Jean-Baptiste Del Amo

Jean-Baptiste Del Amo

Jean-Baptiste Del Amo, de son vrai nom Jean-Baptiste Garcia, est un écrivain français, vivant à Montpellier.

Après avoir suivi un cursus littéraire, le jeune homme travaille pendant un temps comme animateur socio-culturel. Il part ensuite pour une mission humanitaire en Afrique.

En 2006, il reç...

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Jean-Baptiste Del Amo, de son vrai nom Jean-Baptiste Garcia, est un écrivain français, vivant à Montpellier.

Après avoir suivi un cursus littéraire, le jeune homme travaille pendant un temps comme animateur socio-culturel. Il part ensuite pour une mission humanitaire en Afrique.

En 2006, il reçoit le Prix du jeune écrivain francophone pour sa nouvelle « Ne rien faire », écrite à partir de son expérience de quelques mois au sein d'une association de lutte contre le VIH en Afrique.

Fin août 2008, son premier roman, « Une Éducation libertine », paraît dans la collection « blanche » chez Gallimard. Il est favorablement accueilli par la critique et reçoit le prix Laurent-Bonelli, fin septembre 2008. Le roman est à mi-chemin entre le roman historique et le roman d'apprentissage. Il évoque l'homosexualité, la prostitution et le libertinage bourgeois.

En mars 2009, Jean-Baptiste Del Amo se voit finalement attribuer le Prix Goncourt du premier roman, à l'unanimité dès le premier tour de scrutin.

Nationalité : France
Né(e) à : Toulouse , le 25/11/1981

Articles (3)

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Avis (39)

  • Couverture du livre « Règne animal » de Jean-Baptiste Del Amo aux éditions Gallimard

    Julien Rilzel sur Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo

    Affaire de siècles, de génération en génération on aiguise le couteau, on vêt des tabliers de cuir comme par raillerie, on hisse le porc par les deux pattes arrière en ignorant ses cris de terreur, bientôt d’agonie, et pendant un instant tout se mure dans le silence. La lame meurtrière reflète...
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    Affaire de siècles, de génération en génération on aiguise le couteau, on vêt des tabliers de cuir comme par raillerie, on hisse le porc par les deux pattes arrière en ignorant ses cris de terreur, bientôt d’agonie, et pendant un instant tout se mure dans le silence. La lame meurtrière reflète alors les rayons d’un soleil pesant dans les yeux noirs des hommes, dans la pupille gauche de la bête que l’on voit de profil, offrant sa jugulaire rose au travers d’un duvet blanc. Les cris, « on s’y habitue », disent-ils à ceux qui s’en détournent.


    Derrière, l’humidité transpire par les fenêtres grand-ouvertes de la petite hutte. Les femmes font chauffer des casseroles d’eau, prêtes à ébouillanter les tripes qui coulent dans la bassine avec le sang. Car il ne faut rien perdre, rien gaspiller. Tout sera utilisé, et on sait y faire à Puy-Larroque.

    On sait également gaver les oies, noyer les chats et battre les chiens. On sait gérer la ferme comme il se doit, comme les pères l’ont appris, comme les mères l’ont encouragé dans le silence ou le consentement. On s’habitue au dur labeur quotidien, à l’étrange « intimité (…) entre l’homme et la terre, son obscure sensualité ». Alors, pourquoi partir ?

    Naturellement, les anciens font place aux plus jeunes, s’étant assuré de la descendance au travers des coups de reins donnés dans l’obscurité des chambres. Les familles fleurissent et développent la ferme. Des années plus tard, on ne tue plus le cochon au couteau, l’appât du franc requiert l’optimisation de l’élevage, alors on encage par dizaines les bêtes « énormes et fragiles à la fois », gavées de vaccins et de médicaments pour nous arriver immaculées dans nos rayons, puis on les envoie à l’abattoir, les branches du métier se spécifient.


    Le goût du sacrifice

    Mais dans l’intimité de la famille, la maladie traverse les temps, agresse ses membres qui cèdent parfois à la folie ou à la mort, à l’alcoolisme ou au mutisme. Seul le vieux chêne du village, témoin de tous les âges, paraît survivre pour mieux regarder les humains aller et venir dans la peine. Car malgré la brutalité et le savoir transmis avec finesse, on dirait que l’on vit dans la douleur, cernés par la puanteur. L’odeur ne quitte plus rien, même plus les murs qui s’en plaignent en suintant la fiente, même plus les vêtements que l’on ébouillante. Mais on s’y habitue, encore une fois, et l’on espère qu’en France un porc tué chaque seconde suffira. Car à l’autre bout de la chaîne, les millions de consommateurs s’impatientent, arrachent la viande des os avec plaisir et se régalent éternellement du « goût du sacrifice ».

    Et si Jean-Baptiste Del Amo sait que l’on oublie vite, il se rappelle également que lors d’une guerre pas si lointaine on enfermait des êtres humains pour les abattre ensemble, coupables de rien d’autre qu’une croyance, une origine ou simplement une nature. Alors il nous décrit de la même manière, crûment et sans détours, ces prisons mortuaires comme peu de caméras l’ont filmé autrefois. Il veut aller chercher cette compassion que suscitent les génocides et la contextualiser dans nos méthodes. Il veut que l’être humain, coupable d’une mémoire vacillante, s’attèle à changer de discipline, à oublier la frénésie, à refuser l’héritage violent.

    Car le Règne animal est avant tout humain, il dégouline de meurtre et de violence banalisés, sue la mauvaise conscience collective, suinte de désolation mais, avant tout, il transpire le talent incontestable de l’auteur qui saura nous emmener au plus profond de la barbarie avec une élégance mêlée d’obscénité, en une épopée de notre existence cruelle que certains œuvrent à tarir, malgré l’indifférence de tous. Après la lecture de cette fresque impitoyable, le lecteur sera responsabilisé, rien qu’un instant. Reste à savoir s’il va oublier de nouveau, ou se remémorer la mort à chaque festin rouge.

  • Couverture du livre « Règne animal » de Jean-Baptiste Del Amo aux éditions Gallimard

    Pieter-Willem HENDRIKS sur Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo

    L'auteur du ce livre a une écriture très (parfois meme trop) riche. La lecture en est exigeante mais parfois l’empilement d'adjectifs est juste un peu trop.
    Le livre qui se compose en fait de deux livres et la bascule est' à mon avis, pas bien faite. La seconde partie ne s'enrichit pas de la...
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    L'auteur du ce livre a une écriture très (parfois meme trop) riche. La lecture en est exigeante mais parfois l’empilement d'adjectifs est juste un peu trop.
    Le livre qui se compose en fait de deux livres et la bascule est' à mon avis, pas bien faite. La seconde partie ne s'enrichit pas de la première meme si les deux partis pris chacun de leur coté sont très intéressantes. C' est un pamphlet contre l'élevage, ce qui pour moi, agriculteur, l'a pas rendu plus facile à lire vu que je butte du coup sur les inexactitudes voir les contrevérités (par exemple toute l'autotirade de Henri à la page 333) que peut parfois distiller ce fervent végétalien membre du L214.
    Ceci n'empeche pas que les descriptions et le parallèle tiré entre la vie des éleveur et ses animaux retenus dans des conditions outrageantes ( et qui ne survivrait jamais à une inspection de la DSV mais qui entrainerait aussi la chute de l'exploitation en moins de temps qu'il en faut pour l'ecrire...) est très bien fait. Qui est l'esclave de qui au bout? La folie est elle dans les gènes ou dans la manière de travailler?
    C'est un livre tout sauf relaxant que je ne conseillerai pas à tous le monde

  • Couverture du livre « Règne animal » de Jean-Baptiste Del Amo aux éditions Gallimard

    Christine GAZO sur Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo

    D'une écriture exigeante, sans facilité, ce livre est une évocation puissante et sans compromis de la rudesse de certaines situations, de certaines conditions de vie.
    D'abord une toute ferme du Sud-Ouest au début du siècle dernier, des hommes et des femmes taiseux, des rapports (in)humains...
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    D'une écriture exigeante, sans facilité, ce livre est une évocation puissante et sans compromis de la rudesse de certaines situations, de certaines conditions de vie.
    D'abord une toute ferme du Sud-Ouest au début du siècle dernier, des hommes et des femmes taiseux, des rapports (in)humains troubles, une extrême pauvreté matérielle et relationnelle. Et puis la "Grande Guerre" et ses dégâts irréparables et innommables.
    Ensuite, une énorme exploitation porcine où l'augmentation exponentielle du rendement a pris le pas sur tout le reste.
    Et tout le long, l'omniprésence des animaux, leurs instincts, l'immuabilité des cycles. Les corps sous toutes leurs formes, leurs productions, leurs déjections, leurs attirances, la putréfaction, les transformations, les déformations...
    La mort qui rôde, trop précoce, agonisante, inévitable, provoquée, latente...
    Et cette difficulté pour le "clan" familial à créer des liens, à communiquer, à sortir de son aliénation, sur plusieurs générations.
    Ce livre est tout à la fois prenant et presque répulsif, il envahit l'esprit, fort et dur... Une lecture très loin d'être anodine....

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