Dans les forêts de Sibérie

Couverture du livre « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070451500
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

«Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois,... Voir plus

«Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché de vivre dans la lenteur et la simplicité.
Je crois y être parvenu.
Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à l'existence.
Et si la liberté consistait à posséder le temps?
Et si la richesse revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence - toutes choses dont manqueront les générations futures?
Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.»

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Articles (5)

Avis(59)

  • De tous les livres de Sylvain Tesson que j'ai pu lire, celui-là est mon préféré.
    j'ai été impressionnée par ce désir profond de l'auteur à vivre coupé du monde et dans des conditions extrêmes. Cela donne le frisson
    Une belle leçon d'humanité et un dépaysement garanti

    De tous les livres de Sylvain Tesson que j'ai pu lire, celui-là est mon préféré.
    j'ai été impressionnée par ce désir profond de l'auteur à vivre coupé du monde et dans des conditions extrêmes. Cela donne le frisson
    Une belle leçon d'humanité et un dépaysement garanti

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  • Sylvain Tesson, au cours d’un voyage, avait été fasciné par les rives du lac Baïkal, et s’était promis d’y retourner pour y passer du temps. C’est chose faite quelques années plus tard, quand il décide de s’installer en ermite dans une cabane au bord du lac.

    En février 2010, il commence donc...
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    Sylvain Tesson, au cours d’un voyage, avait été fasciné par les rives du lac Baïkal, et s’était promis d’y retourner pour y passer du temps. C’est chose faite quelques années plus tard, quand il décide de s’installer en ermite dans une cabane au bord du lac.

    En février 2010, il commence donc cette expérience radicale. Loin de tout, avec pour seule compagnie la visite très aléatoire de quelques voisins que l’on prend plaisir à rencontrer avec lui, pêcheurs, garde-chasse, mésanges…, il organise sa vie, rythmée par le travail physique et par le passage du temps qui s’étire.

    La vodka, bue à grands volumes, est également sa compagne, et on perçoit comme des fêlures dans cette vie choisie, rêvée sans doute aussi, dans cette expérience vécue entre plaisir et douleur.

    Sylvain Tesson se plonge aussi dans les nombreux livres qu’il a méticuleusement choisis, et emportés, pour accompagner sa retraite, comme une sorte de bibliothèque idéale. Il nous en livre de nombreux passages, il y puise du sens, sans doute est-ce ce qu’il cherche, du sens à la vie.

    Le silence, l’observation, ou au contraire l’abrutissement par une activité physique intense, l’introspection progressive permettent à l’auteur d’explorer ses sentiments, et on vit avec lui cette expérience d’ermite, de solitude absolue et de petitesse face aux éléments.

    Ce livre m’a beaucoup plu. J’ai aimé le récit d’une expérience unique, mais également la perception des failles de l’homme. Solitude choisie ou fuite, je me suis posée la question.

    En tous les cas c’est le récit d’une expérience unique, d’un moment très personnel et que j’ai trouvé très inspirant.

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2017/12/05/dans-les-forets-de-siberie-de-sylvain-tesson/

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  • Sylvain Tesson partage une formidable bouffé d'air frais qui fait énormément de bien à qui aspire à voyager. Dans un premier temps, seulement, car c'est aussi les réalités de la mélancolie et de la solitude qui se cachent derrière ces aspirations à la liberté.

    Plus encore que la découverte...
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    Sylvain Tesson partage une formidable bouffé d'air frais qui fait énormément de bien à qui aspire à voyager. Dans un premier temps, seulement, car c'est aussi les réalités de la mélancolie et de la solitude qui se cachent derrière ces aspirations à la liberté.

    Plus encore que la découverte du lac Baïkal, cette lecture concerne aussi la véritable nature de l'être humain. Sans forcément connaître le parcours de vie de l'auteur, des questions viennent spontanément à l'esprit du lecteur. Peut-on vivre seul ? L'ermite tient-il plus de l'animal que ce que l'on croit devoir être l'"Homme" ? À moins que l'animal et la nature ne nous soient moins étrangers que ce que l'on a coutume, trop souvent, de bien vouloir croire.

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  • Passer six mois, seul, au bord du lac Baïkal, Sylvain Tesson l’avait rêvé et il l’a réalisé, tenant son journal au jour le jour avec le talent d’écrivain qu’on lui connaît. Il faut plonger dans cette aventure physique, littéraire, humaine, tout simplement extraordinaire.

    « J’ai connu l’hiver...
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    Passer six mois, seul, au bord du lac Baïkal, Sylvain Tesson l’avait rêvé et il l’a réalisé, tenant son journal au jour le jour avec le talent d’écrivain qu’on lui connaît. Il faut plonger dans cette aventure physique, littéraire, humaine, tout simplement extraordinaire.

    « J’ai connu l’hiver et le printemps, le bonheur, le désespoir et, finalement, la paix… Au fond de la taïga, je me suis métamorphosé. » En quelques mots, il résume ce qu’il a vécu mais essayons de l’accompagner un peu.
    Après cinq heures de route sur les steppes glacées, le camion de Micha « ras la gueule », avec toutes ses provisions, le dépose au bord de ce lac de 700 km de long, 80 km de large, 1 500 m de profond avec une épaisseur de glace de 110 cm, à 450 m d’altitude. Il pense aux innocents jetés dans ce cauchemar alors que lui le fait de son plein gré. Sa cabane, 3 x 3 m, est un ancien abri de géologue dans une clairière de cèdres. Volodia, inspecteur forestier, a vécu là pendant 15 ans avec sa femme, Ludmila.
    L’inventaire de son matériel fait une place au paracétamol pour effacer les effets de la vodka et à un drapeau français pour le 14 Juillet. Sa caisse de livres est très complète et on peut découvrir la liste de lectures idéales. Seul enfin, il écrit : « Je vais enfin savoir si j’ai une vie intérieure. »
    Une fenêtre donne au sud, l’autre vers l’est et il va passer de longues heures, là, à regarder dehors : « … usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l’inspiration sortir. » Bien sûr, son poêle en fonte est très important car, à l’aube, il gèle dans la pièce et il faut vite rallumer le feu : « Lire, tirer de l’eau, couper le bois, écrire et verser le thé deviennent des liturgies… La forêt resserre ce que la ville disperse. »
    De temps en temps, sa solitude est brisée par des visiteurs très désagréables comme ces notables d’Irkourtsk, dans leurs 4x4, apportant bruit, laideur, grégarité testotéronique… Ils font le tour du lac en huit jours, ce fossile liquide vieux de 25 millions d’années.
    Le banya, version slave du sauna, permet de passer du feu à la glace car, dehors, il fait -30°… Véritable ermite, il se passionne pour des choses apparemment insignifiantes et pourtant essentielles comme cette mésange qui lui rend visite. Afin de briser la routine et pour explorer son environnement, Sylvain Tesson se lance dans beaucoup d’expéditions, découvre ainsi les montagnes alentour ainsi que l’autre versant, celui de la Léna et rend visite à ses plus proches voisins après… trois jours de marche.
    Deux chiots lui sont offerts, Aïka et Bêk, précieux compagnons : « Je suis empereur d’une berge, seigneur de mes chiens, roi des Cèdres du Nord, protecteur des mésanges, allié des lynx et père des ours. »

    Il pêche, boit de la vodka, fume, lit beaucoup, des philosophes, des polars pour souffler. Surtout, il tient son journal quotidien qu’il offre dans ce livre impressionnant qui emporte le lecteur sur des rives inconnues, du cœur de l’hiver au réveil du printemps.

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