Yannick Grannec

Yannick Grannec
Yannick Grannec vit à Saint-Paul-de-Vence. "Le Bal mécanique" est son deuxième roman. Son précédent roman "La déesse des petites victoires" a reçu le Prix des Libraires 2013 et le Prix Fondation Prince Pierre de Monaco 2013.

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    Couverture du livre « Les simples » de Yannick Grannec aux éditions Anne Carriere

    Marie Nel sur Les simples de Yannick Grannec

    J'ai découvert ce roman lors de ma visite au salon Livres dans la Boucle à Besançon où l'auteure était présente . Oui je mets auteur au féminin, car Yannick Grannec est une femme, j'ai ainsi appris que Yannick était un prénom breton mixte. Première belle surprise. J'étais interessée par le...
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    J'ai découvert ce roman lors de ma visite au salon Livres dans la Boucle à Besançon où l'auteure était présente . Oui je mets auteur au féminin, car Yannick Grannec est une femme, j'ai ainsi appris que Yannick était un prénom breton mixte. Première belle surprise. J'étais interessée par le résumé qui traite d'un sujet que je n'ai pas l'habitude de voir dans les romans. Je n'ai pu malheureusement pas le prendre, j'avais d'autres achats à effectuer, je l'ai donc emprunté à ma médiathèque. Et maintenant, je regrette de ne pas l'avoir acheté car c'est un livre que j'aimerais beaucoup avoir dans ma bibliothèque, mais c'est une chose qui peut se réparer aisément !

     

    Cette histoire m'a entrainée à la fin du 16ème siècle, en Provence, dans une communauté de bénédictines. Leur abbaye se trouve isolée du village. Par rapport à d'autres couvents, elles sont indépendantes, ne dépendent de personne et surtout n'ont pas de compte à rendre à l'évêque dont elles dépendent. Et, on s'imagine aisément combien cela déplait aux autorités ecclésiastiques. Elles s'occupent essentiellement de soigner les gens qui les sollicitent. Leur doyenne, sœur Clémence, est d'ailleurs très douée en herboristerie, elle connait beaucoup les bienfaits, et méfaits, des plantes, elle fait des préparations que la communauté revend à la pharmacie et à la Cour. Ses remèdes sont très prisés. Mais cela provoque de la jalousie au sein du clergé qui ne va pas hésiter à parler de sorcellerie. Comme il a toujours fait avec les soins naturels d'ailleurs. Deux vicaires doivent justement enquêter et se rendre chez les sœurs. L'un d'eux, Léon, va être touché particulièrement. Il va tomber sous le charme d'une jeune fille qui est en pension chez les sœurs. Il sera lui-même blessé et recevra les soins de sœur Clémence. La jalousie des seigneurs, du clergé, et de certaines sœurs au sein même de la communauté va troubler la tranquillité et les bons soins prodigués par sœur Clémence.

     

    Avec ce roman, j'ai découvert en profondeur le fonctionnement d'un couvent, la hiérarchie au sein de la communauté, l'organisation de leur vie entre les prières et les tâches attribuées à chacune. J'en ai appris également plus sur le clergé, le régulier et le séculier, le rôle de l'évêché au sein de l'abbaye, ce qu'elles doivent rapporter, ce qu'elles aimeraient taire. Comme dans toute communauté, il y a des conflits de pouvoir, on pourrait penser qu'elle s'entendent toutes bien, mais non, il y a des personnalités qui se heurtent, des envies et des jalousies de la part de certaines, qui n'hésitent pas à parfois même mentir à leurs autorités pour avoir ce qu'elles veulent. Et là, je me suis dit, mais non, elles ne peuvent pas mentir, c'est dans leur éducation, je me trompais et j'ai pu ainsi me rendre compte que la perfidie et le mensonge font également partie de leurs vies. Et bien sûr, j'ai appris plein de choses sur les plantes, bien que l'auteure nous signale à la fin du roman, que les recettes sont fantaisistes et ne possèdent aucun des dons qui leur est donné. Mais même si ces remèdes n'existent pas, j'ai trouvé intéressant de les connaître un peu plus. Le titre est d'ailleurs bien trouvé puisque les simples représentent les plantes et leur utilisation, et par extension, ce mot peut aussi convenir à certaines personnes du roman qui sont loin d'être simples.

     

    Une chose est certaine, c'est que Yannick Grannec a dû abattre un boulot monstre en amont de l'écriture de ce roman, car tout est vraiment bien détaillé et complet. Et ceci sans alourdir le texte, les descriptions et les différentes explications se lisent simplement et dans la continuité de l'histoire. Je trouve que l'auteure a très bien su doser la narration avec les informations qu'elle voulait nous donner. Elle plante bien le décor avec des descriptions très visuelles, et toujours avec légèreté. Et le tout rédigé avec un vocabulaire soutenu, aux mots recherchés et surtout certains sont d'époque. Pour ma part, ça ne m'a pas dérangée du tout à la lecture, si j'avais envie de connaître la signification d'un, je la cherchais sur internet, mais c'était assez rare, car les mots sont expliqués ou certains correspondent à notre vocabulaire actuel et on retrouve la racine d'un mot connu. J'ai beaucoup aimé car ça permet de mettre le lecteur encore plus dans l'ambiance moyenâgeuse. J'ai vraiment eu l'impression de vivre à une autre époque le temps d'une lecture.

     

    Ma lecture, justement, s'est faite passionnément et avec plaisir, et finalement rapidement, puisqu'en deux après-midis, j'avais fini le livre. Car une fois le décor planté, l'habitude prise avec les différents personnages, une intrigue est mise en place et j'ai assisté, impuissante, à des drames que je n'avais pas vu venir, certains m'ont beaucoup attristée et d'autres m'ont horrifiée également. Je me suis demandée où pouvait être l'amour du prochain et la compassion dans certains personnages du clergé qui sont sensés faire le bien et répandre la bonne parole. Ils ont beaucoup de mal à appliquer à eux-mêmes les préceptes qu'ils prônent et n'hésitent pas à répandre le mal, mais jamais ils ne se sentent coupables de quoique ce soit, se cachant alors derrière leur religion et leur Dieu. Je ne crois en aucun dieu, et ce livre me confirme que les humains font bien ce qu'ils veulent avec. Bon, ici n'est pas le propos, mais j'ai vraiment été révoltée par certains faits et décisions du clergé dans ce livre. Et je sais bien que ce n'est pas inventé par l'auteure, je l'ai déjà lu dans d'autres livres, vu dans des films, le clergé n'hésitait pas à traiter de sorcières une femme qui soignaient avec les plantes et surtout à les punir. Et malheureusement, je trouve que l'humain n'a pas tellement évolué, bien sûr, on ne brûle plus les gens, mais on retrouve les mêmes conflits intérieurs dans nos sociétés actuelles. L'humain ne retient jamais rien de son histoire...

     

    Comme vous pouvez le voir, ce roman a eu cette double fonction sur moi de me divertir par une histoire intéressante et prenante et de m'instruire sur la vie à cette époque là d'un couvent de religieuses. D'ailleurs, toute l'action va se passer à l'intérieur de cette abbaye, on en sortira très peu, à part pour aller dans la campagne avoisinante. À aucun moment je n'ai trouvé ça étouffant.

    Je découvre avec ce roman une auteure avec beaucoup de talent. Elle a un talent de conteuse indéniable, un effort de précision dans chaque fait ou personnage qui permet de bien se représenter en image ce qu'il se passe. Elle ponctue son récit de citations ou de recettes de préparations, de dictons. L'action se passe en un peu moins d'un an, il y a un rappel des dates au début des chapitres. C'est un roman vraiment bien construit, original par le sujet, très dense dans les faits, l'action et les personnages et intense dans tous les sentiments divers que l'on peut ressentir pour les uns ou les autres.

     

    Comme vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce roman et je vous le recommande chaleureusement. C'est une très bonne découverte pour moi. Je pense que je vais lire un de ses précédents livres, tellement j'ai aimé son style. Une chose est sûre, je vais la suivre de près et sûrement m'acheter ce roman car je pense que je le relirai avec plaisir. Je suis très contente de cette lecture et regrette sincèrement de ne pas m'être arrêtée plus longtemps à son stand au salon du livre pour discuter avec elle. Mais ce n'est que partie remise !

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    Couverture du livre « Les simples » de Yannick Grannec aux éditions Anne Carriere

    Miss Marple sur Les simples de Yannick Grannec

    Les Marie et les Marthe, la clôture, l'abbesse, la prieure, la doyenne, les nonnes, l’évêque, le vicaire, le malin et ..Dieu dans tout ça ??
    Quelle belle pagaille Jean de Solines, évêque de Vence a semée en entrouvrant la porte du couvent des bénédictines en l'an 1584.
    les sœurs qui vivaient...
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    Les Marie et les Marthe, la clôture, l'abbesse, la prieure, la doyenne, les nonnes, l’évêque, le vicaire, le malin et ..Dieu dans tout ça ??
    Quelle belle pagaille Jean de Solines, évêque de Vence a semée en entrouvrant la porte du couvent des bénédictines en l'an 1584.
    les sœurs qui vivaient ensemble et séparément selon leur origine sociale et leur éducation étaient soit cloîtrées soit en lien avec le peuple qui venait se faire soigner et le plus souvent guérir grâce aux plantes, les simples, connues et utilisées par la Doyenne Soeur Clémence.
    Le couvent a excellente réputation et possède le droit inaliénable, accordé par François 1er de vendre ses pommades et onguents et d'en faire profiter le comté et au delà !
    Pénétrer dans ce couvent c'est comprendre le rôle des femmes en ce siècle si lointain, également se rendre compte du chemin parcouru et encore à parcourir. Aucune citation ne sera faite ici, volontairement, car découvrir par soi-même la violence qui leur était faite par tous ceux qui portaient pantalons ou hauts de chausse fait partie de l'initiation.
    Mais lire en détail, comment certaines autres femmes se jouaient des hommes est aussi un pur régal !
    Ce livre n'est pas un livre de recettes d'aromathérapie à la mode d'aujourd'hui, ni un recueil de remèdes de sorcières,,encore que !! rappelez vous que les sorcières étaient en fait des femmes à qui « on » avait refusé la connaissance et le droit d'exercer la médecine et qui , donc prodiguaient leur science de façon détournée, réprouvées par la société des hommes justement.
    La plongée dans le XVI siècle, juste avant le siècle des lumières, nous conduit en pleine guerre de religions, les catholiques pourchassent les protestants mais les cachent aussi et les protègent. Les Inquisiteurs font leur travail et les bourreaux mettent à profit leur pouvoir après tous les aveux arrachés sous la torture.
    Pour nous, aucune torture physique, une brûlure qui suppure encore comme si le feu était passé tout près !

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    Couverture du livre « Les simples » de Yannick Grannec aux éditions Anne Carriere

    yves MONTMARTIN sur Les simples de Yannick Grannec

    Yannick Grannec nous entraîne au coeur d'une communauté religieuse de femmes au XVIe siècle, laquelle doit son autonomie et sa prospérité aux talents d'herboriste de sœur Clémence, sa doyenne. Sœur Clémence utilise les plantes médicinales telles qu'elles sont fournies dans la nature d'où leur...
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    Yannick Grannec nous entraîne au coeur d'une communauté religieuse de femmes au XVIe siècle, laquelle doit son autonomie et sa prospérité aux talents d'herboriste de sœur Clémence, sa doyenne. Sœur Clémence utilise les plantes médicinales telles qu'elles sont fournies dans la nature d'où leur nom de « simples ». Une communauté qui en apparence vit paisiblement, mais à y regarder de plus près, elle est rongée par l'ambition et l'inimitié, les mesquineries, les rivalités de couloir, les convoitises, les désirs refoulés, les arrangements, les secrets dérisoires. En plus à l'extérieur l'évêque manigance, avec la bénédiction du roi, il espère obtenir la tutelle sur cette abbaye, et mettre la main sur les bénéfices.

    Une accusation de séquestration, de sorcellerie, de perversité, d'empoisonnement, et même de viol va venir troubler cette belle harmonie.

    Un roman ponctué de recettes de baumes et autres élixirs et de légendes. Chaque tête de chapitre est accompagnée d'un dicton. J'ai apprécié la manière habile dont l'auteur nous fait pénétrer dans ce vase clos qu'est cette communauté où personne n'a accès et petit à petit les caractères de chacun se révèlent. L'ambition et la cupidité de certains, la perversité et le vice des autres. Yannick Grannec nous décrit cette organisation où chacune a un rôle précis. La chancelière qui tient les registres du monastère, la tourlière chargée des relations avec les visiteurs, la cellière qui gère les approvisionnements.
    Un récit parfois truculent, sur fond de guerre de religion, à une époque où le pape avait un fils et où les évêques se prélassaient dans le lit de leur maîtresse. Les pères se débarrassaient de leurs filles laides ou sans dot dans les couvents. Traitées comme des domestiques, leur labeur payant leur séjour dans l'abbaye.
    « La petite noblesse abandonne à Notre-Dame du Loup les filles trop laides ou trop simplettes pour compenser la pauvreté de leur dot, et s'y soulage du surplus de vierges comme on remise les pots inutiles. Ces faibles créatures se plient au désir des pères. Un pot ne s'oppose pas à son usage. »

    Mais ce roman devient terrible quand les inquisiteurs soumettent à la question des innocents pour leur faire avouer les pires maux. Une écriture simple, pleine de gouaille pour une histoire très prenante.

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    Couverture du livre « Les simples » de Yannick Grannec aux éditions Anne Carriere

    Jen sur Les simples de Yannick Grannec

    https://unmotpourtouspourunmot.blogspot.com/2019/11/les-simples-de-yannick-grannec.html

    "Il en est souvent des êtres comme des simples, pense sœur Clémence, moins le sol leur donne, plus robustes ils sont. Les buissons des garrigues, habitués aux terrains secs et rocailleux offrent une force...
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    https://unmotpourtouspourunmot.blogspot.com/2019/11/les-simples-de-yannick-grannec.html

    "Il en est souvent des êtres comme des simples, pense sœur Clémence, moins le sol leur donne, plus robustes ils sont. Les buissons des garrigues, habitués aux terrains secs et rocailleux offrent une force résineuse intense par comparaison à celle d’une herbe poussée sur une riche glèbe. Quant aux plantes des jardins clos, elles se montrent sujettes à la maladie et la complainte."

    Les simples évoque un monde complètement éloigné de ce que je connais. Une fiction terrible pour des conditions de vie me paraissant cruelles. S’infliger ce traitement de vie en autarcie et l’infliger à d’autres me semble complètement ahurissant. Au-delà de l’époque, c’est à la fois à mille lieux de mes valeurs pour les choix prônés et pour autant dans le rapport d’attention et de compassion entre les êtres, totalement en phase avec ce que j’imagine être la solution, pour une meilleure communion. Un rappel donc, de la complexité de la vie et de sa couleur.

    Je ne suis pas particulièrement friande de romans historiques mais celui est bien plus que cela, il a la grâce d’une complainte langoureuse et douce.

    Tel le codex de Notre-Dame du Loup, ce livre est un objet délicat que l’on le découvre avec envie et dont on se délecte. Il est passionnant, c’est une vallée de poésie prenant des formes diverses permettant de cadencer le récit. Tous les mots semblent être choisis avec soin et précaution. Peut-être pas toujours facile d’accès, mais d’une grande beauté. Un hymne puissant à la nature et ces bienfaits. Un rappel qu’à portée de mains et de vision si on le souhaite, on peut changer nos modes d’existence et se sensibiliser à la terre.

    Aussi, la figure de la sorcière, l’inébranlable façade féminine pas toujours tendre mais convaincue, femme libre et éclairée, désignée comme coupable pour adoucir la haine des soumis, merveilleusement relatée par Mona Chollet est ici sensiblement narrée et abritée par l’auteure.

    Un roman riche et profond auquel on s’attache comme à un grimoire de famille longtemps remisé.

    A lire autour de cette lecture Sorcières de Mona Chollet

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