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Les vertueux

Couverture du livre « Les vertueux » de Yasmina Khadra aux éditions Mialet Barrault
Résumé:

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Avis (5)

  • Coup de coeur pour ce grand roman porté par un souffle romanesque qui s'impose comme une évidence, emportant le lecteur dans une épopée où l'amour, l'amitié, la solidarité sont des boussoles vers la lumière dans le monde violent et injuste de l'Algérie coloniale.

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    Coup de coeur pour ce grand roman porté par un souffle romanesque qui s'impose comme une évidence, emportant le lecteur dans une épopée où l'amour, l'amitié, la solidarité sont des boussoles vers la lumière dans le monde violent et injuste de l'Algérie coloniale.

    On y suit les tribulations initiatiques d'un Candide algérien, Yacine Cheraga, à peine vingt ans, miséreux au coeur pur. Il part faire la Première guerre mondiale sous un autre identité, celle du fils du caïd local, contre une promesse de fortune, lui qui n'avait jamais quitté son douar et sa famille aimante. A son retour en Algérie, rien ne se passera comme prévu et s'ensuivra un parcours de naufragé, une odyssée gigantesquement romanesque qui mettra à l'épreuve la vertu et la moralité de Yacine dans une Algérie rude et âpre rarement décrites ainsi.

    La narration à la première personne de Yacine est d'une limpidité superbe. le scénario lisible, classiquement chronologique de 1914 à 1925, fait se croiser et recroiser dans l'après-guerre les personnages qui se rencontrent dans le 7ème RTA ( régiment des tirailleurs algériens, les « turcos »que l'on suit dans les tranchées de Verdun ou de Louvemont ). Les quelques chapitres sur l'enfer des tranchées égalent la puissance évocatrice d'un Dorgelès ou d'un Genevoix, et constituent le coeur du récit à partir duquel l'auteur tisse des ramifications, des retrouvailles, des digressions picaresques qui jalonnent la poursuite du destin tragique de Yacine. C'est en refermant le livre que l'on se rend compte de la virtuosité de la construction et du dispositif romanesque.

    Son écriture, élégante et enveloppante, ne semble être là que pour magnifier les émotions qui étreignent le lecteur et l'élan empathique qui s'empare irréversiblement de lui. Ce qui sauve Yacine lâché dans cette arène des fauves, c'est son entêtement à poursuivre les fantômes des absents sans jamais lâcher une ligne de conduite faite de droiture, honnêteté et vaillance, résistant au pessimisme ambiant.

    Les personnages secondaires, tous extraordinairement caractérisés, complexes, sont autant de bornes initiatiques, obstacles à dépasser ou guides pour avancer. Difficile d'oublier le meilleur ami Sid, hédoniste consumé voulant rentabiliser le miracle d'avoir survécu aux tranchées; Zorg Er-Rouge, l'ancien Turco plein de colère et ressentiment qui lance la guerre aux pieds-noirs, terriblement complexe; et sa cousine Abla, inoubliable amazone fidèle à sa famille le couteau entre les dents.

    Ce sont les figures d'Algériens qui dominent le récit, ce qui offre à Yasmina Khadra la possibilité d'autant mieux explorer la complexité de la nature humaine : comme toutes les sociétés humaines, la société algérienne est fracturée par des lignes de tension très fortes, entre soumis ou profiteurs de la colonisation et rebelles annonçant le FLN et la guerre d'Algérie; entre riches et miséreux. Les Français sont finalement assez absents. Ils sont évidemment présents dans les passages sur la Première guerre mondiale comme officiers encadrant les soldats indigènes, soulignant l'injustice et le mépris avec laquelle ces derniers ont été traités. Même chose lors du passage au bagne de Biribi. Oui, l'histoire ne retient que les héros qui l'arrange. Mais au final, Yasmina Khadra raconte une histoire algérienne, entre Algériens, dans un contexte colonial certes, ce qui lui permet d'éviter la leçon de morale, quelque légitime elle soit, ni de réclamer repentance de façon facile et attendue.

    Dans le parcours très sombre de Yacine, la lumière nait de la solidarité entre hommes, soldats ou pas, indigènes ou pas, français et algériens. Jusqu'à une fin bouleversante qui m'a embué les yeux, résonnant d'une générosité et d'une sagesse à la Camus que j'ai trouvée très belle. La portée du récit est ainsi immédiatement universelle. A l'heure où certains en Algérie lui reproche d'écrire en français et de « collaborer », à l'heure la colère et la rancoeur à l'égard de la France sont encore vives, le message est d'autant plus fort. La haine ne fait définitivement pas partie des fibres sensibles de Yasmina Khadra.

    Il y a tout dans ce sublime roman : de la violence, de la douleur, aussi de l'amitié, de l'amour, du pardon et surtout de l'espoir. Une leçon de vie magnifique qui conduit vers la sagesse un Yacine au bout de sa rocambolesque épopée, en paix avec lui-même, ses fantômes et ses absents. On se sent voyager loin, géographiquement et émotionnellement, on se sent humain tout simplement lorsqu'on referme le livre.

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  • « Lire c’est voyager ». Cette citation pourrait parfaitement être illustrée par ce livre. En effet, Yasmina Khadra projette le lecteur dans le temps et dans l’espace. Il atterrit en plein cœur de l’Algérie coloniale à l’époque de la première guerre mondiale.

    Grâce à cette histoire, on...
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    « Lire c’est voyager ». Cette citation pourrait parfaitement être illustrée par ce livre. En effet, Yasmina Khadra projette le lecteur dans le temps et dans l’espace. Il atterrit en plein cœur de l’Algérie coloniale à l’époque de la première guerre mondiale.

    Grâce à cette histoire, on constate que les modes de vie étaient complètement différents, surtout dans les villages retirés et surtout à cette époque. Le quotidien des pauvres gens était difficile parce que le fossé social entre les privilégiés et les autres était énorme. En plus du rapport colonisateurs/ colonisés déséquilibré, les autochtones devaient aussi faire face aux profiteurs du système. Et comme toujours, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

    Pour nous faire traverser cette région du monde et cette période historique, l’auteur utilise un narrateur plutôt insignifiant qui va connaitre un destin hors normes. Gentil et serviable, Yacine est un bon garçon et un bon fils. Seulement voilà, son caractère altruiste en fait une proie facile pour les manipulateurs. Successivement trompé, trahi, bouc émissaire, il connait un destin parsemé de moments rudes et impitoyables. Mais malgré ses mésaventures incroyables, il garde en permanence le sourire et l’espoir. Sa crédulité maladive et sa résilience à toutes épreuve en font un personnage attachant et magnifique !

    Yasmina Khadra a façonné une épopée romanesque qui m’a happé de bout en bout. Je n’ai pas vu défiler les 500 pages, embarqué dans cette combinaison de combats, d’amitié, d’injustice, de souffrance et d’amour. Ce texte s’attaque aussi à une question essentielle : Dans la vie, la vertu est-elle toujours récompensée ? Vous trouverez une partie de la réponse dans les émouvantes aventures de ce « Candide Nord-africain ». La lecture de ce roman et la bienveillance qu’elle dégage met un peu d’humanité dans un monde qui en manque cruellement !

    https://leslivresdek79.wordpress.com/2022/09/08/786-yasmina-khadra-les-vertueux/

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  • Lorsque Babaï vient le chercher des son humble gourbi, Yacine n’a d’autre choix que de suivre l’inquiétant homme de main du caïd. S’il imagine de multiples hypothèses pour expliquer cette convocation soudaine, il ne s’attend pas du tout à ce que l’on propose, à ce qu’on lui impose plutôt, car le...
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    Lorsque Babaï vient le chercher des son humble gourbi, Yacine n’a d’autre choix que de suivre l’inquiétant homme de main du caïd. S’il imagine de multiples hypothèses pour expliquer cette convocation soudaine, il ne s’attend pas du tout à ce que l’on propose, à ce qu’on lui impose plutôt, car le choix n’est pas vraiment de mise. Yacine se retrouve ainsi tirailleur dans les tranchées de Verdun, pour remplacer le fils du caïd, réformé. Avec à la clé l’espoir du bonheur pour sa famille lors de son retour.

    Trois ans plus tard, les promesses ne sont pas tenues. Sa famille a disparu et sa vie est menacée. Commence pour Yacine un périple éperdu à la recherche des siens.

    Voyage au coeur de l’Algérie du début du vingtième siècle, juste avant que ne s’amorce une hostilité générale pour les colons, avec une incursion en France alors que la guerre de 14-18 fait rage. Le ton évoque la légende ou le conte des mille et une nuit, d’autant que le héros est constant dans sa probité et sa pureté qui confine parfois à la naïveté. On fréquente les humbles, les démunis, avec quelques figures qui tentent de se sortir de leur condition de miséreux. Pour Yacine, après une période un peu plus faste, le destin le conduira au bagne !

    C’est aussi l’occasion, mais loin d’être unique en littérature de partager l’horreur de la guerre et la honte pour un pays d’envoyer en première ligne des recrues qui ne sont rien d’autre que de la chair à canon. Malgré tout, c’est dans cet enfer que se lient de profondes amitiés, qui sauront le jour venu inverser les tendances du destin.


    Roman assez classique mais très agréable à lire. On ne peut éprouver qu’une empathie sincère pour le personnage de Yacine balloté au gré de pouvoirs qui le dépassent.

    541 pages Mialet Barreau 24 Août 2022

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  • Livre bien écrit au héros attachant, car subissant une vie injuste avec plein de péripéties et de déconvenues.
    Toutefois, je l’ai trouvé un peu longuet.
    Certes, j’ai voulu connaître la fin de cet ouvrage, mais j’ai un peu « ramé » avec ces 541 pages.

    Livre bien écrit au héros attachant, car subissant une vie injuste avec plein de péripéties et de déconvenues.
    Toutefois, je l’ai trouvé un peu longuet.
    Certes, j’ai voulu connaître la fin de cet ouvrage, mais j’ai un peu « ramé » avec ces 541 pages.

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  • La vertu reflète le courage
    Gaïd Brahim, dit le Caïd, propriétaire terrien tout puissant fait enlever Yacine Chéraga, l’aîné d’une fratrie de sept enfants, dont deux sœurs à peine pubères ont été mariées. La famille vit dans la misère, le père a perdu une main et vivote comme il peut, sombre et...
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    La vertu reflète le courage
    Gaïd Brahim, dit le Caïd, propriétaire terrien tout puissant fait enlever Yacine Chéraga, l’aîné d’une fratrie de sept enfants, dont deux sœurs à peine pubères ont été mariées. La famille vit dans la misère, le père a perdu une main et vivote comme il peut, sombre et taiseux il cache qu’il mendie.
    Le père aura un sursaut et ira jusqu’au domaine du Caïd pour connaitre le sort de son fils.
    « Tu as raison mon fils, rien n’est sûr en ce monde. J’ose espérer que tu dis la vérité, que tu es bel et bien l’hôte du caïd. Cette histoire ne me rentre pas dans le crâne, mais je préfère ça aux pensées qui me torturaient… Et toi, quand est-ce que tu vas rentrer à la maison ?
    On verra bien. Pars en paix. Qui sait ? Le caïd a peut-être du travail pour moi. Ce serait bien, si le caïd m’embauchait. »
    Yacine saura plus tard qu’il a été choisi parce qu’il sait lire et écrire, et qu’il a toujours dans sa jeune vie fait preuve de noblesse d’âme. Qualités indispensables pour prendre la place, en cet automne 1914, du fils du caïd, à la guerre. Il s’engagera sous le nom de Hamza Boussaïd.
    En échange il lui est promis que sa famille logera près du domaine du seigneur et qu’elle sera protégée et ne manquera de rien. A son retour, Yacine aura une belle vie.
    Il se fera un ami Sid, le roi de la débrouille et du conseil.
    « Le monde appartient à celui qui sait que la vie est courte et non renouvelable. On n’est pas obligé d’être riche et instruit pour le réclamer. Je suis aussi pauvre que toi, ça ne m’empêche pas de rêver. »
    Quatre ans de sa vie à combattre sous une autre identité que la sienne, il s’en sort et revient au douar pour constater que son ancienne maison a été brûlée et que sa famille a été chassée.
    Son retour signe son arrêt de mort. En effet le caïd a l’intention qu’un livre soit écrit à la gloire de son fils, pour sa bravoure au combat.
    Ensuite c’est une épopée qui s’ouvre sous les yeux du lecteur. C’est mille vies que cette Algérie vous fait vivre.
    Yasmina Khadra œuvre en virtuose.
    Un roman qui a du souffle, le destin de Yacine épouse celui de l’Algérie, l’injustice, la spoliation, des gouvernants voyous, à tous les échelons. Comme son pays ce jeune héros va devoir faire preuve de résilience, de courage, en un mot de vertu pour résister.
    Yasmina Khadra élabore une œuvre cohérente, qui montre, argumente, met en mots les maux de son pays et ceux de la France aussi, n’oublions pas qu’il a servi sa patrie de longues années.
    Il prône l’amour et la culture plus que la haine.
    Cette histoire est L’Illiade et l’Odyssée en Algérie, foisonnante, parle d’identité, de tradition, de justice, d’organisation politique et sociale, de la condition humaine…
    Pour moi ce livre est son meilleur parmi de grands livres, il a une musicalité, une profondeur qui fait que le lecteur est totalement parti le temps de sa lecture et après. Un livre où le plaisir de lecture décuple la réflexion.
    Je vais laisser le mot de la fin à l’auteur, car c’est une vision de la vie que je partage :
    « La vie est une traversée et tu es un simple pèlerin. Le passé est un bagage. Le futur, ta destination. Le présent, c’est toi. Si ton bagage t’encombre dépose-le à la consigne. Si ta destination est hasardeuse, sache qu’elle l’est pour tout le monde. Vis à fond l’instant présent, car rien n'est aussi concrètement acquis que cette réalité manifeste que tu portes en toi. »
    ©Chantal Lafon
    https://jai2motsavousdire.wordpress.com/2022/08/26/les-vertueux/

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