Saltimbanques

Couverture du livre « Saltimbanques » de Francois Pieretti aux éditions Viviane Hamy
  • Date de parution :
  • Editeur : Viviane Hamy
  • EAN : 9791097417215
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Plusieurs années auparavant, j'avais suivi mon père sur un long trajet, vers Clermont-Ferrand. Parfois il me laissait tenir le volant sur les quatre voies vides du Sud-Ouest, de longs parcours, la lande entrecoupée seulement de scieries et de garages désolés, au loin. Je conduisais de la main... Voir plus

« Plusieurs années auparavant, j'avais suivi mon père sur un long trajet, vers Clermont-Ferrand. Parfois il me laissait tenir le volant sur les quatre voies vides du Sud-Ouest, de longs parcours, la lande entrecoupée seulement de scieries et de garages désolés, au loin. Je conduisais de la main gauche, ma mère ne savait pas que j'étais monté devant. C'était irresponsable de sa part, mais la transgression alliée à l'excitation de la route me donnait l'impression d'être adulte, pour quelques kilomètres. Mon père en profitait pour se rouler de fines cigarettes qu'il tenait entre le pouce, l'index et le majeur. Sa langue passait deux fois sur la mince bande de colle. Il venait d'une génération qui ne s'arrêtait pas toutes les deux heures pour faire des pauses et voyageait souvent de nuit. J'avais un jour vu le comparatif d'un crash-test entre deux voitures, l'une datant des années quatre-vingt-dix et l'autre actuelle. Mon frère et sa vieille Renault n'avaient eu aucune chance ».

« J'ai voulu écrire l'histoire d'un homme qui court derrière un fantôme. Le narrateur se glisse dans les pas de son frère, fréquente ses amis jongleurs et tente de se fondre dans le souvenir de l'adolescent disparu, mais il n'assiste qu'aux derniers instants de beauté d'un groupe, celui des saltimbanques, voué à se dissoudre. Il y gagne pourtant des compagnons de cordée. Pour le reste, ce sont tout autant des rencontres que des instants captés au hasard de ces dernières années, ainsi que les images qui surnagent en permanence dans mon cerveau : à mon très humble niveau, j'ai été influencé par les constats brutaux et directs de Jim Harrison tout autant que par le brouillard d'enfant perdu de Patrick Modiano. » François Pieretti

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Avis(11)

  • Encore une découverte des 68ères fois, un roman de deuil autant qu'initiatique...Comment retrouver un lien avec un frère mort parce que défoncé, alors qu'on l'a laissé enfant dans une famille peu propice à l'épanouissement. Entre une mère effacée et un père taiseux, tout deux terrassés par le...
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    Encore une découverte des 68ères fois, un roman de deuil autant qu'initiatique...Comment retrouver un lien avec un frère mort parce que défoncé, alors qu'on l'a laissé enfant dans une famille peu propice à l'épanouissement. Entre une mère effacée et un père taiseux, tout deux terrassés par le chagrin, il est difficile pour le narrateur de trouver une place même s'il cherche à se couler dans la vie de son petit frère.
    La rencontre avec un homme en fin de vie, touché par la maladie d Alzheimer, permet de nouer les derniers fils.
    Je n'ai pas compris la fin, l'enjeu du texte et de se recherche effrénée de vérité et éparse.

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  • Suite au décès accidentel de son frère, Nathan veut rattraper le temps perdu loin de lui. On suit donc son cheminement pour essayer de se rapprocher de ce quasi inconnu. Pour se faire, il s’immisce dans le cercle fermé de ses anciens acolytes.

    Et là, il entre dans l’ambiance féérique qui...
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    Suite au décès accidentel de son frère, Nathan veut rattraper le temps perdu loin de lui. On suit donc son cheminement pour essayer de se rapprocher de ce quasi inconnu. Pour se faire, il s’immisce dans le cercle fermé de ses anciens acolytes.

    Et là, il entre dans l’ambiance féérique qui règne autour de ce groupe d’amis. Débordant d’insouciance, elle souffle un vent de liberté sur le livre. On a envie de laisser nos problèmes de côté et de tracer la route aux côtés de cette jeunesse désinvolte. Le narrateur, envoûté par les différents phénomènes qu’il rencontre, se livre aussi corps et âme à cette communauté. Il découvre le monde du cirque, un monde hors du temps et de la réalité.

    Mais cette histoire est aussi celle d’un deuil. Il plane sur les protagonistes. Ils vivent tous cette disparition de manière différente. Certains s’enferment dans le chagrin, d’autres se mettent en danger pour oublier leur culpabilité, et d’autres encore, continuent leurs vies comme si de rien de n’était. N’ayant que peu de souvenir de son passé, le héros va chercher sa tristesse auprès des autres.

    L’auteur s’attarde également sur les liens du sang qui lient les êtres malgré eux. Nathan le solitaire, ressent le besoin de s’unir à son cadet, même après sa mort, comme s’il avait fallu ce drame pour le rappeler à l’ordre.

    Le premier roman de François Pieretti trouve sa force dans l’atmosphère et les sentiments qu’il sait parfaitement retranscrire. Grâce à une plume adaptée au récit, il fait vivre au lecteur une expérience d’immersion dans un univers à part, où tout est atemporel. Au milieu des jonglages, des roulades, des envolées, des flammes, le lecteur est emporté dans une multitude d’émotions qui reflète la puissance des rapports familiaux et amicaux. « Saltimbanques » est un livre à la fois triste et aérien. C’est un long chemin de douleur vers un retour à la réalité !

    http://leslivresdek79.com/2019/04/19/452-francois-pieretti-saltimbanques/

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  • Nathan revient auprès de ses parents, qu'il a quitté il y a une dizaine d'années. S'il accepte ce retour en arrière, auprès d'un père silencieux et froid, et d'une mère effacée, c'est pour enterrer son petit frère. Gabriel vient de mourrir dans un accident de voiture... Au delà du chagrin, c'est...
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    Nathan revient auprès de ses parents, qu'il a quitté il y a une dizaine d'années. S'il accepte ce retour en arrière, auprès d'un père silencieux et froid, et d'une mère effacée, c'est pour enterrer son petit frère. Gabriel vient de mourrir dans un accident de voiture... Au delà du chagrin, c'est la culpabilité de n'avoir pas vu grandir ce frère qui assaille Nathan...

    Une fois encore, si les 68 premières fois n'avaient pas mis ce roman entre mes mains, je n'aurais pas croisé la route de François Pieretti.
    Avec ce premier roman, l'auteur nous entraîne aux côtés de garçons et de filles perdus, pour qui la mort vient de frapper sans prévenir et faire éclater un quotidien qu'ils croyaient infini.

    Nathan, le grand frère, est lui aussi dévasté par ce deuil impossible. Comment accepter de laisser partir Gabriel, les souvenirs qu'il a de cet enfant solitaire, les regrets et l'impression de l'avoir abandonné. Touchée par ce personnage, je l'ai suivi sur le chemin sinueux du retour à la vie...

    C'est en épaulant un homme condamné par la maladie que Nathan apprivoise la disparition et le vide que laissera à jamais son petit frère... Savoir que cet homme va mourir ne rend pas l'absence plus facile, mais cela permet d'adoucir les souvenirs...

    Un roman à l'écriture émouvante...

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