Alma

Couverture du livre « Alma » de Le Clezio J.M.G. aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072768248
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
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  • Une première lecture de cet écrivain mais pas un inconnu pour moi.... A chaque fois qu'il apparaît dans une émission il y a un "je ne sais quoi" qui m'attire chez lui, peut-être cette douceur, cette nonchalance, ce débit de paroles (on pense que chaque mot est pesé, choisi, réfléchi) et moi cela...
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    Une première lecture de cet écrivain mais pas un inconnu pour moi.... A chaque fois qu'il apparaît dans une émission il y a un "je ne sais quoi" qui m'attire chez lui, peut-être cette douceur, cette nonchalance, ce débit de paroles (on pense que chaque mot est pesé, choisi, réfléchi) et moi cela me plaît. Je n'apprécie pas beaucoup les gens qui parlent beaucoup et le plus souvent pour ne rien dire.
    Par contre le lire je n'avais jamais franchi le pas, toujours ce complexe d'inaccessibilité, vous pensez ! Un prix Nobel de littérature alors qu'à y réfléchir c'est justement un encouragement à le lire et depuis plusieurs mois je me mets moins de barrière et découvre de magnifiques auteurs, très accessibles, de beaux écrivains avec chacun un univers particulier.
    Alors me voilà partie pour l'île Maurice, sur la trace des dodos,
    cet oiseau disparu mais symbole de l'île et des causes de sa disparition. Deux récits croisés : celui de Dodo ? (Dominic) de la mauvaise branche de la famille Felsen, qui vit encore sur l'île, le visage et le corps ravagé par la maladie (la lèpre), et Jérémie de la branche noble de cette même famille mais qui s'est expatriée, qui prend prétexte de la rédaction d'un mémoire sur l'animal disparu pour revenir sur les traces de ses racines, de sa famille qui a complètement disparu également de l'île, ou le croit-il, comme l'oiseau perdu.
    Mais à travers les souvenirs, les quêtes de chacun, il est question de cette île dont l'homme a détruit à des fins commerciales, industrielles une grande partie de sa nature mais aussi culturelle. La canne à sucre a été une des principales richesses de cette île mais aussi le facteur principal de sa destruction. Mais il y est question aussi de la prostitution surtout touristique, de spiritisme et croyances et surtout l'esclavagisme avec des souvenirs forts de ses tortures :
    Et en haut du mur, le ciel, non pas bleu -ou s'il était bleu c'était horrible, le ciel sans couleur, pareil au carré ouvert dans le toit de la prison de Port-Louis que regardait le condamné avant que la trappe bascule sous ses pieds et que le noeud de la corde lui brise le cou.(p242)
    car la famille Felsen, elle aussi a plus ou moins profiter de l'esclavage, d'une position de force, de manipuler et abuser de cette situation. Jérémie vient comprendre d'où il vient, revoir Alma, la propriété de ses ancêtres, trouver les réponses aux questions qui restent sans réponse depuis la disparition des derniers acteurs.
    Dodo, lui, à force de brimades, de violence sur sa personne, lui l'être faible, sorte de vagabond vivant en marge de la société, quitte l'île et se retrouve SDF en France où la vie sera encore plus dure mais il ne veut plus retourner sur son île, lui l'exclu, la bête humaine immonde, sorte de bête de foire. Il ne vit qu'au présent et ne parle qu'au présent (ce qui parfois déroute) mais il est dans l'instant. Il est simple dans le sens où il analyse les choses telles qu'elles sont, pas d'arrière-pensée. Il n'a plus de pays, plus de famille et comme l'oiseau Dodo il disparaîtra un jour, dans l'indifférence, comme Béchir, fils de harki, son compagnon de nuits sur les trottoirs.
    Là-bas à Paris, le soleil ce n'est pas le soleil, c'est un cachet d'aspirine pour guérir les gens de leur mal de tête.(p183)
    Comment ne pas penser que JMG le Clezio ne se transpose pas au travers de Jérémie, faisant le constat d'une société de consommation, inhumaine, avide d'avoir au prix de la destruction, se coupant même de branche familiale déshonorante (Dodo), comme on n'hésite pas à détruire la faune et la flore pour des aspirations mercantiles ou futiles.
    Le constat est là, implacable et nous détruirons-nous un jour comme nous avons détruit cet animal, pourtant à la chair incomestible, qui n'offrait ni intérêt ni danger pour l'homme et cela a peut-être été son plus gros défaut....
    Quant à l'écriture elle-même qui suis-je pour critiquer un prix Nobel de Littérature (2008) ? mais je vous donne mon humble sentiment personnel par rapport à ce récit et à mon ressenti. C'est une très belle écriture mais dans la narration, le récit foisonne de personnages, magnifique et en particulier celui d'Aditi, femme qui attend un enfant conçu lors d'un viol, proche de la nature et qui donne un peu d'espoir, mais j'ai eu parfois un peu de mal à me retrouver au milieu de tous ces acteurs. La langue, créole, l'univers mauricien qui m'est totalement étranger, les aller-retours entre présent et passé étaient parfois déroutants. Mais j'en garderai un agréable moment, bercée dans la moiteur de ce pays et avec un amer goût de destruction d'un paradis perdu.
    Ce livre n'est pas un cri mais une douleur, sourde, profonde sur la perte d'un monde, d'une nature sublime, mais guère optimiste. le constat est là et comme le Dodo, quand petit à petit un monde disparaît, que nous restera-t-il ?

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  • Donner trois étoiles à Le Clézio, cela tient du sacrilège. J'ai une telle admiration pour cet auteur et pour son oeuvre que je tremble en écrivant ces lignes. Pourtant, il m'en voudrait de tomber dans la flagornerie, de ne pas lui dire ce que je pense... d'être un vil esclave de sa notoriété...
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    Donner trois étoiles à Le Clézio, cela tient du sacrilège. J'ai une telle admiration pour cet auteur et pour son oeuvre que je tremble en écrivant ces lignes. Pourtant, il m'en voudrait de tomber dans la flagornerie, de ne pas lui dire ce que je pense... d'être un vil esclave de sa notoriété brillamment acquise. Certes, la langue est magnifique. Il y a une musique, unique, à chaque détour de phrase. L'histoire, elle, ne m'a pas convaincu. Le chassé-croisé entre l'oiseau disparu et le petit garçon défiguré m'a semblé artificiel, seulement porté par leur nom commun : dodo. Ce n'est pas suffisant à mon goût. La quête, le monde disparu, la nostalgie d'une époque, la violence d'une autre et le désir bien entendu... les thèmes sont là mais ils se télescopent. J'ai refermé le livre avec l'impression d'être passé à côté d'un mystère. Une sensation peu agréable.

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