Sylvain Tesson

Sylvain Tesson

Né le 26 avril 1972 à Paris, Sylvain Tesson est avant tout un voyageur chevronné. Fils du journaliste Philippe Tesson, ce géographe de formation effectue e tour du monde à vélo entre 1993 et 1994 et publie, suite à ce voyage, un premier ouvrage intitulé On a roulé sur la terre. En plus de ses voy...

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Né le 26 avril 1972 à Paris, Sylvain Tesson est avant tout un voyageur chevronné. Fils du journaliste Philippe Tesson, ce géographe de formation effectue e tour du monde à vélo entre 1993 et 1994 et publie, suite à ce voyage, un premier ouvrage intitulé On a roulé sur la terre. En plus de ses voyages, Sylvain Tesson est également célèbre pour monter sur les toitures d’églises et de cathédrales. Le voyageur écrivain a par ailleurs exprimé à plusieurs reprises son soutien au peuple tibétain.

Sylvain Tesson a publié différents ouvrages, dont de nombreux récits de voyage et des albums photographiques. Parmi ses publications les plus marquantes, Dans les forêts de Sibérie est un récit autobiographique pour lequel l’auteur a reçu le prix Médicis et qui raconte son retrait pendant 6 mois dans une cabane de Sibérie. Le récit Une vie à coucher dehors a par ailleurs été récompensé par le prix Goncourt de la nouvelle.

Articles (3)

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Avis (118)

  • Couverture du livre « Berezina » de Sylvain Tesson aux éditions Gallimard

    Loic Bordy sur Berezina de Sylvain Tesson

    TROP BIEN VIVE TESSON

    TROP BIEN VIVE TESSON

  • Couverture du livre « Un été avec Homère » de Sylvain Tesson aux éditions Des Equateurs

    Dominique Lemasson sur Un été avec Homère de Sylvain Tesson

    Un été avec Homère…Chouette ! Un ciel d’azur, des murs blancs immaculés, une mer bleue cobalt et les histoires grandioses qui me faisaient rêver quand j’étais petit garçon. Achille, Hector, Priam, les deux Ajax, Agamemnon sacrifiant Iphigénie, Cassandre, Ulysse se glissant hors du cheval et la...
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    Un été avec Homère…Chouette ! Un ciel d’azur, des murs blancs immaculés, une mer bleue cobalt et les histoires grandioses qui me faisaient rêver quand j’étais petit garçon. Achille, Hector, Priam, les deux Ajax, Agamemnon sacrifiant Iphigénie, Cassandre, Ulysse se glissant hors du cheval et la belle Hélène, si belle dans les péplums des années 60 que nous regardions émerveillés, assis sur les tabourets de la MJC. Zeus, Aphrodite élue de Pâris, Poséidon vengeant le Cyclope son fils, Héra, Hermès et, protégeant Ulysse, Athéna. Chouette, je vous dis.
    Sylvain Tesson réussit dans cet ouvrage court, agréable et pertinent à nous promener dans les grands thèmes d’Homère qui nous le rendent finalement aussi proche que fabuleux. La thèse principale est que rien n’a changé depuis Homère, «l’homme (serait) toujours le même personnage, mêmement misérable ou grandiose, mêmement médiocre ou sublime, casque sur la plaine de Troie ou attendant l’autobus sur les lignes du siècle XXI ».
    L’Iliade et l’Odyssée balaient des problématiques toujours d’actualité : la guerre est toujours présente, la paix n’est qu’un intermède qu’il est gravissime de considérer comme définitif ; la fureur d’Achille après la mort de Patrocle finit par émouvoir même les dieux. Sa violence est excessive et l’auteur fait le parallèle avec la façon dont nous traitons la planète : « le tombereau de déchets sous lequel nous ensevelissons la planète ne ressemble-t-il pas à ces charretées de corps versées par Achille dans le fleuve ? »
    Et puis, au détour d’un vers, d’un commentaire, on découvre un Sylvain Tesson surprenant, bien loin du conformisme ambiant, celui qui est plus que majoritaire dans les medias qui l’ont accueilli pour ces émissions de radio dont est tiré ce livre.
    Certains diraient réactionnaire. Est-ce une insulte ? Je ne le crois pas, je suis même persuadé du contraire. Ca commence avec, je cite : « Une meute d'idéologues en charge de réformer l'école est parvenue en cinq décennies à saigner les études antiques. Selon eux, il serait élitiste d'apprendre les langues mortes. » Gageons qu’ils soient plus efficaces à l’abri de leur ministère qu’ils ne l’auraient été trente siècles plus tôt sur la plaine de Troie. Il ne faut pas grand courage pour assassiner des langues mortes. Qu’Homère aurait-il bien pu faire de ces pâles figurants ?
    On poursuit avec le filtre de la vision socio-marxiste de la société actuelle en totale opposition avec l’héroïsme grec où prince et manants peuvent être grands ou vils selon leurs caractères et leurs actions. On continue avec les féministes outrancières, « bien mal inspirées de vouloir être les égales des mâles alors qu'elles lui sont supérieures » car « L'Odyssée n'aura été qu'une série d'aventures vécues par des hommes mais fomentées par des femmes ». Les multimilliardaires de l’économie digitale ne sont pas non plus épargnés, puis vient le tour des « prétendants de Pénélope » et comme on dit vulgairement, là ça fait mal. Si vous croyez reconnaître dans les prétendants du XXIème siècle nos politiciens actuels, vous avez sans doute gagné. « Par prétendants, il faut entendre courtisans. Ce sont ces tartuffes, marquis poudrés et brigueurs de cour dont l'Histoire connaîtra tant d'avatars. Ils se presseront toujours au seuil du pouvoir de la même manière qu'ils grouillaient aux pieds de Pénélope, vulgaires, insolents. Ils rampaient au pied du trône d'Ithaque. Leurs réincarnations se disputent aujourd'hui les mânes des républiques ».
    Et pour finir en beauté, « Dans l'Iliade, le mur symbolise la protection et la souveraineté en même temps que la limite assignée à la société. Un mur, comme une frontière est un trésor précieux et le malheur menace quand la brèche est ouverte. Deux mille cinq cents ans après Homère, les promoteurs d'une planète aplatie, sans nations ni frontières, devraient un jour s'asseoir à l'ombre paisible d'un rempart et méditer l'Iliade ». Non, vous ne rêvez pas, un intellectuel ose dire que les frontières peuvent encore être utiles et protectrices. Homère serait-il, lui aussi, réactionnaire ? Il ne risque plus grand-chose mis à part d’être mis de côté, puis lentement oublié. On en revient à « la meute d’idéologues » du début et on se dit que ces sapeurs sournois et silencieux n’ont pas encore tout à fait mis à bas la muraille de culture et d’héritage que l’œuvre fabuleuse d’Homère représente. Résistez comme les combattants de Troie ou comme Pénélope, lisez et faites lire Homère !

  • Couverture du livre « L'éternel retour » de Sylvain Tesson aux éditions Gallimard

    NADIA D'ANTONIO sur L'éternel retour de Sylvain Tesson

    Cinq petites nouvelles et c’est tout ? Oui mais elles sont de Sylvain Tesson avec « L’Éternel retour ». Alors ?
    Eh bien on y va, bien sûr et on va commencer par « L’Asphalte » puis « Les Porcs », « Le Lac », « L’île » et finir avec « Le Phare ». Des titres assez intrigants et qui font de...
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    Cinq petites nouvelles et c’est tout ? Oui mais elles sont de Sylvain Tesson avec « L’Éternel retour ». Alors ?
    Eh bien on y va, bien sûr et on va commencer par « L’Asphalte » puis « Les Porcs », « Le Lac », « L’île » et finir avec « Le Phare ». Des titres assez intrigants et qui font de demander ce que notre écrivain-voyageur a bien pu trouver à nous raconter cette fois. Mais avec lui, pas de souci avec son imagination débordante et sa vie d’aventurier. D’ailleurs il est infatigable, il faut le suivre et c’est bien volontiers pour ma part, car outre ses récits de voyages, sur la nature, ici c’est justement une confrontation de l’humain avec celle-ci.

    * Dans « L’Asphalte », on commence par voir le vieil Edolfius qui tousse, crache, s’étrangle à cause de la poussière soulevée par un camion.
    D’ailleurs : « Edolfius réfléchissait. Il se demandait au nom de quoi Tsalka, son village, n’avait pour desserte qu’une piste de cailloux. Pourtant, l’asphalte gagnait le reste du monde. Même en Afrique les villes tiraient leurs langues noires à travers la brousse. Toute l’humanité jusqu’au dernier des nègres foulait le goudron. » (page 11). Pourquoi pas chez lui en Géorgie, au piémont du Caucase ? Cette fois c’en est trop. « Tsalka ne peut échapper à la marche du siècle ». (page 18).
    Heureusement que l’État venait de signer un contrat avec une société pétrolière américaine et donc on intègre au programme l’ asphaltage tant attendu qui permettra le passage d’un pipeline.
    Mais les travaux ne vont pas se passer aussi aisément que cela et la question se pose de savoir si c’était une si bonne idée ? Le dénouement est étonnant et là, première gifle pour le lecteur.

    * Puis, bizarrement, on passe à la nouvelle « Les Porcs » mais avec l’auteur il ne faut s’étonner de rien car son esprit vagabonde dans ce tout petit livre de la collection Folio2 (deux euros – avec des extraits de « Une vie à coucher dehors »). Ici, c’est une plainte concernant l’élevage intensif de ces malheureuses bêtes : « La nuit, les cris sont dans ma tête. Ils me réveillent, vers une heure, après le premier sommeil. Mes cauchemars sont l’écho de ce mal ». Cette fois l’affaire se passe dans le Dorset. On a donc fait un saut jusque là-bas où « les cochons étaient des usines » (page 36). Sans parler de l’ammoniaque du lisier qui infectait les poumons. Mais le pire est la souffrance de ces animaux où « les plus angoissés étaient les porcelets » (page 37). Je préfère éviter d’en rajouter car avec Edgard Olivier Nowils qui a écrit cette lettre, la fin est autre gifle, une énorme, une tragique, qui, de plus, nous fait regarder les porcs d’un autre œil, vous verrez.

    * On passe à la nouvelle « Le lac » qui a lieu en Sibérie, autre voyage où l’on rencontre Piotr, dans sa cabane sur la rive d’un lac en novembre. « Pas un souffle. Le thermomètre cloué sur le sapin devant la cabane marquait - 27°C » - quelques traces d’ours – on découvre que Piotr s’appelle en réalité Ivan, « natif de Tomsk et vétéran de la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 ». La fin de cette nouvelle ? Troisième gifle et pas des moindres.

    * J’en arrive à « L’île » en me rendant compte que je voulais en dire le moins possible sur ces nouvelles mais je suis trop taraudée par l’envie de dire quelques mots sur chacune.
    Alors cette île ? Sur ses côtes, le ketch Santa Maria avait été drossé par un typhon, une violente tempête dans le Pacifique. Les survivants ? Un Malais, un professeur hongrois, un paysan chinois du Sichuan, un Russe, un Ukrainien, un marin grec et un Breton. Pas de traces du reste de l’équipage ni du capitaine. Leur reste l’espoir de voir arriver d’autres bateaux qui les sauveraient mais les mois passent et on entend : « Nitchevo » ou « Meio » - dont la signification est « Rien ». On instaure l’espagnol comme langue officielle et on nomme l’île « Esperenza », ce qui veut tout dire. On imagine facilement que la survie est très difficile et je ne vous étonnerai pas en disant que l’on se prend encore une claque à la fin. Décidément ça commence à faire très mal. Sylvain n’y va pas de main morte.

    * On en arrive à la dernière nouvelle : « Le phare » qui « se dressait sur un promontoire à deux cents kilomètres de Vladivostok. Aucun phare de Russie n’occupait position plus australe ». Chaque jour Vladimir Vladimirovitch en gravissait les cent quatorze marches pour vérifier les lampes et un jour, une lettre arrive l’invitant à Brest où il va passer une semaine à grimper dans des phares, assister à des banquets, des conférences. A la fin des discours est prononcée la sempiternelle phrase : « Le phare, monument à la croisée de la mer, du ciel, de l’ombre et de la lumière ». (page 81). Puis arrive le 25 décembre où « le miracle de Noël fut que le Breton s’anima ».

    Ainsi finit ce recueil de nouvelles, toutes avec des chutes bien caustiques, destinées à nous faire réfléchir sur nos comportements. Elles sont très sobres, ont une connotation philosophique et en très peu de mots Sylvain Tesson nous démontre combien nous sommes déconnectés de la vraie Nature, celle que l’on ne peut pas contrôler nous, simples humains.

    La dernière phrase de ce magnifique petit ouvrage, un pur bonheur, est :
    « - A l’éternel retour ! A l’éternel retour ! ».

    En effet, nous revoici revenus à la réalité. Pour moi ce n’est pas un simple retour mais une continuation dans mon admiration pour cet écrivain qui n’arrête pas de nous charmer par tous ses ouvrages. Autant j’en ai lus, autant il m’en reste encore soit à relire, soit à en découvrir. Il est vrai qu’il a un charme non pas maléfique, mais diabolique et je dis donc : au suivant : Сле́дующий! (là je parle des livres) puisqu’il aime tellement parler le russe.

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  • Interview de Sylvain Tesson, auteur de "S'abandonner à vivre"

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