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Oublier les fleurs sauvages

Couverture du livre « Oublier les fleurs sauvages » de Celine Bentz aux éditions Preludes
  • Date de parution :
  • Editeur : Preludes
  • EAN : 9782253080848
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Dans la famille Haddad, on sait qu'il faut beaucoup de courage et de détermination pour échapper à un destin que l'on n'a pas choisi. C'est ainsi que les parents ont élevé leurs sept enfants; mais des quatre filles, c'est sur l'espiègle et intelligente Amal que leurs espoirs reposent: elle ira... Voir plus

Dans la famille Haddad, on sait qu'il faut beaucoup de courage et de détermination pour échapper à un destin que l'on n'a pas choisi. C'est ainsi que les parents ont élevé leurs sept enfants; mais des quatre filles, c'est sur l'espiègle et intelligente Amal que leurs espoirs reposent: elle ira faire ses études en France, horizon lointain qui la fait rêver depuis toujours. Jusqu'au jour où la jeune fille croise la route du beau Youssef aux yeux vairons, un homme qu'elle n'a pas le droit d'aimer...
Des rues d'un pays coloré et instable aux pavillons de la banlieue de Nancy, de la chaleur du Liban aux hivers froids de l'Est de la France, après bien des obstacles, entre extase et violence, Amal connaîtra le goût amer de l'exil mais aussi celui, infini, de la liberté.

Inspiré librement de son histoire familiale, Céline Bentz raconte à travers une quête émouvante l'histoire hors du commun d'une femme déchirée entre deux pays. Un premier roman remarquable, porté par une écriture énergique et habitée, qui est aussi un magnifique hommage au Liban.

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Articles (1)

Avis (14)

  • Roman magnifique, audacieux, puissant. Très bien écrit, il nous tient en haleine de la première à la dernière ligne.
    Amour interdit, déchirements, difficultés de vivre entre deux pays, dont l'un en guerre, de ne plus se sentir chez soi nulle part... tout dans ce roman nous fait réfléchir et...
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    Roman magnifique, audacieux, puissant. Très bien écrit, il nous tient en haleine de la première à la dernière ligne.
    Amour interdit, déchirements, difficultés de vivre entre deux pays, dont l'un en guerre, de ne plus se sentir chez soi nulle part... tout dans ce roman nous fait réfléchir et nous touche en ces temps où les exils, forcés ou "choisis" se multiplient et sont plus que jamais d'actualité, avec l'inévitable quête d'identité qu'ils entraînent. Les thématiques de la liberté, de l'entraide et de l'héroïsme, de la famille, de l'amour infini s'entremêlent à la perfection dans cette magnifique épopée. Bravo !

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  • Saïda, Sud Liban, été 84. Dans la modeste famille Haddad, il y a le père Ahmad, la mère Dibba et leurs sept enfants, ceux qui comme Abbas l’aîné installé en France, Fatima, Ghania et Leila (mal ?) mariées ont déjà pris leur envol et ceux qui n’ont pas encore quitté le nid : Yacine, le militant...
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    Saïda, Sud Liban, été 84. Dans la modeste famille Haddad, il y a le père Ahmad, la mère Dibba et leurs sept enfants, ceux qui comme Abbas l’aîné installé en France, Fatima, Ghania et Leila (mal ?) mariées ont déjà pris leur envol et ceux qui n’ont pas encore quitté le nid : Yacine, le militant communiste, Zuair le petit dernier trisomique et il y a surtout Amal dont nous allons suivre le destin. Élève brillante de 17 ans, elle rêve de rejoindre son frère à Nancy afin d’y suivre des études de médecine, soutenue en cela par ses parents qui, bien qu’illettrés, accordent une importance primordiale à la scolarité de leurs enfants et veulent ce qu’il y a de meilleur pour eux. Son avenir semble tout tracé mais voilà que lors d’un job d’été destiné à financer une partie de son voyage, elle rencontrera le beau Youssef issu d’une riche famille chrétienne qui lui fera découvrir lors d’escapades clandestines le monde de la haute société libanaise, monde qui semble à l’abri de cette guerre fratricide qui déchire son pays depuis plus de 10 ans. Il est maronite, elle sunnite … Cet amour interdit provoquera un déchirement de plus lors qu’elle quittera son pays mais également quand elle y reviendra …
    On apprend dans la postface que l’autrice de père français et mère libanaise s’est inspirée de son histoire familiale pour la trame de son roman. Le Liban, Nancy, un amour impossible … J’aurais dû être conquise par ce roman. Je m’attendais à ce qu’un souffle romanesque le traverse. J’espérais y trouver le sens épique et tragique du Wajdi Mouawad d’« Incendies » et et de « Tous des oiseaux » ou encore le sens du romanesque et l’écriture littéraire d’un Colum McCann évoquant le conflit israélo-palestinien dans « Apeirogon ». J’ai été déçue. Le livre se lit facilement, trop facilement peut-être, l’écriture peu littéraire montrant quelques maladresses telles pour n’en citer qu’une le suremploi d’adjectifs. On peut également déplorer quelques approximations spatiales concernant les rues de Nancy par exemple, voire des incohérences temporelles : Comment Abbas peut-il, lors de son retour à Nancy pour Noël, « rester jusqu’à la fin de la première semaine de janvier » et quelques pages plus loin « s’en aller quelques jours avant la rentrée » ? Ce sont des détails mais qui répétés ont quelque peu gâché ma lecture. Plus gênant, pour ancrer le récit dans le réel, l’autrice fait référence aux massacres perpétrés par les différentes factions mais ne fait qu’en citer les noms, ce qui n’apporte rien à la narration et aucune explication à la situation libanaise. Ceci est d’autant dommageable que, à contrario, dans la description des sentiments des personnages, elle fait parfois preuve de redondance. L’épisode nancéien dans son ensemble me paraît désincarné et les personnages tels sa belle-sœur Marie-Rose stéréotypés voire caricaturaux. Quant à la fin, je reste dubitative ... Pour terminer sur une note positive, je tiens à saluer la pertinence de la couverture avec ce zellige dont les tesselles se détachent et symbolisent à la fois le déchirement et l’envol d’Amal.

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  • En 1985, Amal Haddad passe son bac à Saïda, dans le Sud Liban. Issue d’une famille pauvre et analphabète qui a été chassée du Golan par l’invasion israélienne en 1967, elle aspire à devenir médecin et décide, soutenue par ses parents, de s’expatrier en France pour faire ses études. Ainé de cette...
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    En 1985, Amal Haddad passe son bac à Saïda, dans le Sud Liban. Issue d’une famille pauvre et analphabète qui a été chassée du Golan par l’invasion israélienne en 1967, elle aspire à devenir médecin et décide, soutenue par ses parents, de s’expatrier en France pour faire ses études. Ainé de cette famille de sept enfants, Abbas son grand frère, l’accueille à Nancy auprès de sa femme et de ses deux enfants.
    Si son intégration au mode de vie français semble réussie, Amal peine à se détacher de son éducation musulmane traditionnelle où les femmes ne décident pas seules de leur destin et chaque nouveau voyage entre la Lorraine et le désert saoudien, accentue cette rupture.
    « Sa vie ne se résumait plus qu’en un prodigieux écartèlement entre deux langues, deux cultures, deux aires géographiques et deux appartenances. Plus le temps passait, plus elle se sentait perdue au milieu du gué. »
    Un roman inspiré d’une histoire vécue qui soulève deux sujets fondamentaux, d’abord le poids de la culture moyen-orientale traditionnelle face à l’évolution des mœurs des sociétés occidentales, ensuite la difficulté de l’immigration, les choix qu’elle nécessite et les déchirements qu’elle occasionne.
    Le rythme assez lent du roman se fait le témoin de la lenteur de cette transition d’une culture à l’autre. De même que les propos souvent répétitifs insistent sur l’incessante résurgence de la tradition et de la religion dans les tentatives de s’en libérer.
    Après 11 ans de guerre, l’auteure soulève bien la complexité de la situation politique du Liban, mais elle n’y apporte qu’une vision d’initiés qui, pour la néophyte que je suis, reste une énigme. Il m’a fallu faire des recherches extérieures pour mieux la comprendre.
    Ce roman de Céline Bentz a enrichi ma connaissance de ce Pays du Cèdre qui rayonna sur le Moyen Orient, même si j’ai trouvé cette lecture assez monotone.
    Une découverte néanmoins intéressante.

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  • Céline Bentz choisit pour cette rentrée littéraire 2021 de présenter son premier roman Oublier les fleurs sauvages situé au cœur du Liban des années 1980. Il raconte la guerre fratricide, la misère, les communautés qui s’affrontent et l’exil vers l’étranger présenté comme un refuge pour sauver...
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    Céline Bentz choisit pour cette rentrée littéraire 2021 de présenter son premier roman Oublier les fleurs sauvages situé au cœur du Liban des années 1980. Il raconte la guerre fratricide, la misère, les communautés qui s’affrontent et l’exil vers l’étranger présenté comme un refuge pour sauver les espoirs d’une famille !
    Car dans ce pays, ce sont les années de plomb où la guerre civile fait rage depuis le milieu des années 70. Oublier les fleurs sauvages commence à l’été 84 et présente Amal, jeune fille scolarisée en première, qui doit travailler pendant ses longues vacances d’été chez un tailleur pour aider sa famille. Petite dernière d’une fratrie de sept, elle est choisit par ses parents comme celle qui doit porter les aspirations de la famille.
    Du côté de l’histoire
    Et parce que ses parents ont toujours attachés de l’importance à la qualité de son éducation, Amal a le projet de devenir pédiatre et de poursuivre son apprentissage de la musique. Deux interdits pour une jeune fille de sa communauté dans ce Liban où plus personne ne croit à une paix possible.
    Après son bac, son frère aîné, Abbas, souhaite l’accueillir chez lui en Lorraine pour qu’elle puisse poursuivre ses études. Il est architecte et ingénieur et s’occupe de reconstruire les mosquées au quatre coins du monde du golfe. Seulement, Abbas n’est pas souvent en France et pour sa femme, Marie-Rose, professeur d’italien, Amal pourra la seconder pour s’occuper des deux enfants du couple.
    Chronique et photos ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2021/08/26/celine-bentz/

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  • « Notre pays est nulle part,
    Et nous, ce peu de souffle dans la main du temps. »
    Andrée Chédid, Terre regardée, Double pays

    Depuis l'indépendance au mois de novembre 1943 en pleine guerre mondiale, les crises politiques n'en finissent pas de déliter le Liban, pays funambule, encore...
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    « Notre pays est nulle part,
    Et nous, ce peu de souffle dans la main du temps. »
    Andrée Chédid, Terre regardée, Double pays

    Depuis l'indépendance au mois de novembre 1943 en pleine guerre mondiale, les crises politiques n'en finissent pas de déliter le Liban, pays funambule, encore aujourd'hui à la recherche d'un équilibre précaire entre marasme politique et crises économique et sanitaire sans précédent. À l'été 1984, voilà bientôt dix ans qu'il est en proie à une guerre civile interconfessionnelle, lourde en pertes humaines et désastreuse sur le plan économique pour une nation à court de souffle.

    « Au fond, les chiffres importaient peu. Personne ne saurait jamais vraiment combien ont mordu la poussière. Ce que chacun savait cependant, c'est qu'au moins un ami, un voisin, un frère ou un parent a disparu pendant les onze années de conflit déjà écoulées. Tout le monde connaissait quelqu'un, qui connaissait quelqu'un à qui une histoire abominable était arrivée, une histoire de renfermé, de sang, de sueur au vieux goût dégueulasse. Tout le monde connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui n'était plus, avait disparu, avait été passé par les armes, s'était suicidé, s'était exilé. »

    Oublier les fleurs sauvages est le 1er roman de Céline Bentz, née d'un père français et d'une mère libanaise. Comme nous l'apprend la postface, elle s'inspire là de son histoire familiale, et ce vernis en partie autobiographique donne à son récit un surcroît d'authenticité.

    Amal est une jeune fille de 17 ans. Elle est la sixième des sept enfants de Dibba et Ahmad Haddad, modeste famille sunnite qui, après avoir été chassée de ses terres du Golan par l'envahisseur israélien, vit dans un appartement vétuste de Saïda, ville du Liban Sud à une centaine de kilomètres de Beyrouth.

    (La carte placée en début d'ouvrage est essentielle pour saisir la géographie de ce pays, suivre les mouvements des populations déplacées ainsi que les excursions d'Amal et Youssef, et les notes qui closent le livre, sans rendre la lecture laborieuse, se révèlent bien utiles pour ceux qui comme moi, sans l'ignorer tout à fait, sont peu familiers de l'histoire récente du Liban.)

    Amal est une brillante lycéenne qui se destine à la pédiatrie, car « Au Liban, la distinction suprême s'acquiert toujours dans la plupart des milieux, par l'obtention d'un doctorat. […] Au fond d'elle-même, elle s'avouait à demi qu'être "docteur" c'était aussi un moyen de ne plus regarder la société libanaise du bas vers le haut, mais enfin, du haut vers le bas. » Ses parents, sans instruction, souhaitent pour elle une vie autre que la leur et que celle des peu consistantes Fatima, Ghania et Leila, ses trois sœurs mariées trop jeunes à des hommes sans scrupule qui se sont vite révélés violents. Yacine, l'un de ses frères, très investi dans le Parti Communiste Libanais, disparaît sans donner signe de vie pendant des jours qui font des semaines. Amal, admirative, voit en ce frère le « dernier tribun de la plèbe, porteur à travers le monde de la voix d'un peuple à l'agonie », celui qui « ferait du Liban le nouveau porte-étendard du non-alignement. » Abbas, l'aîné, architecte, est parti s'installer en France, à Nancy, avec son épouse française et leurs deux enfants. Pour Amal, dont le prénom signifie espoir, Abbas est un exemple à suivre, lui qui a montré la voie et qu'une autre vie est possible à force d'acharnement et de travail, au bout de l'exil, en France. Mais avant cela, il lui faudra passer le baccalauréat et, pour gagner un peu de l'argent nécessaire à son émigration, travailler un été dans la boutique de Monsieur Khobeizi, tailleur dont elle tente tant bien que mal d'éviter les avances appuyées.

    « Monsieur Khobeizi lui faisait un peu pitié, au fond. Il ressemblait à un roitelet déchu. Sa boutique devait avoir été prospère à la fin des années 1960 mais il n'avait pas su rebondir. Depuis, il ressassait avec aigreur le luxe d'hier, le faste d'avant-hier, la notoriété et l'aisance des jours passés. »

    Dans cette boutique délustrée, figée dans un passé qui sent le rance, elle fait la connaissance de Youssef Khalifé, héritier d'une famille prospère, et tombe sous le charme de ce jeune homme beau et… chrétien. Et voilà Amal en héroïne cornélienne troublée par cette passion naissante. Pour autant, telle Chimène, elle n'abdique ni sa prudence ni sa raison.

    « En vérité, elle craignait de tomber amoureuse d'un homme que sa filiation rattachait à ceux qui avaient sur les mains le sang des siens. Embrasser Youssef, c'était donner de l'amour au camp adverse, sortir du cercle infernal de la colère et de la haine. le laisser la toucher, c'était lui dire qu'elle ne lui en voulait pas à lui, en tant qu'individu, c'était aussi admettre que tous ceux auxquels il appartenait n'étaient pas porteurs d'un stigmate irréversible. Partant de là, la guerre à tout prix n'avait plus de sens. »

    Cet amour, rétréci à de rares escapades clandestines, offre de très belles pages sur les tensions qui animent les différentes communautés et surtout sur le Liban, pays contrasté et pluriel dont l'atmosphère riche de bruits, d'odeurs et de lumière fait oublier un temps la peur permanente, le sentiment d'impuissance, le péril tentateur de la résignation. Aux côtés du désinvolte Youssef, lors de ces parenthèses volées, Amal va découvrir un autre Liban, celui de personnes libres et aisées pour qui la vie, souriante, semble s'écouler tranquillement.
    L'écriture de Céline Bentz se fait alors moins soucieuse de la forme. Elle devient plus visuelle et gagne en sensualité contemplative quand elle prend le temps de décrire des moments de vie, des paysages dévastés ou idylliques, et la fulgurance douloureuse du temps suspendu des premiers émois amoureux.

    « C'était beau et triste à pleurer ce soleil qui ne s'était levé que pour éclairer le désastre du monde. »

    J'ai apprécié que l'autrice s'autorise enfin à oublier certains diktats en se laissant aller, par exemple, à faire moisson d'adverbes qui, quoi qu'en disent leurs détracteurs, jouent la partition rythmique du texte. Je suis plus réservée quant à l'emploi soutenu de la forme passive.

    Oublier les fleurs sauvages, c'est quitter un pays avec l'espoir - peut-être vain ? - de mieux revenir. C'est un titre qui dit l'exil, instille le déchirement et suggère les dilemmes de ceux qui choisissent de partir, ne serait-ce que pour un temps :

    « Sa vie ne se résumait plus qu'en un prodigieux écartèlement entre deux langues, deux cultures, deux aires géographiques et deux appartenances. Plus le temps passait et plus elle se sentait perdue au milieu du gué. »

    Amal a troqué la chaleur libanaise contre l'humide grisaille lorraine, la douceur de parents aimants contre la froideur d'une belle-soeur dépressive et passablement dépassée. Mais il en faudrait plus pour faire dévier l'opiniâtre jeune fille du chemin qu'elle s'est tracé, quels que soient les obstacles, celui de la langue n'étant pas le moindre.

    « Elle venait de renoncer à sa langue maternelle comme socle de la pensée. Elle regrettait alors d'être si peu fidèle à la tradition qui avait forgé son esprit, elle se disait que c'était là le commencement du départ définitif, du renoncement à soi-même. Elle ne serait plus jamais capable d'exprimer dans une langue unique l'intégralité des notions dont son esprit était pourtant familier. »

    Amal reviendra au pays, diplômée ; y retrouvera Youssef, changé, ainsi que Salima, l'amie chiite de toujours, preuve s'il en est que les amitiés d'enfance se moquent de l'absurdité des hommes. Elle retrouvera son pays pour le voir enfin avec les yeux décillés de celle partie au loin.

    « Maintenant qu'elle disposait d'un point de comparaison, elle devenait critique, sceptique, presque sourcilleuse. […] L'émigration avait objectivé la vision qu'elle avait de son chez-elle en l'en distanciant. »

    Elle, mûrie tant par son exil que par ce que Youssef lui a permis d'entrevoir :

    « Avant, je ne savais pas ce que c'était que la légèreté, l'insouciance, le bonheur de savourer. J'ai une famille merveilleuse, mais dans laquelle on ne s'accomplit que par le travail et la piété, deux univers trop étroits pour moi. Tu [Youssef] m'as ouvert les portes, celles de la gratuité et du plaisir. J'ai enfin compris qu'il pouvait exister une vie bonne, une vie qui vaille la peine d'être vécue. »

    J'aurai cependant quelques regrets. Celui que Céline Bentz n'ait pas tissé ensemble les histoires libanaise et française et ait laissé en presque jachère cet amour contrarié, le temps de l'épisode nancéen. De même, sa vie française, ses amies, son quotidien d'étudiante sont bien vite résumés, pour ne pas dire expédiés. Je suis par ailleurs perplexe quant à la pertinence du dénouement final – en est-ce bien un d'ailleurs ? - dont je ne peux rien vous dire bien sûr, si ce n'est qu'il aurait gagné, à mon sens, à jouer sur un ressort autre, moins attendu, moins transparent et surtout plus susceptible de cristalliser dans les dernières pages ce qui fait la force de ce 1er roman, à savoir le tiraillement incessant entre l'Orient et l'Occident, né des multiples oppositions (traditions, religions, cultures, etc.). L'occasion était là. Pourquoi ne l'avoir pas saisie ?

    Oublier les fleurs sauvages résonne douloureusement avec l'actualité libanaise catastrophique de ces derniers mois, où le pays, désillusionné et déjà en grand péril, s'enfonce dans un chaos préoccupant depuis l'explosion du 4 août 2020. Je remercie les éditions Préludes et Babelio de leur confiance en m'ayant offert de découvrir cette autrice dans le cadre de cette masse critique privilégiée.

    Mon billet : https://www.calliope-petrichor.fr/2021/08/25/oublier-les-fleurs-sauvages-céline-bentz-préludes-éditions/

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  • Très inspiré de la propre histoire familiale de l'auteure, ce roman va nous plonger au coeur d'une famille libanaise dans les années 1980.
    La famille Haddad est certes très modeste mais les parents sont déterminés à faire tout ce qui est possible pour offrir à leurs enfants une chance de s'en...
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    Très inspiré de la propre histoire familiale de l'auteure, ce roman va nous plonger au coeur d'une famille libanaise dans les années 1980.
    La famille Haddad est certes très modeste mais les parents sont déterminés à faire tout ce qui est possible pour offrir à leurs enfants une chance de s'en sortir. Ainsi, ils décident qu'Amal, la plus jeune fille de la famille, ira poursuivre ses études en France. Si l'adaptation ne se fera pas sans mal, Amal finira par se retrouver écartelée entre son pays de coeur et celui de son émancipation.

    C'est un livre que j'ai beaucoup aimé lire si ce n'est les descriptions du contexte géopolitique du Liban de l'époque que j'ai trouvées complexes car faisant référence à des personnages/groupes/mouvements dont je n'avais pas connaissance ou alors très peu. J'avoue avoir parfois lu en diagonale certains passages, et c'est dommage car je trouve que cela fait toute la richesse du livre mais il aurait fallu que je me procure une frise chronologique ou un petit récapitulatif avec les principaux évènements pour pouvoir l'apprécier pleinement.
    Au delà de tout cela, j'ai vraiment apprécié l'histoire de cette jeune femme courageuse et déterminée à réussir mais "prisonnière" des attentes de sa famille. J'ai également aimé découvrir le quotidien de toutes ces personnes qui essaient de vivre le plus normalement possible dans un pays en guerre alors même que le danger peut se trouver au coin de la rue.

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  • Très belle découverte que cet intense roman ! En s’inspirant de sa propre histoire familiale, Céline Bentz nous propose de suivre le destin d’une jeune libanaise partagée entre son amour pour sa culture et sa famille et le désir de liberté, d’émancipation, qu’elle suppose trouver en partant...
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    Très belle découverte que cet intense roman ! En s’inspirant de sa propre histoire familiale, Céline Bentz nous propose de suivre le destin d’une jeune libanaise partagée entre son amour pour sa culture et sa famille et le désir de liberté, d’émancipation, qu’elle suppose trouver en partant étudier en France.

    En 1984, la guerre fait rage au Liban, depuis onze ans déjà. La population meurtrie s’enferme dans ses traumatismes. Enfant du pays, Amal Haddad est issue d’une famille nombreuse et modeste vivant dans une petite ville non loin de Bayrouth. Lycéenne, de confession musulmane, Amal occupe ses vacances en travaillant chez un tailleur. Elle économise pour partir vivre en France où s’est établi son frère ainé, prêt à l’accueillir pour qu’elle puisse poursuivre des études de médecine. Durant ces quatre mois d’été, elle rencontre un jeune chrétien dont elle tombe amoureuse. L’avenir, ils l’envisagent ensemble en dépit des années d’études à l’étranger d’Amal, de la guerre dans laquelle s’enlise le pays et des différences religieuses qui opposent leurs deux familles.

    Comment ne pas vibrer pour Amal, l’émouvante héroïne de ce très beau roman? Le titre seul est attirant et plein de promesses. On peut tout imaginer : le passage de l’adolescence à l’âge adulte, la nostalgie du passé, le passage d’une culture à une autre… Et c’est ce que nous offre habilement Céline Bentz dans ce roman dense, intelligent et profond. Le prénom Amal, qui signifie « espoir », révèle le poids que porte la jeune fille : sur ses épaules repose l’honneur de la famille Haddad, Amal est celle qui doit réussir, peu importe le prix, pour relever « la dignité bafouée des siens« . Elle entreprend donc avec acharnement des études scientifiques qu’elle poursuit une fois en France, après avoir repassé son baccalauréat pour se familiariser avec la langue. Son but est de devenir pédiatre, aider son prochain et surtout les enfants victimes des horreurs de la guerre. Amal rencontre de nombreuses difficultés : elle est déchirée entre son pays d’origine où se trouvent ses racines, sa culture, et la France qui est une terre promise, symbole de liberté, d’émancipation. Mais est-ce vraiment là la liberté tant attendu, alors qu’elle se retrouve seule dans un pays inconnu où elle ne parvient pas réellement à s’intégrer?

    La guerre en toile de fond, le Liban en sursis dans un conflit qui semble sans fin… L’auteure évoque le contexte politique et religieux (qui est très complexe) de façon relativement simple et accessible. Un des frères d’Amal, Yacine s’engage en politique pour défendre la cause d’un peuple soumis, au détriment de ses études d’architecture et contre l’avis de sa famille. Amal, est plus en retrait mais a des opinions tranchées sur l’avenir de son pays. Un vent de révolte souffle sur cette génération privée de liberté, de projets d’avenir. Etre confrontée aux horreurs de la guerre dans son quartier lui donne la volonté de défendre les siens à sa façon: en devenant médecin et en projetant de soigner les blessés de guerre. Mais en partant étudier en France, elle se sent également redevable envers la France qui l’a formée. Amal va devoir faire des choix…

    L’auteure évoque également la condition féminine des jeunes libanaises: Amal refuse de subir le même destin que ses deux sœurs mariées par arrangement avec des hommes qu’elles n’aiment pas véritablement et les font souffrir. Amal doit résister aux avances de son employeur, d’un de ses cousins pour rester libre de ses choix… Elle doit se battre sur tous les fronts pour s’en sortir, y compris contre ses propres préjugés comme le prouve sa rencontre avec Youssef, un chrétien.

    Je suis encore sous le charme de ce récit, dont le style très fluide et agréable m’a transportée du début à la fin. L’histoire d’Amal m’a profondément émue, il y a tellement de belles choses dans ce roman qu’il est difficile de tout évoquer. J’ai aussi apprécié en savoir plus sur un pays dont j’ai beaucoup entendu parler. En bref, je vous le conseille fortement!

    Un grand Merci aux Editions Préludes pour ce partenariat!

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  • A Beyrouth, alors que la guerre n’en finit pas d’étendre le champ des ruines et d’endeuiller au quotidien les familles qui vivent au rythme d’un conflit dont les enjeux les dépassent, Ama rêve d’une autre vie, soutenue par ses parents, prêts à vendre leur dernière chemise pour qu’elle puisse...
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    A Beyrouth, alors que la guerre n’en finit pas d’étendre le champ des ruines et d’endeuiller au quotidien les familles qui vivent au rythme d’un conflit dont les enjeux les dépassent, Ama rêve d’une autre vie, soutenue par ses parents, prêts à vendre leur dernière chemise pour qu’elle puisse accomplir son destin ailleurs. C’est avant son départ pour le pays qui doit lui assurer la réussite qu’elle croise sur son chemin Youssef, riche, beau, mais chrétien, donc ennemi juré !

    On partage les doutes, les espoirs de la jeune fille, qui après son succès au bac devra partir vers la France dont elle apprend en urgence la langue ! Pas assez de bases pour tenter d’emblée le concours qui fera d’elle un médecin, elle doit refaire une terminale dans un environnement peu chaleureux, chez une belle-soeur dépressive et distante. Malgré tout, le lien avec son amant libanais se maintient.

    L’histoire est prenante et on partage avec interêt ce que fut pour les civils cette guerre de territoire, les impliquant dans ses absurdités, en les touchant personnellement par les risques permanents de perdre un proche ou condamner un enfant à une infirmité majeure pour avoir posé le pied sur une bombe cachée. Impliqués aussi par l’injonction de devoir prendre parti et de ne pouvoir évaluer son prochain qu’en ami ou ennemi selon des alliances fluctuantes et dérisoires.

    Le roman est assez court pour parler d’autant de sujets, et on a l’impression même d’une sorte d’accélération d’autant plus importante sur le récit avance. Ainsi le séjour d‘Ama à Paris pendant les années où elle étudie la médecine est balayé en quelques phrases et on aurait aimé en savoir un peu plus sur ce point.

    Premier roman instructif et agréable qui aurait mérité un peu plus de développement.

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