Sylvain Tesson

Sylvain Tesson

Né le 26 avril 1972 à Paris, Sylvain Tesson est avant tout un voyageur chevronné. Fils du journaliste Philippe Tesson, ce géographe de formation effectue e tour du monde à vélo entre 1993 et 1994 et publie, suite à ce voyage, un premier ouvrage intitulé On a roulé sur la terre. En plus de ses voy...

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Né le 26 avril 1972 à Paris, Sylvain Tesson est avant tout un voyageur chevronné. Fils du journaliste Philippe Tesson, ce géographe de formation effectue e tour du monde à vélo entre 1993 et 1994 et publie, suite à ce voyage, un premier ouvrage intitulé On a roulé sur la terre. En plus de ses voyages, Sylvain Tesson est également célèbre pour monter sur les toitures d’églises et de cathédrales. Le voyageur écrivain a par ailleurs exprimé à plusieurs reprises son soutien au peuple tibétain.

Sylvain Tesson a publié différents ouvrages, dont de nombreux récits de voyage et des albums photographiques. Parmi ses publications les plus marquantes, Dans les forêts de Sibérie est un récit autobiographique pour lequel l’auteur a reçu le prix Médicis et qui raconte son retrait pendant 6 mois dans une cabane de Sibérie. Le récit Une vie à coucher dehors a par ailleurs été récompensé par le prix Goncourt de la nouvelle.

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Avis (116)

  • Couverture du livre « L'éternel retour » de Sylvain Tesson aux éditions Gallimard

    Nadia D'ANTONIO sur L'éternel retour de Sylvain Tesson

    Cinq petites nouvelles et c’est tout ? Oui mais elles sont de Sylvain Tesson avec « L’Éternel retour ». Alors ?
    Eh bien on y va, bien sûr et on va commencer par « L’Asphalte » puis « Les Porcs », « Le Lac », « L’île » et finir avec « Le Phare ». Des titres assez intrigants et qui font de...
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    Cinq petites nouvelles et c’est tout ? Oui mais elles sont de Sylvain Tesson avec « L’Éternel retour ». Alors ?
    Eh bien on y va, bien sûr et on va commencer par « L’Asphalte » puis « Les Porcs », « Le Lac », « L’île » et finir avec « Le Phare ». Des titres assez intrigants et qui font de demander ce que notre écrivain-voyageur a bien pu trouver à nous raconter cette fois. Mais avec lui, pas de souci avec son imagination débordante et sa vie d’aventurier. D’ailleurs il est infatigable, il faut le suivre et c’est bien volontiers pour ma part, car outre ses récits de voyages, sur la nature, ici c’est justement une confrontation de l’humain avec celle-ci.

    * Dans « L’Asphalte », on commence par voir le vieil Edolfius qui tousse, crache, s’étrangle à cause de la poussière soulevée par un camion.
    D’ailleurs : « Edolfius réfléchissait. Il se demandait au nom de quoi Tsalka, son village, n’avait pour desserte qu’une piste de cailloux. Pourtant, l’asphalte gagnait le reste du monde. Même en Afrique les villes tiraient leurs langues noires à travers la brousse. Toute l’humanité jusqu’au dernier des nègres foulait le goudron. » (page 11). Pourquoi pas chez lui en Géorgie, au piémont du Caucase ? Cette fois c’en est trop. « Tsalka ne peut échapper à la marche du siècle ». (page 18).
    Heureusement que l’État venait de signer un contrat avec une société pétrolière américaine et donc on intègre au programme l’ asphaltage tant attendu qui permettra le passage d’un pipeline.
    Mais les travaux ne vont pas se passer aussi aisément que cela et la question se pose de savoir si c’était une si bonne idée ? Le dénouement est étonnant et là, première gifle pour le lecteur.

    * Puis, bizarrement, on passe à la nouvelle « Les Porcs » mais avec l’auteur il ne faut s’étonner de rien car son esprit vagabonde dans ce tout petit livre de la collection Folio2 (deux euros – avec des extraits de « Une vie à coucher dehors »). Ici, c’est une plainte concernant l’élevage intensif de ces malheureuses bêtes : « La nuit, les cris sont dans ma tête. Ils me réveillent, vers une heure, après le premier sommeil. Mes cauchemars sont l’écho de ce mal ». Cette fois l’affaire se passe dans le Dorset. On a donc fait un saut jusque là-bas où « les cochons étaient des usines » (page 36). Sans parler de l’ammoniaque du lisier qui infectait les poumons. Mais le pire est la souffrance de ces animaux où « les plus angoissés étaient les porcelets » (page 37). Je préfère éviter d’en rajouter car avec Edgard Olivier Nowils qui a écrit cette lettre, la fin est autre gifle, une énorme, une tragique, qui, de plus, nous fait regarder les porcs d’un autre œil, vous verrez.

    * On passe à la nouvelle « Le lac » qui a lieu en Sibérie, autre voyage où l’on rencontre Piotr, dans sa cabane sur la rive d’un lac en novembre. « Pas un souffle. Le thermomètre cloué sur le sapin devant la cabane marquait - 27°C » - quelques traces d’ours – on découvre que Piotr s’appelle en réalité Ivan, « natif de Tomsk et vétéran de la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 ». La fin de cette nouvelle ? Troisième gifle et pas des moindres.

    * J’en arrive à « L’île » en me rendant compte que je voulais en dire le moins possible sur ces nouvelles mais je suis trop taraudée par l’envie de dire quelques mots sur chacune.
    Alors cette île ? Sur ses côtes, le ketch Santa Maria avait été drossé par un typhon, une violente tempête dans le Pacifique. Les survivants ? Un Malais, un professeur hongrois, un paysan chinois du Sichuan, un Russe, un Ukrainien, un marin grec et un Breton. Pas de traces du reste de l’équipage ni du capitaine. Leur reste l’espoir de voir arriver d’autres bateaux qui les sauveraient mais les mois passent et on entend : « Nitchevo » ou « Meio » - dont la signification est « Rien ». On instaure l’espagnol comme langue officielle et on nomme l’île « Esperenza », ce qui veut tout dire. On imagine facilement que la survie est très difficile et je ne vous étonnerai pas en disant que l’on se prend encore une claque à la fin. Décidément ça commence à faire très mal. Sylvain n’y va pas de main morte.

    * On en arrive à la dernière nouvelle : « Le phare » qui « se dressait sur un promontoire à deux cents kilomètres de Vladivostok. Aucun phare de Russie n’occupait position plus australe ». Chaque jour Vladimir Vladimirovitch en gravissait les cent quatorze marches pour vérifier les lampes et un jour, une lettre arrive l’invitant à Brest où il va passer une semaine à grimper dans des phares, assister à des banquets, des conférences. A la fin des discours est prononcée la sempiternelle phrase : « Le phare, monument à la croisée de la mer, du ciel, de l’ombre et de la lumière ». (page 81). Puis arrive le 25 décembre où « le miracle de Noël fut que le Breton s’anima ».

    Ainsi finit ce recueil de nouvelles, toutes avec des chutes bien caustiques, destinées à nous faire réfléchir sur nos comportements. Elles sont très sobres, ont une connotation philosophique et en très peu de mots Sylvain Tesson nous démontre combien nous sommes déconnectés de la vraie Nature, celle que l’on ne peut pas contrôler nous, simples humains.

    La dernière phrase de ce magnifique petit ouvrage, un pur bonheur, est :
    « - A l’éternel retour ! A l’éternel retour ! ».

    En effet, nous revoici revenus à la réalité. Pour moi ce n’est pas un simple retour mais une continuation dans mon admiration pour cet écrivain qui n’arrête pas de nous charmer par tous ses ouvrages. Autant j’en ai lus, autant il m’en reste encore soit à relire, soit à en découvrir. Il est vrai qu’il a un charme non pas maléfique, mais diabolique et je dis donc : au suivant : Сле́дующий! (là je parle des livres) puisqu’il aime tellement parler le russe.

  • Couverture du livre « Sur les chemins noirs » de Sylvain Tesson aux éditions Gallimard

    Nathalie Orace sur Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

    C'est sur les chemins d'une France rurale que nous emmène cette fois Sylvain Tesson

    "chemins cachés, bordés de haies, par les sous-bois de ronces et les pistes à ornières reliant les villages abandonnés"

    Retour au souche dans un pays au final assez mal connu de celui qui a si souvent...
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    C'est sur les chemins d'une France rurale que nous emmène cette fois Sylvain Tesson

    "chemins cachés, bordés de haies, par les sous-bois de ronces et les pistes à ornières reliant les villages abandonnés"

    Retour au souche dans un pays au final assez mal connu de celui qui a si souvent parcouru le monde. Alors on découvre avec lui ces chemins noirs

    "Ces traces en étoile et ces lignes piquetées étaient des sentiers ruraux, des pistes pastorales fixées par le cadastre, des accès pour des services forestiers, des appuis de lisière, des viae antiques à peine entretenues, parfois privées, souvent laissées à la circulation des bêtes. La carte entière se veinait de ces artères. C'était mes chemins noirs. Ils ouvraient sur l'échappée, ils étaient oubliés, le silence y régnait, on n'y croisait personne et parfois la broussaille se refermait aussitôt après le passage."

    et plus d'un retour au source, un chemin initiatique ou une aventure c'est quasiment un essai géopolitique que nous présente l'auteur à travers ce qu'il voit, découvre au détour de ces chemins.

    "la géographie humaine est la forme de l'Histoire. En quarante ans le paysage se refaçonna pour que passent les voitures. Elles devaient assurer le mouvement perpétuel entre les zones pavillonnaires et le parking des supermarchés. Le pays se piquette de ronds-points. Désormais les hommes passeraient des heures dans leur voiture. Les géographes parlent de "mitage" du territoire : tissu mou, étrange n'appartenant ni à la ville ni à la pastorale, une matrice pleine de trous entre lesquels on circulait."

    Quelques rencontres anecdotiques viennent illustrer ces réflexions mais ne rendent pas ce récit très vivant pour autant. On chemine avec Sylvain Tesson, on revient sur sa vie, quelques amis le retrouvent, sa soeur aussi pour quelques jours et c'est sans doute le moment le plus drôle du récit. C'est un regard un peu déprimé que porte l'auteur sur cette France et sa "cartographie du temps perdu", une France coupée en deux entre la ville et les "zones grises de l'hyper ruralité"

    Heureusement il sait décrire les paysages, la nature, les moments de grâce face à un orage ou un coucher de soleil.

  • Couverture du livre « Le téléphérique et autres nouvelles » de Sylvain Tesson aux éditions Gallimard

    Nadia D'ANTONIO sur Le téléphérique et autres nouvelles de Sylvain Tesson

    Au programme aujourd’hui : « Le Téléphérique » de Sylvain Tesson. En fait un petit livre regroupant six nouvelles : "Le barrage " -" La bataille " - "La ligne " – " L’ermite " – "La lettre" –  "Le téléphérique".

    Six petites nouvelles qui font un tour et puis s’en vont… Avec cet...
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    Au programme aujourd’hui : « Le Téléphérique » de Sylvain Tesson. En fait un petit livre regroupant six nouvelles : "Le barrage " -" La bataille " - "La ligne " – " L’ermite " – "La lettre" –  "Le téléphérique".

    Six petites nouvelles qui font un tour et puis s’en vont… Avec cet écrivain-journaliste-voyageur des temps modernes qu’est Sylvain, dont je lis dès que je le peux ses ouvrages et que j’admire pour son courage, toutes ses expéditions – président de La Guilde Européenne du Raid (ce que j’ai découvert avec « Éclats d’actions » de Jean Mouzet que j’ai chroniqué récemment) – amoureux de la Russie, de l’Asie centrale – intrépide jusqu’à sa dernière « bêtise «  (pour rester polie) mais qui ne l’a pas empêché de reprendre son bâton de pèlerin avec « Sur les chemins noirs »(chroniqué également) alors qu’il était encore un peu bancale… bref, un écrivain passionnant et attachant.

    Ayant remarqué ce petit livre, c’est par curiosité que je l’ai pris (et il faut reconnaître aussi à cause de l’auteur) car je ne suis pas une grande adepte des nouvelles. Mais je suis en train de réparer cela car elles peuvent souvent révéler de bien bonnes surprises.

    Mais ici la question est : « Comment parler de ces six nouvelles aussi variées ? Je vais donc écrire quelques lignes sur chacune :

    * La première, « Le barrage » a surtout pour sujet une belle description du fleuve Mékong, ce fleuve d’Asie du sud-est, qu’il va voir avec sa femme Marianne, récemment épousée. C’est l’occasion d’admirer la course de ce fleuve ocre, appelé par Marianne « de la terre liquide », Marianne qui, pour l’occasion, s’est mise à apprendre par cœur le fameux « Tao-tö-king » (dàodéjīng “道德經” « « Le livre de la Voie et de la Vertu », ouvrage écrit par Lao Tseu aux environs de 600 avant J.C. et fondateur du taoïsme).
    Cette nouvelle est l’occasion pour l’auteur de parler de ce voyage vers « Le Fleuve Bleu, dragon serpentin aorte sacrée de l’Empire céleste ». L’occasion aussi de dénoncer les ravages causés par le progrès pour fournir « l’énergie » de la fée lumière à un peuple désireux de sortir de l’obscurité. Le texte ressemble à un plaidoyer contre ce progrès et l’orgueil du pouvoir. D’ailleurs j’ai relevé en page 21 :
    « C’était l’un de ces chantiers prométhéens tels que l’Europe de l’Ouest, anesthésiée par ses régulations, tétanisée par ses doutes, intoxiquée de haine de soi aurait été incapable de mener. Aux Trois-Gorges, il s’agissait de rien moins que de retenir les eaux détournées du Yang-tseu-kiang. Lui, le fleuve Bleu, le dragon serpentin, aorte sacrée de l’Empire céleste, allait se voir étranglé, jugulé, asservi par la volonté des ingénieurs, des hommes politiques et du peuple assoiffé d’énergie. (…) La lumière s’était allumée au plafonnier de la nouvelle Chine. A Pékin, on voulait son Assouan. »
    C’est un très beau texte comportant également le fameux humour de notre écrivain ainsi que beaucoup de poésie.

    * Je passe sur « La bataille », intéressante oui, mais j’ai moins été séduite.

    * Pour « La ligne », il est question de coupure de courant et de la façon tout à fait stoïque de la population pour faire face et de montrer comment on peut se contenter de peu (question d’habitude).

    * Dans « L’ermite », des pensées sur la solitude et de belles descriptions de la taïga coupée par la Lena..

    * Concernant « La lettre », j’ai été un peu désorientée : qu’est venue faire cette nouvelle dans ce recueil ? J’aurais préféré rester dans la continuité bien que l’on puisse apprécier une certaine philosophie dont l’auteur sait faire usage. Donc, pas plus de « 解说词” (« commentaires).

    * Et enfin, ô victoire, on arrive à ce fameux « Téléphérique » qui a donné le titre au recueil : cerise sur le gâteau, une nouvelle à savourer comme une friandise, s’en délecter et bien sûr, en rire.
    C’est à l’occasion d’un Noël dans un chalet près du Mont Cervin, le majestueux Matterhorn (que j’ai eu la chance d’approcher lors d’un voyage à Zermatt – fermez la parenthèse personnelle). Greta s’acharne à préparer un repas pantagruélique, comme d’habitude, tandis que « Zermatt bruissait d’une nervosité anormale. (…) « Dans les rues, les rafales soulevaient des tourbillons de neige » (page 97). Mais on apprend que « deux pauvres types » affublés de noms d’oiseaux, allaient gâter la fête car ils sont dans une benne apparemment bloquée au-dessus du vide, alors qu’il fait déjà nuit.
    Mais au lieu de « deux pauvres types », il s’agit tout simplement de Ernst et Karl qui ne pouvaient plus supporter ces repas plus que copieux. Malins, ils avaient fait en sorte de bloquer cette satanée nacelle et comptaient bien se payer un petit gueuleton au milieu des étoiles. Ils avaient prévu leur festin bien à eux et comptaient faire bombance dans une tranquillité tant attendue « digne de Zarathoustra ». Ils sont hilares, ravis de leur bonne blague quand… patatras… à suivre.
    C’est vraiment hilarant.

    Autant vous dire que j’ai bien savouré cette petite lecture même des nouvelles qui m’ont moins intéressée. Il y a toujours une petite leçon à en tirer. L’ensemble est un petit régal et démontre bien que Sylvain Tesson a du talent à revendre. Mais on sait cela depuis bien longtemps.
    Vivement une de ses prochaines lectures, gros livre, petit livre, nouvelles… peu importe, je suis réconciliée car toute est passionnant avec lui. Il m’a gagnée à sa cause depuis un certain temps pour ne pas dire un temps certain et de plus, un autre bon point pour lui, il adore la Russie – il n’a pas peur du danger, au contraire il en rit, ce qui fait que je ne l’en estime que plus.

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  • Interview de Sylvain Tesson, auteur de "S'abandonner à vivre"

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