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Les simples

Couverture du livre « Les simples » de Yannick Grannec aux éditions Anne Carriere
Résumé:

1584, en Provence. L'abbaye de Notre-Dame du loup est un havre de paix pour la petit communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à Dieu et à soulager les douleurs de Ses enfants. Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d'un roi, et leur autonomie au don... Voir plus

1584, en Provence. L'abbaye de Notre-Dame du loup est un havre de paix pour la petit communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à Dieu et à soulager les douleurs de Ses enfants. Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d'un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, soeur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu'à la Cour.

Le nouvel évêque de Vence, Jean de Solines, compte s'accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour inspecter l'abbaye. A charge pour eux d'y trouver matière à scandale, ou à défaut ... d'en provoquer un.

Mais l'évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d'imaginer l'ampleur. Il aurait dû savoir que, lorsqu'on lui entrouvre la porte, le diable se sent partout chez lui. Evêque, abbesse, soigneuse, rebouteuse, seigneur ou souillon, chacun gardeune petite part au Malin. Et personne, personne n'est jamais aussi simple qu'il y paraît.

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Avis (21)

  • Fin XVIème siècle, l'évêque Jean de Solines veut obtenir la tutelle d'une abbaye de moniales bénédictines, qui prospère en toute indépendance grâce à son régime de la commende octroyé quelques siècles auparavant. Il veut surtout mettre la main sur ses importants bénéfices obtenus par le commerce...
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    Fin XVIème siècle, l'évêque Jean de Solines veut obtenir la tutelle d'une abbaye de moniales bénédictines, qui prospère en toute indépendance grâce à son régime de la commende octroyé quelques siècles auparavant. Il veut surtout mettre la main sur ses importants bénéfices obtenus par le commerce des simples, des plantes médicinales dont une religieuse herboriste connait tous les secrets. Il est prêt à tout, quitte à discréditer, quitte à créer un scandale du moment qu'il parvient à ses fins. Il y envoie pour enquête deux vicaires dont le jeune Léon qui tombe en pâmoison devant la beauté d'une future novice. A partir de là, tout va se déglinguer dans cet univers clos, ascétique, à la sexualité bridée, le fragile équilibre de la société monacale explose.

    Les premiers chapitres sont un régal. De sa plume aiguisée et pleine de verve, Yannick Grannec présente les personnages principaux de sa tragédie en de réjouissants portraits d'une précision souvent jubilatoire, parfois féroces, les chapitres consacrés à chacun alternent les points de vue : l'évêque, le jeune vicaire, la soeur herboriste, l'abbesse, la novice sont brillamment dessinés, à la façon d'un Saint-Simon croquant les courtisans, avec plus de tendresse tout de même pour certains.

    L'intrigue monte en puissance progressivement, construite avec minutie tel un thriller à partir du principe de l'effet papillon, la chaine d'événements devenant folle à mesure que le roman avance. La tension est permanente, d'une violence contenue jusqu'à la déflagration, attendue mais qui surprend par sa force. C'est d'autant plus remarquable que l'auteure se permet de nombreuses parenthèses digressives ( sur l'herboristerie par exemple ). On sent qu'elle s'est obligée à « couper » dans son énorme documentation. Et c'est réussi, le dosage entre érudition et romanesque est parfait pour tenir le lecteur en haleine tout en l'instruisant.

    Au-delà d'une construction habile, ce que j'ai particulièrement apprécié dans ce roman, c'est son regard sur la condition féminine à la fin du XVIème siècle, à une époque charnière où on commence à brûler les femmes « déviantes », trop libres, trop éloignées du dogme catholique , c'est l'époque des grands procès en sorcellerie. Et les Bénédictines du roman sont beaucoup trop libres aux yeux de la société patriarcale et de la hiérarchie diocésaine ...

    Surtout, Yannick Grannec décortique sans fard le fonctionnement cruel du microcosme monastique, traversé par une stupéfiante lutte des classes entre les Marie et les Marthe : ces dernières, les converses étant issues du peuple, chargées des travaux manuels et des affaires séculières, alors que les Marie, nées nobles, occupent les postes les plus prestigieux et se consacrent aux offices et aux études tout en méprisant les Marthe.
    L'auteure rend également très prégnantes la question de l'origine de la "vocation religieuse" : se retrouver moniale n'est que très rarement un choix personnel guidé par la foi, parfois un moyen d'échapper au mariage pour poursuivre des études, plus souvent une façon pour les familles nobles de caser les rebuts du marché matrimonial ( les trop laides, les trop "folles", les trop agitées ), pour les familles pauvres de se débarrasser d'une bouche à nourrir. Avec toutes les aigreurs et les rancoeurs que cela peut engendrer.

    Je suis très surprise que ce roman n'ait été que peu mis en avant lors de la rentrée littéraire de septembre dernier tant il est passionnant pour faire résonner très subtilement des thématiques féministes très contemporaines à partir d'une intrigue dépaysante avec un vrai souffle romanesque.

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  • 1584, au cœur d'une abbaye bénédictine en Provence

    Quel roman jubilatoire et passionnant ! J'ai fait un voyage dans le temps, un temps où la condition féminine n'offrait que peu d'alternatives, le mariage ou le couvent. À l'abbaye de Notre Dame du Loup qui bénéficie d'un régime de faveur...
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    1584, au cœur d'une abbaye bénédictine en Provence

    Quel roman jubilatoire et passionnant ! J'ai fait un voyage dans le temps, un temps où la condition féminine n'offrait que peu d'alternatives, le mariage ou le couvent. À l'abbaye de Notre Dame du Loup qui bénéficie d'un régime de faveur particulier, les moniales ont le privilège d'élire leur abbesse et de conserver l'intégralité de leurs gains. Gains importants grâce à leur doyenne, sœur Clémence dont le talent d'herboriste et les préparations à base de simples sont prisées jusqu'à la Cour. Cela va attirer la convoitise du nouvel évêque de Vence qui va intriguer pour tenter de récupérer la main mise sur l'abbaye et en envoyant deux vicaires inspecter l'abbaye, va déclencher une série de catastrophes, complots et vilenies qui vont bien vite le dépasser...

    C'est documenté, passionnant, le lecteur est transporté dans l'abbaye, partage la vie des sœurs pas si bonnes que cela, jalousies, intrigues, méchanceté, jeux de pouvoir, trahisons jalonnent les pages. Il découvre moult recettes de baume, vinaigre, poudre à chimères à l'énoncé si joliment troussé qu'on y croirait. Il assiste médusé à l'agitation de toute une société à l'humeur versatile et pétrie de superstitions qui, sans broncher, va vouer aux gémonies celle à qui il vouait une reconnaissance éternelle les jours d'avant...
    Car bien sûr sœur Clémence détient un savoir qui met en péril le pouvoir des hommes et dans leur esprit étroit et mesquin, la frontière avec la sorcellerie est ténue et s'efface très vite ouvrant alors la porte à l'inquisition et à la barbarie...

    Des personnages à la psychologie soignée, tous savoureux, une intrigue digne d'un polar, de l'humour, de la truculence, de la férocité, ce roman est un régal !

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  • Il s'en passe des choses à l'Abbaye de Notre-Dame du Loup en 1584 en Provence.....  De cette communauté de bénédictines normalement dévolues à la prière et au secours des souffrants, Yannick Grannec pousse les portes de la clôture pour nous faire découvrir non seulement les conflits parfois...
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    Il s'en passe des choses à l'Abbaye de Notre-Dame du Loup en 1584 en Provence.....  De cette communauté de bénédictines normalement dévolues à la prière et au secours des souffrants, Yannick Grannec pousse les portes de la clôture pour nous faire découvrir non seulement les conflits parfois larvés et luttes de pouvoir entre religieuses mais aussi le pouvoir des Simples, ces plantes que l'on nommait ainsi car poussant dans les jardins ou dans la nature et qui possédaient bien des vertus à qui connaissait leurs pouvoirs. Et celle qui les connaît, c'est la religieuse herboriste, sœur Clémence, femme âgée et qui a trouvé en Gabrielle, jeune fille de 15 ans, sa digne héritière.

    Née de l'imagination de l'auteure cette abbaye abrite une communauté constituée de religieuses d'extractions diverses, ayant choisi (ou non) de se consacrer à leur Dieu, soit par la prière soit en œuvrant aux travaux du lieu, la ressource principale étant la vente des plantes mais accueillant aussi dans  l'hôpital  les plus humbles. Abbaye imaginaire mais inspirée par des recoupements historiques, connaissances des plantes, de leurs bienfaits mais aussi parfois de leurs pouvoirs malfaisants et le tout avec une trame romanesque dans laquelle l'auteure intègre tout ce qui concourt à en faire un récit vivant, instructif et à rebondissements.

    Car quand on fait entrer un jeune vicaire qui pose ses yeux sur la jeune apprentie herboriste dans la place, tout se dérègle, c'est faire entrer le Malin dans la bergerie..... On découvre que l'évêque entretient une relation avec la mère du jeune homme (les vœux de d'abstinence étaient ce qu'ils étaient....), que l'abbesse est confrontée à bien des rivalités, que les femmes sont souvent reconnues comme sorcières quant on leurs actions vont à l'encontre de la morale ou par simple convenance et que le Diable se fait un malin plaisir à mélanger les herbes cartes, le tout rythmé par des dictons de saison, des recettes et des odes aux échos de nature, de sentiments et de plantes.

    L'auteure aborde judicieusement différents thèmes : condition féminine, misère, maladies, pouvoir, luttes d'influence, hérésie etc.... le tout dans une écriture fluide et parfois empreinte des parlers de l'époque.

    J'ai lu avec plaisir (et avec effroi sur la fin quant il s'agit des tortures) ce roman, c'est une plongée dans les temps où il ne faisait pas toujours bon être femmes, détenir un savoir et un pouvoir, où l'Eglise régnait en maître avec des tribunaux où le justice était toujours du même bord sans compter les manipulations et revirements du peuple.

    J'ai eu peur que cela ne verse à un moment sur une histoire convenue de romance avec la venue du jeune vicaire qui rencontre la jeune apprentie, mais Yannick Grannec évite cet écueil (pour moi) et se lance dans un récit aux multiples narrateurs vivant ou passant dans ce lieu si fermé mais où les passions sont parfois exacerbées.

    C'est une lecture qui n'a pas été sans me faire beaucoup pensé à La nuit des béguines d'Aline Kiner qui se déroulait également dans le même type de lieu et d'intrigues....

    Dès sa sortie ce livre m'avait interpellée car j'aime l'histoire, la nature et donc les plantes, je trouvai la couverture très jolie et évocatrice, je suis toujours curieuse de la vie monastique et donc il avait tous les ingrédients d'un livre à la fois divertissant mais instructif. Une réussite donc.

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  • En premier lieu, je remercie Lecteurs.com et les éditions Carrières de m'avoir fait gagner ce livre !
    Ecrit dans un belle langue reprenant du vocabulaire ancien, très imagé,ce roman nous entraîne au sein d'une communauté de religieuses à l'abbaye de Notre-Dame du Loup au XVIe siècle. Ces...
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    En premier lieu, je remercie Lecteurs.com et les éditions Carrières de m'avoir fait gagner ce livre !
    Ecrit dans un belle langue reprenant du vocabulaire ancien, très imagé,ce roman nous entraîne au sein d'une communauté de religieuses à l'abbaye de Notre-Dame du Loup au XVIe siècle. Ces Louventines sont dirigées par le Mère Marie-Vérane, issue d'une noble lignée dont la famille est devenue huguenote puis, sous la pression politique, redevenue catholique. L'abbaye vit grâce à son hôpital et à sa fabrique où sœur Clémence, très vieille converse, doyenne du couvent, exerce sa fine connaissance des effets des simples, quelle ramasse autour du cloître, pour soigner au mieux le "petit" peuple. Mais l'évêque, qui veut s'accaparer des richesses du couvent, décide d'y envoyer ses vicaires afin de démontrer que l'incurie et l'impiété règnent parmi ces religieuses. La porte qu'il entrouvre livrera bien des tourments au sein de cette communauté et de ses environs.
    J'ai beaucoup aimé ce roman, mêlant Histoire, croyances, superstitions et rumeurs, dont chaque chapitre commence par une recette versifiée et fantaisiste de l'utilisation de simples même si parfois, j'ai piaffé devant certaines longueurs...

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  • Immersion dans une abbaye du sud de la France au XVI ème siècle. Je n'ai pas adhéré à cette histoire. Les personnages des soeurs n'ont pas beaucoup de consistance

    Immersion dans une abbaye du sud de la France au XVI ème siècle. Je n'ai pas adhéré à cette histoire. Les personnages des soeurs n'ont pas beaucoup de consistance

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  • Voici le nouveau romande l'autrice de "La déesse des petites victoires" dont j'ai beaucoup entendu parlé mais que je n'ai pas eu l'occasion de lire. Le récit se déroule en Provence, durant le Moyen-âge, au cœur d'une abbaye de bénédictines. Dès qu'un roman aborde le thème des religieuses, je ne...
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    Voici le nouveau romande l'autrice de "La déesse des petites victoires" dont j'ai beaucoup entendu parlé mais que je n'ai pas eu l'occasion de lire. Le récit se déroule en Provence, durant le Moyen-âge, au cœur d'une abbaye de bénédictines. Dès qu'un roman aborde le thème des religieuses, je ne peux m'empêcher de penser à "Une autre idée du silence" de Robyn Cadwallader. Captivant!

    Les louventines vivent paisiblement au cœur de l'abbaye de Notre Dame du Loup. Uniquement gérée par des femmes, le lieu bénéficie de revenus que le cupide nouvel évêque Monsieur de Solines, convoite. Envoyant ses émissaires pour voir ce qu'il peut glaner, il déclenche une guerre intestine, dans laquelle la Mère abbesse Marie-Vérane ne compte pas rester spectatrice.

    D'une plume délicate et documentée, l'autrice plonge le lecteur à sa suite dans ce Moyen-Âge, où la place de la femme n'est pas encore faite et ne vaut pas plus aux yeux d'un homme qu'un esclave mâle. C'est cette pression et ce mépris pour le sexe faible que les bénédictines vont ressentir et dont le couvent bénéficie d'un statut particulier et intouchable, qu'il compte bien remettre en cause. Car ce nouvel évêque en plus d'être ladre ne pense faire qu'une bouchée de pain de ces pauvres femmes. Il est d'ailleurs impensable pour lui qu'une femme gère une abbaye dont les revenus devraient être siens...

    Progressivement, la tension monte dans cette intrigue parfaitement structurée, dans laquelle le lecteur va prendre plaisir - et parti - à suivre les différents personnages comme le jeune vicaire Léon de Sine, la douairière Sœur Clémence ou encore la mère abbesse, dont les caractères sont finement analysés. C'est avec curiosité que l'on suit la vie bien réglée et hiérarchisée de ce lieu de culte, dans lequel ces femmes - qui n'ont pas toutes choisi d'être là - ont des tâches bien précises et une journée réglée comme du papier à musique.

    Le roman tire son titre de l'utilisation récurrente que fait sœur Clémence, herboriste, des simples, ces plantes médicinales très utilisées - et qui reviennent progressivement à la mode de nos jours - dans le temps, pour soigner toutes sortes de maux, avant l'arrivée de la médecine moderne. C'est très intéressant, et le lecteur découvre ainsi les vertus de plantes tout à fait communes - pour la plupart - dont les effets sont utiles à l'homme. Mais - encore une fois - l'Homme est un loup pour l'Homme...(...)

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  • Merci tout d'abord à "lecteurs.com" et aux éditions Anne Carrière, grâce à qui j'ai pu découvrir le livre de Yannick Grannec, dont la présentation m'avait à la fois intriguée et emballée.

    Quel bon moment de lecture j’ai passé avec « Les simples » ! Une immersion durant plus de quatre cent...
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    Merci tout d'abord à "lecteurs.com" et aux éditions Anne Carrière, grâce à qui j'ai pu découvrir le livre de Yannick Grannec, dont la présentation m'avait à la fois intriguée et emballée.

    Quel bon moment de lecture j’ai passé avec « Les simples » ! Une immersion durant plus de quatre cent pages dans un univers de claustration (l’abbaye fictive de Notre-Dame du Loup), où se déchaînent enjeux de pouvoir et passions inavouables. Dans un livre très richement documenté, Yannick Grannec nous fait découvrir l’univers de ces bénédictines qui vouent leur existence à Dieu et qui, par la tenue d’un hôpital, soulagent les douleurs des fidèles de la région, grâce à la connaissance des simples de l’herboriste sœur Clémence. Ces remèdes sont vendus en ville et sont une véritable manne pour l’évêque de Vence. Il va envoyer un vicaire pour inspecter l’abbaye : charge à lui de mettre à jour un scandale pour que l’abbaye passe dans le giron de l’évêché et perde son autonomie. Il y a dans ce livre de très beaux personnages féminins, parmi les bénédictines, la mystérieuse sœur Clémence, qui maîtrise l’art de soigner grâce aux préparations des plantes (et en 1584 en Provence, il n’y a qu’un pas pour l’accuser de pacte avec le Malin), la future novice Gabrielle d’Esteron, qui cherche à rester maîtresse de son destin dans un monde où les femmes ne sont que monnaie d’échange dans l’opération financière qu’est le mariage, sœur Mathilde, à la langue bien pendue, la machiavélique sœur Marie-Angèle de l’Incarnation… Les chapitres scandés par la chronologie et les saisons, nous donnent à entendre plusieurs voix (le savoureux barbier-chirurgien au langage fleuri!) et c’est là que la magie de l’écriture opère : l’auteur utilise un vocabulaire daté, érudit mais sans cuistrerie, quelques notes de bas de pages suffisent, la langue est naturelle, pétillante parfois, et on plonge avec délices dans cette Provence de la Renaissance.
    Si vous voulez retrouver un univers qui peut évoquer « Le nom de la rose », lisez ce livre sans hésiter ! Pour ma part, après lecture de la bibliographie fournie en fin d’ouvrage, cela m’a donné envie en le refermant, d’aller me plonger dans quelques articles sur la médecine ou la sorcellerie… avant de découvrir les deux premiers romans de Yannick Grannec.

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  • J'ai découvert ce roman lors de ma visite au salon Livres dans la Boucle à Besançon où l'auteure était présente . Oui je mets auteur au féminin, car Yannick Grannec est une femme, j'ai ainsi appris que Yannick était un prénom breton mixte. Première belle surprise. J'étais interessée par le...
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    J'ai découvert ce roman lors de ma visite au salon Livres dans la Boucle à Besançon où l'auteure était présente . Oui je mets auteur au féminin, car Yannick Grannec est une femme, j'ai ainsi appris que Yannick était un prénom breton mixte. Première belle surprise. J'étais interessée par le résumé qui traite d'un sujet que je n'ai pas l'habitude de voir dans les romans. Je n'ai pu malheureusement pas le prendre, j'avais d'autres achats à effectuer, je l'ai donc emprunté à ma médiathèque. Et maintenant, je regrette de ne pas l'avoir acheté car c'est un livre que j'aimerais beaucoup avoir dans ma bibliothèque, mais c'est une chose qui peut se réparer aisément !

     

    Cette histoire m'a entrainée à la fin du 16ème siècle, en Provence, dans une communauté de bénédictines. Leur abbaye se trouve isolée du village. Par rapport à d'autres couvents, elles sont indépendantes, ne dépendent de personne et surtout n'ont pas de compte à rendre à l'évêque dont elles dépendent. Et, on s'imagine aisément combien cela déplait aux autorités ecclésiastiques. Elles s'occupent essentiellement de soigner les gens qui les sollicitent. Leur doyenne, sœur Clémence, est d'ailleurs très douée en herboristerie, elle connait beaucoup les bienfaits, et méfaits, des plantes, elle fait des préparations que la communauté revend à la pharmacie et à la Cour. Ses remèdes sont très prisés. Mais cela provoque de la jalousie au sein du clergé qui ne va pas hésiter à parler de sorcellerie. Comme il a toujours fait avec les soins naturels d'ailleurs. Deux vicaires doivent justement enquêter et se rendre chez les sœurs. L'un d'eux, Léon, va être touché particulièrement. Il va tomber sous le charme d'une jeune fille qui est en pension chez les sœurs. Il sera lui-même blessé et recevra les soins de sœur Clémence. La jalousie des seigneurs, du clergé, et de certaines sœurs au sein même de la communauté va troubler la tranquillité et les bons soins prodigués par sœur Clémence.

     

    Avec ce roman, j'ai découvert en profondeur le fonctionnement d'un couvent, la hiérarchie au sein de la communauté, l'organisation de leur vie entre les prières et les tâches attribuées à chacune. J'en ai appris également plus sur le clergé, le régulier et le séculier, le rôle de l'évêché au sein de l'abbaye, ce qu'elles doivent rapporter, ce qu'elles aimeraient taire. Comme dans toute communauté, il y a des conflits de pouvoir, on pourrait penser qu'elle s'entendent toutes bien, mais non, il y a des personnalités qui se heurtent, des envies et des jalousies de la part de certaines, qui n'hésitent pas à parfois même mentir à leurs autorités pour avoir ce qu'elles veulent. Et là, je me suis dit, mais non, elles ne peuvent pas mentir, c'est dans leur éducation, je me trompais et j'ai pu ainsi me rendre compte que la perfidie et le mensonge font également partie de leurs vies. Et bien sûr, j'ai appris plein de choses sur les plantes, bien que l'auteure nous signale à la fin du roman, que les recettes sont fantaisistes et ne possèdent aucun des dons qui leur est donné. Mais même si ces remèdes n'existent pas, j'ai trouvé intéressant de les connaître un peu plus. Le titre est d'ailleurs bien trouvé puisque les simples représentent les plantes et leur utilisation, et par extension, ce mot peut aussi convenir à certaines personnes du roman qui sont loin d'être simples.

     

    Une chose est certaine, c'est que Yannick Grannec a dû abattre un boulot monstre en amont de l'écriture de ce roman, car tout est vraiment bien détaillé et complet. Et ceci sans alourdir le texte, les descriptions et les différentes explications se lisent simplement et dans la continuité de l'histoire. Je trouve que l'auteure a très bien su doser la narration avec les informations qu'elle voulait nous donner. Elle plante bien le décor avec des descriptions très visuelles, et toujours avec légèreté. Et le tout rédigé avec un vocabulaire soutenu, aux mots recherchés et surtout certains sont d'époque. Pour ma part, ça ne m'a pas dérangée du tout à la lecture, si j'avais envie de connaître la signification d'un, je la cherchais sur internet, mais c'était assez rare, car les mots sont expliqués ou certains correspondent à notre vocabulaire actuel et on retrouve la racine d'un mot connu. J'ai beaucoup aimé car ça permet de mettre le lecteur encore plus dans l'ambiance moyenâgeuse. J'ai vraiment eu l'impression de vivre à une autre époque le temps d'une lecture.

     

    Ma lecture, justement, s'est faite passionnément et avec plaisir, et finalement rapidement, puisqu'en deux après-midis, j'avais fini le livre. Car une fois le décor planté, l'habitude prise avec les différents personnages, une intrigue est mise en place et j'ai assisté, impuissante, à des drames que je n'avais pas vu venir, certains m'ont beaucoup attristée et d'autres m'ont horrifiée également. Je me suis demandée où pouvait être l'amour du prochain et la compassion dans certains personnages du clergé qui sont sensés faire le bien et répandre la bonne parole. Ils ont beaucoup de mal à appliquer à eux-mêmes les préceptes qu'ils prônent et n'hésitent pas à répandre le mal, mais jamais ils ne se sentent coupables de quoique ce soit, se cachant alors derrière leur religion et leur Dieu. Je ne crois en aucun dieu, et ce livre me confirme que les humains font bien ce qu'ils veulent avec. Bon, ici n'est pas le propos, mais j'ai vraiment été révoltée par certains faits et décisions du clergé dans ce livre. Et je sais bien que ce n'est pas inventé par l'auteure, je l'ai déjà lu dans d'autres livres, vu dans des films, le clergé n'hésitait pas à traiter de sorcières une femme qui soignaient avec les plantes et surtout à les punir. Et malheureusement, je trouve que l'humain n'a pas tellement évolué, bien sûr, on ne brûle plus les gens, mais on retrouve les mêmes conflits intérieurs dans nos sociétés actuelles. L'humain ne retient jamais rien de son histoire...

     

    Comme vous pouvez le voir, ce roman a eu cette double fonction sur moi de me divertir par une histoire intéressante et prenante et de m'instruire sur la vie à cette époque là d'un couvent de religieuses. D'ailleurs, toute l'action va se passer à l'intérieur de cette abbaye, on en sortira très peu, à part pour aller dans la campagne avoisinante. À aucun moment je n'ai trouvé ça étouffant.

    Je découvre avec ce roman une auteure avec beaucoup de talent. Elle a un talent de conteuse indéniable, un effort de précision dans chaque fait ou personnage qui permet de bien se représenter en image ce qu'il se passe. Elle ponctue son récit de citations ou de recettes de préparations, de dictons. L'action se passe en un peu moins d'un an, il y a un rappel des dates au début des chapitres. C'est un roman vraiment bien construit, original par le sujet, très dense dans les faits, l'action et les personnages et intense dans tous les sentiments divers que l'on peut ressentir pour les uns ou les autres.

     

    Comme vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce roman et je vous le recommande chaleureusement. C'est une très bonne découverte pour moi. Je pense que je vais lire un de ses précédents livres, tellement j'ai aimé son style. Une chose est sûre, je vais la suivre de près et sûrement m'acheter ce roman car je pense que je le relirai avec plaisir. Je suis très contente de cette lecture et regrette sincèrement de ne pas m'être arrêtée plus longtemps à son stand au salon du livre pour discuter avec elle. Mais ce n'est que partie remise !

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