Fugitive parce que reine

Couverture du livre « Fugitive parce que reine » de Violaine Huisman aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072765629
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Maman était une force de la nature et elle avait une patience très limitée pour les jérémiades de gamines douillettes. Nos plaies, elle les désinfectait à l'alcool à 90 °, le Mercurochrome apparemment était pour les enfants gâtés. Et puis il y avait l'éther, dans ce flacon d'un bleu céruléen... Voir plus

« Maman était une force de la nature et elle avait une patience très limitée pour les jérémiades de gamines douillettes. Nos plaies, elle les désinfectait à l'alcool à 90 °, le Mercurochrome apparemment était pour les enfants gâtés. Et puis il y avait l'éther, dans ce flacon d'un bleu céruléen comme la sphère vespérale. Cette couleur était la sienne, cette profondeur du bleu sombre où se perd le coup de poing lancé contre Dieu».

Ce premier roman raconte l'amour inconditionnel liant une mère à ses filles, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais l'écriture poétique et sulfureuse de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d'une femme, une femme avant tout, qui n'a jamais cessé d'affirmer son droit à une vie rêvée, à la liberté.

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  • C'est superbement écrit.
    Dans un premier temps l'auteur nous raconte son enfance et celle de sa sœur auprès d'un mère maniaco dépressive; puis dans un second la vie de sa mère de sa naissance à sa mort.
    Cela m'a fait penser à "rien ne s'oppose à la vie" de Delphine DE VIGAN: la vie auprès 'une...
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    C'est superbement écrit.
    Dans un premier temps l'auteur nous raconte son enfance et celle de sa sœur auprès d'un mère maniaco dépressive; puis dans un second la vie de sa mère de sa naissance à sa mort.
    Cela m'a fait penser à "rien ne s'oppose à la vie" de Delphine DE VIGAN: la vie auprès 'une mère malade et excessive.
    Cela permet de comprendre ce que signifie vivre avec cette maladie et l'impact sur les proches.
    Les mots sont forts, parfois difficiles... a lire

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  • 256 pages !

    256 pages où chaque détail compte !

    256 pages où chaque sentiment, du plus déroutant au plus marquant s'invite chez vous !

    256 pages où vous serez touchés !

    256 pages d'amour filial...

    Vous faut-il d'autres arguments pour vous convaincre d'ouvrir ce premier roman...
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    256 pages !

    256 pages où chaque détail compte !

    256 pages où chaque sentiment, du plus déroutant au plus marquant s'invite chez vous !

    256 pages où vous serez touchés !

    256 pages d'amour filial...

    Vous faut-il d'autres arguments pour vous convaincre d'ouvrir ce premier roman ?

    Ce roman est particulièrement intense, s'y mêle l'autobiographie d'une relation ultra compliquée et / ou fabuleuse : la relation mère-fille.

    Violaine Huisman nous propose un récit percutant qui va nous emmener dans le quotidien de deux jeunes filles avec une mère originale. Originale dans sa façon d'être car elle sera toujours là où on s'y attend le moins.

    Catherine, la maman, a une façon tout à fait singulière d'élever ses filles. Elles apprendront tôt l'autonomie, la gestion des émotions et comment on élève sa mère !

    Car oui, le texte nous sera parfois dur à comprendre et à imaginer tant on est loin du cliché classique de la maman qui prend soin absolument tout le temps de ses enfants en s'oubliant. Mais personne n'est parfait et lorsque l'on devient parent on doit être prêt à assumer ce que l'on est. On ne peut pas mentir à un enfant !

    Violaine Huisman nous décrit plutôt une maman qui au-delà de la maternité cherche finalement qui elle est.

    Vous ne trouverez pas dans ce roman de faux-semblants, Violaine Huisman vous livre son histoire telle qu'elle l'a vécue. Avec des bons mais aussi de mauvais moments. Ce qui fait la richesse de cet ouvrage réside dans cela, une sincérité qui parfois vous poussera dans vos retranchements, vous fera remettre douter, vous remettre en question, vous fera verser une larme aussi.

    C'est un premier roman riche d'émotions qui vous colleront à la peau. La relation mère-fille est la première relation de votre vie finalement et c'est celle qui vous accompagnera toute votre vie.

    Ce roman m'a happée et m'a beaucoup touchée, de part le sujet mais également parce que c'est aussi la première fois que je lis un livre dont l'héroïne porte le même prénom que moi. C'est assez troublant par moment car mon prénom est peu commun alors je crois que c'est ce qui a fait aussi de cette lecture un moment unique.


    Laissez-vous porter par les mots de Violaine Huisman et vous ne serez pas déçus, un gros coup de cœur pour moi en tout cas !


    Ce roman figure dans la sélection de janvier 2018 des 68 premières fois et fait partie de mon top 3 pour l'instant !

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  • En refermant ce livre autobiographique (ou presque) je suis un peu perplexe.

    C’est très bien écrit, et la plume de Violaine Huisman est formidable. L’histoire est passionnante, et tous les ingrédients sont présents, pour rendre le lecteur accro aux aventures de Catherine et de ses filles...
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    En refermant ce livre autobiographique (ou presque) je suis un peu perplexe.

    C’est très bien écrit, et la plume de Violaine Huisman est formidable. L’histoire est passionnante, et tous les ingrédients sont présents, pour rendre le lecteur accro aux aventures de Catherine et de ses filles !
    Un roman réussi, incontestablement dû au talent de l’auteure. Ce livre se lit d’une traite, les émotions sont là ! Bravo.

    Toutefois, je suis un peu étonnée, car avant de le lire, j’ai lu plusieurs avis ou articles dans la presse.
    Certaines phrases avaient retenu toute mon attention comme :

    « Une femme extravagante, excessive et déterminée. Une héroïne entre vice et sublime… »

    « Un roman qui raconte l’amour inconditionnel envers ses filles…Une envie de liberté et d’affirmation à son droit à une vie rêvée. »

    Et c’est sur ce point, que j’ai été déroutée, car pour moi, l’héroïne n’est pas Catherine, mais ses filles ! CAR quelle enfance elles ont eu !

    Alors suis-je trop terre-à-terre ? Car pour résumé, cette mère est atteinte d’une maladie qu’on appelle maintenant la bipolarité (maniaco-dépressive) et qu’elle a des attitudes choquantes.

    Juste quelques exemples :
    Elle est « addicte » à l’alcool, aux drogues, aux médicaments, vie instable (amant ou amante, remariage, manque de discrétion sur le plan intime envers ses filles).
    Une éducation envers ses filles parfois choquantes : laisse le bébé pleurer tout une nuit car elle est partie de chez elle, des scènes et des paroles perturbantes envers ses filles comme « se démerder », à « lui foutre la paix » ou quand elle perd plusieurs fois connaissance dans son appartement et que les filles doivent essayer de la réveiller.
    Elle conduit très vite, au risque de blesser les autres et sa propre famille.
    Elle est excessive en tout, elle met le feu à son studio de danse, elle tue le chien et elle vole dans les magasins.
    Alors ce qui me dérange, ce n’est pas tout ce qu’elle a pu faire dans sa vie, mais ce qui m’interpelle, c’est de lire que cette femme Catherine est une héroïne, une combattante, une mère à l’amour inconditionnel, qu’elle revendique le droit à la liberté et au rêve.

    J’ai une impression, peut-être à tort, qu’on cautionne son comportement inconscient.

    Pour moi, c’est la vie d’une femme malade qui a essayé de faire au mieux avec sa maladie, avec ses fêlures, ses défauts et ses qualités mais, à quel prix ?! En mettant souvent ses filles en danger.

    Pour conclure, il y a deux facettes dans ce roman : le contenu et la façon de la raconter.

    Le contenu m'a dérangé, mais par contre j'admire le courage, la franchise qu’il a fallu à Violaine Huisman pour l’écrire. Incontestablement, le lecteur devine la puissance de leur amour envers leur maman, mais aussi entre-elles. Ce qui m’a beaucoup touché, c’est l’amour de ses deux sœurs, se protégeant et s’aidant dans les moments difficiles.

    Comme tous les enfants, ils pardonnent à leurs parents leurs failles, car quoiqu’il se passe, ils les aiment.
    Mais des comportements aussi irresponsables seraient normalement pointés par les services sociaux...Les parents sont passés à travers, alors tant mieux, peut-être pour les filles (ou pas) ?! Le fait que les parents jouissaient d'une bonne situation financière a permis qu'on les laisse tranquille.

    Un petit goût amer…sauf si on se dit que c’est uniquement de la fiction, malheureusement ce n’est pas le cas.

    À moins que je sois complètement hors sujet ! Je reste dubitative sur la perception que l’on a de cette histoire.

    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.fr/2018/04/fugitive-parce-que-reine.html

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  • Voilà un livre qui ne vous laissera pas indifférent. Ce roman, basé sur l’histoire personnelle de l’auteur et de sa propre mère, est fort, direct et sans artifices, et même perturbant. Violaine raconte son enfance et celle de sa sœur aînée, et leur relation à leur mère, à la fois fusionnelle et...
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    Voilà un livre qui ne vous laissera pas indifférent. Ce roman, basé sur l’histoire personnelle de l’auteur et de sa propre mère, est fort, direct et sans artifices, et même perturbant. Violaine raconte son enfance et celle de sa sœur aînée, et leur relation à leur mère, à la fois fusionnelle et violente, imprégnée de la bipolarité et de l’extrême fragilité de cette mère hors norme. Afin de comprendre cette fissure qu’elle perçoit, Violaine Huisman remonte plus loin dans le temps et nous parle de la terrible carence d’amour qu’a vécue sa mère enfant, cette souffrance originelle source de ses excès et de ses déséquilibres. Enfin, devenues adultes, Violaine et sa sœur ont maintenu le lien avec cette mère si singulière et excessive, et sont terriblement affectées par sa disparition. Il est question d’amour, d’amour maternel, inconditionnel, oppressant et même destructeur. Toutefois, si les relations sont violentes, le sujet douloureux, les enfants qui grandissent dans ce tumulte sont résilients et indéfectiblement attachés à leur mère. Ce livre est bouleversant de sincérité.

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  • Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/04/fugitive-parce-que-reine-de-violaine-huisman.html

    Novembre 1989, chute du mur de Berlin. Mais ici en France, une autre chute se profile sous les yeux impuissants de deux petites filles, Elsa et Violaine. Cette chute est celle de Catherine, leur...
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    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/04/fugitive-parce-que-reine-de-violaine-huisman.html

    Novembre 1989, chute du mur de Berlin. Mais ici en France, une autre chute se profile sous les yeux impuissants de deux petites filles, Elsa et Violaine. Cette chute est celle de Catherine, leur mère, qui sombre dans une telle folie que l’internement est inévitable. Elle n’en pouvait plus, un trop de plein de douleur dans son corps.
    Elsa et Violaine ont toujours connu leur mère dans cet état. La dépression, les accès de violence, les cris. L’amour aussi, incontrôlable, débordant, maladroit. Violaine retrace cette enfance entre deux eaux. Cette femme d’une beauté à couper le souffle qui renferme tant de malheurs dont elle n’a jamais su se débarrasser. Un passé trop lourd, une vie saccagée que ses filles ne réussiront pas totalement à sauver.

    Les mots sont crus, Violaine Huisman ne prend aucun gant, elle déplie les souvenirs en puisant dans ses tripes, on sent qu’elle a dû se faire violence pour réussir à sortir, à partager ces années de tourments autant que d’amour. Et elle parvient à le faire sans sombrer dans le larmoyant.
    Oui mais voilà, plus j’avance dans ma lecture et plus je me dis que je connais cette enfance, elle n’est pas la première à décrire une mère dépressive, extravagante, torturée. Et puis d'un coup, d'un seul, sans que je m'y attende, un électrochoc. Une phrase, un passage, tout petit, au milieu de ces descriptions de vie foisonnantes, qui me raidit instantanément. Elle a ouvert les vannes. Dès lors, j'ai aimé un peu plus Catherine ou du moins je l'ai comprise un peu plus. C'était au début de la deuxième partie. Quand Violaine Huisman inverse les rôles. Qu'elle opte pour le point de vue de sa mère. C'est là que la rencontre a eu lieu entre elle et moi.

    Alors les mots s'enchaînent, s'envolent, se font violence, folie, amour, liberté. Comme Catherine, cette reine jamais rassasiée de vie, d'envie, de grand, de beau. Hystérique, amoureuse. Droguée, passionnée. Sexuelle. Danseuse à la beauté inouïe. Sans concession. Avide de plaisir. Avide d'amour pour ses filles.
    Mais aussi trompée. Trahie. Bafouée. Rejetée par une mère, brisée par un père. Soufflée par une maladie. Manipulée parfois autant qu'elle est manipulatrice. Aussi libre que dépressive. Jusqu'à la folie.
    Les fissures apparaissent, s’agrandissent sous la plume de sa fille qui devient biographe de cette reine. Comment maintenir le cap quand on a tant souffert ? Quand le cœur puis la tête et le corps lâchent prise, comment tenir debout ? Peut-être grâce à l'amour maternel et filial car Violaine dit aussi à quel point ce lien entre elles trois était fort, indéfectible. A quel point Catherine rêvait pour elles d’un avenir bien différent de cette vie qui glissait sur elle. Mais la mort rode. Et vient l’après. Alors Violaine replace le « je », une dernière fois. Pour rendre hommage et trouver sa place au creux du vide que cette mère a laissé derrière elle. Et elle nous offre des pages d’une beauté surprenante qui transpirent d’amour, qui disent que non, elle n’aurait pas voulu d’une autre mère, « maman restait à mes yeux plus héroïque que quiconque. Maman était mon héroïne, un point c’est tout. ».

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  • Violaine avait 10 ans quand sa mère a été internée de force, tirée de sa maison de vacances, camisole au corps. A travers ce récit, elle retrace son enfance, celle de sa mère, essayant de trouver un sens à cet épisode tragique et à la vie mouvementée qui s’en est suivie. Elle nous confie d’abord...
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    Violaine avait 10 ans quand sa mère a été internée de force, tirée de sa maison de vacances, camisole au corps. A travers ce récit, elle retrace son enfance, celle de sa mère, essayant de trouver un sens à cet épisode tragique et à la vie mouvementée qui s’en est suivie. Elle nous confie d’abord en vrac des scènes de son enfance, la séparation de ses parents, le remariage de sa mère, la découverte de leur véritable grand-père, les vacances en Corrèze, la séparation d’avec Ducon, les visites régulières des pompiers… Puis elle nous reconstitue minutieusement la vie de sa mère, de sa naissance non désirée à cet internement forcé, ce parcours chaotique expliquant tout ou presque, les extravagances, les excès, la liberté érigée comme principe de vie, la force et la faiblesse de cette femme qui ne vivait pas à moitié.

    Difficile pour moi d’entrer dans cette lecture. La première partie du livre n’a pas su me parler, je n’ai pas accroché avec ces longues phrases interminables, ces digressions incompréhensibles, ce sentiment d’urgence qui montrait que l’auteure se débarrassait là d’un bagage devenu trop lourd à porter. Elle en dit beaucoup, elle tourne autour du pot, sans jamais vraiment rentrer dans le détail de cet évènement tragique. Je n’ai pas été touchée par cette première partie, j’ai trouvé l’humour maladroit, je n’ai pas ressenti l’amour inconditionnel de cette fille pour sa mère. Sujet trop sensible peut-être, je n’ai pas pu prendre de la distance pour apprécier le côté littéraire du récit.

    J’allais abandonner ma lecture, quand la seconde partie s’est annoncée – et là, tout a changé. C’est là que Violaine rend vraiment hommage à sa mère, en restituant son histoire, en explorant ses forces et ses failles, en allant au plus profond de ses sentiments contradictoires, en révélant la femme plus que la mère maniaco-dépressive. C’est bien raconté, avec un style plus mesuré, plus poli que dans la première partie : on admire Catherine, on l’envie, on comprend là toute la suite. Les deux dernières parties du récit m’ont véritablement touchée, mon coeur s’est serré vers la fin quand l’auteure a évoqué les derniers moments de sa mère et les efforts incroyables faits par ses filles pour accéder à ses dernières volontés. C’est une superbe leçon de vie que l’histoire de cette femme qui s’est brûlé les ailes à vouloir vivre trop intensément.

    Une jolie découverte, en demi-teinte pour moi, mais je suis contente d’être allée au bout et d’avoir pu découvrir cette histoire.

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  • Un tourbillon d’amour à l’image de cette reine, tourbillon d’émotions, de logorrhées, de fantaisie, d’excès, un coup de cœur que ce premier roman de Violaine Huisman.
    Pourtant, la première partie m’avait (presque) laissée de marbre, vaguement suspicieuse ; encore un psychodrame familial...
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    Un tourbillon d’amour à l’image de cette reine, tourbillon d’émotions, de logorrhées, de fantaisie, d’excès, un coup de cœur que ce premier roman de Violaine Huisman.
    Pourtant, la première partie m’avait (presque) laissée de marbre, vaguement suspicieuse ; encore un psychodrame familial construit sur des enfances bousculées, un écrivain qui livre sa part d’intime à un lecteur bien malgré lui dans la peau d’un psychologue. J’ai été surprise par l’absence de chapitre, de fil conducteur, des paragraphes qui se succèdent au fil de la narration. L’auteure parle à la première personne et se livre sans réserve.
    C’est la deuxième partie qui donne un sens au récit et prend aux tripes. Catherine, la mère de la narratrice est conçue dans des circonstances tragiques et voit le jour malgré la volonté de sa mère. Malade, elle passera sa prime enfance à l’hôpital sans la moindre visite. Quand elle ressort, elle fait preuve d’une énergie, d’une indiscipline hors du commun, ne se pliant à aucune règle. Jeune adulte, la rencontre avec Antoine, son deuxième mari et le père de ses filles, est le détonateur. Lui aussi est fantasque et sans limites, il est riche et se permet toutes les folies. Leur union sera un vaste champ de bataille et d’amour, les deux filles au milieu. Toute leur enfance elles soutiennent leur mère, accro aux drogues, aux médicaments, un tsunami imprévisible, les deux sœurs sont toujours inquiètes qu’elle ne se réveille pas. Une mère qui met ses filles en danger en dépit de la protection dont les enfants doivent bénéficier.
    Les deux sœurs m’ont bluffée par leur solidarité, et l’amour inconditionnel qu’elles vouent à leur mère, leur résistance et leur apprentissage de la liberté.
    J’ai lu pratiquement d’une traite ce roman époustouflant, superbement bien écrit, à la fois poétique et cru, qui ne peut laisser indifférent. Vous n’en sortirez pas indemne, le sourire aux lèvres et les yeux un peu brouillés puisque la dernière partie du livre est consacrée au deuil de mère hors du commun.
    Quel bel hommage et preuve d’amour que ce roman. Violaine HUISMAN possède un grand talent, je guette ses prochains écrits.
    Lu dans le cadre des 68premières fois

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  • fugitive parce que reine
    Alors que défilent les images de la Chute du mur de Berlin, la petite Violaine, 10 ans, y superpose la chute brutale de sa mère. Tout comme sa soeur Elsa, 13 ans, elle est encore sous le choc de la vérité qu’une âme charitable a bien voulu lui avouer après des mois...
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    fugitive parce que reine
    Alors que défilent les images de la Chute du mur de Berlin, la petite Violaine, 10 ans, y superpose la chute brutale de sa mère. Tout comme sa soeur Elsa, 13 ans, elle est encore sous le choc de la vérité qu’une âme charitable a bien voulu lui avouer après des mois d’incertitudes et d’errance : sa mère est maniaco-dépressive et a été internée de force après un accident de voiture avec ses filles.

    Il y a, dès le début, une écriture nerveuse qui nous happe par son urgence. Les mots s’entrechoquent, les voix se bousculent, les souvenirs se cognent. On y entend une petite fille angoissée, puis une adolescente qui raconte à la fois sa peur et son "ravissement ébloui". D’un souffle, d’un seul presque, se dresse le portrait d’une mère détruite par l’alcool et les médicaments, traumatisée par son internement forcé, une mère à ramasser à la petite cuillère, un paquet chiffonné qu’il faut sans cesse relever dans le couloir, qui frappe, qui insulte, qui souffre, qui gémit, qui pleure. Une femme détestable et vulgaire parfois, qui n’utilise aucun filtre pour ses filles ; amants et maîtresses défilent sans discrétion dans cet appartement à la dérive. Le père de Violaine, l’ex-mari, lui, passe tous les soirs. Sa manière à lui, égoïste, sans concessions, d’être père sans se mouiller, sans s’impliquer réellement. La seule chose que ce grand bourgeois atypique sait offrir, c’est l’argent qui laisse à flot ce navire toujours sur le point de couler.

    « Maman était une force de la nature et elle avait une patience très limitée pour les jérémiades de gamines douillettes. Nos plaies, elle les désinfectait à l’alcool à 90 °, le Mercurochrome apparemment était pour les enfants gâtés. Et puis il y avait l’éther, dans ce flacon d’un bleu céruléen comme la sphère vespérale. Cette couleur était la sienne, cette profondeur du bleu sombre où se perd le coup de poing lancé contre Dieu.»

    Alors comment s’en sortir, comment grandir « dans ce bordel sans nom » ?

    Heureusement, il y a tout cet amour. L’amour comme un miracle. L’amour de deux petites filles pour leur mère qui tairont leur vie à l’extérieur pour éviter de la perdre à nouveau et qui utilisent la formule magique qui tranquillise leur mère. L’amour émouvant et indestructible entre deux sœurs solidaires et affectueuses. L’amour écorché d’une mère pour ses enfants, excessif mais véritable, défaillant mais admirable.

    "Cet amour fou, cette passion intenable que représentaient deux moutardes avec leurs emmerdements à tous âges, cet amour qui n’en finissait pas, qui ne pouvait finir, qui survivait à tout, flambait plus haut que tout, pardonnait tout, cet amour qui la faisait nous appeler, quand nous n’étions pas des petites connes ou des salopes ou des pétasses, mes chéries adorées que j’aime à la folie, cet amour la fit vivre autant qu’elle le put."

    "Nous avions une expression consacrée, une expression que nous lui avions consacrée, ma soeur et moi : maman chérie que j’aime à la folie pour toute la vie et pour l’éternité du monde entier. Cette formule magique qui arrivait parfois à retourner sa colère et métamorphoser son humeur. Soudain elle retrouvait son calme, elle était rassurée, nous l’aimions au point de toujours parer ses assauts avec la fulgurance de notre affection. Le revers de sa rage n’était pas la sobrieté mais la vénération ."

    Qui est-elle réellement, cette femme ? Que s’est-il passé pour qu’elle devienne cette mère au bout du rouleau ? C’est ce que l'on apprend dans la deuxième partie. Sur un ton plus apaisé, plus distancié aussi, une vie entière se dessine, celle de Catherine, la femme avant la mère. D’abord, une enfant effrayée, traumatisée à jamais par une longue hospitalisation sans aucune visite, pas même celle de sa mère Jacqueline. Celle-ci, pleine d'aigreur et de froideur ne saura jamais lui donner l'affection qu'elle attend, mais pour autant, elle la donnera à ses petites filles et deviendra même leur bouée leur équilibre. Mais soit, Catherine a du caractère, une immense force de caractère qui lui fait soulever des montagnes, et qui lui fera exercer la danse malgré sa jambe plus courte que l'autre. Catherine est une femme amoureuse de l’amour. Elle aime comme elle vit, avec passion, à s’écorcher le cœur. Et plusieurs fois, elle chutera. C’est une femme sublime qui portera sa beauté comme un bouclier sur ses failles, mais qui sera son poison son fardeau. Certes, les hommes l’aimeront. Passionnément. Certes, elle sera adorée, adulée. Mais elle sera aussi manipulée, trompée, blessée, quittée.

    A la fin du récit, Violaine revient sur les dernières années et évoque la mort et le deuil de cette mère qu’elle et sa sœur ne cesseront jamais d’aimer. Catherine aura perdu tous ses amis et aura refait sa vie à l’étranger, mais partout, son mal de vivre la suivra.

    Ce roman coup de poing a été pour moi un vrai coup de cœur. C’est un récit autobiographique dont on ressort muet. Abasourdi. Vacillant. Catherine, on la déteste, puis on l’aime un peu, puis beaucoup, puis parfois plus du tout. A la fin, on ne la juge plus, on la regarde vivre et se mouvoir. On aime tout cet amour, plus fort que tout.

    Quel bel hommage que rend Violaine à sa mère ! La ressusciter pour elle et pour nous, et laisser d’elle, grâce à ce roman, une trace indélébile dans le monde. J’ai apprécié le regard toujours bienveillant, sincère, sans concessions ni pathos, de cette fille sur sa mère. Une femme libre qui aime, qui vibre, et qui chute sans cesse mais qui se relève, toujours plus fragile à chaque fois. Une reine. Une fugitive qui en rappelle d'autres : celles de "En attendant Bojangles" et de "Rien ne s'oppose à la nuit ". Pour moi, toutes les trois resteront inoubliables.

    https://dingue2livres.wordpress.com/2018/02/23/fugitive-parce-que-reine-violette-huisman-gallimard/

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  • Voici l'histoire d'un fille qui raconte sa mère. D'abord par son regard ingrat et critique d'adolescente. Puis par celui intime et compréhensif d'une enfant devenue adulte. Finalement, après les reproches et le pardon, ne subsiste que le manque.

    Voici l'histoire d'un fille qui raconte sa mère. D'abord par son regard ingrat et critique d'adolescente. Puis par celui intime et compréhensif d'une enfant devenue adulte. Finalement, après les reproches et le pardon, ne subsiste que le manque.

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  • Ce livre m'a bouleversée, il m'a même beaucoup marquée. Avec une grande finesse et une belle sensibilité, Violaine Huysmans raconte sa mère, à la fois fantasque et dépressive. Thème récurrent de la littérature, la mère est dépeinte ici comme un personnage fascinant, rempli de contradictions, de...
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    Ce livre m'a bouleversée, il m'a même beaucoup marquée. Avec une grande finesse et une belle sensibilité, Violaine Huysmans raconte sa mère, à la fois fantasque et dépressive. Thème récurrent de la littérature, la mère est dépeinte ici comme un personnage fascinant, rempli de contradictions, de pulsions de vie et de regrets morbides. Fugitive parce que reine (coup de coeur aussi pour ce titre si poétique), raconte surtout l'histoire de trois femmes: Violaine, sa mère et sa soeur. Comment grandir quand sa propre mère inspire à la fois l'admiration, l'amour fou, et la crainte ? Les deux soeurs évoluent dans les médicaments, l'alcool, la cigarette et les crises bipolaires d'une mère tantôt protectrice, tantôt absente.
    J'ai trouvé le livre très habilement construit : tandis que la première et la troisième partie sont racontées du point de vue de la fille pressée d'écrire les émotions qui l'habitent depuis l'enfance, la deuxième partie rend un magnifique hommage à cette mère qui a fait autant que possible. On y lit une femme libre, résolument moderne, en phase avec elle-même, obstinée et parfois en proie à ses propres démons. On y lit surtout une femme humaine, aimante autant qu'elle peut, qui gère sa vie et ses filles aussi bien qu'elle l'espère.
    L'écriture colle parfaitement aux émotions de la mère et de la fille, ce livre m'habitera encore longtemps.

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