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La vie devant soi

Couverture du livre « La vie devant soi » de Romain Gary aux éditions Folio
  • Date de parution :
  • Editeur : Folio
  • EAN : 9782070373628
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu'il n'est « pas nécessaire... Voir plus

Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu'il n'est « pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d'eux-mêmes » qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

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Articles (3)

Avis (31)

  • Racheter ce livre parce que cette édition était belle et le relire.
    Belleville, Momo raconte Madame Rosa et ses 95 kilos sur seulement deux jambes et six étages sans ascenseur ce qui réduit ses sorties de plus en plus.
    Momo fait partie des sept enfants qui vivent chez elle mais il est celui...
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    Racheter ce livre parce que cette édition était belle et le relire.
    Belleville, Momo raconte Madame Rosa et ses 95 kilos sur seulement deux jambes et six étages sans ascenseur ce qui réduit ses sorties de plus en plus.
    Momo fait partie des sept enfants qui vivent chez elle mais il est celui qui n’a pas de parent il n’est pas seulement de passage.
    « Au début je ne savais pas que je n’avais pas de mère et je ne savais même pas qu’il en fallait une. »
    Madame Rosa a un passé, c’est une rescapée d’Auschwitz, elle a gardé cette peur et son passé est de plus en plus présent au fur et à mesure que le temps fait son œuvre de sape.
    Autrefois elle s’est défendue et ensuite elle est venue en aide à toutes celles qui se défendent en gardant leur môme pour qu’il ne finisse pas en foyer de l’aide sociale.
    Mais l’argent n’entre pas régulièrement et les mômes sont à charge. Madame Rosa a du mal à faire face et c’est Momo qui fait le boulot.
    « Je pense que Madame Rosa aurait peut-être donné Banania à l’Assistance mais pas son sourire et comme on ne pouvait pas l’un sans l’autre, elle était obligée de les garder tous les deux. C’est moi qui étais chargé de conduire Banania dans les foyers africains de la rue Brisson pour qu’il voie du noir, Madame Rosa y tenait beaucoup. »
    Momo a un ami Monsieur Hamil ils échangent leur point de vue et cela élargit l’horizon de Momo.
    « Monsieur Hamil, qui a lu Victor Hugo et qui a vécu plus que n’importe quel autre homme de son âge, quand il m’a expliqué en souriant que rien n’est blanc ou noir et que le blanc, c’est souvent le noir qui se cache et le noir, c’est parfois le blanc qui s’est fait avoir. »
    Momo est très occupé à faire fructifier son système D et à essayer de ralentir le temps depuis qu’il sait que Madame Rosa n’a pas de cancer mais est atteinte de sénilité.
    Momo apprend qu’il n’a pas 10 ans mais 14 et que Madame Rosa triche un peu pour le garder plus longtemps.
    C’est un monde multi racial, religieux etc. Un monde d’entraides. Un monde dur car la vie n’a pas épargné ceux qui vivent là. Prostitution, drogue se côtoient mais Momo a promis de ne jamais se prostituer et pour la drogue, pas de problème il n’a pas envie d’être heureux.
    « Les mômes qui se piquent deviennent tous habitués au bonheur et ça ne pardonne pas, vu que le bonheur est connu pour ses états de manque. »
    Le ton ironique à hauteur d’enfant sensible et précoce fait passer la peinture très réaliste d’un milieu chamarré où les habitants sont abandonnés à eux-mêmes entre immigrés, clandestins, putes et « proxynètes ».
    Une France qui existe bel et bien.
    Et un thème récurrent chez Gary celui de la vieillesse et de ses affres.
    Momo se demande pourquoi on ne peut pas avorter les vieux comme on le fait des jeunes.
    Ce n’est pas un roman sur les bons sentiments mais l’ironie ne masque pas la profonde humanité qui s’en dégage.
    Les portraits vigoureux pour incarner des valeurs incontournables comme la tolérance, l’amour, l’amitié et la tendresse.
    Le style c’est celui de Momo, direct, sans fioritures, réaliste jusqu’à la moëlle.
    Il y a la perfection dans les imperfections du langage de Momo, car il dit avec justesse ce qu’il vit, lui et son quartier.
    Et il est bouleversant.
    Une relecture qui n’a pas pris une ride bien au contraire. Un incontournable.
    « Moi la vie, je vais pas lui lécher le cul pour être heureux. Moi la vie, je vais pas lui faire une beauté, je l’emmerde. »
    ©Chantal Lafon

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  • Voilà ce qu’on appelle un LIVRE de chevet pour... «LA VIE DEVANT SOI»
    de Romain Gary (publié sous le pseudo Emile Ajar)
    A garder et à réouvrir en cas de coup dur... C’est une grande évasion en restant à Paris entre Belleville et Pigalle

    Notre confinement est propice à lire ce livre qui...
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    Voilà ce qu’on appelle un LIVRE de chevet pour... «LA VIE DEVANT SOI»
    de Romain Gary (publié sous le pseudo Emile Ajar)
    A garder et à réouvrir en cas de coup dur... C’est une grande évasion en restant à Paris entre Belleville et Pigalle

    Notre confinement est propice à lire ce livre qui arrête le temps.
    Et là, nous ne faisons que rire, -voire fous-rires-
    Et si vous ne l’avez jamais lu, c’est le moment !
    Oui, c’est le bon moment pour être bouleversés, bercés, chavirés par l’émotion...
    Ce livre est une clef : prendre du recul sur nos petits tracas ou grandes misères du quotidien.
    C’est un pansement, un gros câlin, un plaid polaire tout doux, un doudou.
    Il se lit aussi facilement que la lecture d’un journal intime d’un petit garçon de 6 ans, puis 10 ans tellement mignon et comique, dans une France d’après guerre...
    on a presque un peu honte de rire de ses aventures, de ses états d’âme d’enfant et des portraits qu’il dresse des personnes qui l’entourent - notamment il accompagne sa Madame Rosa jusqu’au bout de sa vie- aussi attachants que lui, alors que certains sont vraiment dans la galère, voire misère...

    quel est le dernier livre qui m’a tant faire rire? « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » de J Jonasson
    ou « Einstein, le sexe & moi » d’ olivie lliron

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  • Je dois être une des dernières à découvrir ce roman, publié sous un nom de plume, prix Goncourt 1975 attribué à Emile Ajar, alors que Romain Gary l'avait déjà obtenu en 1956.

    Ça n'était pas gagné d'avance Momo et moi... Les premiers chapitres m'ont hérissée, je n'arrivais pas à me faire au...
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    Je dois être une des dernières à découvrir ce roman, publié sous un nom de plume, prix Goncourt 1975 attribué à Emile Ajar, alors que Romain Gary l'avait déjà obtenu en 1956.

    Ça n'était pas gagné d'avance Momo et moi... Les premiers chapitres m'ont hérissée, je n'arrivais pas à me faire au parler populaire de ce petit narrateur (Zazie dans le métro reste un de mes pires souvenirs de lecture et j'avais l'impression d'être à nouveau dans ce livre).
    Et puis, passées ces quelques pages, je me suis habituée à Momo, je me suis attachée à lui et à Madame Rosa, je me suis émue devant cette belle relation qui les lie...

    Voir par les yeux de Momo, mettre de la poésie brute dans chaque chose, chaque spectacle, ressentir toute cette tendresse : ce roman qui avait plutôt mal commencé m'a procuré de belles émotions.
    Les pointes d'humour sont très présentes et j'ai souri aussi souvent que j'ai senti mon cœur se serrer.

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  • Découvert en lecture audio

    Quel génie ce Romain Gary ! Prendre Momo, un enfant confié à Madame Rosa, une ancienne prostituée, qui prend en pension, dans son modeste appartement, les enfants de prostituées,  pour un peu d'argent quand c'est possible mais aussi pour qu'ils ne soient pas confiés...
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    Découvert en lecture audio

    Quel génie ce Romain Gary ! Prendre Momo, un enfant confié à Madame Rosa, une ancienne prostituée, qui prend en pension, dans son modeste appartement, les enfants de prostituées,  pour un peu d'argent quand c'est possible mais aussi pour qu'ils ne soient pas confiés à l'Assistance Publique. L'auteur évoque l'enfance, une enfance pas ordinaire mais une enfance malgré tout mais également (et surtout) de l'amour qui lie ce garçon à une femme âgée, ayant connu les tourments des rafles juives pendant la deuxième guerre mondiale et qui, à sa manière, tente de créer autour d'elle une sorte de famille de cœur.

    Momo, 10 ans (mais pas forcément) est le narrateur, c'est à travers lui et à sa hauteur d'enfant et avec ses mots à lui, que nous est retracée la vie de cette "famille" mais également la vie d'un immeuble, de ses occupants, d'un quartier, comme on pourrait les nommer : de petites gens, de la solidarité et l'entr'aide de ces exclus le plus souvent de la société, ayant peu mais donnant tout. Momo comprend mais avec ses mots à lui, à la hauteur de son âge, leur donnant une définition bien personnelle parfois, mais pour le lecteur révélateur du contexte et prenant encore plus de sens par sa voix.

    Ainsi Momo apprend et va devoir grandir et faire face à Madame Rosa qui vieillit, Madame Rosa au grand cœur sous ses airs rudes, sous son visage et son cœur usés, Rosa fragilisée par une peur tenace de ce qu'elle a vécu pendant la guerre et Momo va devenir le "protecteur" bienveillant, attentionné de Rosa et va lui délivrer l'ultime preuve d'amour qu'elle attend de lui.  Roman d'apprentissage, apprentissage face à la vie, à la tolérance, à la déchéance et à la perte.

    C'est à la fois un roman  plein de tendresse, d'humour, de poésie (d'une certaine manière), d'amour et utiliser un enfant, une sorte de gavroche débrouillard pour évoquer les thèmes des blessures qu'elles soient infligées par la guerre, par l'abandon, par l'âge et la déchéance sans en faire un récit pathétique, donnent à l'ensemble une force et une profondeur jamais affichées de prime abord mais plus suggérées par les mots, les situations et l'écriture inventive et créatrice de Romain Gary. Jamais triste mais émouvante, gouailleuse par l'énergie et la volonté de Momo.

    Installer son récit au sein du monde des femmes de petite vertu, des étrangers permet à l'auteur de sublimer les sentiments, montrer que l'amour et la générosité n'est pas une question de classe sociale, d'argent ou de lien du sang, bien au contraire, il démontre et sublime les relations entretenues entre les personnages.

    J'ai retrouvé sa façon presque pudique, comme dans La promesse de l'aube, en utilisant l'humour et la dérision, pour évoquer, l'amour même s'il n'a de maternel ici que le nom, disons l'attachement de cette femme vieillissante pour ce garçon, tout ce à quoi elle est prête pour l'avoir près d'elle mais également tout ce que Momo consent pour répondre à ses attentes et en version audio, la façon dont Bernadette Laffont prononce le prénom de l'enfant est lourd de sens.

    Que d'amour, que d'émotions, que de sentiments provoquent ce roman, cela pourrait être noir, sombre et dramatique et la plume de Romain Gary en fait un récit lumineux, débordant d'humanité et de bienveillance. Momo est une sorte de philosophe de la vie, ne voyant que la beauté et rendant sa justice avec ce qu'il comprend, analyse, interprète et rend la vie belle même dans ce qu'elle a de plus cruelle.

    Un récit pourtant réaliste sur la vieillesse, d'un réalisme restitué par une écriture très visuelle, on est plongé dans l'univers créé par Romain Gary et je dois avouer que l'écouter a été un vrai bonheur. J'ai retrouvé la voix de Bernadette Lafont dans le rôle de Madame Rosa, que je n'ai pu m'empêcher de rapprocher de Simone Signoret qui l'a incarnée au cinéma (je ne l'ai pas vu).

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  • Publié à l’époque sous le pseudonyme d’Emile Ajar, ce livre bouleversant permit ainsi à son auteur Romain Gary d’obtenir une deuxième fois le prix Goncourt et je peux vous assurer qu’il mérite amplement tout le bien qu’on en dit.
    La narrateur est Momo, un petit garçon arabe d’à peu près 10 ans....
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    Publié à l’époque sous le pseudonyme d’Emile Ajar, ce livre bouleversant permit ainsi à son auteur Romain Gary d’obtenir une deuxième fois le prix Goncourt et je peux vous assurer qu’il mérite amplement tout le bien qu’on en dit.
    La narrateur est Momo, un petit garçon arabe d’à peu près 10 ans. Il est élevé, ainsi que d’autres enfants de prostitués, au 6ème étage sans ascenseur, d’un vieil immeuble de Belleville par Mme Rosa, une vieille juive ancienne prostituée elle-même. Mais Mme Rosa est malade et elle ne veut pas mourir à l’hôpital...
    On est plongé au coeur de la détresse sociale et on pourrait s’imaginer, à juste titre, que la lecture va être assez lourde mais en faisant raconter cette histoire par ce jeune garçon dans un français approximatif et qui nous montre une compréhension parfois erronée d’une réalité pas toujours très jolie, Romain Gary fait preuve de génie, ainsi la gravité se transforme en légèreté, le proxénète n’est plus qu’un « proxynète » protecteur de ces femmes qui se « défendent  sur le trottoir », d’ailleurs Momo plus tard voudrait être à la fois agent de Police et proxynète…
    Dans ce livre il est question d’amour, d’un lien assez improbable qui va unir un jeune garçon musulman qui n’a plus ni mère, ni père à une vieille dame juive qui a connu l’horreur de la guerre. Il y est question de partage, de tolérance…
    J’ai terminé ma lecture en pleurs, j’ai été complètement secouée par la fin. Cette œuvre fera définitivement partie de celles qui m’auront le plus marquées.
    Si vous ne l’avez pas encore lu, je ne peux que vous encourager à le faire.

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  • Emile Ajar ( Romain Gary ) Goncourt 1975

    Madame Rosa, juive polonaise ayant connu Auschwitz est une ancienne prostituée. Elle vit dans le quartier de Belleville et garde au mois, dans son " clandé " les gosses de " putes " qui autrement seraient envoyés à l'assistance publique. Il y a...
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    Emile Ajar ( Romain Gary ) Goncourt 1975

    Madame Rosa, juive polonaise ayant connu Auschwitz est une ancienne prostituée. Elle vit dans le quartier de Belleville et garde au mois, dans son " clandé " les gosses de " putes " qui autrement seraient envoyés à l'assistance publique. Il y a Banania, Moïse, le Vietnamien et Mohamed (Momo) entre autres.
    Les femmes se " défendent " au bois de Boulogne, sur le trottoir du quartier ou à l'étranger.
    Les gosses vivent au sixième étage sans ascenseur d'un vieil immeuble.
    La communauté : arabes, juifs, noirs, prostituées, proxénètes, travestis, est très soudée et l'entraide est là au quotidien.
    La santé de Madame Rosa se dégrade, elle a des absences de plus en plus souvent. Comme dit le Docteur, elle finira comme un légume.
    Pas question de finir à l'hôpital ! Elle voudrait pouvoir choisir une mort digne.
    Comme dit Momo " on peut avorter les animaux (euthanasier ) mais les humains doivent souffrir jusqu'au bout, il y a même des records".Il faut dire que celui-ci a un langage et un vocabulaire particulier souvent désopilant.
    Il va rester et lui tenir la main afin de lui donner la fin qu'elle souhaite.
    Beaucoup d'amour et d'humanité.

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  • Devenu un classique par la supercherie d'un auteur travaillant sous pseudonyme et décrochant de la sorte un second Goncourt, 'La vie devant soi' , signé Ajar, (Romain GARY) est un hymne à la vie, à la résilience, à l'affection et au respect intergénérationnel.
    Momo, arabe de 10 ans (14 ans à la...
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    Devenu un classique par la supercherie d'un auteur travaillant sous pseudonyme et décrochant de la sorte un second Goncourt, 'La vie devant soi' , signé Ajar, (Romain GARY) est un hymne à la vie, à la résilience, à l'affection et au respect intergénérationnel.
    Momo, arabe de 10 ans (14 ans à la fin du livre) prend soin de sa mère d'adoption, une femme juive qui a traversé les atrocités de la persécution nazie et qui se refuse à finir à l'hôpital dans la déchéance de sa dignité de femme. Elle qui a gagné sa vie avec son cul, obtient de Momo l'engagement à prendre soin d'elle et à l'aider à disposer de sa vie, de son corps, de sa mort à son gré. Dans la dignité, le respect mutuel!
    L'écriture est jubilatoire. Un phrasé emprunté à un français que l'enfant de dix ans ne peut tout à fait comprendre, une manière d'agir dictée par le coeur, une invitation à une réflexion dont le lecteur ne peut faire l'économie, ce livre possède tout pour toucher, pour émouvoir, pour rapprocher les personnes, concilier les extrêmes et dépasser les convenances.
    Un vrai beau et grand Goncourt 1975! A lire, relire et partager sans modération.

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  • Je l’ai lu, relu, des dizaines de fois peut-être, toujours avec autant d’émotions. Pour cette raison, je ne sais comment parler de ce roman pour dire aux lecteurs qui ne l’auraient pas encore lu, de ne pas passer à côté d’un chef-d’œuvre.

    « La vie devant soi » s’inscrit dans le Paris des...
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    Je l’ai lu, relu, des dizaines de fois peut-être, toujours avec autant d’émotions. Pour cette raison, je ne sais comment parler de ce roman pour dire aux lecteurs qui ne l’auraient pas encore lu, de ne pas passer à côté d’un chef-d’œuvre.

    « La vie devant soi » s’inscrit dans le Paris des années 1970, Paris quartier de Belleville, riche de la diversité culturelle de sa population composée essentiellement d’émigrés que la France d’après-guerre avait accueilli pour sa reconstruction ou de ceux qui avaient combattu à ses côtés.
    Face à la précarité, certaines femmes « se défendaient » sous la domination de leurs « proxinètes ».

    Contrainte par l’âge de cesser elle-même son activité, Madame Rosa ouvrit « une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers ». C’est ainsi que débuta un amour incommensurable entre une vieille femme juive polonaise qui avait vécu le Vel d’Hiv et Auschwitz, en était d’ailleurs « jamais revenue », et Momo, petit arabe « non daté », qui - ne tient pas tellement à être heureux, il préfère encore la vie -

    La technique narrative de l’auteur (Emile Ajar) est un atout essentiel dans la transmission des sentiments et des émotions traversés par le narrateur, Momo, enfant puis adolescent, qui tient des propos d’adulte dans un langage d’enfant, qui n’est pas sans rappeler celui de Gavroche. D’ailleurs, Momo avait une chose en tête, il écrirait aussi les Misérables » ! » Refusé par l’école de la République à cause de suspicion sur son âge et à l’école de la rue, avec M. Hamil un habitant de l’immeuble, il lit Victor Hugo et le Coran.

    Ce code de langage donne de l’authenticité à un récit empreint de gravité ; Avec dérision, sont exprimées de grandes souffrances, sont traités des sujets brûlants tels le racisme et l’antisémitisme, ou les thèmes intemporels au Roman en général qu’il s’agisse de l’enfance, des origines, de la prostitution, du temps qui passe, de la mort…

    La puissance de l’histoire tient également à l’empathie que dégage chaque personnage, Mme Lola « la tavestite », Le Docteur Katz, Arthur, puis Mme Nadine et d’autres qui chacun dans son rôle, va compter dans la vie de Momo.

    « La vie devant soi », pour parler brillamment des méandres de l’existence.

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