Un certain M. Piekielny

Couverture du livre « Un certain M. Piekielny » de François-Henri Désérable aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072741418
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

«"Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny..." Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à "une souris triste", Roman Kacew était enfant. Devenu... Voir plus

«"Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny..." Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à "une souris triste", Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s'en est toujours acquitté : "Des estrades de l'ONU à l'Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l'Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n'ai jamais manqué de mentionner l'existence du petit homme", raconte-t-il dans La promesse de l'aube, son autobiographie romancée.
Un jour de mai, des hasards m'ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J'ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d'un certain M. Piekielny.»

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Les derniers avis

  • 0.25

    https://lillyandbooks.wordpress.com/2017/10/14/un-certain-m-piekelny-francois-henri-deserable/

    Parfois, il suffit donc d’une rencontre pour que tout bascule.

    C’est un peu ce qu’il m’est arrivé avec ce livre; un peu ce qui lui est arrivé avec Romain Gary et La Promesse de l’aube alors qu’il était au lycée. J’ai commencé ma lecture, d’abord amusée par le style, puis fascinée par la justesse et la finesse de chacun des mots. Quelques références littéraires ou actuelles au détour d’une phrase, un brin d’humour mais surtout l’espoir, l’espoir de retrouver la trace de M. Piekelny. J’ai cru très fort à ces possibles retrouvailles, sans jamais douter de quoi que soit. J’ai projeté cette « petite souris » dans chacun des scénarios créés pour tenter de le rendre un peu plus vivant. J’ai ri, j’ai été émue par ces morceaux de passé, et puis j’ai commencé à avoir le cœur lourd de sentir le poids des pages diminuer au fur et à mesure. Cette histoire est tellement bien menée que je n’ai pas vu la journée passer.


    A peine 24h m’ont suffi pour dévorer ce chef-d’oeuvre. Je ne serais pas étonnée si dans quelques années ce livre vient à être étudié. Il a tout d’un classique: l’emploi détourné de la biographie au service d’une forme d’autobiographie, le devoir de mémoire pour la guerre 39-45, la frontière entre fiction et réel, la place de l’écrivain et de la littérature dans nos vies, et j’en passe…


    « Il ne faut pas avoir peur du bonheur, tu sais, c’est seulement un bon moment à passer. » p.175

  • 0.2

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/10/un-certain-m-piekielny-de-francois.html

    Une succession de hasards conduit François-Henri Désérable à Vilnius en Lituanie où il tombe sur une plaque commémorative au 18 de la rue Grande-Pohulanka où Romain Gary a vécu de 1921 à 1925, Vilnius s'appelait Wilno à l'époque et Romain Gary s’appelait encore Roman Kacew.
    François-Henri Désérable a lu et relu "La promesse de l'aube" de Romain Gary à dix-sept ans, ce texte était au programme de son bac de français, une phrase rejaillit de sa mémoire concernant un certain Mr Piekielny, un homme mis en lumière le temps d'un chapitre de ce roman.
    La mère de Romain Gary était convaincue du grand avenir qui attendait son fils qu'elle élevait seule, elle lui assignait un destin de grand écrivain et le disait à tous leurs voisins. L'un d'entre eux, Monsieur Piekielny fait promettre au jeune Gary de dire à tous les gens importants qu'il rencontrera dans sa vie "au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait Mr Piekielny ".

    François-Henri Désérable décide de partir à la recherche de cet homme, il veut découvrir ce qu'il est devenu et se rend plusieurs fois en Lituanie. Les seuls éléments fournis par Romain Gary indiquent qu'il ressemblait à une souris triste avec une barbiche roussie par le tabac. L'écrivain sait simplement qu'il est mort assassiné par les nazis.

    Dans un premier temps j'ai pensé que cette recherche de Mr Piekielny n'était qu'un prétexte pour l'auteur pour nous relater la vie de Romain Gary qu'il vénère. Une vie très riche puisqu'il a été, tour à tour, aviateur pendant la guerre, diplomate et un célèbre écrivain qui a accompli l'exploit de recevoir deux fois le prix Goncourt, la première fois sous son vrai nom, la seconde fois sous le nom d'Emile Ajar, célèbre mystification de Romain Gary qui adorait travestir la vérité.

    François-Henri Désérable reprend des épisodes de la vie de Gary en imaginant les situations où il aurait pu tenir la promesse faite à Mr Piekielny, il imagine des dialogues qu'il aurait eu avec Kennedy, De Gaulle et Bernard Pivot lors de l'émission Apostrophes, autant de situations où Romain Gary aurait réussi à glisser la fameuse phrase... On suit ainsi la vie de Romain Gary, habilement entrelacée avec la vie que l'auteur imagine pour Mr Piekielny et les persécutions qu'il aurait subi en tant que juif. Les recherches de l'auteur nous entraînent dans le ghetto où des milliers de juifs ont été massacrés avec la complicité de la population en 1941, où beaucoup finissaient d'une balle dans la nuque au bord d'une fosse. Mais Mr Piekielny a-t-il vraiment existé? Romain Gary ne l'a-t-il pas simplement inventé? " S'il n'était que d'encre et de papier, voilà qui signait le triomphe indubitable, éclatant, de la littérature via la fiction"

    Mais ce roman ne se limite pas à l'évocation de Romain Gary loin de là. En effet François-Henri Désérable multiplie les digressions sur lui-même mais aussi sur les auteurs qui l'ont marqué. Pennac le mène à Gogol évoqué par Gary, c'est l'inventeur du cliffhanger, procédé qui consiste à terminer un chapitre en créant une attente du lecteur. Il parle de sa découverte des livres, de ses débuts d'écrivain, de sa mère qui se désespère de le voir écrire au lieu d'avoir un métier plus assuré, "Désolé pour tes rêves évanouis, je n'ai que mes livres et je les dépose à tes pieds", "Il fallait que le front de son fils fût ceint de lauriers pour qu'elle pût enfin s'en coiffer à son tour. Mais là où Romain Gary s'était mis à écrire pour la sienne, c'est à la fois grâce à la mienne et contre elle que je suis devenu écrivain : ce qui aujourd'hui m'emporte et m'exalte et me tient lieu de vie, c'est à elle, sans doute, que je le dois"

    Contrairement à d'autres je n'ai pas été gênée par le fait que François-Henri Désérable parle régulièrement de lui, je n'ai à aucun moment trouvé qu'il faisait preuve de suffisance, toutes ses digressions personnelles ont un sens par rapport à Romain Gary, par rapport à la littérature. Lorsqu'il évoque sa mère, c'est pour la comparer à celle de Romain Gary. Je ne l'ai jamais trouvé indécent "Si j'ai dévoilé une part de l'intime, c'est pour mieux dissimuler le privé", au contraire j'ai aimé l'autodérision et l'humour dont il fait preuve.
    François-Henri Désérable nous offre un récit vivant aux multiples facettes dans lequel il passe sans cesse du grave au léger.
    Parallèlement à l'évocation de Romain Gary, ce roman est un très bel éloge de la littérature, l’auteur y souligne les liens entre fiction et réalité et montre l'importance donnée aux personnages de fiction en hommage à un auteur qui a su si bien mêler fiction et réalité.

  • 0.15

    "Au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait un certain M. Piekielny". Cette phrase, l'auteur l’a lue dans "La promesse de l’aube" de Romain Gary, et c'est à Vilnius que démarre l'enquête qui s'avérera pleine de rebondissements et d'incertitudes. A-t-il vraiment existé, ce M. Piekielny, ou seulement dans l'imagination de Romain Gary en hommage à Gogol, toutes les hypothèses sont permises. "Cette scène est vraie, puisque je l'ai inventée" aurait dit Boris Vian, mais à travers ses recherches sur le terrain, François Henri Désérable nous replonge dans une page d'histoire pendant la période d'occupation nazie, et s'adresse au lecteur d'aujourd'hui à la manière d'un confident, en le prenant à parti et en se mettant en scène en parallèle avec Romain Gary pour définir le rôle de l'écrivain. Un roman agréable à lire, avec ses chapitres courts qui donnent un rythme à la lecture, et une envie de découvrir ce jeune auteur.

  • 0.25

    Ou comment la force d’une phrase, au départ anodine, nous plonge avec une force incroyable dans tout ce qu’a été Romain Gary !

    Si au départ cet étrange et mystérieux Monsieur Piekielny m’a décontenancée, il s’est bonifié au fur et à mesure des pages et j’ai pris un malin plaisir à savoir lire entre les lignes.

    Des rencontres imaginaires, un ton ironique et humoristique totalement irrésistible, mais aussi un sublime éloge des mères…

    En littérature, j’aime être surprise, bousculée et lire des livres qui sortent des sentiers battus.
    Désérable devient donc mon héros avec cette enquête « littéraire », cette quête identitaire des plus minutieuses, méticuleuses.
    C’est une délicieuse balade, certes cousue de fil blanc au final mais rondement menée que je vous recommande vivement !

    Mon billet sur https://arthemiss.com/un-certain-monsieur-piekielny-de-francois-henri-deserable/

  • 0.25

    François-Henri Désérable, en menant une enquête sur qui était M. Piekielny mentionné par Romain Gary dans la « Promesse de l’aube », pense à haute voix et embarque le lecteur dans un livre ouvert. Il est d’une générosité incroyable en nous faisant partager sa culture et le métier d’écrivain, en saluant le pouvoir de l’imaginaire via un Gary mystificateur de talent !
    Pour jouir de ce bel écrit, car FH. Désérable écrit merveilleusement bien, il est conseillé d’avoir lu, de relire ou de lire « La promesse de l’aube », base sur laquelle il s’appuie pour nous livrer une savante biographie de Romain Gary, et rappeler les évènements terrifiants que les Juifs ont vécus en Lituanie à l’époque du nazisme. Au-delà d’être un très bon historien et biographe, FH. Désérable se révèle être un très bon écrivain voyageur sur les pas de Romain Gary et sur les siens propres. En effet, sans lui ressembler, il établit quelques parallèles entre lui et Gary, tout particulièrement entre leurs mères inquiètes pour leurs fils, qui rêvent de leurs lauriers pour s’en couvrir elles-mêmes ensuite mais il nous entraîne aussi sur les lieux de ses propres voyages. Il ne peut éviter bien entendu de nous livrer le ressenti d’un écrivain au travail car, cela est leur métier et quand on écrit sur la littérature, il est généreux de faire part du cheminement de leurs pensées. Il est honnête de reconnaître que la littérature peut tout se permettre et surtout réinventer la réalité… Il va vérifier ce qu’a écrit Gary… Retrouver les traces de ce M. Piekielny, va être le fil conducteur du roman qui va nous tenir en haleine jusqu’au bout.
    J’ai beaucoup aimé « La promesse de l’aube », roman que j’ai lu la semaine dernière. Je mets 5 étoiles au roman de Désérable… Un vrai coup de cœur pour cet auteur instruit qui n’hésite pas à nous faire partager sa culture et nous la livre naturellement et sans prétention, dans une lisibilité fluide et sympathique, presque familièrement. J’ai eu l’impression qu’un ami me parlait à moi personnellement, en me confiant tout son savoir sans limites,parsemé d'affectueuses notes d'humour. J’aurais voulu le lire d’une traite mais le sommeil à 2 heures du matin m’a obligée d’y mettre un marque-page et en ce dimanche, je me suis levée le cœur en joie car j’avais un excellent livre à finir.

  • 0.2

    En mai 2014, l’auteur est en Lituanie, il a quelques heures à tuer dans les rues de Vilnius. Il passe devant une maison dans laquelle a vécu Roman Kacew, de 1917 à 1923, bien avant qu’il ne devienne Roman Gary. Une plaque commémorative lui rappelle cet épisode, il se remémore alors cette phrase gravée dans sa mémoire et titrée du chapitre VII de La Promesse de l’aube, le roman édité par Gallimard en 1960, phrase attribuée à son voisin, cette triste souris grise : « Promets-moi de leur dire : au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… «
    François-Henri Désérable est un fan absolu de ce roman qu’il a lu et relu un grand nombre de fois, la promesse de l’aube, et de cet auteur, et à partir de cet instant, il n’aura de cesse de retrouver des traces de cet homme, le voisin, la souris triste. Prétexte donc à nous parler d’avantage du romancier que de M. Piekielny, l’auteur nous entraine à la suite de Romain Gary. Il va le suivre, le chercher, tenter de le découvrir. Avec un style bien particulier dans lequel l’auteur se met également en scène, il nous dévoile quelques parts d’ombre de celui qui a réussi ce dont sa mère avait toujours rêvé : qu’il devienne ambassadeur et écrivain, diplomate. Il va le suivre de Vilnius à Nice, pendant la guerre et lors de ses succès, vivre intensément avec ses personnages, et regretter amèrement comme tant d’autres la mort de l’écrivain qui a préféré tirer sa révérence un jour de 1980.
    Voilà une très intéressante approche, qui évoque la possibilité pour Romain Gary d’avoir utilisé sa souris triste pour donner corps à tous ceux qui ont vécu la barbarie nazie au cœur du ghetto de Vilnius. M. Piekielny devient symbole de vie, immortel à sa façon, puisque Romain Gary en parle dans le monde entier, à tous les grands qu’il rencontre en particulier lorsqu’il sera ambassadeur.
    J’aime cette écriture étonnante, très singulière. L’auteur nous fait découvrir des biographies et des personnages historiques sous des airs de romans et d’échange, en y mettant beaucoup de son propre personnage, vécu ou romancé, et là, qu’importe !

  • 0.25

    Le narrateur, comme beaucoup d'entre nous d'ailleurs, a lu « la promesse de l'aube » de Romain Gary car ce livre était au programme de son bac de français. C'est d'ailleurs le seul, sur la vingtaine de livres au programme, qu'il ait lu et « Miracle », comme il le dit lui même, c'est sur celui-ci qu'il a été interrogé. Cependant sa relation avec ce livre va aller au delà d'une simple lecture et il va s'en approprier certaines émotions, le renvoyant à sa propre histoire. Aussi lorsque le hasard de la vie va l'amener à Vilnius et qu'il a quelques heures de libres devant lui avant de prendre son train il va partir à la recherche d'un personnage cité dans « La Promesse », un certain Monsieur Piekielny, qui ressemblait à « une souris triste » et à qui le jeune Roman Kacew, son jeune voisin qui n'était pas encore Romain Gary, avait fait promettre de dire aux grands personnages lorsqu'il rencontrerait un jour, qu'au n°16 de la rue Grande Pohulanka à Vilno (pas encore Vilnius), habitait ce M. Piekielny.

    Et nous voici donc partis à suivre l'enquête menée avec humour, parfois dérision mais tout en soulignant avec sérieux la tragédie vécue par la Lituanie et les juifs de Vilnius lors de la seconde guerre mondiale.

    Le livre est également une biographie tout en humour sur Romain Gary que l'on va suivre depuis sa petite enfance à Vilnius, puis à travers ses missions de diplomates et d'écrivain, ses différentes rencontres. Il nous mène à travers la mystification littéraire qui le conduisit, dans les années 1970, à signer plusieurs romans sous le nom d’Émile Ajar, les faisant passer pour l'œuvre de son neveu, ce qui lui vaudra d’être le seul romancier à avoir reçu deux fois le prix Goncourt. J'ai beaucoup apprécié cette enquête menée avec humour et candeur qui permet de suivre comprendre l’œuvre de Romain Gary, ses inspirations, l'importance de sa mère, sa place dans la société. Et ce petit côté ironique qui fait que l'on ne sait pas vraiment où est la vérité.



    Le rdv de la page 100
    Quelle drôle d’histoire que celle de M. Piekielny.

    Voici que par un concours de circonstances le narrateur qui devait se rendre à Minsk se retrouve à Vilnius . La découverte d’une plaque sur la façade d’un immeuble l’interpelle : "L’écrivain…. Romain Gary a vécu de 1917 à 1923 dans cette maison. »

    Disposant de quelques heures devant lui avant de prendre son train il se souvient de la « promesse de l’aube », seul livre qu’il avait lu pour son bac de français, dans lequel Romain Gary raconte qu’enfant, il avait fait la promesse à son voisin, lorsqu’il rencontrerait les grands de ce monde, qu’,«"Au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny"

  • 0.2

    "Tu montreras ma tête au peuple", je ne l’ai pas lu. "Evariste", je ne l’ai pas lu non plus. Autrement dit, je ne connaissais pas François-Henri Désérable avant de découvrir son dernier roman "Un certain M. Piekielny". Je remercie vivement les Editions Gallimard de m’avoir permis cette lecture en avant-première.

    Le narrateur, qui est aussi l’auteur, se retrouve un jour à Vilnius en attente d’un train pour Minsk. Il tue ses quelques heures d’attente en visitant la ville. La découverte d’une plaque sur la façade d’un immeuble l’arrête. "L’écrivain…. Romain Gary a vécu de 1917 à 1923 dans cette maison…" Aussitôt une phrase lui revient en mémoire "Au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait un certain M. Piekielny". Cette phrase, il l’a lue dans "La promesse de l’aube" du célèbre écrivain. Démarre alors une enquête pour retrouver les traces de ce fameux M.Piekielny.

    Le récit est riche, l’écriture belle, la composition fantasque et une fois commencé j’ai eu du mal à ne pas aller au bout d’une seule traite. Oh ! d’accord, on peut reprocher à l’auteur de se mettre trop souvent en avant. C’est vrai, il parle beaucoup de lui. Il en vient même à s’inquiéter de l’intérêt de son prénom. Rassurez-vous, Monsieur Désérable, votre prénom, de mon point de vue, est plutôt "classe". François-Henri, franchement, c’est chic comme dit votre maman, ça pose un homme ! Bon, je fais comme l’auteur, je digresse. C’est vrai, on peut aussi lui reprocher de digresser. Par petits chapitres, certains même très petits, il nous fait voyager du coq à l’âne avec un art consommé du cliffhanger. Et nous nous retrouvons propulsés de Lituanie en Italie, en passant par la Maison blanche reçus par Kennedy, le Palais Fédéral de Berne ou encore celui de l’Elysée aux côtés du Général de Gaulle. Et pourtant…

    Pourtant, François-Henri Désérable continue son enquête, et cette "souris triste" de Piekielny reste le fil rouge du roman. Mais il rend aussi un fervent hommage à Romain Gary. De cet auteur, je me souviens de quelques écrits, "La promesse de l’aube", "Clair de femme"… lus lorsque j’étais jeune. Je n’ai pas oublié non plus Emile Ajar, Paul Pawlovitch et cet embrouillamini lié au prix Goncourt attribué à "La vie devant soi". François-Henri Désérable, lui, voue à l’écrivain né à Wilno, devenue Vilnius, une véritable admiration voire une vénération. Il la traduit parfaitement tout au long du récit et même le côté biscornu de l’homme, toujours prompt au mensonge, ou tout au moins à une vérité revisitée. Il mélange Romain Gary et ses personnages, Gogol et son "Révizor", remue le tout et essaie de démêler la fiction de la réalité. C’est bien pour ça que la question se pose tout au long des 272 pages : qui est M. Piekielny ? Est-il réel ou juste fictionnel ? Après tout, à chacun de se faire son idée et de savourer l’imagination infinie et l’humour partout présents. Au chapitre 41, notamment, il est fait allusion aux droits imprescriptibles du lecteur, décrétés par Daniel Pennac dans "Comme un roman" dont celui de lire n’importe où. La décence m’empêche de vous dévoiler dans quel endroit Roman Gary lut tout Gogol.

    Et, même si parfois je me suis perdue dans les dédales de l’histoire, j’ai beaucoup apprécié ce roman à la fois biographique, autobiographique, anecdotique et même historique.

  • 0.15

    Alors que certaines circonstances l'ont amené dans une rue de Lituanie, le narrateur tombe sur la maison d'enfance de Romain Gary. De là, il se souvient alors de cette fameuse phrase "Au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny" et décide d'en savoir plus sur ce mystérieux M. Piekielny. Il enquête, il affabule souvent et crée toute une histoire à ce personnage. Saura-t-il retracer sa vie ? Existe-t-il seulement ? Nous le suivons et espérons en savoir plus.

    Que dire sur ce livre ? Autant dans les premiers chapitres, je l'ai trouvé très prometteur, autant, j'ai fini par me lasser de l'histoire, mais surtout de la narration.

    L'idée de départ m'a beaucoup plu, enquêter sur ce M. Piekielny que Romain Gary avait, semble-t-il, croisé un jour et dont il aurait cité le nom partout et à tous. Le narrateur, François-Henri Désérable souhaite alors en savoir plus sur celui-ci et c'est ce qui semble être le cas dans les premiers chapitres. Mais rapidement, c'est l'auteur lui-même qui devient le personnage principal du roman. Tout semble à chaque fois se rapporter à lui, tout est bon pour faire le rapprochement entre Romain Gary et lui-même, au détriment de l'histoire de M. Piekielny finalement.

    Je partais dans l'optique de tout savoir sur M. Piekielny, même si tout cela pouvait être que supposition ou imaginaire et la tournure qu'a prise le roman m'a vite lassée. François-Henri Désérable entre les pages de son livre, parle de lui, de son enfance et de ses écrits. Le ton du narrateur se veut humoristique parfois, mais c'est d'une lourdeur... Je n'y ai vraiment pas adhéré ayant le sentiment qu'il voulait sans cesse en faire trop. Heureusement, les chapitres sont courts, insufflant un peu de rythme à la lecture, mais ce livre n'est décidément pas pour moi.

    Un certain M. Piekielny plaira certainement à bon nombre de lecteurs, je n'en doute pas, mais j'ai l'impression d'être totalement passée à côté. Peut-être, attendais-je autre chose après la lecture de la quatrième de couverture ? Peut-être, l'humour de l'auteur n'est-il pas pour moi ? Mais qu'importe, ce fut tout de même une découverte.

    Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable est disponible aux Editions Gallimard.

    [Avis initial de la page 100]

    Alors que certaines circonstances l'ont amené dans une rue de Lituanie, le narrateur tombe sur la maison d'enfance de Romain Gary. De là, il se souvient alors de cette fameuse phrase "Au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny" et décide d'en savoir plus sur ce mystérieux M. Piekielny. Il enquête, il affabule souvent et crée toute une histoire à ce personnage. Saura-t-il retracer sa vie ? Existe t-il seulement ? Nous le suivons et espérons en savoir plus.

  • 0.1

    #Explolectrice 2017

    Le titre est tiré du chapitre 7 de La Promesse de l’Aube, l’autobiographie romancée de Romain Gary. Ce M. Piekielny est donc un personnage qui a réellement existé, si l’on en croit Gary – et, connaissant sa formidable capacité à fabuler, on peut tout de même en douter. Cet incertain Piekielny habite le même immeuble que le futur écrivain (alors enfant) et de sa mère, Mina Kacew. On se souvient du beau portrait que Gary fait de cette mère aimante, qui a une telle foi en son fils qu’elle lui prédit un grand avenir d’écrivain de musicien ou d’ambassadeur... Mina clame à qui veut l’entendre que son fils deviendra célèbre. M. Piekelny, lui, ne sourit pas et fait promettre au futur écrivain de citer son nom à tous les futurs « grands personnages » qu’il rencontrera, accréditant ainsi la prédiction de Mina. De ce M. Piekielny, il ne reste que le nom et le chapitre que lui consacre Gary, qui dit s’être toujours acquitté de sa promesse. On s’attendrait donc à ce que ce personnage soit central sinon principal. Or, la bonne idée de départ ne tient pas ses promesses.

    François-Henri Désérable, qui se met en scène comme écrivain narrateur de ce récit, se propose de nous raconter l’enquête qu’il a menée pour retrouver la trace de ce très incertain M. Piekielny. Sauf que l’enquête piétine très vite et au lieu de construire un nouveau M. Piekielny, comme il le fait poétiquement avec la scène du violon joué silencieusement sous les étoiles, l’auteur de ce roman digresse sur sa propre vie, ses rapports avec sa mère, son amour de la littérature et de Gary et sa vocation d’écrivain. Je me dis qu’il s’agit en fait d’une autobiographie et non du roman annoncé.

    En fait, ce roman s’avère un objet inclassable aux confins du récit intime, de la biographie, de l’hagiographie, du manuel de littérature et de l’essai sur le motif du « mentir-vrai ». Et cela ne me dérangerait pas, d’autant que c’est plutôt bien écrit. Cependant, on sent trop la posture du personnage écrivain, admirateur de Gary, et sa complaisance à trouver des liens et points communs avec lui. En outre, de trop nombreuses facilités ou banalités affaiblissent le récit et m’agacent prodigieusement. Ainsi, quand Gary rencontre Lesley Blanch à Londres pendant la 2e Guerre mondiale, on peut lire : « Une bombe, allemande, est tombée sur le toit ; une autre, anglaise, sous le charme d’un Français. » On trouve aussi des calembours approximatifs (« croire au père Nobel ») ou des références déjà datées quand à propos de Gary espérant recevoir un jour le prix Nobel, il écrit : « il y pense, bien sûr, pas simplement quand il se rase. »

    Désérable a lu, c’est indéniable, de la littérature populaire (Dumas) à l’écriture la plus contemporaine (Michon) mais quel besoin de nous résumer l’intrigue du Comte de Monte-Cristo ou de nous décrire le tableau inventé par Michon dans les Onze ? Il va même jusqu’à retranscrire le chapitre où figure cet incertain M. Piekielny de la Promesse de l’aube. C’est peut-être ça le plus gros problème dans ce livre, me semble-t-il, Désérable en fait trop, il mâche le travail du lecteur, m’empêche d’aller vérifier par moi-même le passage en question. Enfin, c’est mon humble avis, certains aiment peut-être… Pour être honnête, j’ai tout de même appris des choses sur Gary et si réussite il y a, dans ce faux roman, elle réside dans la lecture oblique de l’écrivain aux multiples visages.


    Le rendez-vous de la page 100 Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable

    Un livre qui avait tout pour me plaire et qui m’agace prodigieusement.
    L’histoire s’annonce comme celle d’un personnage cité par Romain Gary dans son autobiographie, La Promesse de l’Aube. Un personnage réel donc si l’on en croit Romain Gary – et, connaissant sa formidable capacité à fabuler l’on peut en douter – qui selon le titre, serait le personnage principal de ce roman. Or, de ce M. Piekielny, il ne reste rien que le nom. L’auteur, qui se met avantageusement en scène comme écrivain narrateur de ce récit, est en fait le véritable personnage principal ; il se propose de nous raconter l’enquête qu’il a menée pour retrouver la trace de ce M. Piekielny. À la manière de Gary auquel il s’identifie jusqu’à sa relation avec sa propre mère, Désérable multiplie les citations littéraires et digressions qui nous éloignent hélas un peu trop de Gary et de ce Piekielny auquel il ne consacre que deux scènes, lui imaginant un métier de barbier et une distraction, la pratique du air-violon – peut-être la plus belle scène de ces 100 premières pages. Mais Désérable n’a pas poursuivi la veine de la fiction et opté pour l’enquête, ce qui pourrait être tout aussi passionnant s’il ne multipliait les poses et les effets littéraires… Regardez comme je suis érudit, regardez comme j’écris bien, semble-t-il nous dire tout au long de ces pages. C’est vrai, je le reconnais, mais il en fait un peu trop. C’est une question de mesure je pense.

    D’une très bonne idée de départ, on aboutit à un livre bavard sur le rapport entre la fiction et la vérité. Je suis peut-être méchante car m’attendent deux livres avec d’autres promesses…

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