Pleurer des rivières

Couverture du livre « Pleurer des rivières » de Alain Jaspard aux éditions Heloise D'ormesson
Résumé:

Franck le savait, il n'aurait pas dû se laisser attendrir quand Sammy, fauché comme les blés, lui a parlé de son plan infaillible - sur le banc des accusés le constat est amer. Heureusement, Julien, leur avocat commis d'office, connaît ses dossiers et obtient facilement sa relaxe. Franck est un... Voir plus

Franck le savait, il n'aurait pas dû se laisser attendrir quand Sammy, fauché comme les blés, lui a parlé de son plan infaillible - sur le banc des accusés le constat est amer. Heureusement, Julien, leur avocat commis d'office, connaît ses dossiers et obtient facilement sa relaxe. Franck est un type bien, marié à Mériem et père de sept enfants. D'ailleurs la joyeuse bande vit, ou survit, sur l'aire des gens du voyage d'Argenteuil, où Julien fait leur connaissance.
Choc des cultures pour ce bourgeois parisien confortablement installé avec Séverine, auteur jeunesse à succès qui écrit pour les enfants qu'elle ne parvient pas à avoir. Et si rien ne prédestinait les deux couples à se rencontrer, le ventre fécond de Mériem va sceller un pacte dont ils ne pourront plus revenir...

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/pleurer-les-rivieres-dalain-jaspard.html

    Franck, gitan à Argenteuil, aide son ami Sammy à voler du cuivre. Il se fait prendre et se retrouve sur le banc des accusés, défendu par Julien, un avocat commis d'office qui obtient sa relaxe. Julien...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/pleurer-les-rivieres-dalain-jaspard.html

    Franck, gitan à Argenteuil, aide son ami Sammy à voler du cuivre. Il se fait prendre et se retrouve sur le banc des accusés, défendu par Julien, un avocat commis d'office qui obtient sa relaxe. Julien raccompagne Franck jusqu'à sa caravane installée sur l'aire des gens du voyage d'Argenteuil, il fait alors la connaissance de sa femme Meriem, enceinte de leur huitième enfant. A vingt huit ans, Franck et Meriem sont déjà parents de sept enfants. Séverine, la femme de Julien, va aussi faire la connaissance de Meriem. Les deux femmes devenues amies vont imaginer un stratagème gagnant gagnant qui va aider les deux couples mais va les entrainer dans une drôle d'histoire.... Impossible d'en dire plus que la quatrième de couverture...

    Alain Gaspard s'est inspiré d'un fait divers pour écrire ce premier roman. Il met en scène la rencontre de deux couples issus de deux mondes que tout oppose et nous plonge dans l'univers des gitans. Ce roman bien rythmé, riche en rebondissements traite des clivages sociaux et du déterminisme social. J'ai aimé le regard bienveillant que l'auteur pose sur des populations très défavorisées, un regard très réaliste mais sans aucun misérabilisme. J'ai aimé qu'il ne porte aucun jugement sur les choix que la misère les pousse à faire parfois. J'ai passé un beau moment de lecture avec ce roman au fort joli titre...

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  • Si elle pleure des rivières, c'est parce qu'elle et Julien n'arrivent pas à avoir d'enfant...
    " Pleurer des rivières " est le premier roman d'Alain Jaspard, paru en cette rentrée littéraire 2018, aux éditions Héloïse d'Ormesson.

    Qu'est-ce qui peut bien unir des gitans d'Argenteuil et un...
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    Si elle pleure des rivières, c'est parce qu'elle et Julien n'arrivent pas à avoir d'enfant...
    " Pleurer des rivières " est le premier roman d'Alain Jaspard, paru en cette rentrée littéraire 2018, aux éditions Héloïse d'Ormesson.

    Qu'est-ce qui peut bien unir des gitans d'Argenteuil et un couple de bourgeois parisien ?
    Lorsque Mériem épouse Franck, ils ne sont encore que des adolescents. Quelques mois plus tard naissait leur premier enfant. Ponctuellement Franck travaille sur les chantiers, mais ce qu'il préfère c'est la récupération de la ferraille.
    p. 16 : " Le cuivre. C'était le cuivre. Le cuivre qui se vendait au cours actuel à huit mille euros la tonne. Bon, c'était quoi la combine? redemanda Franck. Sammy lui expliqua. Franck refusa tout net : la récup' oui, voleur non, c'était niet. "
    C'est un marché qui rapporte plus, et de l'argent, lui et sa femme vont en avoir besoin. En effet, ils sont désormais à la tête de sept enfants. Alors, au milieu des autres caravanes, et avec la complicité de ses amis, Franck tente de subvenir aux besoins de sa famille, même si pour cela il doit frôler avec la légalité.
    p. 55 : " Tout avait pourtant marché comme sur des roulettes et puis voilà, ils n'avaient pas eu de chance, ils étaient tombés au mauvais endroit au mauvais moment, au beau milieu d'un règlement de comptes, une histoire de drogue apprendraient-ils plus tard. Maintenant ils étaient au trou, dans la gendarmerie de Pontoise, chacun dans sa cellule, impossible de se concerter, de concocter un plan, élaborer un mensonge crédible. "
    Julien Lozachmeur est avocat, et deux fois par mois il s'offre une poussée d'adrénaline se mettant à la disposition de la société en tant qu'avocat commis d'office. Lorsque sa route croise celle de Franck, c'est dans ce tribunal, dans le but de lui éviter la prison. S'il obtient un simple sursis pour ce dernier, son acolyte n'aura pas cette chance.
    p. 72 : " La justice condamnait Sammy à un an dont six mois avec sursis et maintien en détention, direction Fleury-Mérogis. Quant à Franck, "eu égard à sa situation familiale comme l'a dit avec talent maître Lozachmeur", il se contentera de trois mois avec sursis. "
    Se sentant redevable, Franck l'invite au camp pour lui présenter sa femme Mériem. C'est à ce moment-là qu'elle annonce à son mari qu'elle attend leur huitième enfant, prenant en témoin l'avocat. Une charge supplémentaire, il n'en fallait pas moins pour qu'une idée totalement inconcevable germe dans la tête de Franck.
    p. 91 : " Là lui est venue son idée saugrenue : puisque primo, l'avocat et sa femme veulent à tout prix avoir un enfant, puisque, secundo, Franck et Mériem en attendent un qui va leur compliquer considérablement la vie, pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups ? "
    Mais Julien ne peut en toucher mot à Jeanne. Même s'il se sent de plus en plus impuissant face à la détresse de sa femme, privée du bonheur de la maternité.
    P. 132 : " Julien ne pouvait pas faire ça, pas lui, pas un avocat, il doit respecter la loi, il a passé sa vie à l'utiliser au mieux pour le plus grand bénéfice de ses clients, sans jamais la transgresser. "
    Il ne pouvait pas s'imaginer que les deux femmes, que pourtant tout oppose, allaient se rencontrer, allaient sympathiser et même devenir amies. Elles fomentent alors un plan, pensant bien naïvement apporter du bonheur pour l'une et décharger l'autre. Persuadées du bien fondé de leur projet, elles vont entraîner leur mari, bien malgré eux, usant pour y parvenir d'arguments discutables...  Mais les autorités ne vont pas se révéler aussi compréhensives et coopératives.
    p. 168 : " Un type du service social de l'hosto est venu demander une enquête, ça fait plus de quatre mois, on a ouvert un dossier et on l'a oublié sous une masse de procès-verbaux. Il feuillette le rapport, il s'agit d'une suspicion de trafic d'enfants. "
    J'avoue avoir  eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire. Mais ma ténacité a payé et je n'ai absolument pas été déçue par ce roman. Il y a des passages particulièrement mordants, notamment le monologue de Julien, l'avocat (p. 59 à 62). C'est finalement une histoire touchante, humaine, dans laquelle les gentils ne sont pas forcément bons, et les méchants pas complètement mauvais. C'est l'image de la société et de la complexité de l'être humain, de ses sentiments et de ses multiples détresses. La lecture de ce roman ouvre sur de nombreuses interrogations, et c'est ce sur quoi, pour moi, la littérature prend tout son sens.

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  • Je l'avais repéré lors de sa sortie car le résumé de la quatrième couverture me donnait vraiment envie de le découvrir.

    J'ai passé un très bon moment de lecture en lisant ce roman. Et je vous dis pourquoi...

    Pleurer des rivières est une belle histoire...

    Même si le désir d'enfant est...
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    Je l'avais repéré lors de sa sortie car le résumé de la quatrième couverture me donnait vraiment envie de le découvrir.

    J'ai passé un très bon moment de lecture en lisant ce roman. Et je vous dis pourquoi...

    Pleurer des rivières est une belle histoire...

    Même si le désir d'enfant est trop intense,

    Même si le désir de s'en sortir devient une urgence,

    Si fort que l'on transige à toutes ses convictions !!?


    Deux couples d'un milieu diamétralement opposés vont échanger ce qu'ils convoitent et désirent le plus au monde.
    Et ils devront alors, laisser de côté, l'éthique et la moralité s'ils veulent l'obtenir.

    Vous allez me dire : "tout ceci est bien douteux" ?! Et pourtant...

    L'auteur raconte cette fiction d'une manière si légère, si attendrissante et si rocambolesque que je suis sous le charme de ce conte moderne.

    Je me suis laissée embarquer par cette histoire sincère et émouvante.

    Un roman lumineux et dont la simplicité fait vraiment du bien !

    Je n'avais aucune envie de quitter ces personnages et encore moins, de terminer le dernier chapitre.
    Je tremblais de connaitre une fin qui n'allait peut être pas me plaire.
    Je voulais rester dans un monde où tout va pour le mieux ou tout finit bien...

    Au diable les conventions car justement, n'est-ce pas dans les fictions que l'on peut se le permettre !!!

    Je vous laisse évidemment le découvrir dans ce roman généreux.

    Vous l'aurez compris, c'est pour moi, un roman vraiment réussi.

    A savourer tout simplement.
    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2018/10/pleurer-des-rivieres.html

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  • Pleurer des rivières est un roman qui démarre comme un film d’action, braquage croquignolesque par des gitans de quelques longueurs de fils de cuivre, incendie sauvage du plastique, recel, tout y est, jusqu’à l’avocat commis d’office lorsque les deux compères sont pris la main dans le...
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    Pleurer des rivières est un roman qui démarre comme un film d’action, braquage croquignolesque par des gitans de quelques longueurs de fils de cuivre, incendie sauvage du plastique, recel, tout y est, jusqu’à l’avocat commis d’office lorsque les deux compères sont pris la main dans le sac.
    Mais Franck le gitan est le mari comblé et amoureux de la belle Mériem qui lui a déjà pondu sept enfants et attend le huitième. Ils ne voyagent plus beaucoup et habitent à l’année sur l’aire des gens du voyage d’Argenteuil. Franck vit de la ferraille qu’il récupère et revend, mais quand son camion tombe en panne, ça devient difficile de nourrir autant de Bouches... Aussi le jour où Sammy lui propose la combine, il tente…et tombe…
    Mais Julien l’avocat commis d’office est aussi le mari comblé et amoureux de Séverine, une épouse en mal d’enfants qui pleure jour après jour l’enfant qui ne veut pas naître de ses entrailles… Et un jour, les deux femmes se rencontrent, un jour les liens se tissent entre deux mondes, deux cultures, deux vies qui n’ont rien en commun, rien pour se comprendre. Entre cette mère de famille nombreuse et cette femme au ventre stérile, une forme d’amitié va naitre et grandir, jusqu’à imaginer que ...
    L’auteur déroule une intrigue bien ficelée aux personnages très attachants … Le ton est enlevé, c’est court, rythmé, dans un langage réaliste. Sur un ton tantôt léger, tantôt plus profond, mais toujours avec un regard particulièrement tendre et attentif, Alain Jaspard évoque plusieurs facettes de la détresse humaine, femme en mal d’enfants et mère porteuse, vol, recel, magouilles pour vivre ou survivre et jugement, prison

    La suite de la chronique sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2018/09/10/pleurer-des-rivieres-alain-jaspard/

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  • La vie, c’est parfois cruellement injuste. Tenez, regardez ces deux couples … Il y a d’un côté du périphérique Julien et Séverine, respectivement avocat et autrice d’albums jeunesse, et de l’autre côté Franck et Mériem, lui est ferrailleur, elle est mère au foyer.

    Alors que Séverine...
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    La vie, c’est parfois cruellement injuste. Tenez, regardez ces deux couples … Il y a d’un côté du périphérique Julien et Séverine, respectivement avocat et autrice d’albums jeunesse, et de l’autre côté Franck et Mériem, lui est ferrailleur, elle est mère au foyer.

    Alors que Séverine peine à tomber enceinte, et que c’est là son souhait le plus cher, Meriem, à Vingt-huit ans, attend un huitième enfant non désiré, fruit d’une étreinte et du poids moral de la communauté gitane, qui proscrit tant la contraception que l’IVG.

    ‘Les allocs, ça aide mais huit enfants, la vieille mère, le camion kaput, le môme il va venir, on va l’accueillir mais on s’en passerait bien. Avorter, on n’y pense même pas, on est des chrétiens, on n’ira pas en enfer… "

    La vie, c’est aussi parfois des hasards incroyables, des rencontres improbables. De celles qui permettent à des gens qui n’auraient jamais dû se croiser de se trouver au même endroit, au même moment, à un carrefour de leurs vies respectives.

    C’est ainsi que Julien va être amené à défendre Franck. C’est ainsi que ces deux femmes vont se rapprocher, que leurs existences vont se cogner l’une à l’autre. C’est ainsi que va naître une inimaginable alliance.

    Alain Jaspard livre un premier roman poignant. La langue est belle, crue, lumineuse, peu conventionnelle (j’adore !!) et colle parfaitement à la peau de chacun des personnages. La plume, délicieusement incisive se fait haletante. On souffre pour chacun d’eux.

    Pleurer des rivières (paru aux Editions Héloïse d'Ormesson),c’est un torrent bouillonnant, un torrent qui vous emporte dans un univers fait d’émotions ombilicales, d’humour, et de larmes, et ce jusqu’à la dernière ligne de cette histoire hors normes.

    L’auteur aborde des sujets sensibles, tels que le « vivre ensemble au-delà des différences », la filiation, les liens du sang, le poids des traditions , la marginalité (où commence-t"elle ?) et celui de la société, qui range trop souvent dans des cases, dès la naissance, en fonction du milieu socio-culturel dans lequel on grandit.

    Pleurer des rivières , c’est un roman qui déborde de vie, et de générosité. Comme son auteur.

    « Le royaume des larmes est mystérieux et n’y entre pas qui veut ».

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  • Pleurer les rivières est une excellente lecture qui a le don de propulser le lecteur dans la vraie vie. Alain Jaspard use d’un style peu conventionnel mais loin d’être déconcertant, nous entraîne dans une intrigue vivante et une remarquable étude sociologique.

    J’ai adoré Pleurer des rivières....
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    Pleurer les rivières est une excellente lecture qui a le don de propulser le lecteur dans la vraie vie. Alain Jaspard use d’un style peu conventionnel mais loin d’être déconcertant, nous entraîne dans une intrigue vivante et une remarquable étude sociologique.

    J’ai adoré Pleurer des rivières. J’ai adoré la narration à la rythmique impressionnante, particulièrement visuelle et proche de l’univers des personnages. On est dedans, totalement dedans. Et même si certains phrases, enchaînement de virgules, peuvent dépasser les 25 lignes (page 154), la fluidité l’importe et c’est avec une vivacité incroyable que l’on enchaîne la lecture. L’auteur a choisi de faire un texte oral, de s’adapter aux personnages, d’user de métaphores autant que de jargons, d’être poétique et trash, drôle et grave, et de rendre de manière époustouflante deux voix, celles de deux mondes contrastés. En confrontant ces deux univers, il évoque avec naturel et humour, les idées préconçues, les peurs irrationnelles, les injustices mais avant tout la réalité sans pathos, sans exagération et avec un franc parler accrocheur..................................
    https://libre-r-et-associes-stephanieplaisirdelire.blog4ever.com/alain-jaspard-pleurer-des-rivieres

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  • C’est lors du pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer que Franck rencontre Mériem. Les deux adolescents découvrent l’amour à la plage, la force du désir et le plaisir sous les caresses du soleil, le chant des oiseaux et ceux de leur grande famille, celle des gitans rassemblés autour du feu au...
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    C’est lors du pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer que Franck rencontre Mériem. Les deux adolescents découvrent l’amour à la plage, la force du désir et le plaisir sous les caresses du soleil, le chant des oiseaux et ceux de leur grande famille, celle des gitans rassemblés autour du feu au milieu des caravanes. Sans autre forme de procès, le jour de ses quinze ans Mériem épouse Franck, qui n’est guère plus âgé, dans une petite église de Marseille. Quelques semaines plus tard, elle met au monde son premier enfant.
    Le jeune couple reprend la route et rejoint la banlieue parisienne où Franck travaille dans le bâtiment, se faisant embaucher sur les chantiers, même s’il préfère récupérer la ferraille avec ses amis. Ce n’est pas de tout repos, mais cela permet de nourrir la famille qui ne cesse de s’agrandir. Car si Franck est un chaud lapin, Mériem n’est pas en reste. N’ayant recours à aucun moyen de contraception et ne voulant pas entendre parler d’IVG, elle va mettre au monde sept enfants.
    « Nourrir toutes ces bouches était devenu harassant, Franck s'épuisait au boulot, sans râler, du courage à revendre, quand fallait y aller il y allait, avec Sammy ou sans Sammy, le campement le trouvait aussi vaillant au plumard qu'au boulot, on le respectait. Quant à Mériem, elle se serait bien passée de toutes ces grossesses, ces vergetures, ces hanches en cruche, ce ventre flasque, mais elle aimait ses mômes, louve en furie pour qui lèverait une main sur eux… »
    Aussi, et même si c’est à contrecœur, il accepte de suivre Sammy qui lui propose un «coup sûr», voler plusieurs tonnes de cuivre sous la forme de câbles servant à alimenter le plateau de tournage d’un film. L’opération va être un fiasco et ils vont se retrouver en prison.
    C’est là que Franck va croiser la route de Julien, avocat commis d’office. Ce dernier va réussir à obtenir la relaxe de Franck et à faire condamner ses acolytes en sursis à des peines mineures. Leur relation pourrait s’arrêter là. Sauf que Séverine, l’épouse de Julien, n’arrive pas à avoir d’enfant. Ils ont pourtant tout essayé. Mériem, quant à elle, est plutôt gênée d’annoncer qu’elle est à nouveau enceinte…
    Et si Mériem donnait son fils à Séverine, cela arrangerait tout le monde.
    Alain Jaspard construit très subtilement son roman, faisant de cette proposition une sorte d’évidence qui va finir à s’imposer à tous. Séverine et Mériem se lient d’amitié, Julien ôtera une grande épine du pied à Franck en lui offrant un nouveau camion, le scénario de l’échange se construit un peu comme les livres pour enfants que dessine Séverine, avec l’idée de rendre sympathiques les animaux qui ne le sont pas à priori.
    Mériem tente de cacher son ventre qui grossit tandis que Séverine fait grossir artificiellement le sien. Tous les protagonistes étant d’accord sur les termes de l’échange, il n’y a aucun souci à se faire. Sauf que…
    L’épilogue de ce premier roman, qui ferait sans doute un excellent film, vous réserve encore quelques rebondissements. Mais il va surtout vous plonger dans des abîmes de réflexion sur ce qui fait une famille, combien sont intangibles les liens du sang ou encore sur le destin offert aux enfants «bien nés» par rapport à ceux dont les parents sont marginaux. L’auteur laisse à chacun d’entre nous la liberté de s’indigner ou de se féliciter. C’est aussi en cela qu’il est grand.
    http://urlz.fr/7Llc

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  • La mère, l’enfant et la loi

    En racontant l’histoire d’un couple de gitans qui échange son enfant contre un camion, Alain Jaspard relate bien plus qu’un fait divers. Il explore la famille, la filiation, les liens du sang et du cœur. Vertigineux!

    C’est lors du pèlerinage aux...
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    La mère, l’enfant et la loi

    En racontant l’histoire d’un couple de gitans qui échange son enfant contre un camion, Alain Jaspard relate bien plus qu’un fait divers. Il explore la famille, la filiation, les liens du sang et du cœur. Vertigineux!

    C’est lors du pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer que Franck rencontre Mériem. Les deux adolescents découvrent l’amour à la plage, la force du désir et le plaisir sous les caresses du soleil, le chant des oiseaux et ceux de leur grande famille, celle des gitans rassemblés autour du feu au milieu des caravanes. Sans autre forme de procès, le jour de ses quinze ans Mériem épouse Franck, qui n’est guère plus âgé, dans une petite église de Marseille. Quelques semaines plus tard, elle met au monde son premier enfant.
    Le jeune couple reprend la route et rejoint la banlieue parisienne où Franck travaille dans le bâtiment, se faisant embaucher sur les chantiers, même s’il préfère récupérer la ferraille avec ses amis. Ce n’est pas de tout repos, mais cela permet de nourrir la famille qui ne cesse de s’agrandir. Car si Franck est un chaud lapin, Mériem n’est pas en reste. N’ayant recours à aucun moyen de contraception et ne voulant pas entendre parler d’IVG, elle va mettre au monde sept enfants.
    « Nourrir toutes ces bouches était devenu harassant, Franck s'épuisait au boulot, sans râler, du courage à revendre, quand fallait y aller il y allait, avec Sammy ou sans Sammy, le campement le trouvait aussi vaillant au plumard qu'au boulot, on le respectait. Quant à Mériem, elle se serait bien passée de toutes ces grossesses, ces vergetures, ces hanches en cruche, ce ventre flasque, mais elle aimait ses mômes, louve en furie pour qui lèverait une main sur eux… »
    Aussi, et même si c’est à contrecœur, il accepte de suivre Sammy qui lui propose un «coup sûr», voler plusieurs tonnes de cuivre sous la forme de câbles servant à alimenter le plateau de tournage d’un film. L’opération va être un fiasco et ils vont se retrouver en prison.
    C’est là que Franck va croiser la route de Julien, avocat commis d’office. Ce dernier va réussir à obtenir la relaxe de Franck et à faire condamner ses acolytes en sursis à des peines mineures. Leur relation pourrait s’arrêter là. Sauf que Séverine, l’épouse de Julien, n’arrive pas à avoir d’enfant. Ils ont pourtant tout essayé. Mériem, quant à elle, est plutôt gênée d’annoncer qu’elle est à nouveau enceinte…
    Et si Mériem donnait son fils à Séverine, cela arrangerait tout le monde.
    Alain Jaspard construit très subtilement son roman, faisant de cette proposition une sorte d’évidence qui va finir à s’imposer à tous. Séverine et Mériem se lient d’amitié, Julien ôtera une grande épine du pied à Franck en lui offrant un nouveau camion, le scénario de l’échange se construit un peu comme les livres pour enfants que dessine Séverine, avec l’idée de rendre sympathiques les animaux qui ne le sont pas à priori.
    Mériem tente de cacher son ventre qui grossit tandis que Séverine fait grossir artificiellement le sien. Tous les protagonistes étant d’accord sur les termes de l’échange, il n’y a aucun souci à se faire. Sauf que…
    L’épilogue de ce premier roman, qui ferait sans doute un excellent film, vous réserve encore quelques rebondissements. Mais il va surtout vous plonger dans des abîmes de réflexion sur ce qui fait une famille, combien sont intangibles les liens du sang ou encore sur le destin offert aux enfants «bien nés» par rapport à ceux dont les parents sont marginaux. L’auteur laisse à chacun d’entre nous la liberté de s’indigner ou de se féliciter. C’est aussi en cela qu’il est grand.
    https://collectiondelivres.wordpress.com/2018/09/14/pleurer-des-rivieres/

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  • Je tiens vivement à remercier Lecteurs.com et ma marraine de l'opération « Explorateurs de la rentrée littéraire », Nathalie Bullat.

    C'est avec beaucoup d'impatience et de fébrilité que j'ai décacheté l'enveloppe matelassée des éditions Héloïse d'Ormesson, cadeau de Noël avant l'heure déposé...
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    Je tiens vivement à remercier Lecteurs.com et ma marraine de l'opération « Explorateurs de la rentrée littéraire », Nathalie Bullat.

    C'est avec beaucoup d'impatience et de fébrilité que j'ai décacheté l'enveloppe matelassée des éditions Héloïse d'Ormesson, cadeau de Noël avant l'heure déposé dans ma boîte aux lettres.

    J'ai toujours eu beaucoup de mal à expliquer pourquoi j'avais été attirée par un livre. Que dire d'ailleurs ? « Parce que c'était lui. Parce que c'était moi » ? Trop facile de se cacher derrière des aphorismes.

    Avec « Pleurer des rivières », livre imposé de la rentrée littéraire, je n'ai pas été maîtresse du jeu. C'est l'ouvrage qui m'a choisie, qui m'a happée, m'envoyant des signaux de reconnaissance.

    Le titre tout d'abord a résonné en moi « Pleurer des rivières », il me semblait le connaître. En trois mots, Alain Jaspard m'avait déjà lié à son roman. Avant même d'ouvrir le livre j'ai effectué une recherche sur Internet. « Pleurer des rivières » estune chanson interprétée par Viktor Lazlo qui donne d'emblée sa coloration et son rythme au roman. Assez bref (moins de 200 pages), tel une chanson, il est orchestré en courts chapitres comme autant de strophes.

    Et l'auteur.... Alain JASPARD ? Même s'il nous donne ici à lire son premier romant, il n'en est pas à son premier coup d'essai en littérature. Je me disais aussi que je l'avais déjà croisé au détour d'un écran lorsque mes enfants étaient petits. « Mon Dieu mais c'est bien sûr... » Alain Jaspard l'adaptateur en dessins animés des « Contes de la rue Broca » et des non moins célèbres « Tom Tom et Nana », livres destinés à la jeunesse.

    Mais vous y croyez vous aussi à ces signes, non ? A cette vie autonome du livre et des personnages qui nous appellent par delà les pages ?

    Alors j'ai ouvert ce premier roman comme on se rend à un premier rendez-vous, avec des étoiles plein les yeux et des papillons qui dansent dans le ventre.



    L'histoire s'articule autour de quatre personnages, deux couples aux horizons diamétralement opposés et dont les mondes vont pourtants entrer en collision, (et même en collusion).
    D'un côté Franck et Mériem, couple de gitans, vivent à Argenteuil sur l' « aire de nos amis lesgens du voyage » ; ils sont parents de sept enfants et Mériem est enceinte du huitième. Franck, qui ressemble par sa gouaille à « Louis la Brocante » est un ferrailleur philosophe à ses heures , un brin poète aussi quand il parle de sa femme.
    De l'autre il y a Séverine, qui écrit des livres animaliers pour la jeunesse ; elle qui ne peut pas avoir d'enfants, raconte des histoires à ceux des autres faute de pouvoir les raconter aux siens. Il y a aussi Julien, son compagnon, avocat brillant et retors qui plaidera, commis d'office, le dossier de Franck mis sur le banc des accusés pour avoir perpétré un énième « coup foireux ».

    Jaspard présente un peu ses personnages comme des archétypes, ce qui les rend vivants et leur confère de l'épaisseur. Julien c'est l'avocat des romans de John Grisham et Séverine un peu la sœur de Marlène Jobert ou un Antoon Krings féminin.
    Tout semble opposer les deux couples : la culture, le milieu social, le mode de vie : l'une a de l'argent et est en mal d'enfant et l'autre a du mal à en élever tant. Et pourtant lorsque le destin (ou le diable s'en mêle), un pacte se conclut sous le manteau. : Séverine et Mériem se ressemblent telleement...

    J'ai beaucoup aimé la peinture de Mériem et du peuple yéniche faite par Alain Jaspard. On sent presque bouillonner les couleurs sous les mots qui parlent de ces hommes et de ces femmes pétris d'une foi simple et candide,, qui aiment la vie de toutes les fibres de leurs êtres, qui aiment l'amour et le font sans complexe ni pudeur, prompts au coup de poing, un couteau dans une main et un chapelet dans l'autre, d'une générosité évangélique primitive.
    Ce monde, Alain Jaspard nous le présente en miroir de celui, policé, politiquement correct, quoique parfois bourgeoisement encanaillé, de Julien et Séverine.

    Le talent d'Alain Jaspard est de raconter un drame avec une apparente simplicité, de le dépeindre avec un style accessible, presque relâché, en des mots qui relèvent davantage de l'oralité que de la forme écrite. Il adopte souvent un style indirect libre qui plonge le lecteur dans la « vraie vie » avec ce qu'elle a de cru voire de truculent. J'ai aussi beaucoup aimé l'élision de certains dialogues dans l'emploi du style direct. Jaspard se focalise ainsi sur les paroles d'un personnage unique qu'il met en lumière, sur le devant de la scène : les répliques font alors écho à un texte perçu en filigranne On ne »lit » pas, on « écoute » les personnages nous dire, nous confier, nous parler, témoigner, penser.
    Et comment ne pas aimer la verve, la gouaille de certains dialogues qui semblent tout droits sortis d'un film d'Audiard.

    Chez Jaspard le drame n'est jamais foncièrement noir, au plus profond de l'orage il y a des éclaircies, des éclairs (des éclats?) d'humour.Les larmes ne sont jamais loin sous la dérision et le sarcasme.Le ton se fait même joyeux, allègre, corrosif quand Jaspard met le doigt sur les petits travers de notre société.

    Le roman s'articule en quatorze chapitres numérotés encadrés en début et fin d'ouvrage par deux chapitres servant d'introduction et d'épilogue qui ne sont pas numérotés mais portent un titre : « Naissances » en début de roman et « mélancolie » à la fin.
    A eux seuls ces deux substantifs tissent la trame de « Pleurer des rivières », ils en sont les pôles.

    Avec « naissances » et le pluriel n'est pas anodin, nous assistons à la naissance du couple formé par Mériem et Franck, fous d'amour, de jeunesse, de désir.
    C'est sur une scène de désir que s'ouvre le livre. Le style est donné d'emblée, plus proche de Rabelais que du Cantique des Cantiques, Jaspard nous parle de « bite », de « cul » de « chatte » de fellation, réservant la poésie et les métaphores au décor champêtre qui abrite les ébats du couple « des bouffées de guitare parvenaient du campement, des oiseaux sifflaient dans le marais »
    Naissances au pluriel ce sont aussi les naissances multiples qui jalonnent la vie de couple de Franck et de Mériem. Et comme le dit si bien Franck avec fatalisme et truculence « quand un enfant arrive on va pas le renvoyer à l'expéditeur ».p11
    Naissance ou plutôt son absence c'est la détresse vécue par les autres protagonistes de cette histoire : Julien, brillant avocat, et sa compagne, ne peuvent concevoir et cette stérilité les ronge.
    Naissances c'est la rencontre de ces deux couples et l'élaboration d'un plan fou, aussi fou que l'amour et la détresse.
    Un plan forgé pour ne pas sombrerdans la « mélancolie » et pourtant.... le désespoir (ou bien est-ce l'amour?) peut ouvrir la porte à toutes les folies.
    Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir, le monde, selon Jaspard serait-il un kaléidoscope de gris ?

    Ent tout état de cause l'auteur descend au plus intime de l'humain sans pathos ni manichéisme. Avec beaucoup de délicatesse et d'indulgence il se penche sur nos douleurs les plus vives, les plus secrètes, celles qui nous font « verser des torrents de larmes, pleurer des rivières ».

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  • Résumé Nathalie Bullat 30 08 18
    Un grand merci aux Éditions Héloïse d’ORMESSON pour l’envoi de ce roman à découvrir à tout prix.
    Merci aussi à Orange-lecteur pour ce choix !
    Vous ouvrez 190 pages qui vous agripperont, vous accrocheront à ce roman différent dans la rentrée littéraire...
    Voir plus

    Résumé Nathalie Bullat 30 08 18
    Un grand merci aux Éditions Héloïse d’ORMESSON pour l’envoi de ce roman à découvrir à tout prix.
    Merci aussi à Orange-lecteur pour ce choix !
    Vous ouvrez 190 pages qui vous agripperont, vous accrocheront à ce roman différent dans la rentrée littéraire .
    Certes ce n’est pas la bibliothèque rose ! Comme dans le film 37°2 le matin on démarre sur une scène assez « osée » au son des chants Gitan d’Andalousie. Mais c’est surtout la naissance d’un amour vrai.
    Roman incisif, réaliste, au langage cru, fleuri, musical. Jaspard décrit la banlieue faite de poussière, de béton, de caravanes, royaume de l’exclusion. Pourtant ce n’est pas tout à fait triste, il y a toujours l’espoir d’une vie meilleure plus digne.
    Alain Jaspard, connu comme réalisateur, nous fait découvrir le monde des Gitans, ceux que l’on n’aime pas voir trop près de nos maison. Mais ils son attachants ces Gitans sédentarisés (avec compte en banque s’il vous plait!!)fervents chrétiens, mais très agiles avec un couteau !
    Parfois ils font quelques passages derrière les barreaux et rencontrent plus miséreux et plus marginaux qu’eux.
    C’est une belle histoire d’amitié, d’amour, d’enfants et de mélancolie aussi comme peuvent être les chants tziganes.
    Mériem et Franck ont 7 enfants ! à 30ans ! lui est ferrailleur avec Sammy. Une histoire de diode défectueuse, de Ford en panne les conduira à des méfaits aux conséquences improbables.
    Julien élégant bobo parisien, est un bon avocat. Il est vrai qu’à force de côtoyer des voyous, il finit par parler comme eux.
    Sa femme Séverine illustratrice aime peindre des animaux moches et mal connus afin que les petits lecteurs finissent par les apprécier. Elle est aussi blonde et belle que Mériem..
    Par un concours de circonstances les deux femmes, d’un milieu culturel opposé, vont se lier d’amitié et imaginer un plan des plus surprenants « une idée banale deviendra une idée de génie ».
    Vous rirez aux réparties imagées des personnages comme Robespierre le Congolais en prison dégustant du piment-dynamite !ou des épouses qui regrettent que leurs maris soient plus » parc des Princes que prince charmants » !!!!!!
    Vous aimerez la générosité de Mériem, chez les Gitans on ne laisse personne au bord du chemin…
    vous serez touché par la mélancolie de Séverine qui pleure des rivières si souvent. Et pourquoi pleure-t-elle des rivières ?
    impossible de rester indifférent.

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