Elmet

Couverture du livre « Elmet » de Fiona Mozley aux éditions Joelle Losfeld
Résumé:

John Smythe est venu s'installer avec ses enfants, Cathy et Daniel, dans la région d'origine de leur mère, le Yorkshire rural. Ils y mènent une vie ascétique mais profondément ancrée dans la matérialité poétique de la nature, dans une petite maison construite de leurs mains entre la lisière de... Voir plus

John Smythe est venu s'installer avec ses enfants, Cathy et Daniel, dans la région d'origine de leur mère, le Yorkshire rural. Ils y mènent une vie ascétique mais profondément ancrée dans la matérialité poétique de la nature, dans une petite maison construite de leurs mains entre la lisière de la forêt et les rails du train Londres-Édimbourg. Dans les paysages tour à tour désolés et enchanteurs du Yorkshire, terre gothique par excellence des soeurs Brontë et des poèmes de Ted Hughes, ils vivent en marge des lois en chassant pour se nourrir et en recevant les leçons d'une voisine pour toute éducation.
Menacé d'expulsion par Mr Price, un gros propriétaire terrien de la région qui essaye de le faire chanter pour qu'il passe à son service, John organise une résistance populaire. Il fédère peu à peu autour de lui les travailleurs journaliers et peu qualifiés qui sont au service de Price et de ses pairs. L'assassinat du fils de Mr Price déclenche alors un crescendo de violence ; les soupçons se portent immédiatement sur John qui en subit les conséquences sous les yeux de ses propres enfants...
Ce conte sinistre et délicat culmine en une scène finale d'une intense brutalité qui contraste avec la beauté et le lyrisme discret de la prose de l'ensemble du roman.

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Avis (7)

  • C est le récit d une famille qui décide de construire leur propre maison dans un terrain qui ne leur appartient pas.
    Hélas ils vont être confronté à des éléments perturbateurs qui vont commencer à les entouré, leurs maisons est menacée.
    Ils vont trouver de l'aide auprès d'une communauté de...
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    C est le récit d une famille qui décide de construire leur propre maison dans un terrain qui ne leur appartient pas.
    Hélas ils vont être confronté à des éléments perturbateurs qui vont commencer à les entouré, leurs maisons est menacée.
    Ils vont trouver de l'aide auprès d'une communauté de travailleur ..
    La nature occupe une place très importante dans ce premier roman.

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  • Excellent 1er roman, et vraie réussite!
    John Smythe, retourne s'installer sur les terres de sa femme, avec son fils et sa fille.
    Mais ce qui semble simple avec ce début d'histoire va se révéler plus complexe. En effet, John et ses enfants vivent un peu en marge de la société, et en dehors des...
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    Excellent 1er roman, et vraie réussite!
    John Smythe, retourne s'installer sur les terres de sa femme, avec son fils et sa fille.
    Mais ce qui semble simple avec ce début d'histoire va se révéler plus complexe. En effet, John et ses enfants vivent un peu en marge de la société, et en dehors des lois. Les enfants sont grands et non scolarisés, et lui gagne sa vie dans des combats de boxe clandestins.
    Ils vivent dans les bois, dans la nature, seuls et avec peu de contacts extérieurs.
    Mais très vite leur présence dérange, en particulier M Pryce, propriétaire du terrain qui va chercher à les manipuler .
    Roman, terrible et dur , ou l'auteur utilise un style "froid" qui correspond bien à la situation des personnages.
    L'histoire est racontée du point de vue du fils, avec une acuité et un sensibilité délicate quand l'auteur évoque les relations humaines, ou la nature environnante ;
    Un très bon roman, ce qui est rare de nos jours !!!

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  • Un western, un conte... Elmet, ce roman aux mille facettes, peut être qualifié de bien des façons. le lyrisme y côtoie la brutalité ; les splendides descriptions de la nature du Yorkshire laissent place à des scènes de violence humaine.
    John et ses deux enfants, Cathy et Daniel, vivent isolés...
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    Un western, un conte... Elmet, ce roman aux mille facettes, peut être qualifié de bien des façons. le lyrisme y côtoie la brutalité ; les splendides descriptions de la nature du Yorkshire laissent place à des scènes de violence humaine.
    John et ses deux enfants, Cathy et Daniel, vivent isolés dans les bois, dans une maison que John a construite de ses mains.
    Les adolescents grandissent libres de toute contrainte sociale ; tout au plus vont-ils prendre des cours chez Vivien, une amie de leur père, cours qui consistent pour Cathy à errer dans les bois pendant que Daniel et Vivien discutent de leurs lectures.
    Mais cette belle harmonie ne va pas durer... Attention d'ailleurs à ne pas lire la quatrième de couverture qui dévoile les trois-quarts de l'intrigue.
    Ces derniers mois, j'ai rencontré de beaux et forts personnages et Cathy a sa place au côté de Tracy (Sauvage), de Turtle (My absolute darling) ou même de Harley (Mon territoire). Dès les premières pages, elle semble crever le papier et nous saute aux yeux, tout comme à ceux qui la croisent. Cathy existe pour elle, et pour sa famille. le reste du monde lui importe peu.
    Daniel, le narrateur, est plus observateur, plus posé. Cette inversion des rôles attendus est très intéressante car Elmet est, selon les mots-mêmes de Fiona Mozley, un roman sur la physicalité, sur la façon dont le monde nous perçoit selon notre corps.
    C'est également un roman sur la violence et l'exploitation des corps ; les corps des femmes bien entendu, mais également l'exploitation de la force des hommes, emplois sous-payés, hommes de main...
    Fiona Mozley aborde de multiples thèmes mais ne s'y perd pas. C'est un premier roman maîtrisé et foisonnant et je serai au rendez-vous pour son second roman, qui est presque achevé.

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  • Cathy et Daniel vivent dans les bois avec leur père John qui a construit sa maison dans une petite clairière d'un bois appartenant à sa femme, partie depuis longtemps.

    Ensemble, ils ont construit le mobilier, poli les planches du sol et des murs, récupéré une cuisinière et attrapé du gibier...
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    Cathy et Daniel vivent dans les bois avec leur père John qui a construit sa maison dans une petite clairière d'un bois appartenant à sa femme, partie depuis longtemps.

    Ensemble, ils ont construit le mobilier, poli les planches du sol et des murs, récupéré une cuisinière et attrapé du gibier ou ramassé des baies pour se nourrir.

    Les enfants ne vont plus à l'école, une voisine Vivien leur distille son savoir, et les incite à la lecture 

    Une vie profondément traditionnelle et bucolique dans un environnement où seules retentissent les sirènes des express Londres-Edimbourg qui sillonnent la région ...

    John est parfois employé par Mr Pryce, un gros propriétaire local qui monte des combats de boxe clandestin ou utilise les muscles de John pour récupérer des créances ...  jusqu'au jour où Mr Pryce veut les expulser ... 

    Daniel nous raconte cette histoire, calmement, posément en narrant les faits qui se sont déroulés depuis le décès de leur grand-mère et leur emménagement avec leur père.

    Dès qu'il débute son récit, on sait que l'histoire a mal fini, puisque dans ces pages en italiques insérées entre chaque chapitre, Daniel recherche Cathy et erre, affamé, le long des routes de la région.

    Et effectivement la tension monte peu à peu, inexorablement, jusqu'à la terrible scène finale ... 

    Et cette question en suspens : que deviendra Daniel 

    Un roman poignant, dans une Angleterre des exclus rarement si bien décrite. 

    Le premier roman d'une auteur à suivre 

    Merci à Babelio et aux Editions Joëlle Losfeld de m'avoir permis de recevoir cet ouvrage dans le cadre de l'opération Masse critique de janvier 2020

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  • «À l’époque, il ne cherchait qu’une chose: nous endurcir contre l’inconnu. Contre les choses sombres du monde. Car plus on en savait, plus on serait armés. Et pourtant, le monde était totalement absent de nos vies»
    Cathy et Daniel vivent avec leur père John Smythe dans le Yorkshire. Ils se sont...
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    «À l’époque, il ne cherchait qu’une chose: nous endurcir contre l’inconnu. Contre les choses sombres du monde. Car plus on en savait, plus on serait armés. Et pourtant, le monde était totalement absent de nos vies»
    Cathy et Daniel vivent avec leur père John Smythe dans le Yorkshire. Ils se sont établis là, dans la région natale de leur mère, après avoir quitté la maison sur la côte à la suite du décès de leur grand-mère. «On était arrivés peu de temps avant mon quatorzième anniversaire. Cathy venait juste d’avoir quinze ans. C’était le début de l’été, ce qui laissait à papa tout le temps nécessaire pour construire la maison. Il savait qu’elle serait terminée bien avant l’hiver. Dès la mi-septembre, on put l’occuper.»
    John, qui a une stature imposante, gagne sa vie en participant à des combats rémunérés ou bien vend sa force de travail, passe des heures dans les bois à chasser et à abattre du bois, mais ne s’épanche guère sur ses activités devant sa progéniture. Un jour pourtant, il raconte à Cathy et Daniel qu'il est allé récupérer une somme d'argent qu’un ami, victime d'un accident, n’était plus à même de réclamer par lui-même. Il a ainsi pu réparer une injustice. Valeur cardinale à ses yeux.
    «À l’époque, il ne cherchait qu’une chose: nous endurcir contre l’inconnu. Contre les choses sombres du monde. Car plus on en savait, plus on serait armés. Et pourtant, le monde était totalement absent de nos vies…» 
    Quand Cathy est importunée par les jeunes collégiens, s’il se range derrière sa fille qui a choisi de ne pas se laisser faire et de défendre son petit frère, il ne proteste toutefois pas quand la directrice de l'établissement la réprimande pour avoir fait subir de mauvais traitements aux garçons. Il décide simplement de confier à Vivien, une amie, le rôle de préceptrice plutôt que de continuer à envoyer ses enfants à l'école.
    La confiance qu’il accorde à ses enfants le pousse à croire aussi Cathy lorsqu’elle raconte qu’elle a vu un homme près d'une jeune fille retrouvée morte, alors que la police avait conclu à un suicide. Une thèse qui ne sera du reste pas remise en cause avec la découverte d'un second cadavre. John prend alors l’initiative d’effectuer des rondes, mais sans résultat. S'il ne va pas voir la police, c'est qu'il est réticent à l'autorité. Et aux institutions de manière plus générale.
    Il n’aspire qu’à la paix, en quasi autarcie.
    Mais, par la confession du narrateur, le lecteur sait d’emblée que l’histoire a mal fini. Daniel se retrouve seul, sans argent, erre à la recherche de sa sœur. Que s'est-il passé? On ne le découvrira qu'à la fin du livre.
    En revanche, on apprend assez vite qu'un certain Price, qui possède quasiment toutes les terres du Comté, entend faire valoir ses droits de propriété sur le lopin où John a construit sa maison. Et que John organise la riposte, chargeant Daniel et Cathy d'en savoir plus sur la façon dont Price mène ses affaires et comment avec Coxswain, son homme de main, il exploite les familles.
    Le conte prend alors des allures de lutte des classes avec «un combat illégal pour régler légalement un différend.» Comme Joëlle Losfeld, on pense aux Raisins de la colère et à une tragédie contemporaine sur «l’enfance, la révolte, l’injustice, la tyrannie, la violence faite aux femmes, ais aussi le courage qu’il faut pour être libre et l’amour.»
    Le tour de force de Fiona Mozley étant de nous livrer le tout presque sous forme poétique, avec un style léger qui va soudain basculer dans l’horreur, donnant plus de force encore au choc final. C’est superbe !
    https://urlz.fr/bEO2

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  • John s’installe avec son fils Daniel, 14 ans, et sa fille, Cathy, 15 ans en marge de la société, dans une forêt du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre sur une terre qui appartient à un riche propriétaire foncier, Price. John gagne sa vie dans des combats à mains nus sur lesquels les paris...
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    John s’installe avec son fils Daniel, 14 ans, et sa fille, Cathy, 15 ans en marge de la société, dans une forêt du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre sur une terre qui appartient à un riche propriétaire foncier, Price. John gagne sa vie dans des combats à mains nus sur lesquels les paris affluent. Le père et ses enfants vivent en presque totale autarcie mais John les confient régulièrement à une amie, Vivien, pour leur éducation.
    Elmet, qui donne son titre au roman, est un royaume celte ancien d’Angleterre qui a disparu au 7ème siècle, où se rassemblaient les laissés pour compte, « un sanctuaire pour ceux qui souhaitaient échapper à la loi ». Le titre laisse deviner le fil conducteur du roman qui se déroule là où s’étendait Elmet.
    C’est sombre, noir, désespérant sans aucune lueur d’espoir d’autant que le narrateur est Daniel, encore naïf. La tension, la violence sont omniprésentes et culminent avec une scène finale d’une rare violence. Elle est bien sûr physique avec le père qui a toujours gagné sa vie avec les poings, parfois comme homme de main à tout faire même la sale besogne et avec la fille, salie par des regards concupiscents et agressée sexuellement à plusieurs reprises. Mais cette violence est aussi sociale car le roman oppose une communauté de pauvres journaliers, d’anciens mineurs, de femmes seules écrasés et exploités par de riches propriétaires terriens qui les brutalisent ; ils essayent de s’organiser et de se rebeller mais la loi du plus fort finit par l’emporter.
    Le corps est aussi un thème récurrent : celui de Cathy qui excite les désirs de ses camarades d’école puis, plus tard, des fils Price, celui de John, puissant, qu’il utilise comme outils de travail, celui de Daniel inadapté au milieu sauvage dans lequel il vit et qui ne correspond pas aux normes de son sexe.
    Ce roman m’a beaucoup rappelé « My absolute Darling » de Gabriel Tallent même si celui-ci se déroule aux Etats-Unis ; on retrouve la même volonté de vivre en marge de la société pour un père et sa fille, une vie autarcique, une fille qui sait se défendre à laquelle la violence ne fait pas peur, le corps d’une jeune fille comme objet de désir, une scène finale ultra-violente ; néanmoins, la différence essentielle réside dans le fait que dans « Elmet », le père aime ses enfants ce qui n’est pas le cas dans « My absolute Darling » où le père est un prédateur sexuel pour sa fille.
    Le style de Fiona Mozley est très expressif, puissant nous rendant la nature mais aussi la violence très proches.
    Malgré et peut-être à cause de toutes les qualités de ce roman, la tension et la violence permanentes m’ont mise mal à l’aise, j’ai lu comme en apnée en me demandant quelle horreur allait se passer et en sachant qu’elle serait inéluctable ; par ailleurs, j’ai trouvé trop de points communs avec « My absolute darling » ce qui a un peu gâché le plaisir de la découverte d’un nouvel auteur et de son premier roman.

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  • Fiona Mozley, je ne la connaissais pas. Je lis peu de littérature étrangère, mais "Elmet" était l’occasion de découvrir une auteure anglaise. Je ne savais pas qu’il s’agissait de son premier roman et encore moins qu’il avait été parmi les finalistes du "Man Booker Prize" en 2017. La curiosité...
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    Fiona Mozley, je ne la connaissais pas. Je lis peu de littérature étrangère, mais "Elmet" était l’occasion de découvrir une auteure anglaise. Je ne savais pas qu’il s’agissait de son premier roman et encore moins qu’il avait été parmi les finalistes du "Man Booker Prize" en 2017. La curiosité n’est pas toujours un vilain défaut.

    "Quand Hansel et Gretel rencontrent le parrain", j’avoue que j’aurais aimé trouver moi-même ce résumé de l’histoire émanant du Sunday Times. Il s’agit en effet de deux enfants, Daniel, le narrateur, et sa grande sœur Cathy, venus s’installer avec leur père dans le Yorshire. Ils vivent dans les bois, dans la petite cabane qu’ils ont construite, chassent et cueillent pour se nourrir. Ils ne fréquentent pas l’école et reçoivent pour toutes leçons ce que leur enseigne Vivien, une voisine. Leur vie est cependant heureuse, jusqu’à ce que Mr Price, un riche propriétaire, terrien menace de les expulser.

    L’ouvrage dégage un parfum bucolique et lyrique. "On arriva en été, quand le paysage était en fleurs, les journées longues et chaudes, la lumière douce. Je me promenais torse nu, et ma sueur était propre. J’aimais l’étreinte de cet air épais." L’écriture est linéaire, simple, directe, déclarative. Les phrases sont extrêmement courtes sans être sèches. Elles bercent le texte qui ondule telles les herbes de la forêt que la famille parcourt à l’envi. Chaque personnage possède une personnalité riche et particulièrement attachante et Fiona Mozley s’y entend pour dresser d’eux des portraits d’une grande beauté "Charlie (c’est le plus jeune des deux fils de Mr Price) avait les cheveux noirs et des yeux encore plus noirs… et il avait beau être terriblement beau, il y avait des demi-cercles grisâtres autour de ses yeux qui donnaient l’impression de saigner. Il avait… une peau qui prenait la couleur du ciel. Ce jour-là était couvert, si bien que sa peau était terne et pâle."

    La construction est intéressante qui petit à petit nous fait passer d’une histoire délicate, sensible, sylvestre, à un final d’une rare intensité et d’une extrême violence.

    Un roman superbement écrit, des personnages singuliers, des petits, des réprimés, et une montée en puissance impressionnante jusqu’au basculement dans l’horreur. Un premier ouvrage captivant et très réussi.

    https://memo-emoi.fr

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