n'y a pas pire qu'un homme blessé" nous dit l'auteur . Ce père-là est un homme brisé par une enfance difficile sans mère, dont le propre père autoritaire n'a connu qu'une vie de labeur et de misère. Ce père-là joue sans cesse avec les limites.
    Il apprend au fils à chasser, à pêcher, à se servir du vieux revolver ayant appartenu au grand père.
    Il a toute une histoire ce vieux revolver. Le lecteur craint qu'il ne reste pas si longtemps au fond d'un tiroir .
    La nature magnifiquement dépeinte et les quelques passages paisibles entre les trois personnages permettent de souffler à travers des chapitres durs, oppressants. La construction roman est basée sur de nombreux retours dans le passé.
    Malgré la colère atavique du père, je le préfère au père tyrannique et cruel de "my absolute darling" ou au père lâche de "Sukkwan island".
    C'est un père en manque d'amour qui a été trahi et entraîne les siens dans sa folie.

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  • Il y a le père, la mère et le fils. Un roman écrit comme dans un huis-clos, dans une maison isolée dans la montagne. Un récit tout en description, la nature omniprésente.

    Une plume très belle. C'est ce que j'ai aimé dans ce roman. Il est magnifiquement écrit, une belle découverte.

    J'ai...
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    Il y a le père, la mère et le fils. Un roman écrit comme dans un huis-clos, dans une maison isolée dans la montagne. Un récit tout en description, la nature omniprésente.

    Une plume très belle. C'est ce que j'ai aimé dans ce roman. Il est magnifiquement écrit, une belle découverte.

    J'ai beaucoup moins accroché à l'histoire, à sa noirceur qui m'a engloutie toute entière. Cela m'a rebuté. Je me suis sentie envahir par toutes les émotions négatives du roman. Ma lecture en a pâti. Cela a été laborieux et sans plaisir.

    J'ai donc été déçue, d'autant plus que j'ai aimé le style de l'auteur. Si il y a des lecteurs de Jean-Baptiste Del Amo par ici, avez vous un autre roman à me conseiller ?

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  • Six ans sans la présence d'un père à ses côtés, mais l'homme est désormais de retour, il espère se sauver de son passé, et rien ne le séparera de la mère qui peut-être l'aime encore ou qu'il parviendra à conquérir à nouveau. Alors l'homme emmène la mère et l'enfant aux Roches, adossée au terrain...
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    Six ans sans la présence d'un père à ses côtés, mais l'homme est désormais de retour, il espère se sauver de son passé, et rien ne le séparera de la mère qui peut-être l'aime encore ou qu'il parviendra à conquérir à nouveau. Alors l'homme emmène la mère et l'enfant aux Roches, adossée au terrain une maison de montagne délabrée, c'est là que le père a grandi. Avec le retour du père, le fils ressent une menace indicible qui plane au-dessus de lui et de sa mère.

    Un récit très lent, il ne se passe rien, mais tout est conté avec un souci permanent de la description dans les moindres détails. Un huis clos pesant dans une nature sauvage omniprésente, un roman noir d'une tristesse absolue, l'histoire d'un père hanté par son passé qui sombre lentement dans la folie entrainant avec lui toute sa famille. Peu de mots entre les trois personnages, les regards suffisent pour exprimer les sentiments. Un récit porté par une plume d'une grande beauté.

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  • C’était à Toulouse, au "Marathon des Mots" en 2017. J’avais assisté à une rencontre sur le thème "loin des villes" à laquelle participait Jean-Baptiste Del Amo pour "Règne animal". Ses propos m’avaient impressionnée, j’avais acheté le roman…il m’attend. Mais je viens de terminer "Le fils de...
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    C’était à Toulouse, au "Marathon des Mots" en 2017. J’avais assisté à une rencontre sur le thème "loin des villes" à laquelle participait Jean-Baptiste Del Amo pour "Règne animal". Ses propos m’avaient impressionnée, j’avais acheté le roman…il m’attend. Mais je viens de terminer "Le fils de l’homme", un ouvrage sombre mais tellement fort.

    Sombre, ce roman l’est assurément. Il y a la mère, le père, l’enfant, jamais nommés comme si l’auteur voulait en faire une référence universelle. D’ailleurs l’incipit est signé Sénèque et le récit commence par une étonnante scène préhistorique. Le père, donc, revient vivre avec femme et enfant après de longues années d’absence. Il a décidé de se, de leur, redonner une chance et les emmène aux Roches, là, dans la montagne, où lui-même a vécu avec son père. La mère, enceinte d’un autre homme pourtant, a, en effet, accepté de le suivre…

    Difficile de lâcher cet ouvrage une fois commencé tant la construction et le rythme m’ont entraînée vers une fin à la fois espérée et redoutée. Espérée à travers la douceur de la mère qui parfois permet d’apercevoir un coin de ciel bleu, et redoutée tant les baratins sans fin du père traduisent une folie en marche. Entre avant et pendant, on voit les jours s’écouler pesamment et l’écriture pose sur les faits une chape de plomb, donnant au récit une allure de thriller. Je trouve cette écriture absolument magnifique, les phrases richement travaillées, le vocabulaire d’une opulence inouïe, précis, varié, toujours approprié. La nature luxuriante, véritable personnage, prend aussi une place importante. L’auteur, décrivant à l’envi paysages, faune et flore, s’y entend pour la faire vivre sous nos yeux.

    Et au milieu de tout ça, un enfant. Un enfant qui se love parfois dans les bras de sa mère, un enfant qui redoute l’attitude de son père, un enfant qui se retrouve dans cette nature sauvage, l’apprivoise et en même temps la craint. Et cette violence sourde que supporta le père, cette violence, cette folie qui le gagne à son tour nous happe et nous entraîne vers une fin fatale, une fin déjà là au détour des tout premiers mots.
    "Le fils de l’homme", un roman émouvant poignant, haletant, d’une grande force.

    J’ajoute une mention spéciale pour le bandeau que je trouve d’une grande beauté.

    https://memo-emoi.fr

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  • Avec Le fils de l’homme, Jean-Baptiste Del Amo propose une fable moderne sur la nature ancestrale de l’humain qui au fil de l’histoire élimine les extrêmes pour ne garder que ceux capables d’assumer la perpétuation de l’espèce.
    Pas souhaité le lire dès sa parution, à cause du déterminisme que...
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    Avec Le fils de l’homme, Jean-Baptiste Del Amo propose une fable moderne sur la nature ancestrale de l’humain qui au fil de l’histoire élimine les extrêmes pour ne garder que ceux capables d’assumer la perpétuation de l’espèce.
    Pas souhaité le lire dès sa parution, à cause du déterminisme que je pressentais, contraire à mes convictions ! Mais, le Prix Fnac lui est remis. Alors, le courage au bord des yeux, j’ai commencé à lire et je l’ai dévoré presque d’une traite.
    « Et la rage des pères revivra chez les fils à chaque génération » Sénèque-Incipit du roman
    Jean-Baptiste Del Amo propose, en une dizaine de pages, un prologue de scènes de survie des hommes primitifs confrontés aux éléments naturels et aux combats pour la vie comme une invite à comprendre le cheminement du monde.
    Un couple, et un enfant assis à l’arrière, sont en route. Le voyage est long jusqu’à la maison isolée, les Roches, en pleine forêt loin des hameaux. Le 4×4 doit être abandonné bien avant l’arrivée car un tronc d’arbre se trouve en travers de la route. Il faut finir à pieds. Puis, la maison au confort spartiate, se découvre. Là, il faudra vivre quelques jours, un été, plus peut-être ..
    Au fur et à mesure, grâce à des retours en arrière, l’histoire de cette famille se découvre. Les trois personnages principaux n’ont pas de prénom ! La « Mère » est à peine majeure lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte. Pourtant, très vite, elle assume seule, avec chaleur et amour cet enfant, peut-être de façon trop fusionnelle. Mais qu’importe, elle sait le protéger lorsqu’il en a besoin et il sait la soulager lorsqu’elle a ses migraines invalidantes. Le « Fils » a 9 ans et redécouvre le « Père » dont il conserve quelques souvenirs embrumés. Il était si petit ! Car la présence du Père, revenu au domicile après une très longue absence, redéfinit, par sa présence, l’équilibre fragile et simple que la Mère avait créé avec son fils.
    Chronique et photos ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2021/09/12/jean-baptiste-del-amo/

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  • C'est un roman que je trouve violent dans l'intensité de son écriture, j'ai plusieurs fois été heurtée et malmenée par un mot, un geste, un regard, un rien qui ne peut laisser indifférent. Toute la force du texte réside là dans cette capacité à secouer le lecteur, à le mettre devant une réalité...
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    C'est un roman que je trouve violent dans l'intensité de son écriture, j'ai plusieurs fois été heurtée et malmenée par un mot, un geste, un regard, un rien qui ne peut laisser indifférent. Toute la force du texte réside là dans cette capacité à secouer le lecteur, à le mettre devant une réalité dérangeante, à l'inciter peut-être à réagir ou à fuir ? La nature omniprésente y est pour quelque chose, elle happe et dévore en son sein. Mais, c'est bien entendu la relation entre le père et le fils qui donne parfois la chair de poule. A noter que c'est merveilleusement bien écrit, l'auteur manie la langue française avec une habileté remarquable. Certaines phrases ressemblent à des lianes qui grimpent le long des arbres, s'enroulent, changent de cap et reviennent mourir là où on ne les attendait pas. Une lecture qui remue et laisse des traces dans notre inconscient.

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  • Le fils,9 ans, le père, la mère, un trio qui se rend « aux roches », une bergerie en montagne où le père a déjà vécu avec son père par le passé. Le père, absent du foyer familial pendant 6 ans a réapparu soudainement et souhaite reconquérir femme et fils dans cet endroit isolé. La vie proche...
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    Le fils,9 ans, le père, la mère, un trio qui se rend « aux roches », une bergerie en montagne où le père a déjà vécu avec son père par le passé. Le père, absent du foyer familial pendant 6 ans a réapparu soudainement et souhaite reconquérir femme et fils dans cet endroit isolé. La vie proche d’une nature sauvage les satisfait et le père, tout feu tout flamme, retape la baraque et travaille comme un forcené un lopin de terre ingrate pour en faire un potager. Mais, la villégiature que femme et fils pensaient provisoire dure et l’enfermement guette ! Dans un style très imagé et un vocabulaire abondant et riche l’auteur parvient à créer une ambiance angoissante où se déploie progressivement la folie du père. Après son « règne animal », Jean-Baptiste Del Amo parvient à nouveau à nous séduire par son talent littéraire.

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