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Valeur et distance ; identités et sociétés en Egypte

Couverture du livre « Valeur et distance ; identités et sociétés en Egypte » de Christian Decobert aux éditions Maisonneuve Larose
Résumé:

Des historiens, des sociologues et des anthropologues se sont réunis autour de la question des constructions identitaires collectives, et ils ont pris l'Égypte comme champ d'investigation.
Non pas que l'Égypte fût un terrain d'exception, différent des autres, mais parce qu'il leur était commun... Voir plus

Des historiens, des sociologues et des anthropologues se sont réunis autour de la question des constructions identitaires collectives, et ils ont pris l'Égypte comme champ d'investigation.
Non pas que l'Égypte fût un terrain d'exception, différent des autres, mais parce qu'il leur était commun et aussi parce que la documentation, quelle que soit sa nature (historiographique, archéologique, ethnographique) y est d'une grande richesse. Dans ce " lieu clos ", ils ont choisi la longue durée et se sont autant penchés sur l'Égypte des Ptolémées que sur celle du christianisme naissant, celle des Fatimides, ou celle des mutations contemporaines.
Ils se sont intéressés à toutes sortes de groupes, et pas nécessairement à ce que l'on appelle habituellement les communautés, quels que soient donc leur statut et leur origine, et quelle que puisse être leur importance (groupe très minoritaire, ou massif, ou discret). Un premier constat a été que les définitions de statut des groupes considérés est bien difficile à cerner. L'identité des Grecs d'Égypte à l'époque ptolémaïque était-elle fondée sur la langue, l'origine, la religion ? Comment les mamelouks du XIVe siècle se reconnaissaient-ils ? Les juifs caraïtes, au Caire au début du XXe siècle, n'étaient-ils qu'une fraction de la communauté juive ? Les notions démarcatives couramment avancées (groupe linguistique, communauté religieuse, société d'origine) sont largement inopérantes.
De plus, il a été montré que les traits choisis par les acteurs sociaux pour marquer leur identité (comme appartenant à un groupe) et celle des autres (comme appartenant à un autre groupe) sont extrêmement instables, et que les frontières édifiées entre les " assemblages " se déplacent constamment. En revanche, et ce deuxième constat n'est pas en contradiction avec ce qui précède, les contributions à cet ouvrage mettent en évidence la tentation constante, chez les acteurs sociaux, de réifier les traits identitaires (des autres et de soi), de façon telle que ceux-ci sont représentés comme étant des propriétés stables, intrinsèques, non négociables.
Cette " essentialisation " des formations sociales pèse sur les relations qu'elles peuvent, et doivent, entretenir.

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