My absolute darling

Couverture du livre « My absolute darling » de Gabriel Tallent aux éditions Gallmeister
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallmeister
  • EAN : 9782351781685
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu'elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s'ouvre à elle dans toute son immensité,... Voir plus

À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu'elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s'ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d'un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu'au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu'elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d'échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.
My Absolute Darling a été le livre phénomène de l'année 2017 aux États-Unis.
Ce roman inoubliable sur le combat d'une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d'un nouvel auteur au talent prodigeux.

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/08/my-absolute-darling-de-gabriel-tallent.html

    Intriguée par l'engouement quasi général que semblait susciter ce livre qu'on voit partout, j'ai voulu me faire ma propre opinion. Je ne rejoins malheureusement pas le groupe de lecteurs enthousiastes...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/08/my-absolute-darling-de-gabriel-tallent.html

    Intriguée par l'engouement quasi général que semblait susciter ce livre qu'on voit partout, j'ai voulu me faire ma propre opinion. Je ne rejoins malheureusement pas le groupe de lecteurs enthousiastes qui parlent de chef d’œuvre.

    Turtle, une adolescente de 14 ans, vit seule avec son père dans une maison délabrée sur la côte de Californie, sa mère est décédée quand elle était petite. Persuadé de l’imminence de la fin du monde, il la contraint au maniement quotidien des armes auxquelles il l'a initiée dès l'âge de six ans. Cet homme survivaliste s'est donné pour objectif d'apprendre à sa fille à survivre isolée dans la nature. Il aime sa fille qu'il appelle Croquette d'un amour malsain et ne peut pas supporter l'idée qu'elle devienne indépendante, quant à elle elle pense ne pas pouvoir vivre sans son père.

    Turtle et son père entretiennent une relation d'une rare toxicité. Turtle est sous l'emprise totale de cet homme qui lui répète "Tu es à moi" . Turtle est une sorte d'enfant sauvage qui n'a jamais connu une autre vie et n'a jamais imaginé vivre ailleurs et autrement. Elle aime son père qui pourtant l'humilie et la brutalise quotidiennement. Soumise à une violence tant psychologique que physique et sexuelle, Turtle ne se révolte pas, ne dit rien à personne par crainte d'être placée et va jusqu'à se convaincre que c'est elle qui a induit le comportement de son père. L'auteur nous dépeint un tableau où cohabitent violence et soumission.

    Des passages chargés de détails inutiles, une aventure sur un île qui n'apporte rien à l'histoire, des dialogues d'une rare vulgarité, le manque de naturel des propos d'un des adolescents qu'elle rencontre, une atmosphère particulièrement glauque avec trop de noirceur et de cruauté ont rendu ma lecture éprouvante voire oppressante par moments. Dans les interviews, l'auteur dit avoir voulu rendre la douleur intolérable et oppressante, il a atteint son objectif avec moi...
    J'ai terminé ce roman car je voulais savoir comment Turtle allait s'en sortir, savoir si elle allait parvenir à se libérer de ce père abusif mais ce roman ne m'a pas du tout convaincue même si je reconnais la performance de l'auteur, sans doute ce récit n'était-il pas pour moi...

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  • Incontestablement l'un des romans que j'ai aimé cette année, je le mets en tête de mon top 3.
    Livre phénomène de l'année 2017 aux Etats Unis, ce roman, pour moi inoubliable, retrace le combat d'une jeune fille, Turtle pour devenir elle même face à un père charismatique et abusif. Certaines...
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    Incontestablement l'un des romans que j'ai aimé cette année, je le mets en tête de mon top 3.
    Livre phénomène de l'année 2017 aux Etats Unis, ce roman, pour moi inoubliable, retrace le combat d'une jeune fille, Turtle pour devenir elle même face à un père charismatique et abusif. Certaines scènes sont d'une incroyable violence. Il ne fait aucun doute que l'auteur, Gabriel Tallent, a écrit un chef d'œuvre.
    A lire absolument !

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  • Considéré par beaucoup de critiques comme un chef d’œuvre, livre phénomène 2017 aux USA.
    Curieuse de toutes ses critiques je me suis plongée dans l’ambiance plus que glauque de ce roman noir.

    Après la mort par noyade de sa mère, Julia, surnommée Turtle ou Croquette, est élevée à la dure par...
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    Considéré par beaucoup de critiques comme un chef d’œuvre, livre phénomène 2017 aux USA.
    Curieuse de toutes ses critiques je me suis plongée dans l’ambiance plus que glauque de ce roman noir.

    Après la mort par noyade de sa mère, Julia, surnommée Turtle ou Croquette, est élevée à la dure par son père, Martin, qui l’a brutalise et a des rapports incestueux avec elle. Un père qu’elle hait autant qu’elle l’aime d’un amour absolu.
    Très dure envers elle-même, véritable petite sauvage sans aucune estime d’elle-même, elle sèche régulièrement les cours, passe ses journées à démonter, nettoyer des armes, n’a aucun contact avec personne et rejette avec violence quiconque essaie de lui tendre une main, comme cette prof qui se doute que quelque chose ne va pas.
    Turtle subit sa morne existence sans vraiment réagir, jusqu’au jour où sa vie prend une nouvelle tournure quand elle va rencontrer et s’intéresser à Jacob, un garçon de son âge, ainsi que lorsque son père ramène un jour à la maison, Cayenne, une gamine de 10 ans.

    ***

    Amateurs de romance ou de langage châtié abstenez-vous parce que celui utilisé par les personnages est des plus crus et l’ambiance malsaine avec des scènes qui mettent vraiment mal à l’aise.
    Le personnage de Martin est particulièrement perturbant. C’est un homme qui est loin d’être bête. Perturbé, retors, manipulateur, il aime sa fille d’un amour absolu lui aussi, un amour dont il est totalement dépendant. Elle est sa drogue, il ne peut vivre sans elle et serait prêt à la tuer et se tuer ensuite plutôt que d’en être séparé.
    Turtle, quant à elle, s’est forgée une carapace extérieure de personne forte et insensible mais à l’intérieur - on en est d’autant plus conscient vers la fin du roman - elle n’est qu’une petite fille perdue, détruite.
    Sa dépendance à son père est terrible, à l’image de ces femmes battues qui ne peuvent échapper à l’emprise psychologique de leur bourreau et leur pardonnent si facilement rejetant la faute sur elles-mêmes.
    Turtle aime Martin, elle le déteste, elle lui en veut pour ce qu’il lui fait mais en même temps donne l’impression d’aimer aussi une part de tout ça… peut-être parce qu’elle ne connait que ça, qu’elle n’a que 14 ans et que s’en persuader est ce qui la fait tenir, tout comme effacer l’ardoise de ses actes ignobles aussi facilement est le seul choix qu’elle pense avoir pour garder son amour.

    C’est troublant, dérangeant, il n’est pas évident de comprendre les rouages d’une telle relation destructrice.
    Chef d’œuvre je ne sais pas mais roman dur certainement envers lequel il est difficile de rester insensible.

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  • Un roman qui fait tellement de bruit! J'ai donc voulu le découvrir!

    Quelle horreur! My absolute darling ou l'amour totalement dévastateur d'un père pour sa fille. Peut-on même parler d'amour? Une adolescente complètement sous l'emprise d'un père qui n'est autre qu'une véritable brute.

    Un...
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    Un roman qui fait tellement de bruit! J'ai donc voulu le découvrir!

    Quelle horreur! My absolute darling ou l'amour totalement dévastateur d'un père pour sa fille. Peut-on même parler d'amour? Une adolescente complètement sous l'emprise d'un père qui n'est autre qu'une véritable brute.

    Un roman violent, brutal, qui fait froid dans le dos! Dérangeant aussi! Plusieurs fois, j'ai voulu le refermer et l'abandonner me disant STOP c
    ça suffit! Mais j'ai finalement tenu bon voulant tout de même en connaître le dénouement.

    Une écriture puissante. Mystérieuse! Belle à certains moments et tellement vulgaire et brutale à d'autres.

    Difficile pour moi d'en donner un avis.

    Un livre que j'ai envie d'oublier mais qui, je crois, restera malgré moi dans ma mémoire.

    Un auteur à suivre.

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  • Ce roman est assez unique en son genre, noir, très noir, quoiqu'un peu d'espoir voie le jour finalement. Unique, l'héroïne de ce récit ...Turtle/ Croquette est une adolescente hors-norme, de par la vie que son père lui fait mener. Plus ou moins scolarisée, peu sociable avec les ados de son...
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    Ce roman est assez unique en son genre, noir, très noir, quoiqu'un peu d'espoir voie le jour finalement. Unique, l'héroïne de ce récit ...Turtle/ Croquette est une adolescente hors-norme, de par la vie que son père lui fait mener. Plus ou moins scolarisée, peu sociable avec les ados de son collège, en revanche imbattable pour tout ce qui touche à la nature et aux armes, la jeune fille est sous la coupe de son père, qui la traite avec un mélange d'amour /passion et de violence tout à fait sidérant. Martin, le père, veuf, n'imagine pas sa fille le quitter, tel un amant fou et malade. Le récit dépeint leurs relations, celles que Croquette essaie de tisser avec deux garçons à peine plus vieux qu'elle, et surtout le cheminement qu'elle fait, quitte à en payer le prix fort, pour se libérer de l'emprise étouffante et morbide de son père. Certaines pages sont d'un réalisme violent (telle l'amputation d'une phalange, à vif), d'autres montrent la nature dans ses déchaînements les plus extrêmes ( la jeune fille et son quasi seul ami coincés sur un îlot rocheux), d'autres encore décrivent cette même nature avec une précision minutieuse digne d'un botaniste ... Le style de l'auteur est foisonnant, jamais ennuyeux ou inapproprié. C'est un roman qui reste dans l'esprit, avec ses personnages forts, et la description de cette vie sauvage, aux marges d'une société rejetée, vie sauvage qui ne rend pas forcément heureux. À lire absolument !

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  • A force de lire des mises en avant de ce livre, j'ai finit par entreprendre sa lecture
    On sent, tout au long de ce récit, une grande place au vécu à moins que l'auteur se soit particulièrement documenté
    J'ai eu aussi l'impression -pourquoi ? je ne saurai le dire, que l'auteur a choisi un...
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    A force de lire des mises en avant de ce livre, j'ai finit par entreprendre sa lecture
    On sent, tout au long de ce récit, une grande place au vécu à moins que l'auteur se soit particulièrement documenté
    J'ai eu aussi l'impression -pourquoi ? je ne saurai le dire, que l'auteur a choisi un certain nombre de thèmes
    -les armes, l'inceste, les apocalyptiques, les vétérans ,avec quand même une petite touche "d'amour" pour relever le tout et en faire un roman dont on parle.
    Cela n'enlève rien à la qualité du texte, au sujet qui semble très bien documenté (je n'y connais rien aux armes) et parfois répétitif
    La psychologie est aussi présente; on plonge directement dans les émotions de la jeune Turtle.
    Imaginer que l'on puisse trouver normal de se faire frapper, insulter "salope" connasse", connaitre sa place dans la famille tout en se faisait violer par son père et n'y trouver rien à redire
    Protéger et aimer le parent en restant dans l'impossibilité de le dénoncer ou de partir, enfermé dans un processus intellectuel qui empêche une vie sociale par peur de mettre les autres en danger.
    Il casse le "rêve américain" et présente une société incapable de protéger les plus faibles transposable à d'autre pays sans doute.
    Il n'empêche que le battage fait autour de ce récit aura , au moins, le mérite de présenter le quotidien ordinaire d'enfant ou de conjoint maltraité.
    La banalité pour certains, l'horreur pour d'autres et la façon dont les représentations des uns se construisent sans jamais vraiment se croiser.
    Puissent ces réactions aller au delà et amener à "comprendre" sinon "entendre" que de telles situations ne devraient plus exister

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  • je dirais un roman nouveau qui demande a se faire découvrir comme l 'auteur , l histoire est surement très surprenante mais je pense avec un peu de mystère et savoir se qui arrive a cette fille qui part vers l inconnu a lire

    je dirais un roman nouveau qui demande a se faire découvrir comme l 'auteur , l histoire est surement très surprenante mais je pense avec un peu de mystère et savoir se qui arrive a cette fille qui part vers l inconnu a lire

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  • Un roman coup de poing. Un roman qui dérange.
    Gabriel Tallent casse le mythe du "rêve américain" avec brio.
    "Le terme de chef-d'oeuvre est bien trop galvaudé, mais il ne fait aucun doute que "My absolute darling" en est un." (Stephen KING).
    Julia, alias Turtle, 14 ans vit avec son père...
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    Un roman coup de poing. Un roman qui dérange.
    Gabriel Tallent casse le mythe du "rêve américain" avec brio.
    "Le terme de chef-d'oeuvre est bien trop galvaudé, mais il ne fait aucun doute que "My absolute darling" en est un." (Stephen KING).
    Julia, alias Turtle, 14 ans vit avec son père Martin.
    Plutôt de nature sauvage, naïve, débrouillarde et particulièrement misogyne, on comprend très rapidement qu'elle est victime d'abus sexuels de la part de son père.
    Martin, très érudit mais marginal, est dans un désespoir perpétuel. Il fait un diagnostic et un constat de l'état de l'Amérique et de l'état de l'environnement catastrophique.
    Ce roman est un combat entre la civilisation et la vie sauvage.
    Malgré cette relation incestueuse, Martin n'est pas clairement représenté comme un monstre. Il y a toute une complexité et une ambivalence dans la relation qui unit le père et sa fille.
    "Elle l'aime. Quand il est comme ça, quand elle voit à quel point il fait des efforts pour elle, même la souffrance de Martin a de la valeur à ses yeux. Elle ne supporte pas l'idée qu'il puisse être déçu, et si elle le pouvait, elle l'envelopperait de tout son amour."
    Le choix du titre "My absolute darling" est un terme employé régulièrement par Martin. Et ce surnom démontre son incapacité à accepter l'indépendance de Turtle.
    Martin est l'exemple type du pervers narcissique qui, en rabaissant sa fille la détruit mentalement pour avoir une meilleure emprise sur celle-ci.
    "C'est bien le problème avec toi, sale petite conne : tu crois savoir ce qu'il y a dehors. Mais tu n'en sais rien. Tu es habitée d'une telle pauvreté intérieure, une pauvreté d'esprit, d'imagination, de coeur."
    L'entourage extérieur sent un malaise profond chez Turtle. Mais malgré les soupçons de maltraitance, ni sa professeure, ni les deux amis rencontrés lors d'une de ses fuites n'arriveront ne serait-ce qu'à imaginer l'ampleur de sa souffrance.
    Elle refuse et rejette violemment toute aide extérieure car elle souhaite avant tout sauver son âme, et éviter les représailles de son père sur ces personnes.
    "Parce que tenir le coup c'est...c'est... On éprouve un terrible, un horrible sentiment d'incertitude, et l'incertitude est tellement douloureuse, elle te tord tellement le trou du cul qu'elle devient.... C'est horrible à dire mais c'est plus simple de lâcher prise et de te laisser couper en deux que de t'accrocher, de persévérer, de souffrir sans savoir ce qui va se passer. C'est ça le courage. Prendre ta putain de vie en main, quand ça semble la chose la plus difficile à faire. Personne n'y pense jamais. Les gens sont tous persuadés qu'ils prendraient la bonne décision, mais c'est faux. Ils ne comprennent pas à quel point c'est effrayant. A quel point c'est difficile. Personne ne peut comprendre à moins de l'avoir vécu. On est en train de le vivre, Jacob, et tu vas faire ce qu'il faut, malgré la peur, et malgré la douleur."
    L'auteur aborde également le sujet de la surconsommation des armes à feu aux Etats-Unis. La manipulation quotidienne de celles-ci par l'héroïne Turtle démontre bien la banalisation et la fascination des jeunes pour cette activité. Mais c'est cette connaissance du maniement des armes qui va avoir un effet décisif pour la suite des événements.
    Il y a un moment où la douleur devient oppressante et intolérable.
    Mais on constate un réel paradoxe entre la dureté de certaines scènes, et les descriptions somptueuses et parfaitement documentées sur la nature. Il y a une puissante complexité des sentiments.
    Et c'est là, sur ce point, que se dessine tout le talent de l'auteur.

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  • Difficile de conseiller un livre aussi éprouvant et pourtant, c'est ce que je vais tenter de faire en quelques lignes, parce qu'un bon roman, c'est un roman qui provoque des émotions, même si ces émotions sont douloureuses. Avec "My absolute darling » côté émotions, autant dire qu'on est servi,...
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    Difficile de conseiller un livre aussi éprouvant et pourtant, c'est ce que je vais tenter de faire en quelques lignes, parce qu'un bon roman, c'est un roman qui provoque des émotions, même si ces émotions sont douloureuses. Avec "My absolute darling » côté émotions, autant dire qu'on est servi, et pour aller au bout de cette aventure, il est préférable d’avoir les nerfs solides.

    Peut-on aimer jusqu’à la souffrance ? Pour Julia, la réponse ne fait aucun doute.
    Malgré ce qu’elle subit de jour en jour d’un père violent et incestueux, elle l’aime, elle le hait, elle souhaite sa mort, se sent prête à le tuer avec l’une des armes qu’elle a entre les mains et qu’elle manie avec dextérité depuis sa plus tendre enfance, puis non, finalement la vie suit son cours.
    Julia, Turtle, Croquette, « mon amour absolu » sont les quelques noms qu’utilise ce père bourreau pour interpeler sa fille unique âgée de 14 ans.
    Lorsque l’humeur varie, d’autres appellations fleurissent dans la bouche de Martin et Julia devient Salope ou Conasse.
    Ces deux-là vivent à l’écart de tout dans une maison qui a tout d’une cabane à la limite de l’insalubrité, où la nuit les rats se disputent les restes du repas dans une sarabande infernale.
    Le salut viendra peut-être de la rencontre fortuite avec deux garçons. Turtle pense à fuir pour se libérer de l’emprise démoniaque de son géniteur.

    Le moins que l’on puisse dire c’est que Gabriel Tallent n’épargne pas son héroïne, ni ses lecteurs.
    Tout est douloureux dans cette histoire, l’auteur nous entraîne dans un huis clos sombre et envoûtant entre un père et sa fille, où l’amour et la haine se disputent à la folie.
    La nature hostile ne fait que rajouter à l’angoisse ressentie, sans parler des araignées, des serpents et autres bestioles du même acabit.
    Certaines scènes sont décrites avec une telle précisions dans les détails morbides que j’en ai parfois ressentie un malaise m’obligeant à interrompre ma lecture.

    Malgré cette souffrance, j’ai lu un livre magistral, qui ne ressemble à aucun autre. L’écriture violente rend parfaitement l’atmosphère irrespirable et ce roman qui va me hanter encore longtemps.

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  • Oui, le livre dont tout le monde parle, il faut que je fasse abstraction de tout ce que j'ai pu entendre ou lire à son sujet pour ne donner que mon sentiment une fois le livre refermé.....
    Dès les premières pages on est plongé dans la vie de Julia, 13 ans, Turtle pour tout le monde, Tortue :...
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    Oui, le livre dont tout le monde parle, il faut que je fasse abstraction de tout ce que j'ai pu entendre ou lire à son sujet pour ne donner que mon sentiment une fois le livre refermé.....
    Dès les premières pages on est plongé dans la vie de Julia, 13 ans, Turtle pour tout le monde, Tortue : oui le surnom est bien trouvé...... Je me replie, je me protège sous ma carapace du monde qui m'entoure mais surtout de ce père, Martin, qu'elle aime et dont elle ne peut imaginer vivre sans, son seul compagnon de vie en dehors de Papy, Daniel, le grand-père paternel qui lui offre des petites bulles de calme.
    Les personnages sont peu nombreux, c'est presque un huis clos, étouffant, oppressant, tellement la violence est sous-jacente, même dans les moments d'accalmie. La violence oui, la brutalité aussi, elle est la compagne de ce duo : physique, sexuelle, morale. Les pensées de Turtle sont omniprésentes : elles tournent en boucle, elle pense, elle envisage toujours toutes les options qui s'offrent à elle, pèse le pour, le contre. C'est une guerre et l'ennemi est son père, homme ambivalent, d'une grande culture, désorienté par le monde qui l'entoure et qui saccage, qui détruit à la nature. Et elle, Turtle, qui se cherche, qui essaie d'analyser qui elle est, réellement.
    C'est un couple, avec ses rituels matinaux, l'oeuf gobé par Turtle chaque matin, la bière bue par son père en même temps, la phrase : "tu n'as pas besoin de m'accompagner jusqu'à l'arrêt du bus" sans réponse de Martin mais qui continue à l'accompagner. Cela donne le rythme au récit, jour après jour.
    Et l'on passe de cette vie à deux, presque normale, normalité toute relative pour eux, à des scènes d'une extrême violence, comme le calme avant la tempête comme l'est l'esprit imprévisible de ce père, que l'enfant connaît bien, qu'elle aime malgré tout et dont elle n'imagine pas la vie sans lui.
    Ames sensibles s'abstenir : il y a des passages où vous aurez la chair de poule comme je l'ai eue, vous n'aurez qu'une envie que cela s'arrête, ce n'est pas possible une telle cruauté mais vous ne pouvez abandonner Turtle : vous lui intimez de partir, de s'enfuir, de dénoncer mais ce n'est pas si simple pour elle. C'est finement mais brutalement rendu mais ce n'est que le reflet de ce que vit cette adolescente.
    J'ai aimé l'ambiguïté de certains personnages : le papy dont on peut penser que sa relation avec Martin n'a pas toujours été douce, Martin dont l'auteur n'a pas fait un homme inculte, cela aurait été trop facile et évident, sans sentiment, Turtle, cette jeune fille en pleine transformation, qui est devenue une arme de guerre, comme les armes qu'elle ne quitte pas et puis Jason, l'adolescent que rencontre Turtle et qui va être le révélateur qu'une autre vie existe, différente, joyeuse et douce.
    J'ai été un peu frustrée de ne pas en savoir plus sur la mère de Turtle, disparut mystérieusement, sur Croquette, cette enfant débarquée d'on ne sait où mais cela ne gêne pas la lecture les projecteurs étant braqués principalement sur la relation père/fille, sur leurs ambiguïtés : sado/maso, je t'aime, je te hais.
    Rien n'est simple, c'est le reflet d'un monde où la nature est extrêmement présente et joue, elle aussi un rôle prépondérant et ajoute au climat du livre, où l'environnement et la solitude, l'isolement où vivent ces deux êtres participent au drame.
    Je reconnais qu'une fois ouvert, on ne lâche pas le livre, même si parfois on voudrait le faire tellement certaines scènes sont insoutenables, mais l'on veut connaître le destin de Turtle, qui va sortir vivant de leur duel, car il est évident que cela va mal se terminer. J'ai beaucoup aimé la douceur des derniers chapîtres en contraste avec les 28 ou 29 premiers, j'ai peut être trouvé cela un peu "eau de rose" mais après une telle lecture cela permet de reprendre pieds doucement.
    Je garderai de cette lecture un choc : aller si loin dans l'écriture, il fallait oser, se plonger dans l'esprit tourmenté de cette adolescente, sans repères, culpabilisant, sans estime d'elle, oui mais je n'en ferai pas une lecture régulière. C'est d'une violence inouïe, oui, mais c'est surtout l'ambivalence très bien rendue des deux principaux protagonistes qui m'a interpellée et qui est magnifiquement restituée, comme la nature, les plantes, les animaux, l'âpreté du paysage.

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